Ministère de lAgriculture, de lAlimentation et des
Affaires rurales - Priorities de la Recherche : Priorités en
2008-2012:
|
Durabilité de l'environnement
Table des matières
1.0 Description et portée du thème
1.1 Description du thème
2.0 Contexte et historique du thème
2.1 Contexte et historique
2.2 Enjeux, tendances et possibilités
2.3 Composantes habilitantes du
thème
3.0 Domaines de recherche et priorités associés
au thème
3.1 L'approche
3.2 Description des domaines
de recherche
4.0 Facteurs de succès déterminants
4.1 Facteurs de succès concernant
les composantes habilitantes
4.2 Facteurs de réussite
concernant les domaines de recherche recommandés
5.0 Autres considérations et recommandations
connexes
5.1 Considérations
1.0 Description et portée du thème
1.1 Description du thème
La notion de durabilité fait référence à
la réalisation d'une condition économique, environnementale
et sociale qu'il est possible de maintenir indéfiniment. Au MAAARO,
la " durabilité de l'environnement " est axée
sur la capacité des ressources naturelles (sol, air, eau et biodiversité)
à soutenir et à renforcer les secteurs de l'agriculture,
de l'alimentation et des bioproduits, ainsi que les collectivités
rurales. Le MAAARO est appelé à examiner les aspects liés
à l'économie, à la santé publique et à
l'environnement pour assurer la durabilité de la production agricole
et alimentaire. On souhaite également que le secteur rural de l'Ontario
contribue à la prise de solutions novatrices pour régler
les questions environnementales.
Étant donné que les gouvernements provinciaux ont compétence
en matière de contrôle et de gestion de l'utilisation des
terres et des émissions dans l'atmosphère, la plupart des
décisions touchant l'utilisation des terres et la production sont,
par conséquent, prises par les provinces. Le gouvernement provincial
est chargé de définir la législation et la réglementation
concernant l'utilisation des terres, les exploitations agricoles, les
entreprises du secteur de l'alimentation, les pratiques et les répercussions.
La province formule aussi des recommandations, émet des orientations
et met sur pied des programmes visant l'adoption de pratiques de gestion
agroenvironnementales. Les responsabilités du MAAARO en matière
de législation, de réglementation et de programmes exigent
que certaines possibilités de recherche précises soient
explorées afin de soutenir les programmes et les politiques fondés
sur des preuves, lesquels peuvent ne pas être appuyés par
d'autres programmes de recherche ou de sciences.
La croissance économique et démographique offre des débouchés,
mais elle présente aussi des difficultés pour l'agriculture
et l'environnement. Puisque la société planifie et modifie
l'environnement en grande partie selon les besoins et les désirs
de la population, la définition de durabilité de l'environnement
et les exigences en matière de recherche entourant ce thème
sont principalement axées sur les besoins de base de la population.
Par ailleurs, même si les agriculteurs sont de bons intendants de
leurs terres et s'avèrent des gestionnaires avisés de l'environnement,
leurs préoccupations principales concernent d'abord l'agriculture
durable et leurs moyens de subsistance.
La durabilité de l'environnement constituant en outre un élément
essentiel de la production agricole, il est nécessaire que cette
question soit prise en considération et intégrée
aux autres thèmes de recherche.
2.0 Contexte et historique du thème
2.1 Contexte et historique
La durabilité du système agroalimentaire comprend les aspects
économiques, sociaux et environnementaux. Toutefois, par rapport
aux autres thèmes stratégiques du MAAARO, ce thème
met l'accent sur les ressources naturelles (sol, air, eau et biodiversité)
qui soutiennent et renforcent les secteurs de l'agriculture, de l'alimentation
et des bioproduits, ainsi que les collectivités rurales.
Dans le but de favoriser l'innovation et le progrès dans le secteur
de l'agroalimentaire et de réagir aux préoccupations de
la société, le MAAARO investit dans ce thème de recherche
aux fins suivantes :
-
Comprendre les risques et les avantages potentiels que présentent
les secteurs agricole et alimentaire pour le sol, l'eau, l'air et
la biodiversité;
-
Établir une assise scientifique pour l'élaboration
de politiques, d'initiatives et de programmes gouvernementaux crédibles
et défendables;
-
Évaluer les répercussions des politiques environnementales
sur le milieu agricole, ainsi que la stabilité économique
et les avenues de développement des secteurs et des collectivités
rurales;
-
Trouver des occasions qui permettraient aux secteurs de l'agriculture,
de l'alimentation et des bioproduits, ainsi qu'aux collectivités
rurales, de proposer des solutions aux défis environnementaux
et sociétaux.
2.2 Enjeux, tendances et possibilités
Voici les principaux constats à prendre en considération
dans la recherche sur le thème de la durabilité de l'environnement
et, plus généralement, dans l'application des résultats
des travaux de recherche effectués pour le compte du gouvernement
et des intervenants de la province.
-
Pour savoir en quoi consiste la durabilité de l'environnement,
il est essentiel de bien comprendre les processus biophysiques et
la résilience de l'agroécosystème. Les effets
de l'activité humaine, du changement climatique et des pratiques
agricoles sur l'agroécosystème ne sont souvent observés
qu'à des intervalles de dix ou de cent ans.
Puisque le cycle de vie de l'agroécosystème est de l'ordre
décennal, certaines recherches doivent englober une partie
importante de ce cycle. Par exemple, si les avantages associés
à l'adoption d'un nouveau système de gestion peuvent
sembler évident à court terme (de 1 à 3 ans),
les conséquences négatives peuvent n'apparaître
qu'après un délai plus long (plus de 10 ans). C'est
pourquoi il est nécessaire de voir à ce que des études
de recherche à court et à long terme soient effectuées.
Il faut atteindre un équilibre entre le besoin de faire des
recherches soutenues à long terme et le besoin de mener des
recherches visant des objectifs plus rapprochés.
- La recherche en durabilité de l'environnement doit absolument
comprendre des projets ou des plateformes à partir desquels on
peut recueillir et relier des ensembles de données intégrées
et globales concernant l'air, le sol, l'eau, la biodiversité,
l'aménagement du territoire et l'économie. Il faut recueillir
des données portant sur les inventaires généraux
de ressources (qui existent déjà mais dont les renseignements
sont généralement insuffisants et trop peu détaillés)
de façon à expliquer et à mesurer l'évolution,
les tendances et les incohérences dans les différentes
ressources disponibles. Il est important que les données soient
organisées de façon telle qu'elles puissent être
intégrées aux travaux passés et futurs et que les
bases de données soient tenues à jour et mises à
la disposition des nombreux organismes et chercheurs. Ces ensembles
de données peuvent éventuellement servir à régler
de multiples questions et à calibrer et valider des modèles.
-
Les décisions concernant l'aménagement du territoire
qui touchent la durabilité de l'environnement sont souvent
prises à l'échelle des exploitations agricoles. Pour
que la recherche ait des effets ou une influence sur la durabilité
de l'environnement, elle doit s'appliquer aux exploitations
agricoles et aux décisions qui y sont prises, en plus
de tenir compte des répercussions économiques pour les
exploitations (c. à d. la rentabilité et la responsabilité).
-
Les décisions concernant la planification de l'aménagement
du territoire et les ressources communes sont prises publiquement.
Il est important de communiquer au public de façon
exacte et concise les renseignements qui ont trait aux options et
aux risques liés à l'utilisation des terres agricoles
par rapport aux autres terres. Il est souvent plus facile de mesurer,
d'expliquer et de faire connaître les répercussions négatives
de la production agricole sur l'environnement que d'en souligner les
contributions positives. Toutefois, il est nécessaire de reconnaître
que les contributions positives, telles que la séquestration
du carbone, les espaces verts, l'habitat d'espèces fauniques,
la rétention du phosphore, la protection des sources d'approvisionnement
en eau, l'utilisation de matières organiques et une gestion
améliorée de l'eau, associées à une production
agricole plus efficace, font partie de la solution économique
aux problèmes environnementaux et sociétaux.
-
L'environnement ne constitue qu'un des trois aspects de la durabilité,
les autres étant l'économie et la société.
La recherche sur les systèmes de production agricole qui scrute
simultanément tous les aspects de la durabilité, de
même que l'analyse intégrée des systèmes
qui permet de " réunir en un tout " chacune des pièces
du puzzle expérimental, constituent des approches en matière
de recherche qu'il faudrait conserver. Ces types de recherche sont
importants pour comprendre l'interaction qui existe entre les moteurs
comportementaux, économiques et environnementaux. La recherche
fondée sur l'analyse intégrée des systèmes
n'est pas une mince tâche, mais elle peut être effectuée
sans problème si l'on établit des liens entre les différents
inventaires de ressources et les domaines de recherche pour assurer
l'alignement, l'analyse et l'interprétation des données.
Il est possible d'exécuter des protocoles d'analyse intégrée
des systèmes vers l'avant ou vers l'arrière afin de
vérifier les répercussions des différents moteurs
et hypothèses sur d'autres composantes. En recherche à
long terme et en gestion adaptative, cette analyse peut servir à
déterminer s'il faut abandonner ou modifier des hypothèses,
des théories, des travaux de modélisation ou même
tout un pan de la recherche.
2.3 Composantes habilitantes du thème
La recherche en matière du durabilité de l'environnement
doit être effectuée d'une façon coordonnée
et délibérée. La présente section répertorie
certains besoins ou certaines ressources qui sont associés à
une meilleure coordination de la recherche (des " composantes habilitantes
") et qui doivent être disponibles si l'on veut assurer la
réussite de cette recherche. La section se termine sur une liste
des domaines de recherche qui devraient être considérés
comme admissibles dans le cadre du partenariat entre le MAAARO et l'Université
de Guelph, même s'ils ne font pas partie des priorités de
recherche énumérées à la section 3.
Capacité de prévoyance et d'élaboration de scénarios
Afin d'établir le contexte de chacune des recherches et de découvrir
les recherches qu'il est nécessaire d'effectuer, il faut mener
des activités visant à déterminer la portée
des enjeux et observer les éventuels changements sur le plan des
politiques internationales et nationales, et sur les moteurs économiques
et technologiques. Il faut également prévoir les effets
que ces éléments peuvent avoir sur la structure et la nature
éventuelles de l'industrie agroalimentaire et des collectivités
rurales de l'Ontario. Entre autres changements qui se sont produits au
cours des 40 dernières années, mentionnons par exemple la
superficie des fermes qui est passée de 300 à 3000 acres,
l'élimination des clôtures pour augmenter la taille des champs,
l'installation d'un plus grand nombre de systèmes de drainage souterrain,
ainsi que le déplacement des exploitations agricoles en raison
de l'expansion urbaine. Les chercheurs en durabilité de l'environnement
peuvent alors étudier les effets que ces éventuels scénarios
pourraient avoir sur la qualité des ressources naturelles et sur
la durabilité de la production. La description de scénarios
prospectifs (p. ex., les mesures prises pour répondre aux pressions
urbaines continuelles, la nécessité de protéger les
zones de recharge des aquifères et les têtes de puits, et
le changement climatique) permettrait d'élaborer des pratiques
de gestion bénéfiques et d'orienter la recherche biophysique.
Amélioration de l'inventaire des ressources
(air, biodiversité, sol et eau), de l'interprétation et
de la surveillance
La progression logique tirée de l'élaboration du scénario
(A) vise à mettre en place des systèmes de diagnostic qui
intègrent régulièrement les différentes bases
de données concernant les terres, et ce, afin de permettre la surveillance
et la reconnaissance des tendances avec le temps sur le plan, tout d'abord,
de l'état des ressources (sol, eau, air, biodiversité),
mais ensuite sur celui des activités (recensement de l'agriculture,
enquête sur la gestion environnementale des fermes) ou d'autres
facteurs de stress (utilisation du sol en milieu urbain, climat). Bon
nombre de ces systèmes de diagnostic peuvent être élaborés
dans le cadre de projets de recherche ou par d'autres organismes, mais
il faut qu'ils soient suffisamment souples pour s'adapter aux besoins
spécifiques du secteur agricole de l'Ontario et maintenus de façon
à permettre l'analyse du scénario (A) et l'évaluation
des répercussions des politiques, décrites à la section
suivante (C).
À mesure que les données provenant d'inventaires existants
concernant le sol, l'eau, l'air, la biodiversité et le climat seront
intégrées et analysées, les résultats permettront
d'évaluer la durabilité de l'environnement en indiquant
les relations spatiales (et, dans une certaine mesure, temporelles) qui
existent entre les ensembles de ressources de base. Ces analyses révéleront
également les lacunes et les déficiences des inventaires
existants et permettront de déterminer ce qui doit être fait
pour appuyer les efforts visant la durabilité de l'environnement
et de consigner par écrit les mesures qui sont prises. Heureusement,
dans au moins quelques cas, la technologie connaît un développement
qui permettra d'améliorer rapidement la résolution spatiale
et temporelle qui peut être mesurée. Ces inventaires et interprétations
devraient permettre la comparaison et la modélisation des prévisions
et des analyses rétrospectives de sorte que nous puissions voir
notre position dans le passé et projeter ce que sera notre orientation
probable advenant un maintien du statu quo ou à partir de scénarios
potentiellement prévisibles. Il est important que nous comprenions
" de quoi dispose " la province au chapitre des capacités
de base du sol, par exemple en ce qui a trait aux biocarburants ou aux
bioproduits, ou encore à l'adaptation au changement climatique.
Ainsi, nous pourrons mieux cerner les contraintes ou les préoccupations
concernant les systèmes d'exploitation agricole d'aujourd'hui ou
de demain. Ces renseignements devraient orienter la distribution éventuelle
des ressources en matière de recherche. L'aspect surveillance est
également important si l'on veut valider les modèles biophysiques
sur de plus grandes échelles.
Domaines de recherche
-
Élaboration de méthodes et de modèles visant
à extraire des données provenant d'archives concernant
le sol, l'eau, la biodiversité et l'air, et les réunir
afin de créer des bases de données qui soient intégrées
sur le plan spatial et temporel.
-
Élaboration d'outils d'analyse statistique et d'échelonnage
pour la réalisation d'analyses hiérarchiques; description
et compréhension des données/fiabilité de l'interprétation
et confiance qu'elle inspire.
-
Élaboration de méthodes et de modèles visant
à intégrer et à interpréter des bases
de données pour obtenir des mesures et des indicateurs qui
serviront à mesurer le changement et la durabilité à
long terme; les chercheurs peuvent contribuer à élaborer
la capacité d'analyse des systèmes.
-
Travaux en collaboration avec le secteur, des analystes et d'autres
groupes d'utilisateurs afin de concevoir des protocoles et des outils
d'évaluation des répercussions sur l'environnement à
la suite de changements apportés à des pratiques agricoles.
-
Élaboration de méthodes et de modèles visant
à améliorer la surveillance et à augmenter les
inventaires de ressources.
Évaluation de l'incidence des
politiques gouvernementales prônant la durabilité de l'environnement
sur le système agroalimentaire et les consommateurs
Lorsque de nouvelles politiques sont envisagées, il est important
de prédire les effets qu'elles auront sur les agriculteurs, les
transformateurs du secteur agroalimentaire, les collectivités rurales,
les consommateurs et l'environnement. Après leur mise en application,
il importe d'en mesurer les incidences afin de valider ces politiques
et de permettre une gestion adaptative. Une grande partie de ces travaux
sera manifestement effectuée au sein du MAAARO (pour, notamment,
des raisons de confidentialité) de façon à choisir
parmi les différentes politiques celles qui seront élaborées
puis mises en uvre. Cette activité d'analyse des politiques
sera étroitement coordonnée avec l'élaboration du
scénario (A) et accordera une grande importance à la capacité
de modélisation et de diagnostic des bases de données biophysiques
élaborées au point (B). Il faut également tenir compte
des renseignements recueillis grâce à des mécanismes
de veille ou à la suite de recherches portant sur l'innovation
et communiquer cette information dans le contexte des politiques existantes
ou à venir. Les chercheurs pourraient évaluer la nature
et l'efficacité des politiques existantes et proposées.
Domaines de recherche
-
Prédiction et mesure de la nature des changements environnementaux
découlant des politiques; la recherche doit être capable
d'évaluer et de communiquer les options que les décideurs
auront à prendre, et les outils élaborés doivent
être susceptibles de les aider.
-
Enquêtes et recherches comportementales visant à observer
l'adoption ou le changement d'outils particuliers, ainsi que les priorités
du public par rapport à celles des producteurs.
-
Choix de critères concernant l'élaboration des éventuelles
politiques, soit la prédiction, l'utilité, les contraintes.
-
Développement de moyens d'action novateurs : analyses par
compétence, analyses comparatives, recherches sur les cadres
réglementaires.
-
Évaluation des politiques environnementales, p. ex., éducation,
réglementation, imposition ou autres.
3.0 Domaines de recherche et priorités associés au thème
3.1 L'approche
La présente section a pour objet de présenter les domaines
de recherche stratégiques que le MAAARO parrainera dans le cadre
de ses programmes de recherche. Ils sont présentés en
ordre logique, non classé. Certaines possibilités de recherche
à l'intérieur d'un domaine ont été classées
prioritaires ou moyennement prioritaires. Les priorités associées
à ce thème de recherche s'articulent autour de cinq domaines.
Chaque domaine comporte une description et des exemples des principaux
résultats attendus. Les approches en recherche biophysique, sociale
et économique sont encouragées, au besoin, afin d'élaborer
des politiques, des programmes et des initiatives agroenvironnementales.
3.2 Description des domaines de recherche
Domaines de recherche prioritaires
Augmentation de la résilience, de la stabilité
et de la productivité des écosystèmes agricoles
Il est nécessaire de comprendre les processus biophysiques d'un
agroécosystème pour pouvoir élaborer des processus
de modélisation et d'analyse à différentes échelles,
destinés à appuyer la durabilité de l'environnement.
Pour augmenter la productivité, la stabilité et la résilience
en agriculture, il faut mieux comprendre la santé des sols à
l'intérieur de l'agroécosystème. L'approche systémique
peut intégrer l'état initial des ressources, les facteurs
de stress d'origine naturelle et humaine, le pouvoir tampon naturel
et celui associé au comportement, la modification de l'environnement,
les conséquences socioéconomiques et biophysiques, ainsi
que les mécanismes de rétroaction. Il est important de
comprendre le territoire agricole en tant que système pour déterminer
les indicateurs et les intervalles de variation à l'intérieur
desquels ces systèmes sont résilients et relativement
stables, et pour déterminer à quel moment les facteurs
de stress provoquent l'instabilité ou la détérioration
d'un système.
Les niveaux de référence concernant la durabilité
s'appliqueront spécifiquement à l'emplacement et à
l'utilisation des sols. Par exemple, un sol dont la teneur est élevée
en matière organique peut être idéal pour l'enracinement
et la capacité de rétention d'eau, mais l'intensification
du cycle de l'azote peut contribuer à une dénitrification
accrue et à la production de N2O (un gaz à effet de serre).
L'un des volets de ce domaine de recherche étudie la connexion
des modèles de manière intégrée pour évaluer
simultanément les réactions du sol, de l'eau, de l'air
et de la biodiversité, ainsi que la multifonctionnalité.
Les améliorations obtenues en matière d'efficacité
de la production à la suite d'une meilleure compréhension
de l'agroécosystème pourraient également faire
partie de ce domaine de recherche. Cette étude pourrait aider
les producteurs à optimiser les revenus marginaux qu'ils tirent
des ressources disponibles tout en conservant les ressources.
Les résultats clés qui seront visés :
-
Évaluation de la façon dont le changement de la rotation
des cultures et l'élimination des résidus pour développer
des bioproduits ou produire de l'énergie à la ferme
(p. ex., utilisés dans des digesteurs anaérobies, en
combustion de la biomasse) influent sur la productivité végétale,
la demande en nutriments et en pesticides et le devenir de ces éléments,
l'écologie des sols, le cycle nutritif et la séquestration
du carbone en Ontario;
-
Comparaisons du cycle de vie des installations de production de bioproduits
et d'autres systèmes de production par rapport aux systèmes
de production conventionnels en tenant compte des facteurs économiques,
des émissions de gaz à effet de serre, de l'utilisation
et de la qualité de l'eau, de la qualité des sols, des
agents pathogènes et des pertes d'éléments nutritifs,
des terres, de l'énergie, des exigences en matière d'intrants
et de transport, etc.;
-
Mesures, niveaux de référence et seuils relatifs à
la résilience, à la stabilité et à la
productivité des agroécosystèmes afin de surveiller
et d'évaluer les incidences des pratiques et des politiques
mises en place et de réagir à des facteurs comme le
changement climatique et l'intensification (production accrue par
unité de superficie);
-
Évaluation des incidences environnementales des systèmes
de production selon les prévisions associées au changement
climatique. Évaluation des changements qui pourraient être
apportés aux recommandations et aux pratiques de gestion optimales
pour faire face au changement climatique;
-
Définition et délimitation du paysage agricole afin
de respecter et d'optimiser la multifonctionnalité de l'agriculture,
notamment la production, l'habitat et le cycle hydrologique (p. ex.,
des zones humides requises pour une fonction en particulier). Détermination
des incidences liées à la mise en production de terres
marginales par opposition à l'intensification et à l'évaluation
des ressources disponibles potentielles pour la production de bioproduits
et d'aliments;
-
Méthodes visant à acquérir, à élaborer
et à analyser de façon rentable les bases de données
concernant les ressources de l'agroécosystème (sol,
eau, air et biodiversité) afin de fournir des inventaires de
ressources intégrés et des mesures permettant d'évaluer
le changement et la durabilité à long terme à
différentes échelles. Évaluation des moyens et
des politiques concernant la communication et la disponibilité
des données afin d'obtenir des avantages pour les secteurs
de l'agriculture, de l'alimentation et des bioproduits ainsi que pour
les collectivités rurales;
-
Détermination de la valeur et de la rentabilité des
options améliorées de surveillance et de modélisation
visant à établir de meilleurs inventaires de ressources
et à faire des interprétations plus précises
du changement environnemental à la suite de la mise en uvre
des politiques et des pratiques;
-
Méthodes améliorées et meilleure surveillance
des processus de l'agroécosystème durant l'hiver (c.
à d. la dynamique des éléments nutritifs et des
pathogènes, les pertes gazeuses) afin de valider des modèles
et d'apporter des améliorations aux recommandations (p. ex.,
les compromis entre l'épandage de fumier au printemps et l'épandage
à l'automne);
-
Détermination des incidences de la variabilité du paysage
sur l'efficacité des pratiques agricoles. Détermination
des avantages environnementaux et économiques qu'il y a à
adopter des méthodes de surveillance de certains sites en temps
réel (ou d'autres méthodes spécialisées)
pour gérer les intrants et les pratiques agricoles;
-
Compréhension de la façon dont la culture, le bétail
et d'autres éléments de la biodiversité contribuent
à la résilience, à la stabilité et à
la productivité de l'agroécosystème.
Amélioration de l'approvisionnement en eau et de la qualité
de la ressource
L'hydrologie constitue le moteur de la productivité ainsi que
la voie d'accès des contaminants potentiels à la ferme.
Les contaminants potentiels comprennent des nutriments tels que l'azote
(N) et le phosphore (P), les poussières du sol, les agents pathogènes
et d'autres produits chimiques comme les pesticides et les médicaments.
Il est essentiel de comprendre et de quantifier le rôle des différentes
utilisations du sol et des diverses pratiques sur le plan de la quantité,
du devenir et de la circulation des contaminants. Les préoccupations
relatives à la quantité et à la qualité
de l'eau vont de l'exploitation agricole à la municipalité,
et s'étendent au bassin versant et, enfin, au bassin des Grands
Lacs.
Nous disposons déjà de données de recherche axées
sur l'hydrologie et l'hydrogéologie à l'échelle
des bassins et des champs, et permettant, le cas échéant,
une mise à l'échelle et une extrapolation des implications
dans les bassins versants, ainsi que des collaborations. D'autres recherches
s'imposent cependant pour examiner la variabilité biophysique
et la complexité qui ressortent lorsqu'on étudie l'hydrologie
d'une parcelle de terrain et qu'on passe à l'échelle de
l'exploitation agricole. Il faut connaître les incidences de cette
variabilité sur les eaux de ruissellement de surface, la recharge
de la nappe phréatique, le stockage des sols et le drainage des
terres. On doit également prévoir et comprendre les répercussions
du changement climatique sur le plan de la gestion de l'eau dans le
secteur agroalimentaire en Ontario.
Les résultats clés qui seront visés :
-
Détermination de la sensibilité des différentes
productions agricoles et des divers systèmes de transformation
des aliments relativement aux restrictions d'eau. Analyse expérimentale
de scénarios présentant les effets de diverses réglementations
sur l'approvisionnement en eau. Détermination des répercussions
environnementales et économiques des restrictions de l'utilisation
de l'eau en production agroalimentaire (p. ex., incidences d'une couverture
du sol moins épaisse, de nutriments résiduels) comparativement
à d'autres utilisations de l'eau;
-
Mise au point d'une méthodologie applicable à grande
échelle visant à déterminer et à mapper
les portions de champs et de bassins dans les bassins versants ruraux
qui constituent des zones sources critiques pour i) le ruissellement
de surface, les sédiments de ruisseaux et les contaminants
associés, et ii) la recharge de la nappe phréatique,
en portant une attention particulière aux conditions liées
au ruissellement hivernal et printanier;
-
Augmentation des connaissances de l'hydrologie des zones sources
variables et saisonnières qui peuvent servir à élaborer,
à évaluer et à valider des méthodes de
gestion, comme les zones tampons riveraines, afin de contrôler
la circulation de sédiments, d'éléments nutritifs
et d'agents pathogènes;
-
Évaluation du potentiel et des répercussions des différentes
politiques, des dispositions administratives formelles et informelles,
ainsi que des technologies de gestion de l'eau afin de surmonter les
contraintes en matière d'approvisionnement en eau pour la production
agricole et la transformation des aliments (p. ex., bassins de retenue,
systèmes partagés, réutilisation de l'eau) en
Ontario;
-
Meilleure compréhension des écosystèmes et des
fonctions des drains agricoles afin que les drains municipaux situés
dans les champs et en zone rurale soient conçus et gérés
de façon à améliorer la disponibilité
et la qualité de l'eau tout en procurant des effets bénéfiques
pour la production. Détermination des incidences du drainage
souterrain sur l'hydrologie des zones sources et sur la quantité
et la qualité de la recharge de la nappe phréatique;
-
Validation des mesures techniques les plus efficaces et les plus
abordables en matière d'économie de l'eau et des coefficients
d'utilisation de l'eau en production agricole et en transformation
des aliments. Relié au no 4;
- Nouvelles technologies visant à déterminer et à
surveiller la persistance (ou la survie, dans le cas d'agents pathogènes)
et la circulation de contaminants agricoles pour permettre de comprendre
les voies d'accès hydrologique à la ferme et d'évaluer
les pratiques de gestion. Relié au no 4.
Gestion des rejets atmosphériques du système agroalimentaire
L'odeur constitue l'enjeu qui retient le plus l'attention du public et
qui suscite le plus de plaintes relativement aux exploitations agricoles
et aux installations de transformation des aliments. L'ammoniac est une
composante de l'odeur. Ce gaz figure sur la Liste des substances toxiques
de la LCPE, à l'annexe 1, et il est un précurseur à
la formation de particules secondaires dans l'atmosphère (PM2.5).
La formation de ces particules est un sujet de plus en plus préoccupant.
Les émissions de gaz à effet de serre (le dioxyde de carbone,
le méthane et l'oxyde nitreux) ainsi que l'amélioration
de la séquestration du carbone et de l'azote, qui font partie du
cycle biogéochimique de l'agroécosystème, relèvent
également de ce domaine.
Les résultats clés qui seront visés :
-
Évaluation et validation des stratégies et des technologies
qui réduiront de façon rentable les odeurs, les gaz
à effet de serre, l'ammoniac et la formation de particules
secondaires dans l'atmosphère, éléments qui sont
associés à la production agricole et à la transformation
des aliments;
-
Validation des coefficients et des paramètres utilisés
dans les modèles servant à estimer les émissions
ponctuelles et non ponctuelles ainsi que le transport atmosphérique
associés à la production agricole et à la transformation
des aliments. Préoccupation axée sur les émissions
produites par l'industrie de l'élevage et l'utilisation du
fumier, ainsi que par l'épandage de fertilisants et de produits
agrochimiques;
-
Quantification de l'incidence sur la santé humaine, la santé
des travailleurs et la santé des animaux de certaines pratiques
visant à réduire les émissions atmosphériques
associées aux installations de confinement du bétail.
Élaboration, évaluation et
validation des pratiques de gestion optimales (PGO)
Ce domaine de recherche permet l'élaboration, l'évaluation
et la validation des pratiques de gestion optimales ou bénéfiques
qui visent à procurer des avantages sur le plan de l'environnement
ou à servir l'intérêt public. Cette recherche
appliquée devrait contribuer à mettre au point des PGO
et des recommandations scientifiquement crédibles, et à
favoriser l'élaboration de politiques et de règlements
appropriés. La validation consiste à déterminer
la façon dont une pratique fonctionne dans différentes
circonstances et elle exige que l'expérience soit répétée
sur plusieurs paysages pour connaître la distribution géographique
des incidences. Une évaluation à long terme peut également
être nécessaire pour apprécier toutes les répercussions
environnementales. Des projets d'évaluation et de validation
sont souhaitables, même si une pratique n'est pas nécessairement
considérée comme " nouvelle " ou " novatrice
".
Il est nécessaire de confirmer que les améliorations
environnementales qui devraient suivre l'adoption de PGO sont effectuées
à plusieurs échelles. Il faut, dans la mesure du possible,
utiliser la recherche à la ferme ou sur une ferme modèle
afin d'évaluer la valeur concrète des PGO et de favoriser
l'adoption de celles qui sont validées. Il faudrait utiliser
une analyse des systèmes intégrés pour réunir
les " pièces du puzzle " biophysique, économique
et comportemental. Il est important d'effectuer une élaboration,
une évaluation et une validation continues des PGO (y compris
pour des objectifs qui n'ont pas été nécessairement
prévus au départ) afin de quantifier les compromis entre
les incidences sur le sol, l'eau, l'air, la biodiversité et
les aspects environnementaux, économiques et sociaux d'une
pratique.
Il faut également étudier les combinaisons ou les systèmes
de pratiques à des fins différentes ou multiples.
Les résultats clés qui seront visés :
-
Évaluation et validation de l'efficacité des pratiques
et systèmes fondés sur des PGO pour divers contaminants,
voies d'accès et objectifs afin de déterminer les
effets cumulatifs ou contradictoires des différentes pratiques.
Évaluation effectuée à différentes
échelles afin de déterminer et de confirmer les
avantages à la ferme et l'extrapolation pour des améliorations
plus importantes, soit à l'échelle de l'environnement
et de la société. Relié au no 5;
-
Détermination des avantages additionnels et du coût
des pratiques supplémentaires afin de recommander ou de
déployer de la façon la plus économique possible
des PGO qui soient bénéfiques sur le plan de l'environnement
et de la production. Les sujets d'étude pourraient comprendre
les suivants : façon de déployer les PGO pour gérer
les zones sensibles et les écoulements concentrés,
façon de traiter les effluents faibles en éléments
nutritifs mais de fort volume (p. ex., effluents de serres, eaux
de lavage) à différentes fins (réutilisation,
décharge directe, épandage sur des terres, égout
sanitaire), façon de surveiller, de gérer et de
réduire le plus économiquement possible les agents
pathogènes tout en tenant compte des effets, notamment,
sur le plan des éléments nutritifs;
-
Évaluation du comportement et de la disposition des producteurs
à adopter des PGO et répercussions que cela entraîne
sur l'élaboration des politiques et des programmes;
-
Nouvelles méthodes et nouveaux systèmes relatifs
aux recommandations concernant les éléments nutritifs
pour mieux tenir compte de la disponibilité des éléments
nutritifs qui sont tirés de la matière organique
du sol et des matières organiques appliquées sur
les terres, des préoccupations environnementales, de la
qualité et de l'innocuité des produits, de la synchronisation
des éléments nutritifs de source organique qui sont
libérés dans le sol et de leur absorption par les
cultures, ainsi que du débit de soutirage le plus économique;
-
Méthodes et outils servant à caractériser
les matières organiques et les paysages agricoles afin
d'évaluer les risques pour les ressources (sol, eau, air
et biodiversité) et pour la salubrité des aliments
et de recommander des options de gestion pour l'épandage
de ces matières sur les terres.
Exploitation de la valeur ajoutée liée
à la production et au paysage agricoles sur les plans environnemental
et sociétal
Outre les biens que procure la biodiversité agricole (la production
d'aliments et de fibres), qui sont bien connus de la société
et dont la valeur pécuniaire est établie sur les marchés,
on a intérêt à montrer et à valoriser les
bienfaits publics que procure la gestion de l'agroécosystème.
Le public accorde de la valeur à des biens et services environnementaux
comme l'habitat faunique, la protection des espèces, la recharge
de la nappe phréatique et la filtration des marais, ainsi qu'aux
avantages que tirent les producteurs de certains aspects comme la
résilience et la productivité de l'agroécosystème
résultant de l'adoption de systèmes et de pratiques.
Il est important de comprendre et de quantifier les processus biophysiques
sous-jacents et de mettre au point des indicateurs permettant d'établir
les paramètres requis en matière de qualité de
l'air, de la biodiversité, du sol et de l'eau par rapport à
la production, afin de pouvoir déterminer la valeur ou les
conséquences de pratiques exécutées en dehors
de ces paramètres.
Les résultats clés qui seront visés :
-
Définition et mesure de l'importance et de la distribution
des avantages que comportent différents systèmes
et pratiques pour des intérêts privés et publics
à divers emplacements et échelles;
-
Outils et mesures visant à vérifier l'offre de
biens et de services environnementaux dans le paysage agricole;
-
Détermination de la valeur des avantages privés
comparativement aux avantages publics, évaluation de la
façon dont ces valeurs varient par endroit et par système,
et étude de la façon dont ces différences
pourraient influer sur l'élaboration de politiques et de
programmes;
-
Évaluation de la volonté de la société
d'indemniser les producteurs agricoles pour les biens et services
environnementaux par différents mécanismes. Évaluation
du comportement et de la volonté des producteurs d'offrir
des biens et services environnementaux;
-
Comparaison des mécanismes et des capacités de
gouvernance nécessaires pour mettre en uvre une politique
sur les biens et services environnementaux pour la production
agricole en Ontario.
Critères et priorités à court terme
Selon les priorités actuelles du gouvernement, le cas échéant,
une plus grande priorité sera accordée à la recherche
qui permettra : i) d'en apprendre davantage sur les répercussions
du changement climatique dans le secteur agroalimentaire et ii) de
valider les théories, les modèles et les pratiques qui
sont à l'origine des politiques et des programmes provinciaux
(p. ex., la gestion des nutriments, la protection des sources d'approvisionnement
en eau, les espèces en péril, les crédits compensatoires
pour les GES, et les biens et services environnementaux).
4.0 Facteurs de succès déterminants
4.1 Facteurs de succès concernant les composantes habilitantes
Capacité de prévoyance et d'élaboration
de scénarios : Pour être couronnées de
succès, les activités de prévoyance devraient
comprendre une consultation et des commentaires des intervenants,
notamment sur les hypothèses choisies. La description et la
projection de scénarios permettront aux chercheurs d'élaborer
des propositions de recherche davantage pertinentes. Ces travaux de
délimitation de la portée sont itératifs et devraient
comprendre des projections vers l'avenir et vers le passé.
Ils peuvent se poursuivre sur une base permanente, mais il faudrait
y associer des exercices annuels de planification et d'établissement
des objectifs et des priorités.
Amélioration de l'inventaire des ressources (air,
biodiversité, sol et eau), de l'interprétation et de
la surveillance : Les chercheurs travaillent en collaboration
avec les organismes tant fédéraux que provinciaux, lesquels
sont chargés de tenir à jour, d'améliorer, de
distribuer et d'interpréter les bases de données spatiales.
La majeure partie des efforts déployés au niveau fédéral
pour élaborer les indicateurs du Programme national d'analyse
et de rapport en matière de santé agroenvironnementale
(PNARSA) en vue de la production de rapports à l'échelle
nationale et internationale, par exemple, ne se déroulent pas
à un niveau de détail pertinent en ce qui a trait au
changement comportemental ou à la démonstration des
effets de la gestion agricole ou des PGO à l'égard du
public à l'échelon local.
L'utilité potentielle des données doit être déterminée
et communiquée au public. Il ne serait pas souhaitable que
la qualité des données soit déficiente, faute
d'avoir imaginé et répertorié les nombreux objectifs
potentiels. Il existe une possibilité d'utiliser les bases
de données et les mécanismes de surveillance aux niveaux
de la recherche, des politiques et des pratiques, possibilité
qui doit être directement appliquée et communiquée.
Si l'on veut développer, utiliser et interpréter ces
bases de données, il est nécessaire que soient améliorés,
tant à l'interne qu'à l'externe, l'accès à
des spécialistes comme les pédologues, qui comprennent
et intègrent les processus biophysiques dans le paysage.
Évaluation de l'incidence des politiques gouvernementales
prônant la durabilité de l'environnement sur le système
agroalimentaire et les consommateurs : Il faut étudier
l'incidence des politiques, en plus de définir les connaissances
et la capacité de modélisation biophysique et économique
sur lesquels on fera des prévisions scientifiques sur l'incidence
des politiques. Les chercheurs devraient collaborer avec le Bureau
des politiques agroenvironnementales d'AAC pour améliorer les
modèles utilisés dans l'élaboration des politiques.
4.2 Facteurs de réussite concernant
les domaines de recherche recommandés
Augmentation de la résilience, de la stabilité
et de la productivité des écosystèmes agricoles
: Il est nécessaire d'encourager et d'appuyer une
approche à long terme. Il faut autant que possible utiliser,
adapter et valider les modèles existants selon les conditions
observées en Ontario. Il est recommandé d'employer une
approche intégrée d'analyse des systèmes pour
relier ensemble toutes les composantes et, en particulier, les rapports
biophysiques. Toutefois, on ne préconise pas l'élaboration
de modèles généraux et universels, mais plutôt
l'utilisation de modèles existants qui se complètent
de façon que les interfaces humaines intelligentes puissent
émettre des hypothèses appropriées et justifiées
lorsqu'il s'agit de relier les composantes des modèles. Il
sera alors possible d'améliorer et de valider séparément
les composantes des modèles. Une approche multidisciplinaire
est nécessaire pour effectuer l'analyse de l'agroécosystème
et des systèmes intégrés afin de bénéficier
d'une expertise autre qu'en agriculture traditionnelle. Il faut utiliser
des études de cas ou des fermes modèles pour analyser
les résultats à long terme et ceux des systèmes.
Amélioration de l'approvisionnement en eau et de la
qualité de la ressource : Tout en reconnaissant les
liens qui existent à plus grande échelle, les chercheurs
devraient s'attarder principalement à la recherche sur la qualité
et la quantité de l'eau et à la surveillance à
l'échelle des champs et des fermes. Il faut effectuer des recherches
pour caractériser la variabilité biophysique et la complexité
qui ressortent lorsqu'on étudie l'hydrologie d'une parcelle
de terrain et qu'on passe à l'échelle d'une exploitation
agricole. Il faut connaître les incidences de cette variabilité
sur les eaux de ruissellement, la recharge et le drainage des terres.
Les chercheurs devraient relier les projets de recherche qui sont
effectués à la ferme aux études des bassins versants,
mais ne devraient pas être tenus de prendre les devants à
cet égard.
Ils doivent également collaborer avec d'autres organismes
afin de déterminer les niveaux de préoccupation (les
normes par rapport aux niveaux de référence) à
l'égard des plans d'eau à différentes fins, notamment
l'eau potable, l'écosystème (des espèces les
plus vulnérables) ou la production. Les chercheurs doivent,
de concert avec d'autres organismes, déterminer si les sensibilités
des plans d'eau sont attribuables à la concentration (aiguë)
ou aux aspects (charge) chroniques de différents contaminants
afin d'établir des cibles à l'égard des systèmes
et des pratiques (le rejet nul et le risque zéro sont impossibles
à atteindre dans les systèmes ouverts de production
biologique).
Réduction des émissions atmosphériques
provenant du système agroalimentaire : À l'instar
du domaine de recherche sur la quantité et la qualité
de l'eau, la recherche sur les émissions et le transport atmosphériques
compte sur d'autres organismes pour déterminer l'importance
des sensibilités à la concentration (aiguë) ou
aux aspects (charge) chroniques des différents contaminants
afin d'établir des cibles à l'égard des systèmes
et des pratiques (le rejet nul et le risque zéro sont impossibles
à atteindre dans les systèmes ouverts de production
biologique). D'autres organismes s'intéressent également
à l'étude des modèles à grande échelle
et des incidences sur la santé.
La conception de cadres institutionnels appropriés visant
à permettre la mise sur pied d'un programme d'échange
d'émissions atmosphériques (les crédits d'émission
de carbone) pourrait s'appliquer ici, mais semble mieux convenir au
domaine de recherche sur " l'augmentation de la valeur environnementale
et sociétale " et aux thèmes de recherche sur les
politiques. Encore là, il faut établir les composantes
biophysiques sous-jacentes, les certitudes et les moyens de validation
pour que les programmes d'échange aient une portée réelle
sur l'environnement.
Élaboration, évaluation et validation des PGO
: La recherche sur les PGO représente généralement
l'application pratique des résultats obtenus en recherche fondamentale
et dans les milieux universitaires. Elle comprend souvent l'adaptation
ou la vérification de pratiques existantes et n'est donc pas
considérée comme une recherche novatrice. Par conséquent,
puisqu'elle ne correspond pas aux exigences en matière de publication,
de promotion ou de permanence des recherches effectuées dans
les milieux universitaires, un soutien supplémentaire peut
être nécessaire pour que l'étape de la recherche
appliquée soit effectuée et documentée. Il faut
organiser, consigner et conserver les données de recherche
associées aux PGO et aux recommandations relatives à
la production de façon à ce qu'elles soient accessibles.
Ces renseignements appuient l'acceptation et la crédibilité
des PGO, offrent un point de départ pour d'éventuelles
modifications et peuvent être consultés si des questions
de responsabilité sont soulevées.
Il faut reconnaître que ce type de recherche fournit un service
au public et à l'industrie. L'industrie et le gouvernement
jouent un rôle de plus grande importance dans ce domaine de
recherche en raison des exigences en matière de pratique, de
logistique et de gestion et des grandes échelles spatiales
et temporelles des travaux. Par exemple, un partenariat visant une
coopération permanente pourrait être établi entre
les différents chapitres de l'Association pour l'amélioration
des sols et des récoltes de l'Ontario répartis dans
l'ensemble de la province. Par le passé, des projets à
grande échelle, comme Tillage 2000 ou Partners in Nitrogen,
ont été mis sur pied en vertu du partenariat conclu
entre le MAAARO et l'Université de Guelph. Les projets peuvent
être conçus de façon à ce qu'une surveillance
soit effectuée à l'égard de leur adoption et
de leur efficacité et que des communications publiques soient
intégrées au projet. Des partenariats peuvent également
être établis avec les producteurs et les agroentreprises
puisque ceux-ci tirent souvent des avantages économiques directs
de la recherche sur les PGO.
Exploitation de la valeur ajoutée liée à
la production et au paysage agricoles sur le plan environnemental
et sociétal : Lorsqu'il s'agit d'attribuer une valeur
aux biens et aux services environnementaux, il faut non seulement
tenir compte de l'analyse coût-avantage, mais aussi de la rentabilité.
L'analyse doit englober une gamme de biens et de services liés
à l'environnement et à l'écosystème, y
compris les répercussions sur les biens et services qui bénéficient
déjà d'un régime de marché ainsi que ceux
qui sont actuellement considérés comme étant
un bien public général. La prudence est conseillée
en ce qui concerne l'utilisation de valeurs absolues tirées
de l'analyse coût-avantage dans la prise des décisions
stratégiques concernant les compromis.
L'analyse des systèmes intégrés est nécessaire,
car il existe généralement une série de biens
et services environnementaux dont il faut tenir compte. Il arrive
souvent qu'un bien ou un service environnemental soit associé
à un autre objectif de production; il est donc essentiel de
comprendre les rapports biophysiques sous-jacents.
Les inventaires, les interprétations et la surveillance des
ressources (air, biodiversité, sol et eau) sont également
importants pour assurer le bon fonctionnement des marchés supplémentaires,
car il est nécessaire que soient connues la quantité
et la qualité des ressources, des biens et des services disponibles
pour prouver le bien-fondé du programme d'échange. Toutefois,
le MAAARO a choisi de ne pas accorder une grande priorité à
ce domaine de recherche.
5.0 Autres considérations et recommandations connexes
5.1 Considérations
Les résultats des recherches permettent d'élaborer
des politiques gouvernementales et influent sur les pratiques de l'industrie
en Ontario. Par conséquent, on s'attend à ce que le
MAAARO et les intervenants aient accès aux résultats
des recherches sous forme de rapports et d'autres outils de communication.
On reconnaît que la plupart de ces considérations supplémentaires
peuvent chevaucher d'autres thèmes (comme les politiques agricoles
et rurales). Les résultats des recherches pourraient prendre
les formes suivantes :
-
Un avis sur l'application potentielle et l'utilisation des
connaissances acquises (p. ex., selon les nouveaux renseignements
obtenus, faut-il prendre une décision différente?
Les politiques, les programmes ou les outils sont-ils acceptés
ou faut-il les réexaminer?);
-
Un avis sur les nouveaux enjeux et les innovations, et les
mesures à prendre;
-
Une compréhension des risques réels par rapport
aux risques perçus, et des risques relatifs entre les
enjeux et les options d'aménagement du territoire (risque
= f [importance, probabilité, incertitude]);
-
Une évolution de la compréhension (sur le plan
scientifique, économique, environnemental) ou du degré
de certitude quant à des effets qui pourraient influer
sur les décisions du secteur ou du gouvernement;
-
Des avantages et des coûts supplémentaires (sur
le plan environnemental, social et économique) pour l'application
des résultats de recherche ou la mise en uvre des
recommandations;
- Des comparaisons globales d'options selon un cycle de vie ou
un cadre d'analyse agroécosystémique multifonctionnel.
On reconnaît que la plupart de ces considérations supplémentaires
peuvent chevaucher d'autres thèmes (comme les politiques agricoles
et rurales) et être liées à des initiatives d'application
et de transfert des connaissances dans le cadre du partenariat entre
le MAAARO et l'Université de Guelph.
Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 888 466-2372
Courriel : research.omafra@ontario.ca
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