SF6019 - Étude des voies
de transfert des pathogènes d'origine alimentaire et de l'eau aux
fruits et légumes
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Chercheur :
Mansel Griffiths, PhD, Département des sciences de l’alimentation,
Université de Guelph
Objectifs :
- Déterminer si Salmonella, E. coli O157:H7
et L. monocytogenes peuvent pénétrer dans les
parties comestibles de la laitue, de la tomate, des concombres et des
fraises à partir d’un sol contaminé par l’eau
ou le fumier.
- Déterminer si les dommages causés aux racines mécaniquement
ou par des pathogènes des végétaux ont un effet
sur la propagation systémique des pathogènes d’origine
alimentaire.
Avantages prévus :
- Possibilité d’identification des risques liés
à la présence de pathogènes dans le sol et contribution
à l’identification de stratégies de maîtrise
de ces risques.
Sommaire des résultats de recherche :
On a étudié la croissance et la persistance de Escherichia
coli O157:H7, Salmonella typhimurium et Listeria monocytogenes
sur toute une gamme de végétaux sur de longues périodes
de culture. Lorsqu’ils avaient été ajoutés
aux semences de carottes, de cresson, de laitue, de radis, d’épinards
et de tomates, tous ces pathogènes s’établissaient
rapidement peu après la germination et atteignaient des densités
cellulaires de l’ordre de 5,5 à 6,5 log UFC/g. De façon
générale, sur les jeunes plants (9 jours après
la germination), E. coli O157:H7 et L. monocytogenes
s’établissaient et persistaient à des niveaux significativement
plus élevés que Salmonella. E. coli
O157:H7 avait pénétré dans les jeunes plants de cresson,
de laitue, de radis et d’épinards mais il n’a pas été
retrouvé dans les tissus des plantes arrivées à maturité.
On a également observé l’absorption de Salmonella
par les jeunes plants de laitue et de radis mais non par ceux de cresson
et d’épinards. À l’opposé, L. monocytogenes
n’a pas été absorbé par les jeunes plants,
mais il a persisté à la surface des plantes pendant toute
la période de culture. L’inoculation conjointe d’isolats
provenant de la rhizosphère des plantes n’a eu aucun effet
significatif sur le nombre ou la persistance des pathogènes humains,
à l’exception de Enterobacter cloacae qui a réduit
les quantités de E. coli O157:H7 Ph1 et de L.
monocytogenes d’environ 1 log UFC/g sur la laitue.
La souche de E. coli O157:H7 Ph1 à phénotype
bioluminescent a permis de démontrer que ce pathogène humain
s’établissait sur les racines des plantes en croissance.
Les images au microscope à balayage électronique de jeunes
plants de légumes racines permettent de penser que E. coli
O157:H7 Ph1 colonise de préférence les embranchements des
racines. Nous proposons l’hypothèse selon laquelle ces mêmes
sites de colonisation favorisaient la persistance de E. coli
O157:H7 sur les plants et facilitaient son absorption par les tissus internes
des jeunes plants en croissance. Les résultats de cette étude
suggèrent que dans les légumes consommés en salade,
le risque lié aux pathogènes humains préalablement
absorbés à la récolte est faible. Cependant l’introduction
de pathogènes humains à un stade précoce de développement
des plants pourrait favoriser leur persistance dans la rhizosphère.
Lorsque les plants de laitue et d’épinards sont exposés
aux pathogènes juste avant la récolte, la probabilité
de contamination est plus élevée que si l’exposition
a lieu vers le milieu de la croissance.
Les pathogènes humains introduits par l’eau d’irrigation
(goutte à goutte) au stade de la floraison des plants de tomates
et de concombres n’ont pas produit de contamination subséquente
des fruits ainsi produits, mais ils ont persisté sur les racines
de ces plants. Cependant, lorsqu’on a introduit E. coli
O157:H7, Salmonella et Listeria monocytogenes sur les
fleurs des plants de concombre, de tomate et de fraise, les fruits ainsi
produits ont été contaminés.
La perturbation mécanique des racines latérales des épinards
n’a pas favorisé l’absorption de E. coli
O157:H7 par la plante; à l’inverse, la viabilité de
E. coli O157:H7 a été réduite au voisinage
du bord de la coupure. De la même façon, la perturbation
des poils racinaires n’a pas favorisé l’absorption
de E. coli O157:H7 par les plants d’épinards.
Cependant l’enlèvement des poils racinaires n’a eu
aucun effet sur la viabilité ou sur la colonisation des racines
par E. coli O157:H7. L’inoculation conjointe du phytopathogène
Pseudomonas syringae DC3000 n’a pas eu d’effet sur
l’absorption de E. coli O157:H7 ou de E. coli
générique par les plants d’épinards; on a relevé
les mêmes résultats en présence de dommages infligés
par les nématodes aux racines des plants de tomate et d’épinards.