SF6024 - Évaluation des huiles essentielles pour remplacer les antibiotiques ajoutés aux aliments pour la maîtrise des pathogènes d'origine alimentaire chez le bétail

Auteur : Moustapha Oke - analyste recherchiste/DRI
Date de création : 22 août 2006
Dernière révision : 10 Novembre 2009

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Chercheur :

Joshua Gong, Programme de recherches sur les aliments, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Objectifs :

  1. Identifier les huiles essentielles ou celles de leurs composantes qui, in vitro, peuvent inhiber la croissance de Salmonella et E. coli O157:H7 mais non la flore intestinale bénéfique.
  2. Étudier les effets des substances ainsi identifiées sur Salmonella et E. coli O157:H7, la flore intestinale, la santé du tube digestif et le rendement de croissance des animaux (porcs) in vivo.

Avantages prévus :

  1. Autre méthode de maîtrise de Salmonella et E. coli O157:H7 dans la production porcine. Cette méthode permettra peut‑être de réduire le recours du secteur aux antibiotiques ajoutés à l’alimentation, d’éviter l’apparition de la résistance aux antibiotiques et d’améliorer l’innocuité et la qualité des aliments en Ontario.

Sommaire des résultats de recherche :

L’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques et de résidus de médicaments dans les denrées alimentaires sont les deux principaux problèmes liés à la sécurité alimentaire et à la santé humaine et découlant de l’emploi de médicaments dans la production agricole. Étant donné les inquiétudes suscitées par la résistance aux antibiotiques, l’administration de faibles doses de ces substances aux animaux d’élevage pour stimuler leur croissance et leur rendement n’est plus considérée comme une méthode de production normale comme elle l’était dans le passé. Cette pratique sera même totalement interdite dans les pays de l’Union européenne à partir de janvier 2006.

Par conséquent il est maintenant impératif de mettre au point des méthodes pouvant remplacer l’administration de stimulateurs de croissance antimicrobiens pour permettre au secteur de l’élevage de réduire l’emploi d’antibiotiques à titre préventif. Depuis deux ans et demi, c’est exactement ce sur quoi a travaillé une équipe de recherche regroupant des représentants d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, de l’Université de Guelph, de l’Agence de santé publique du Canada et du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario. Cette équipe a étudié le potentiel des huiles essentielles et de leurs composantes comme produits de remplacement des stimulateurs de croissance antimicrobiens dans la production porcine. Les principaux résultats sont exposés ci‑dessous.

Huiles essentielles et leurs composantes

Au cours de cette étude, on a testé 66 huiles essentielles ou leurs composantes pour connaître leur pouvoir d’inhibition de la croissance de Salmonella typhimurium DT104 et de E. coli O157:H7. Seize de ces 66 substances ont un fort pouvoir antimicrobien. Parmi les 16 huiles ou composantes qui avaient un pouvoir inhibiteur supérieur ou égal à 80 %, neuf ont fait l’objet d’une étude plus poussée : effets antibactériens contre S. typhimurium DT104, E. coli O157:H7 et E. coli K88, stabilité à pH 2,0 et effet sur la croissance des bactéries intestinales bénéfiques. La plupart des huiles ou composés avaient une efficacité élevée contre les pathogènes et un effet inhibiteur faible à l’égard des lactobacilles et des bifidobactéries, qui sont des bactéries bénéfiques normalement présentes dans la microflore intestinale des porcs. Ces huiles ou composés étaient également tolérants aux pH faibles, et ils devraient donc garder leur efficacité dans le milieu acide qui prévaut dans le tube digestif des animaux.

Conclusion :

Les conclusions de l’étude sont les suivantes :

  1. Certains composés et huiles essentielles peuvent devenir des substituts aux antibiotiques qui sont ajoutés dans l’alimentation des animaux pour lutter contre les bactéries pathogènes des humains et des porcs; en effet, les études in vitro entreprises par nous ont permis de démontrer que ces substances avaient une forte activité antimicrobienne, une tolérance aux pH faibles et une sélectivité à l’égard des bactéries pathogènes par rapport aux bactéries intestinales bénéfiques.
  1. La composition de l’alimentation des porcs constitue un facteur qui limite significativement l’activité antimicrobienne des huiles essentielles. Pour maximiser l’effet antimicrobien des huiles essentielles in vivo, il est capital de disposer d’une méthode efficace et pratique d’acheminement de ces substances dans l’intestin des animaux. On a montré que certains émulsifiants pouvaient stabiliser les solutions d’huiles essentielles et maintenir leur effet antimicrobien.

n a identifié un composé d’huile essentielle qui conservait sont pouvoir antimicrobien en présence de diverses diètes, en plus de sa tolérance aux faibles pH et de sa sélectivité contre Salmonella typhimurium DT104. Des expériences d’infection de porcs ont également permis de montrer que ce composé pourrait présenter des possibilités pour des applications futures, bien que d’autres recherches soient nécessaires pour déterminer le niveau de traitement et d’autres aspects de l’utilisation sur le terrain.

 


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