On vous a demandé de parler...


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 057
Date de publication : 02/87
Commande no. 88-020
Dernière révision : 03/97
Situation : Traduction de la fiche no 87-009, «So You've Been Asked To Speak... »
Rédacteur :

Mary Ellen Norry - Direction des organisations et services ruraux/MAAARO; Robert S. Black - Direction des organisations et services ruraux/MAAARO


Table des matières

  1. Faire des recherche sur le sujet
  2. Maintenant que vous avez les renseignements, que se passe-t-il?
  3. Éléments essentiels
  4. Conseils sur l'utilisation du microphone
  5. Si vous avez un conférencier invité
  6. Présentation d'un conférencier invité
  7. Remercier le conférencier
  8. Références

Faire des recherches sur le sujet

La préparation d'un discours demande du temps. La première étape consiste à faire des recherches sur le sujet. En tant qu'orateur, vous désirez être très clair sur la substance qu'on vous a demandé de présenter. Par moments, la recherche est facile puisque le discours est fait directement à partir des connaissances que vous avez sur le sujet. Il se peut que vous vouliez ajouter quelques points d'intérêt supplémentaires. Il est important d'amasser beaucoup plus de renseignements que nécessaire. De cette abondance, on ressort les points les plus intéressants.

Lorsque vous faites vos recherches, rappelez-vous qu'il faut garder en mémoire l'auditoire et le but du discours. Essayez de vous mettre à la place des auditeurs. Que désirent-ils entendre sur le sujet? Ces renseignements leur seront-ils de quelque utilité?

N'attendez pas à la dernière minute pour vous préparer. La recherche et les enquêtes demandent du temps et de l'énergie. Vos informations doivent être exactes, concises et récentes. Elles peuvent provenir de nombreuses sources : livres, journaux, revues, radio, spécialistes à la télé, et entrevues avec des personnes-ressources aussi bien que vos connaissances personnelles.

Dans votre recherche, notez vos sources d'informations et pendant votre discours, énumérez-les au moment approprié. Il est déloyal et malhonnête d'utiliser le travail d'une autre personne comme si c'était le sien. C'est du plagiat.

Maintenant que vous avez les renseignement, que se passe-t-il?

Une fois que vous avez trouvé vos renseignements, commencez par faire un plan détaillé de votre allocution. Un bon discours comprend une introduction, un développement et une conclusion. Organisez votre texte de façon qu'il soit facile à suivre, à comprendre et à accepter. L'orateur doit aider l'auditoire et non l'épuiser.

Le développement, qui représente la partie la plus longue du discours, décrit le « où », le « quand », le « comment » et le « pourquoi » du sujet. Il doit suivre un ordre logique afin que l'auditoire ne soit pas perdu ou confus. En choisissant trois ou quatre points importants et en les étoffant quelque peu, l'orateur peut développer une idée principale. Utilisez les points les plus importants de votre recherche. Il se peut que vous deviez garder quelques renseignements pour la période de questions et réponses ou pour un autre moment.

La conclusion est un résumé des points principaux du discours. C'est votre dernière chance de faire impression auprès de votre auditoire. Il se peut que vous vouliez provoquer une réaction chez l'auditoire ou faire appel à lui pour des considérations futures. On ne doit pas inclure de nouveaux renseignements dans la conclusion.

L'introduction prépare l'entrée pour le corps du discours. Elle met l'auditoire à l'aise pendant que vous l'informez du sujet. Elle peut comprendre une citation, une question, un fait ou une idée qui sort de l'ordinaire. C'est l'amorce.

Vous devriez rédiger votre discours selon l'ordre présenté ici, c'est­à­dire en débutant par le développement et en terminant par la conclusion. Il est beaucoup plus facile d'écrire l'introduction si vous savez ce dont vous allez parler. C'est pourquoi, on l'écrit en dernier lieu.

Éléments essentiels

Le secret d'une allocution réussie est la pratique. Répétez votre discours devant un auditoire imaginaire, la famille ou des amis. Pratiquez-vous à débiter une idée par personne et observez leurs réactions. Un enregistrement vous permet de faire une évaluation et d'apporter les modifications essentielles avant l'événement. Seule la pratique vous permettra de maîtriser les points ci-dessous.

Prenez confiance. Il est naturel d'être nerveux avant un exposé. Plus vous serez préparé, moins vous serez nerveux ou timide. Arrivez tôt. Vérifiez le matériel et effectuez les changements nécessaires avant de monter sur scène. Connaissez votre matière à fond et prévoyez les questions et les réactions de votre auditoire. Concentrez-vous sur ce que vous allez dire et ce, sans interruption pendant dix ou quinze minutes avant la présentation. Faites l'inventaire de vos symptômes de nervosité (parler trop vite, tremblements) et efforcez-vous de les maîtriser. Des respirations lentes et profondes aident à combattre la nervosité. Pour développer la confiance en vous, faites comme si vous aviez déjà réussi. Pensez « Succés »!

Puisez dans vos connaissances sur le sujet. Il importe peu que vous utilisiez les mêmes mots chaque fois que vous pratiquez ou débitez votre discours, pourvu que vous en respectiez les grandes lignes. L'orateur qui mémorise un texte risque d'oublier qu'il s'adresse à un auditoire. La meilleure règle à garder en mémoire est qu'il faut toujours garder la communication ouverte.

Les notes sur fiches ne sont que des instruments de dépannage. Employez-les pour souligner des idées maîtresses, au lieu d'écrire le texte au complet. Si vous avez un trou de mémoire temporaire, arrêtez-vous, ne dites rien jusqu'à ce que vous retrouviez le fil de vos idées. Les marques d'hésitation comme « hum » et « e-e » ne font que détourner l'attention de l'auditoire. Travaillez à améliorer votre mémoire en utilisant des moyens mnémotechniques.

Voici deux techniques que vous pouvez pratiquer :

Enchaînement des idées

Associez une image à chaque point à retenir. Ensuite, imaginez comment cette image est liée à celle du point qui suit dans votre discours.

Méthode loci

Pensez à une série de 10 à 20 emplacements bien connus (lieux sur un chemin que vous empruntez tous les jours). Ensuite, placez une idée maîtresse à chaque emplacement. Imaginez-vous marchant et visitant chaque emplacement dans l'ordre que vous les parcourez tous les jours, et vous vous rappellerez de la substance de votre discours dans la bonne séquence.

Association de mots

Mémorisez une série de mots-clés auxquels l'information peut être reliée. Un système d'associations à rimes est le meilleur. Vous pouvez dire : un est « brun », deux est un « noeud », trois est une « noix », etc. Une fois que vous connaissez vos associations à rimes, songez à une image pour chaque rime et reliez visuellement cette image à l'idée qui lui est associée. Supposons que les idées maîtresses de votre discours sont l'hôpital, l'hélicoptère et le sourire. Pour vous rappeler de vos idées, associez-les aux mots-clés de la façon suivante : imaginez que l'hôpital est « brun »; l'hélicoptère quant à lui a un « noeud » dans l'hélice; le sourire est imaginé avec des « noix » à la place des dents. Ainsi, lors de votre discours, lorsque vous chercherez du brun, vous verrez l'hôpital, lorsque vous chercherez un noeud, vous verrez l'hélicoptère et ainsi de suite.

Quelle que soit la méthode choisie, vos associations doivent être automatiques et vous devez vous sentir à l'aise avec elles si vous voulez qu'elles réussissent.

Laissez votre voix vous aider. Un orateur efficace aura une voix expressive qui variera en registre, en timbre, en vitesse, en puissance et en qualité. On peut accentuer les idées maîtresses :

  • en faisant des pauses avant et après chacune. Un silence soudain comme un bruit soudain rend votre auditoire plus attentif,
  • en utilisant un timbre plus haut ou plus bas,
  • en variant votre vitesse de débit - parler plus lentement pour les mots importants.

Une bonne prononciation et une présentation dans une grammaire correcte donnent de la crédibilité au message tout comme le font les phrases finales prononcées sur un ton décroissant.

Soyez naturel. Les gestes des mains et les mouvements du corps devraient être naturels et spontanés. Il est préférable de faire moins de gestes que d'en faire plusieurs qui ne sont pas naturels. Pour adopter une position confortable et relaxée qui facilite les mouvements, imaginez que vous êtes suspendu par un fil invisible de façon que votre corps soit droit, chaque partie régulièrement positionnée sur la suivante. Vos bras devraient pendre librement sur les côtés. La posture renforcera ou démentira votre message. Soyez-en conscient et réduisez au minimum les réactions inconscientes (marcher sans cesse, toucher la figure avec la main) qui distraient l'attention de l'auditoire. Souriez et mettez votre auditoire à l'aise. Montrez de l'intérêt pour votre public, ceci l'encouragera à vous en manifester.

Tirez profit d'aides visuelles. Lorsque les aides visuelles sont bien utilisées, elles clarifient votre exposé et renforcent vos paroles. Graphiques, dessins et diapositives doivent être de qualité supérieure et assez gros pour que tout le monde les voit bien. Avant l'exposé, pratiquez avec ces aides et assurez-vous que tout le matériel est en bon état. Pendant l'exposé, regardez et parlez à votre auditoire et non à ces aides.

Portez des vêtements convenables. Les exposés en public peuvent exiger une tenue très soignée selon l'endroit. Votre sujet peut lui aussi imposer le genre de tenue qui sera le plus approprié.

Soyez vous-même. Il n'y a pas de façon totalement exacte ou totalement fausse de prononcer un discours ou de faire une démonstration. Ce qui aide telle ou telle personne à communiquer une idée peut ne pas vous convenir. Par exemple, si vous n'êtes pas un farceur, n'essayez pas de le devenir pendant l'exposé. Les gens se rendront compte rapidement que ce n'est pas dans votre nature. Utilisez des techniques qui vous aident à communiquer clairement vos idées aux autres. Soyez vous-même et faites-le à votre manière.

Conseils sur l'utilisations du microphone

  1. Avant l'exposé, prenez le temps d'apprendre comment utiliser le microphone.
  2. Essayez le microphone. Dites au moins une ou deux phrases pour entendre le timbre de votre voix. Pendant la présentation, demandez « Est-ce que vous entendez bien en arrière? »
  3. Réglez le microphone à la hauteur et à la distance qui vous conviennent. Il doit être placé à la hauteur du menton et éloigné d'environ 2 ou 3 pouces.
  4. Parlez directement dans le micro. Ne détournez pas la tête, sinon votre voix ne sera pas égale et votre message ne sera pas bien entendu.
  5. La respiration doit se faire le plus calmement possible, régulière et sans tension excessive des muscles. Rappelez-vous que tous les bruits sont amplifiés, donc évitez de respirer bruyamment, de froisser du papier ou de donner des coups au support du micro.
  6. Soyez conscient des fils du micro, surtout si vous le portez sur vous.
  7. Utilisez votre voix comme vous le feriez si vous parliez sans microphone. Projetez-la, faites-la résonner le plus possible.
  8. Relaxez. Considérez le microphone comme un ami et laissez-le porter votre message.

Si vous avez un conférencier invité

Les conférenciers invités représentent une ressource importante pour les organismes. Si vous avez l'intention d'en inviter un, suivez les directives ci-dessous pour vous assurer de lui fournir les renseignements nécessaires. Communiquez-les lui clairement :

  • Le nom de l'organisme et sa fonction; le genre de réunion, la date, l'heure, le lieu et la durée de la séance en question;
  • Le type d'exposé (conférence d'ouverture, atelier de travail éducatif, etc.);
  • Le nombre et les caractéristiques des gens qui assisteront à la séance;
  • Les objectifs de la réunion et de la séance (ce que vous voulez atteindre);
  • L'ordre du jour de la réunion (à la limite, ce qui aura lieu avant et immédiatement après la séance du conférencier);
  • Les problèmes et les questions spécifiques auxquels les participants seront confrontés;
  • Les forces existantes à l'intérieur de l'organisme, des points sur lesquels il n'est pas nécessaire d'insister;
  • Demander au conférencier s'il a des suggestions et des idées pertinentes;
  • Honoraires, s'il y a lieu.

Présentation d'un conférencier invité

Lorsque vous faites la présentation, votre but est de laisser la scène au conférencier en éveillant l'intérêt de l'auditoire. Une bonne présentation devrait inclure :

  • Le nom du conférencier;
  • Le titre de son exposé;
  • Les compétences de votre invité (en relation avec le sujet);
  • Une phrase expliquant l'importance du sujet pour l'auditoire et comment l'auditoire pourra en bénéficier.
Rappels :

Soyez bref. Votre responsabilité, c'est de présenter la personne et non de faire un discours. La présentation ne devrait jamais dépasser de 60 à 90 secondes.

Soyez enthousiaste. Votre enthousiasme envers le conférencier invité éveille l'intérêt de l'auditoire et motive le conférencier. Donner une poignée de main au conférencier à la fin de la présentation l'aide à se sentir le bienvenu.

Que vos paroles soient empreintes de sincérité et de tact. Il est aussi important d'être précis. Identifiez bien la personne. Quel est son titre, sa carrière? Quelles expériences spécifiques a-t-elle pour traiter de ce sujet? Déterminez trois ou quatre points qui se rapportent spécifiquement au sujet plutôt que de faire l'historique complet de sa vie. Demandez au conférencier de vous envoyer son curriculum vitae à l'avance.

Prononcez le nom clairement et correctement. Vérifiez toujours avec le conférencier la prononciation de son nom. Lorsque l'auditoire le connaît déjà ou si son nom est écrit dans le programme, on ne mentionne son nom qu'une seule fois : « Mesdames et Messieurs, Pierre Untel ». En toute autre circonstance, le nom du conférencier devrait être répété.

Commencez les applaudissements. Après avoir invité le conférencier à monter, commencez à applaudir pendant qu'il s'approche du microphone.

Ne dites jamais qu'un autre conférencier n'était pas disponible. Vous voulez donner l'impression que la personne la plus qualifiée sur le sujet se prépare à parler. Des phrases comme « ...le conférencier que nous attendions tous », « sans plus attendre », « c'est en fait un grand plaisir » ne sont pas nécessaires et ne sont pas aussi efficaces que si l'on finit par un simple « Mesdames et Messieurs, Pierre Untel ».

Remercier le conférencier

Quelques mots choisis et sincères et les applaudissements qui suivent donnent de la valeur au travail de votre invité. La meilleure façon de remercier un conférencier est de bien l'écouter. Lorsque vous remerciez,

  • Restez debout et attendez que l'auditoire se calme, ensuite commencez.
  • Soyez sincère et à propos. Il est recommandé de ne pas excéder une ou deux minutes.
  • Référez-vous au discours de façon spécifique et précise. Si le discours a été pauvre, exprimez simplement votre appréciation pour son temps et sa présence.
  • Concluez en remerciant de nouveau le conférencier au nom de votre organisme et commencez à applaudir en regardant directement votre invité. N'annoncez pas les applaudissements. Si vous donnez un cadeau, faites-le à la fin de vos remerciements.

Références

  • Carnegie, Dale. How to Develop Self Confidence and Influence People by Public Speaking. New York : Simon and Schuster Inc., 1973
  • 4-H Branch - Alberta Agriculture
  • Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario, Network, Volume 3, Numéro 2, 1985; Volume 4, Numéro 6, 1986
  • Ministère des Affaires culturelles et des loisirs. Notes for Community Leaders - Speaking in Public. 1980
  • Wilder, Lilyan. Professionally Speaking: Getting Ahead in Business and Life Through Effective Communication, Simon and Schuster, New York, 1986. 


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