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SF6017 - L’alimentation des porcs par bouillie liquide : effets possibles bénéfiques et néfastes sur l’innocuité de la viande de porc

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 22 août 2006
Dernière révision : 22 août 2006

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Chercheur :

C.F.M. de Lange, PhD, Département des sciences animales et de la volaille, Université de Guelph

Objectifs :

  1. Mettre sur pied une base de données des coproduits de l’industrie alimentaire qui sont actuellement utilisés (ou qui pourraient l’être à l’avenir) dans les systèmes d’alimentation des porcs par bouillie liquide, y compris de données sur les principaux pathogènes et résidus chimiques.
  2. Caractériser les modifications de la microflore au cours de la fermentation d’ingrédients sélectionnés des aliments pour porcs (lactosérum, solubles de distillerie de maïs et diète complète des porcs) qui pourraient être incubés ou non avec des bactéries bénéfiques (probiotiques).
  3. Déterminer les effets de la consommation de bouillie liquide fermentée et non fermentée sur l’excrétion fécale de pathogènes et sur la contamination des carcasses de porc par des pathogènes et certains produits chimiques sélectionnés.

Avantages prévus :

  1. Production d’une information permettant une évaluation plus précise et objective des effets bénéfiques et néfastes de l’alimentation des porcs à la bouillie liquide sur l’innocuité des produits du porc en Ontario. De plus, on identifiera des points de contrôle critiques dans la production porcine ainsi que des stratégies d’amélioration de l’innocuité des produits du porc en Ontario.

Sommaire des résultats de recherche :

En Ontario, actuellement, environ 20 % des porcs présents sur le marché sont alimentés à la bouillie liquide par des systèmes informatisés. Étant donné les avantages de l’alimentation par la bouillie liquide, au cours des prochaines années, on s’attend à une augmentation rapide du nombre d’animaux nourris de cette façon. De plus, on utilisera de plus en plus de coproduits liquides provenant de l’industrie alimentaire et, pour ce faire, on fera probablement appel aux techniques de fermentation des aliments pour animaux. Des études récentes permettent penser que l’emploi de bouillies liquides, et notamment de bouillies fermentées, pourrait contribuer à améliorer l’état de santé digestive des porcs, de réduire le recours aux médicaments ajoutés aux aliments dans la production porcine commerciale et de réduire les risques de contamination des produits du porc par Salmonella spp. Il en résultera des avantages directs pour ce qui est de l’innocuité de la viande de porc. En Ontario, actuellement, on utilise ou on envisage d’utiliser une vaste gamme de sous‑produits de l’industrie alimentaire pour la fabrication de bouillies liquides destinées aux porcs. Ces coproduits de l’industrie alimentaire ou des carburants pourraient représenter un risque pour l’environnement s’ils étaient éliminés sous forme de déchets.

L’évaluation actuelle des principaux coproduits employés dans les bouillies pour l’alimentation porcine en Ontario montre que leur consommation par les animaux ne présente aucun danger et qu’ils ne posent aucun risque pour le consommateur. Ce dernier aspect résulte des quantités de pathogènes (Salmonella et Yersinia), de mycotoxines (vomitoxine et zéaralénone) et de métaux lourds présents dans les ingrédients de la bouillie liquide et les diètes de liquides mélangés, ainsi que de l’emploi d’agents nettoyants. En fait les bouillies liquides fournissent davantage de bactéries lactiques bénéfiques aux porcs que les aliments secs; il est donc probable que l’état de santé de leur système digestif s’en trouve amélioré, que cela permet de réduire le recours à l’ajout de médicaments dans les aliments et de faire diminuer les risques de contamination des porcs et de leur viande par Salmonella. De plus, l’entreposage des ingrédients des bouillies liquides semble avoir pour effet de dégrader les mycotoxines, un aspect qui mérite une étude plus approfondie. Cependant le contenu en éléments nutritifs de ces coproduits est assez variable et il doit faire l’objet d’un suivi en fonction de l’identité du fournisseur et d’analyses systématiques des éléments nutritifs.

La combinaison de différents microorganismes (Lactobacillus et Bacillus) sous forme d’inoculants permet une fermentation contrôlée, plus efficace et plus rapide des solubles de distillerie condensés (SDC); par contre, selon les dénombrements microbiens et les changements de pH qui ont été observés, la fermentation contrôlée de l’eau de macération du maïs et du maïs à forte teneur en humidité apporte peu d’avantages.

Les études récentes montrent que les SDC peuvent constituer un ingrédient intéressant dans l’alimentation des porcs et qu’il est possible d’améliorer leur valeur alimentaire par fermentation contrôlée. Chez les animaux alimentés à l’aide de SDC non fermentés, on a relevé une légère diminution de la croissance par rapport à ceux qui consommaient une diète à base de maïs de fourrage et de farine de soya. L’administration de SDC non fermentés n’a eu aucun effet sur les résultats des mesures systématiques effectuées sur les carcasses ni sur leur valeur, ni sur les paramètres de la santé du système digestif.

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