Préparation
de la collectivité à l'expansion
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
| Agdex : | 880 |
|---|---|
| Date de publication : | juin 2001 |
| Commande no. | 01-040 |
| Dernière révision : | juin 2001 |
| Situation : | La présente fiche technique fait partie d'une série de six sur la préparation de la collectivité à l'expansion économique. Se référer également aux titres suivants : Encadrement des bénévoles, commande no. 01-032, Leadership, commande no 01-034, Liste de vérification, commande no 01-036, Résolution de conflits, commande no. 01-038 et Déroulement des réunions, commande no. 01-042. |
| Rédacteur : | Chuck Bokor - MAAARO |
Une bonne partie du travail nécessaire au projet se fera en groupe, en équipe, à l'intérieur d'un comité, etc. On n'établit pas les priorités, on ne prend pas les décisions ni ne résout les problèmes de la même façon si l'on se trouve dans une situation de groupe que si la démarche est personnelle, que l'on n'a de comptes à rendre à personne et que l'on décide de son propre sort.
Dans une situation de groupe, différentes personnalités entrent en jeu, tout comme une foule de perspectives diverses. Chacun ou chacune peut avoir son opinion et ses idées au sujet du projet : les priorités, ce qui doit être fait, comment les choses doivent être faites, qui doit s'en charger, etc.
La réponse à cette question réside dans l'adoption de façons de procéder efficaces. Fort heureusement, les groupes peuvent s'inspirer d'autres groupes qui, avant eux, ont eu à entreprendre un projet complexe faisant intervenir divers points de vue et choix, d'autres groupes communautaires qui ont affronté des défis semblables. Il existe donc une foule d'outils et de techniques à la portée des groupes pour leur faciliter la tâche et atténuer les frustrations.
Faciliter signifie « rendre plus facile ». Un bon facilitateur ou une bonne facilitatrice tient compte des éléments de la façon de procéder du groupe et fait aboutir la discussion en se servant de ces outils et techniques. Résultat : un plus fort ralliement des membres du groupe, une participation accrue d'un plus grand nombre de membres du groupe et une plus grande prise en charge du projet.
L'idéal est que le facilitateur ou la facilitatrice (qu'on appelle parfois animateur ou animatrice) soit une personne externe qui se joint au groupe pour l'aider à définir certaines façons de procéder. Cette solution n'étant pas toujours pratique ni abordable, on peut se tourner vers le ou la chef ou la personne qui préside pour animer la discussion et faciliter différentes démarches, à condition que le ou la chef n'ait pas aussi un rôle à jouer en tant que membre de l'équipe. Si tel est le cas, la ligne de démarcation entre les rôles risque de s'estomper et la facilitation risque de ne pas être assez neutre. Une solution de rechange consiste à demander à tous les membres du groupe de parfaire leurs aptitudes d'animateur en pilotant les réunions et les activités à tour de rôle.
Heureusement, les aptitudes d'animateur s'acquièrent et sont accessibles à tout le monde, et les outils nécessaires à la gestion des activités de groupe sont à la portée de tous.
Parmi les principales techniques auxquelles le facilitateur ou la facilitatrice a recours, mentionnons les suivantes :
On trouve ci-dessous la liste des aptitudes les plus importantes que doit posséder un facilitateur ou une facilitatrice pour aider le groupe à évoluer efficacement au fil de la réunion. Demander à chaque membre du groupe de noter sa propre capacité de faciliter un débat, puis évaluer le groupe dans son ensemble. En se fondant sur les résultats obtenus, le groupe aura une meilleure idée de la façon de procéder.
Par exemple, si le groupe accorde une note de « 3 » ou de « 4 » à chaque aspect, il est bien parti, car il possède les aptitudes nécessaires pour faire face à bon nombre des situations qui sont susceptibles de se présenter. On peut par la suite confier aux membres du groupe qui possèdent de fortes aptitudes dans certains domaines la tâche de faciliter les échanges quand le besoin se fait sentir.
Lorsque les aptitudes de facilitation font défaut à un groupe, on peut se faire aider d'un facilitateur externe au niveau des échanges portant sur la planification, la prise de décision et la résolution de problèmes.
Le tableau suivant permet à chaque groupe
d'évaluer ses aptitudes de facilitation en se servant du barème
proposé.
Tableau 1. Auto-évaluation des aptitudes à la facilitation
| 1 aucune aptitude |
2 certaines aptitudes |
3 bonnes aptitudes |
4 excellentes aptitudes |
|
Aptitude |
Note |
|---|---|
|
1. Maîtrise de l'écoute active, de la paraphrase, de l'art de poser des questions et de la synthèse des points principaux. |
|
|
2. Capacité de gérer le temps et de maintenir un bon rythme |
|
|
3. Connaissance des techniques utilisées pour obtenir la participation active des membres et pour faire sortir les idées, et la capacité de s'en servir |
|
|
4. Capacité de prendre des notes claires et précises qui tiennent compte de ce qu'ont dit les participants |
|
|
5. Bonne connaissance des outils de base se rapportant à la tenue de séances de remue-méninges, à l'analyse des forces en jeu et aux grilles décisionnelles |
|
|
6. Maîtrise de l'art d'arriver à un consensus et de clore la discussion |
|
|
7. Capacité de poser de bonnes questions exploratoires qui attaquent ses propres hypothèses et celles des autres d'une manière non menaçante |
|
|
8. Capacité d'arrêter le débat pour vérifier la progression des choses |
|
|
9. Capacité de composer avec de la résistance et des points de vue qui sont contraires aux siens d'une manière non défensive |
|
|
10. Capacité de gérer les conflits entre participants et de garder son calme |
|
Une autre solution serait de laisser les gens exprimer leurs idées en toute spontanéité et de permettre aux participants de présenter leurs idées à mesure qu'elles leur viennent à l'esprit. La séance risque alors d'être dominée par une minorité, mais les participants plus timides peuvent ainsi être moins anxieux à l'idée de devoir participer.
Tableau 2. Feuille de travail - Analyse des forces en jeu
|
Objectif : ___________________________________________________________
|
Forces qui aident à atteindre l'objectif |
Forces et obstacles qui empêchent d'atteindre l'objectif |
|---|---|
Autres mots qui pourraient aider à
décrire les forces en jeu :
|
|
1 = ne satisfait pas au critère
2 = satisfait plus ou moins au critère
3 = satisfait bien au critère
À cette étape-ci, le groupe doit se pencher sur la note totale accordée à chaque option. Dans l'exemple qui précède, l'option 1 a obtenu une note de 9,25, l'option 2, une note de 15,75, et l'option 3, une note de 16,50. Le fait que l'option 3 a reçu la plus haute note suffirait à convaincre certains membres du groupe qu'elle doit être au premier rang des priorités.
D'autres seront quelque peu consternés par le fait que les options 2 et 3 ont obtenu des notes similaires. Ces deux options devront faire l'objet de nouvelles discussions et il faudra peut-être raffiner les critères pour mieux les distinguer.
Si les résultats de la grille décisionnelle suscitent un grand désaccord, le groupe doit revoir les critères d'évaluation et le poids qui est attribué à chacun. Ainsi, après avoir réfléchi sur les notes accordées dans l'exemple, le groupe pourra décider qu'il n'a pas donné suffisamment de poids au critère « économise de l'argent », qui finalement avait plus d'importance qu'on ne l'avait cru au départ. Les membres du groupe pourront également décider qu'un autre critère (appuie le plan global) devrait figurer dans la grille puisqu'ils ont réalisé que certaines des idées ne cadraient pas avec leur vision du projet.
Il se peut que l'on ait à répéter l'exercice de pondération et de notation jusqu'à ce que le groupe soit à l'aise avec la façon dont il a pris sa décision. Au bout du compte, c'est au groupe que revient la responsabilité de prendre une décision. La grille décisionnelle ne fait que faciliter la démarche en aidant le groupe à cerner ce qui importe à ses yeux et à établir quelles sont les options les plus souhaitables. L'avantage de cette démarche est que les participants seront mieux aptes à légitimer leur décision à d'autres personnes.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.
Révisée par Luna Ramkhalawansingh, Unité de développement économique des collectivités, MAAARO, Guelph.