Vade-mecum
de l'animateur et de l'animatrice
Table des matières
Oui, vous! Vous voilà animateur ou animatrice!
Il est 23 h. La réunion du conseil d'administration, qui a débuté
à 19 h, s'éternise. Quelques bonnes idées ont été
lancées, mais aucune décision ni aucun plan n'a été
arrêté. Vous seriez tellement mieux chez vous à
regarder le dernier bulletin à la télévision!
Heureusement, il existe une solution à cette situation décourageante
et hélas fréquente : lorsqu'elles sont conduites
par un animateur, les réunions sont souvent plus fructueuses.
Quelle se fasse au pied levé ou qu'elle ait été
planifiée, l'animation de groupe requiert de l'expérience,
un certain savoir et certains talents. Pourquoi ne pas jouer ce rôle
et éviter ainsi à vos confrères et consoeurs une
autre de ces réunions qui n'en finissent plus!
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Le rôle de l'animateur
En tant qu'animateur ou animatrice, votre rôle est d'aider le
groupe à échanger des points de vue sur un sujet, à
prendre une décision ou à résoudre un problème.
Vos interventions visent à faire avancer la discussion en direction
des buts pour lesquels la réunion a été expressément
convoquée (et non de vos buts). Votre travail est en outre d'écouter,
d'observer et d'utiliser votre intuition afin de discerner les besoins
et les désirs des différents participants. Pendant que
le groupe porte toute son attention sur la tâche à accomplir,
l'animateur concentre ses efforts sur le processus de la réunion,
et sur les personnes composant le groupe.
L'objet de la réunion ne change rien à
l'affaire. Il peut aussi bien s'agir d'une séance de remue-méninges
consacrée à la découverte de nouvelles méthodes
de collecte de fonds, que d'une réunion sur la conception d'un
plan de projet. À condition de posséder les compétences
et les connaissances nécessaires, vous pouvez aider n'importe
quel groupe à atteindre ses buts de façon efficace et
agréable.
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Connaissances et compétences
d'un bon animateur
Un bon animateur :
- écoute et observe;
-
utilise des outils de présentation visuelle
(rétroprojecteur, tableau à feuilles, etc.);
-
prend des notes lisibles;
-
pose des questions pertinentes;
-
est agile d'esprit;
-
perçoit les émotions des participants;
-
paraphrase;
-
résume;
-
résoud les conflits;
-
manie l'humour;
-
connaît les théories et les diverses
techniques qui s'appliquent aux discussions en groupe, y compris
celles de la résolution de problème et de la prise
de décision;
-
choisit les techniques convenant le mieux au groupe
en question ou les élabore lui-même;
-
comprend les individus et les groupes;
-
dynamise le groupe.
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Valeurs et attitudes d'un bon animateur
En outre, le bon animateur doit incarner certaines valeurs et certaines
attitudes. Le groupe ne peut être vraiment productif que s'il
les partage lui aussi. C'est en témoignant lui-même des
valeurs et des attitudes ci-dessous que l'animateur contribue à
les communiquer au groupe avec lequel il travaille :
- Respect et empathie
Toutes les idées sont importantes. Aucune idée ni
aucune personne n'a plus de poids qu'une autre.
- Coopération
Les membres de votre groupe doivent travailler ensemble à
la réalisation des buts fixés. En tant qu'animateur,
vous ne pouvez pas obliger les membres à collaborer, mais vous
pouvez les y inciter en instaurant un climat favorable à la
coopération.
- Honnêteté
Votre groupe et vous-même devez être honnêtes
et francs au sujet de vos sentiments, de vos valeurs et de vos priorités.
- Responsabilité
Le groupe doit assumer la responsabilité des solutions
qu'il adopte et de leurs conséquences. L'animateur quant à
lui assume la responsabilité de ses interventions, lesquelles,
en bout de ligne, influent sur la participation des membres, sur le
contenu et le processus de la réunion.
- Souplesse
Tout en animant la discussion, vous devez être à
l'écoute des besoins des différents membres et adapter
en conséquence le processus suivi et la durée de la
réunion.
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Préparation
On vient de vous demander d'animer un groupe de discussion. Pour vous
y préparer, vous devrez parler, avant la réunion, avec
deux ou trois membres aussi représentatifs que possible de ce
groupe et de ses aspirations. Pour élaborer la stratégie
d'animation la mieux indiquée, vous devez connaître la
culture du groupe, ses succès et ses échecs. Ne perdez
pas de vue la tâche à accomplir tout en étant à
l'écoute des besoins et des souhaits des différents membres.
Une bonne stratégie se conçoit en répondant aux
questions suivantes :
La réponse à ces questions n'est pas facile et une certaine
recherche est souvent nécessaire. Quand vous avez trouvé
les réponses et que vous avez une bonne idée de la personnalité
du groupe, vous pouvez décider du processus approprié.
Dans bien des cas, les animateurs fondent ce processus sur plusieurs
techniques particulières de prise de décision et de résolution
de problèmes.
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Techniques de prise de décision
et de résolution de problèmes
De nombreuses techniques existent qui ont fait leur preuves. Il vous
reste à choisir celle qui convient le mieux à votre groupe
en fonction de sa taille, de sa personnalité et de ses objectifs.
Soyez souple. Chaque technique peut être adaptée aux besoins
spécifiques du groupe. Certaines sont « prêtes à
l'emploi », d'autres demandent à être planifiées
et adaptées, après consultation du groupe. Dans certaines
situations, vous pouvez aussi opter pour un processus s'appuyant sur
une combinaison de techniques.
Faites vos expériences! Inventez vos propres méthodes,
mais continuez à faire preuve des valeurs et des attitudes d'un
bon animateur, et mettez en oeuvre les compétences qui ont été
énumérées ci-dessus.
Voici sept techniques de prise de décision et de résolution
de problèmes à mettre dans votre « boîte à
outils » d'animateur ou d'animatrice
1. La réflexion deux par deux
Cette méthode permet aux différents membres d'affiner
leurs idées et leurs opinions avant de les communiquer au reste
du groupe. Elle s'avère utile lorsque le groupe est important,
car elle donne à chaque participant la possibilité de
dire son avis sans souffrir le trac de parler devant de nombreuses
personnes. Comme elle incite aussi les participants à mieux
définir et exprimer leurs préoccupations, les discussions
qui suivent sont plus approfondies que celles auxquelles donne généralement
lieu le grand groupe.
Exemple :
Un comité tient sa première
réunion en vue d'organiser une foire commerciale. Les membres
du comité ne se connaissent pas entre eux et ne voient pas
très bien comment accomplir leur tâche. La méthode
de réflexion deux par deux les aidera à faire connaissance
et à enclencher la discussion.
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Le processus :
i. Posez au groupe les questions suivantes :
- Pouvez-vous nommer trois entreprises que l'on pourrait inviter
à la foire commerciale?
- Pouvez-vous recommander une date possible pour la foire?
- Où pourrait-on tenir la foire?
ii. Demandez aux membres de formuler leurs réponses chacun
de leur côté.
iii. Demandez-leur ensuite de partager leurs réponses avec
un autre membre.
Étapes facultatives :
iv. Les deux membres de chaque paire peuvent présenter au
groupe une nouvelle réponse qu'ils ont formulée en combinant
leurs réponses respectives.
v. Ensuite, le groupe au complet peut discuter des réponses,
mais chacun des membres s'y sent plus à l'aise pour s'exprimer.
Une décision peut être prise sur certains des problèmes
débattus.
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2. La réflexion en sous-groupes
Cette technique permet aux membres du groupe de choisir la question
dont ils doivent discuter, d'où une meilleure utilisation du
temps et des ressources des membres.
Exemple :
L'association locale du Marché de producteurs vient de recevoir
la première épreuve de sa brochure publicitaire; celle-ci
doit être relue avant d'être envoyée à l'imprimeur.
Comme la brochure se compose de quatre parties - pages de couverture,
liste de prix, produits alimentaires et produits d'artisanat - vous
pourriez animer une discussion en utilisant la technique des sous-groupes
:
Le processus :
i. Affichez le nom de chacune des parties de la brochure dans un
coin désigné de la pièce (pages de couverture,
liste de prix, produits alimentaires, produits d'artisanat).
ii. Demandez à chaque participant de désigner une partie
de la brochure en répondant à la question : « quelle
partie de la brochure vous intéresse le plus? ».
iii. Chaque participant choisit une partie et se rend dans le coin
correspondant.
iv. Dans chacun des coins, vous aurez affiché une ou plusieurs
questions auxquelles le sous-groupe ainsi formé devra réfléchir
ensemble. Les questions peuvent être générales,
du genre de celle-ci : « Serait-il possible d'améliorer
cette partie de la brochure? ». Elles peuvent au contraire être
plus précises, par exemple : « À votre avis, comment
pourrait-on améliorer le choix des caractères, la mise
en page, le contenu, etc.? ». Le sous-groupe en discute.
v. Après la discussion en sous-groupes, invitez un membre
de chaque sous-groupe à résumer l'essentiel de la discussion
à l'intention des autres.
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3. Le consensus
Le consensus est une méthode de prise de décision.
Tous les membres du groupe discutent activement de la question, étant
encouragés par l'animateur à faire profiter les autres
de leurs opinions, connaissances et compétences. Il faut que
la décision finale plaise à tous les membres.
Exemple :
Le Comité de développement économique a la
tâche de choisir un projet à partir des trois propositions
suivantes :
ii. Expliquez les caractéristiques d'une bonne discussion
de groupe.
iii.Expliquez la notion de consensus et indiquez la durée
de la discussion.
iv. Expliquez à nouveau la tâche (l'objet de la discussion).
v. Demandez à un membre du groupe de présenter une
recommandation. (Par ex. « Qui aimerait commencer? À quel projet
le comité devrait-il s'attaquer et pourquoi? »)
vi. Lancez la discussion. Celle-ci devrait permettre à tout
le monde de faire connaître son avis. (Par ex. « Que pensez-vous
de cette proposition? »)
vii. Demandez le consensus. (Par ex. « Devrions-nous retenir
cette proposition? »)
viii. Si les membres du groupe ne sont pas tous convaincus, demandez
qu'ils passent à l'étude d'une autre suggestion et répètent
les étapes 5, 6 et 7 jusqu'à ce qu'une décision
soit prise.
Bien des groupes peuvent mener par eux-mêmes
une discussion et aboutir au consensus. L'animateur peut alors s'effacer
durant cette discussion. Par contre, dans le cas où le groupe
ne réussit pas très bien à accorder la même
attention à tous les membres, l'animateur doit veiller à
ce que chaque participant soit entendu et ne se sente pas écarté.
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4. ORID
Cette méthode de discussion se divise en quatre phases consécutives
: Objectivité, Réflexion, Interprétation
et Décision. Elle consiste en une suite logique de questions
qui simulent les étapes naturelles du raisonnement humain.
En tant qu'animateur de cette discussion, votre travail est d'élaborer
la suite ordonnée de questions qui aidera les membres du groupe
à parler de leur expérience commune.
Exemple :
Un groupe vient d'organiser une course sur route de 10 km afin de
collecter de l'argent pour le nouveau complexe récréatif
de sa communauté.
Le processus :
i. La phase d'objectivité - Elle sert à évoquer
les faits concrets concernant l'expérience ou l'événement.
En tant qu'animateur, vous êtes amené à poser
des questions de ce genre :
- Combien d'argent avez-vous obtenu des commanditaires?
- Combien de temps a-t-il fallu pour organiser la course?
- Combien a-t-il fallu de bénévoles pour encadrer
les coureurs?
ii. La phase de réflexion - Elle permet au groupe d'exprimer
les sentiments suscités par l'événement.
- À votre avis, comment la course s'est-elle passée?
- Quelle partie de l'événement vous a donné
le plus de fil à retordre?
- Quel en a été selon vous le moment le plus marquant?
- Qu'avez-vous ressenti quand le dernier coureur a franchi la ligne
d'arrivée?
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iii. La phase d'interprétation - Elle permet au groupe d'examiner
la signification et la valeur de l'événement, son importance
et son utilité pour le groupe.
- Qu'avez-vous accompli en organisant cette course?
- Comment parleriez-vous de cet événement à
quelqu'un qui n'y a pas assisté?
- Pourquoi, en premier lieu, vous êtes-vous porté(e)
bénévole?
- Si vous organisiez cette course de nouveau l'année prochaine,
que changeriez-vous? Que conserveriez-vous?
iv. La phase de décision - À ce stade, le groupe peut
prendre une décision ou réagir à l'expérience.
- Quels étaient vos objectifs en organisant cette course?
Les avez-vous atteints?
- Pensez-vous qu'il serait utile d'organiser de nouveau la même
course l'année prochaine?
- Qui devrait s'occuper de planifier la course l'année
prochaine?
- Quelle serait la date limite à laquelle les concurrents
pourraient s'inscrire?
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Conseils utiles en ce qui concerne l'ORID :
Les questions à réponse ouverte exigeant
des exemples précis et des illustrations sont celles qui marchent
le mieux. La discussion n'est soumise à aucune règle
de forme et doit passer naturellement d'une phase à l'autre.
Vous devrez parfois vous armer de patience et attendre les réponses.
Des moments de silence sont tout à fait normaux, car ils sont
nécessaires à la réflexion. Vous ne devez pas
forcer un membre à parler, mais l'y inviter gentiment.
Pour que la technique porte fruit, il n'est pas nécessaire
que le groupe connaisse la théorie qui la sous-tend. Vous trouverez
peut-être utile de noter les éléments clés
de la discussion sur le tableau à feuilles afin qu'aucun ne
soit oublié et que le groupe puisse mieux en discuter.
.
5. Le remue-méninges
Des idées lumineuses nous traversent tous l'esprit à
l'occasion, mais nous avons tendance à les oublier si nous
ne les notons pas en temps utile, ou si nous n'en parlons pas.
Exemple :
Après avoir rencontré deux ou trois chefs de file de
l'industrie agro-alimentaire, vous apprenez qu'ils vont tenir une
réunion destinée à recenser les principaux problèmes
qui se posent à ce secteur. Ils espèrent qu'à
la suite de cet exercice les gens vont travailler ensemble pour s'attaquer
à ces problèmes.
| Haut de la page |
Le processus :
i. Expliquez au groupe que l'objet de la réunion est de déterminer
les problèmes cruciaux auxquels fait actuellement face l'industrie
agro-alimentaire.
ii. Indiquez le processus qui sera suivi et la durée de la
réunion.
iii. Présentez la première question-thème :
« À votre avis, quels sont les problèmes les plus
graves auxquels fait face l'industrie agro-alimentaire en Ontario? ».
(Certains membres aiment pouvoir entendre la question et la lire en
même temps. Lisez la question à haute voix et écrivez-la
en grosses lettres sur un tableau à feuilles ou sur le mur
au devant de la salle.)
iv. Demandez aux participants de rédiger chacune de leurs
réponses sur des feuillets auto-collants ou sur des cartes-fiches.
Donnez-leur environ cinq minutes pour réfléchir à
leur réponse et la noter, chacun de leur côté.
Il n'est pas encore utile d'en discuter à ce moment.
v. Demandez à chaque participant, à tour de rôle
de remettre la réponse qu'il juge la plus importante, la plus
pertinente ou la meilleure. Affichez-la sur le tableau à feuilles.
vi. Demandez à chaque participant de donner d'autres réponses.
Affichez toutes les réponses sur le tableau à feuilles.
Sur votre mur ou votre tableau à feuilles, on pourrait lire
ceci :
| Haut de la page |
- l'absence de coopération entre les maillons de la filière
alimentaire
-
le GATT
-
la mauvaise éducation du consommateur
-
la diminution du nombre des exploitations agricoles
-
les obstacles au commerce (provinciaux et interprovinciaux)
-
la nécessité d'être compétitif
-
l'absence de front commun
-
la salubrité des aliments
-
la transformation du milieu rural
Le fait d'interroger les membres à tour de rôle donne à
tous la chance de s'exprimer et diminue le risque de chevauchement.
vii. Demandez à votre groupe de lire les réponses qui
sont affichées. Demandez-lui de chercher les réponses
apparentées.
viii. Regroupez les questions apparentées sous des symboles
:
|
##
|
**
|
| - l'absence de coopération |
- la diminution du nombre des exploitations agricoles |
| - le GATT |
- la nécessité d'être compétitif |
| - la mauvaise éducation du consommateur |
- la diminution du nombre des agro-fournisseurs
locaux |
| - les obstacles au commerce |
- la salubrité des aliments |
| - l'absence de front commun |
|
| Haut de la page |
ix. Demandez au groupe de regarder les réponses regroupées
sous chaque symbole et de les désigner par une rubrique. Certains
animateurs jugent utile d'écrire ces rubriques sur une feuille
vierge du tableau de la façon suivante :
Problèmes qui se posent à l'industrie agro-alimentaire
:
|
##
|
Nécessité de solidariser l'industrie |
|
**
|
Commerce |
|
@@
|
Transformation de l'assise économique du
milieu rural |
|
&&
|
Assurer la qualité et la salubrité
des produits alimentaires |
Maintenant votre groupe a cerné et noté par écrit
les sujets et idées de discussion.
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6. La technique nominale
C'est la méthode indiquée dans le cas d'un groupe qui
doit classer des idées ou sujets par ordre d'importance. Elle
ne débouche pas forcément sur un véritable consensus,
mais permet de donner le même poids aux opinions de chacun.
Elle limite le bavardage, de sorte que certains ne risquent pas de
se laisser influencer par les opinions des autres.
Si le nombre de sujets n'est pas trop grand, le groupe peut utiliser
la méthode du consensus (comme dans l'exemple du Comité
de développement économique). Par contre, si leur nombre
est élevé, la technique nominale peut très bien
répondre aux besoins de votre groupe.
Exemple :
À l'aide de la méthode ORID, votre groupe a défini
les quatre problèmes clés qui se posent à l'industrie
agro-alimentaire. Il lui reste maintenant à les classer par
ordre de gravité.
| Haut de la page |
Le processus :
i. Notez tous les problèmes sur une feuille vierge du tableau.
ii. Demandez aux participants, chacun de leur côté,
de donner une note aux différents problèmes : ils doivent
attribuer la note 1 au problème qui leur paraît le moins
préoccupant. Il est nécessaire à ce stade de
poser une question précise, qui pourrait être du genre
de celles-ci :
-
« Classez les problèmes critiques
suivants par ordre d'importance.»
- « Classez les idées de projet suivantes par ordre de
préférence.»
Le système de classement dépend du nombre d'éléments
en présence. Par exemple, s'il y a quatre problèmes
ou idées à classer, le plus important ou la meilleure
obtiendrait la note 4, et le moins important ou la moins bonne obtiendrait
la note 1.
iii. Demandez à chaque participant de vous donner les notes
qu'il a attribuées et inscrivez-les sur le tableau; en faire
les totaux avec l'aide du groupe.
iv. Voilà par exemple ce qu'on pourrait lire sur votre tableau :
| |
## |
** |
@@ |
&& |
| {Personne 1} |
4 |
3 |
2 |
1 |
| {Personne 2} |
3 |
2 |
4 |
1 |
| {Personne 3} |
4 |
1 |
3 |
2 |
| {Personne 4} |
4 |
3 |
2 |
1 |
| Totaux |
15 |
9 |
11 |
5 |
D'après les résultats, le problème le plus important
est ##, ensuite @@, ** et &&.
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7. La « mise en attente »
Il s'agit d'une technique permettant de prendre bonne note des idées
qui sont importantes mais qui ne se rapportent pas directement à
la question dont le groupe discute au moment où elles sont
émises. C'est un moyen de ne pas les perdre de vue et de s'assurer
que le groupe y reviendra. Il aide aussi le groupe à garder
le fil de la discussion tout en garantissant que des idées
importantes ne se perdent pas en cours de route.
Exemple :
Pendant que le groupe tient une discussion ORID visant à évaluer
la course qu'il a organisée, un des membres fait remarquer
qu'ils ont oublié de remercier le magasin qui a fait don des
oranges.
Le processus :
i. Quand une idée est émise à contretemps au
cours d'un processus donné, il convient d'en prendre acte.
Il faut remercier l'auteur pour la pertinence de sa remarque et lui
demander la permission de la mettre en attente en l'assurant que le
groupe y reviendra plus tard.
ii. Notez l'idée sur une feuille vierge du tableau sous le
titre « Idées mises en attente ». Assurez-vous que
tout le monde peut voir cette feuille.
iii. À la fin du processus ou au cours d'une pause qui s'y
prête, portez de nouveau l'idée à l'attention
du groupe. Demandez à l'auteur de l'idée de suggérer
comment il conviendrait d'y répondre. Vous pourriez dire quelque
chose comme : « Jean a signalé que vous aviez oublié
de remercier le magasin. Faut-il le faire? Qui s'en chargera? ».
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Pour conclure vos interventions d'animateur
Si on vous a demandé d'animer une discussion au pied levé,
l'idéal est que vous repreniez votre place du début dès
que le groupe est parvenu à son but. Mais, auparavant, vous devez
résumer ce que le groupe a fait.
Si, au contraire, on vous a confié ce rôle à l'avance,
il est bon que la conclusion soit un peu plus détaillée.
Vos interventions d'animateur prennent fin lorsque la durée prévue
est expirée et (ou) les buts atteints. Normalement, le groupe
aura atteint ses buts dans le laps de temps prévu, mais ce n'est
pas toujours le cas. Quoi qu'il en soit, il vous reste en tant qu'animateur
à effectuer les tâches suivantes :
1. Résumez les réalisations du groupe. Avec l'aide des
membres du groupe, discutez des faits marquants, des difficultés
rencontrées et des choses qui ont bien fonctionné.
2. Demandez au groupe ce qu'il convient de faire ensuite. Essayez d'obtenir
des réponses unanimes aux questions qui, quand, où et
comment.
3. Remerciez le groupe de vous avoir donné la chance de travailler
avec lui et félicitez-le pour son application et ses réalisations.
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Résumé
Les difficultés du rôle d'animateur sont à la mesure
des satisfactions qu'il procure. Il en est ainsi parce que ce rôle
fait appel à un alliage complexe de savoir, de talents, d'attitudes
et d'intuition. Le savoir s'acquiert par la lecture de documents comme
celui-ci. Les talents se développent par la pratique. Quant aux
attitudes, elles s'installent d'elles-mêmes dès l'instant
que l'on croit à ce que l'on fait. Enfin, l'intuition s'aiguise
à mesure que l'on fait l'expérience de l'animation.
Le travail en groupe est passionnant pour la raison que les groupes
sont composés d'individus. Aucun individu ne ressemble à
un autre et aucun ne réagit aux événements comme
un autre. C'est pourquoi chaque discussion en groupe diffère
de toutes les autres. Votre tâche, en tant qu'animateur ou animatrice,
est de sentir et de comprendre ces différences de façon
à aider les individus à s'exprimer.
« Le meilleur de chacun pour le bien de tous. »
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Références bibliographiques
Winning Through Participation. Laura Spencer,
Kendall/Hunt Publishing Co., IOWA, 1989, ICA.
Annual Handbook for Facilitators, Trainers and Consultants.
Annual Handbook for Group Facilitators. University
Associates.
Participative Training Techniques : Participant
Manual. Ontario Agricultural Training Institute, 1991.
A Manual for Group Facilitators, B. Auvine,
B. Densmore, M. Extrom, S. Poole, M. Shanklin, Center
for Conflict Resolution.
Managing for Learning in Organizations : The Fundamentals.
D. Abbey-Livingston et D. Kelleher
Leadership, Experience and Development (L.E.A.D.).
Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario,
1991.
Planning Action in a Changing Environment (P.A.C.E.).
Jan Sanders, 1992.
Cooperative Learning - Where Heart Meets Mind.
Barry Bennett, Carol Rolheiser-Bennett, Laurie Stevahn, Educational
Connections, 1991.
Nous remercions le Secrétariat d'État
pour sa contribution financière à la réalisation
de la présente fiche technique.
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
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