Juin 2003 Protocole d'échantillonnage et d'analyse dans le cadre du Règlement de l'Ontario 267/03 pris en application de la Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs

Partie 3 - Analyse de laboratoire

Table des matières

  1. Gestion de la qualité en laboratoire
  2. Méthode de laboratoire
  3. Limite de détection de la méthode (LDM)
  4. Seuil de déclaration (SD)
  5. Précision
  6. Exactitude et taux de récupération
  7. Linéarité de la méthode
  8. Procédures de CQ ou d'AQ recommandées aux laboratoires
  9. Critères d'acceptation des données
  10. Communication des données

3.1 Gestion de la qualité en laboratoire

Les laboratoires qui effectuent des analyses des sols et des matières épandues sur les terres dans le cadre de la Loi sur la gestion des éléments nutritifs (LGÉN) sont tenus de se doter d'un bon programme de gestion de la qualité.

La gestion de la qualité (GQ) est le volet des activités de gestion qui établit et met en oeuvre la politique de qualité. La norme internationale ISO/IEC 17025 décrit les exigences de gestion et exigences techniques visant la mise en oeuvre d'un système de gestion de la qualité en laboratoire.

Exigence d'accréditation du laboratoire

Les laboratoires qui font des analyses de sol pour en déterminer la teneur en éléments nutritifs, conformément aux exigences de la LGÉN, sont tenus d'être accrédités par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario (MAAO) aux termes du programme d'accréditation des analyses agronomiques de ce ministère comme pratiquant les analyses d'éléments nutritifs applicables.

Les laboratoires qui font des analyses de la teneur en éléments nutritifs des sols et des matières destinées à être épandues sur les terres, telles qu'elles sont exigées par la LGÉN doivent être accrédités par le MAAO dans le cadre du programme d'accréditation des analyses agronomiques du MAAO ou par un organisme qui fait l'accréditation des laboratoires d'analyse en fonction des normes ISO/IEC 17025 applicables aux laboratoires d'analyse (comme le Conseil canadien des normes par l'intermédiaire de l'Association canadienne des laboratoires d'analyse environnementale).

Les laboratoires qui font des analyses de la teneur en métaux et en E. Coli des sols et des matières destinées à être épandues sur les terres, telles qu'elles sont exigées par la LGÉN doivent être accrédités par un organisme qui fait l'accréditation des laboratoires d'analyse en fonction des normes ISO/IEC 17025 applicables aux laboratoires d'analyse (comme le Conseil canadien des normes par l'intermédiaire de l'Association canadienne des laboratoires d'analyse environnementale).

3.2 Méthode de laboratoire

Tous les laboratoires qui effectuent des analyses des sols et des matières épandues sur les terres en conformité avec la LGÉN doivent posséder une méthode d'analyse écrite officielle. Les méthodes applicables aux tables de travail doivent être documentées suffisamment en détails pour assurer une application uniforme et doivent être facilement accessibles au personnel technique.

Résumé de la méthode

Un résumé de la méthode utilisée pour ces analyses peut être exigé par le MAAO aux fins de révision. Ce résumé aidera le MAAO à évaluer si les données fournies par le laboratoire sur les méthodes et la performance des méthodes sont conformes aux exigences de qualité des données du programme (section 4).

Un résumé de la méthode doit comprendre à tout le moins l'information suivante :

  • Méthode utilisée, p. ex. EPA 5030, DSL/MEO E3394 ou la méthode de référence du laboratoire.
  • Principe de la méthode – Description brève de la préparation de l'échantillon et de l'emploi des instruments.
  • Mode de conservation des échantillons, le cas échéant.
  • Température d'entreposage des échantillons.
  • Accréditation (du laboratoire ou de la méthode) ‑ Type d'accréditation et nom de l'organisme chargé de l'accréditation.
  • Caractéristiques de performance de la méthode – Fournir cette information sous forme de tableau selon l'exemple fourni au tableau 3‑1.
Tableau 3-1. Caractéristiques de performance de la méthode.
Paramètre Limite de détection de la méthode
Unité
Exactitude
% de récupération
Précision Linéarité de la méthode / Étendue de mesure
Unité
À l'intérieur d'une même série d'analyses
% ÉTR
Entre les séries d'analyses
% ÉTR
           
           
           
           
           
Fournit l'information suivante :

Exactitude : Matériau utilisé pour la détermination de l'exactitude, p. ex. blanc de matrice enrichi maison, matériau de référence certifié (CRM) ou autre et nombre de déterminations utilisées pour cette étude.

Précision : Matériau utilisé pour la détermination de la précision, p. ex. blanc de matrice enrichi maison, matériau de référence certifié (CRM) ou autre et nombre de déterminations utilisées pour cette étude.

3.3 Limite de détection de la méthode (LDM)

La limite de détection de la méthode est un paramètre de la méthode défini par des méthodes statistiques. Les résultats mesurés qui sont égaux ou supérieurs à la limite de détection de la méthode sont interprétés comme indiquant la présence d'un analyte dans l'échantillon selon une probabilité donnée qui est habituellement supérieure à 99 %, dans l'hypothèse ou les sources d'erreur dans l'identification ou les biais dans les mesures sont connus et maîtrisés.

Méthode de détermination de la LDM

Prélever au moins huit parties aliquotes de l'échantillon devant servir à calculer la LDM et soumettre chacune à la méthode analytique au complet.

Si un essai à blanc est nécessaire pour calculer le niveau mesuré d'un analyte, faire un essai à blanc distinct pour chaque partie aliquote analysée.

Calculer un résultat (x) pour chaque paire d'échantillons- ou d'essais à blanc.

Calculer l'écart-type (ÉT) des mesures résultant des analyses en parallèlerépétées comme suit :

ÉT = √ 3 3 (xi - 0 )2/(n - 1)

où : xi = les résultats d'analyse pour les huit parties aliquotes répétées (i = 1 à 8), exprimés dans les dernières unités servant à la déclaration des résultats, telles qu'elles sont prévues par la méthode.

0 = la moyenne des mesures des huit parties répétées.

Une autre méthode consiste à utiliser les données historiques des analyses en parallèlerépétées effectuées dans une même série d'analyses et de à calculer l'écart-type (ÉT) des mesures résultant des analyses en parallèlerépétées comme suit (cette méthode est suggérée pour les échantillons de sol) :

ÉT = √ 3 3 (x- x2)i 2/(2 n)

où : x1, x= les résultats d'analyse des deux essais effectués en parallèlerépétés pour chacune des n paires répétées (n minimal = 40).

Calculer la LDM comme suit :

LDM = t(n-1, " = 0,01) ÉT

où : t(n-1, " = 0,01) (n-1, " = 0,01) est la valeur appropriée de Student au niveau de confiance de 99 % compte tenu de degrés de liberté de n-1.

ÉT = l'écart-type tel qu'il est déterminé ci-dessus.

Tableau 3-2. Valeurs t de Student au niveau de confiance de 99 %.
Nombre d'échantillons répétés Degrés de liberté
(n-1)

t
(n-1)

7 6 3,143
8 7 2,998
9 8 2,897
10 9 2,821
11 10 2,764
16 15 2,603
21 20 2,528
26 25 2,485
31 30 2,457
2,369

3.4 Seuil de déclaration (SD)

Le seuil de déclaration a été fixé à 1/10 du critère de concentration maximale autorisée d'un contaminant ou à la limite de détection de la méthode (LDM), selon la plus élevée des deux valeurs.

Le seuil de déclaration oblige les laboratoires à avoir une LDM inférieure ou égale au seuil de déclaration (SD).

Les laboratoires ayant une LDM inférieure au SD doivent donc déclarer les résultats inférieurs aux valeurs du SD.

3.5 Précision

On entend par précision le degré de concordance entre des résultats d'essais indépendants obtenus avec la même quantité sous des conditions prescrites.

Il faut établir la précision à la fois à l'intérieur d'une même série d'analyses et d'une série d'analyses à l'autre. Pour ce faire, on analyse des échantillons répétés (à l'intérieur d'une même série d'analyses) et on analyse des échantillons blancs enrichis, des échantillons‑témoins maison ou un matériau de référence certifié, s'il y a lieu (d'une série d'analyses à l'autre). Les limites de contrôle doivent être établies et maintenues comme faisant partie des critères de performance analytique.

Il est souhaitable de déterminer la précision à ≈ 10 LDM.

Exigence – L'exigence de précision pour chaque test est indiquée à la section 4.

3.6 Exactitude et taux de récupération

Les matériaux de référence certifiés (CRM), lorsqu'il y en a, doivent être utilisés pour évaluer l'exactitude du laboratoire. L'exactitude représente le degré de concordance entre les résultats d'essais individuels et une valeur de référence acceptée. À défaut d'un CRM d'un type exactement identique à celui de l'échantillon, il est possible d'utiliser un CRM semblable. Par exemple, un CRM de tissus végétaux ou de boue peut être utilisé pour l'analyse du fumier.

Dans le cas des métaux, l'exactitude repose sur les résultats d'analyse comparés aux valeurs indiquées du matériau de référence certifié. Il s'agit d'une valeur certifiée compte tenu d'une erreur admissible de 20 %. Dans le cadre du présent programme, les matériaux de référence certifiés sont identifiés pour chacun des tests (section 4). D'autres CRM peuvent être utilisés, pourvu qu'ils produisent des données se situant à l'intérieur de la fourchette admissible qui précède, lorsqu'ils sont soumis au même principe de la méthode.

Le taux de récupération correspond à une valeur mesurée de la partie d'un analyte ou d'un substitut ajouté à un échantillon que l'on récupère au moyen du test.

L'exactitude ou le taux de récupération exigé pour chacun des tests est indiqué à la section 4.

La participation à un ou plusieurs programmes d'essais d'aptitude des laboratoires est un autre moyen de démontrer la performance acceptable de la méthode.

3.7 Linéarité de la méthode

La linéarité (étendue de mesure) de la méthode applicable à chaque analyte doit être établie et documentée dans la méthode. La linéarité représente la plage à l'intérieur de laquelle le système analytique présente un rapport linéaire ou autre rapport bien établi entre la quantité de matière introduite dans le système analytique et la réponse instrumentale.

Aucun résultat d'échantillonnage ne doit être déclaré s'il est à l'extérieur de la plage d'étalonnage de la méthode. Si un résultat est trop élevé, l'échantillon doit être dilué. Si le résultat est trop faible, une partie aliquote plus grande de l'échantillon doit être analysée afin de répondre aux exigences de limite de détection de la méthode.

3.8 Procédures de CQ ou d'AQ recommandées aux laboratoires

Voici les procédures de contrôle ou d'assurance de la qualité recommandées aux laboratoires.

Activités de CQ au stade de l'élaboration des procédures :

  • essais à blanc sur le matériel de laboratoire et les réactifs;
  • étalons de réglage des instruments;
  • étalons de référence servant à valider les étalons maison;
  • matériau de référence certifié servant à valider le taux de récupération de la méthode;
  • limites de détection des instruments et courbes de linéarité des détecteurs (étalonnage en au moins trois points).

Activités de CQ effectuées en cours d'analyse pour vérifier la maîtrise des instruments :

  • blancs visant à contrôler la dérive de la ligne de base;
  • étalons;
  • vérifications d'instruments.

Activités de CQ et d'AQ destinées à vérifier la maîtrise du système ou de la procédure :

  • blancs de la méthode enrichis;
  • blancs de la méthode;
  • matériau servant aux vérifications maison de la matrice;
  • échantillons répétés (minimum de un jeu par série de 30 échantillons);
  • échantillons enrichis, s'il y a lieu.

Les laboratoires doivent tenir des registres leur permettant de démontrer que les systèmes analytiques étaient maîtrisés au moment où les analyses ont été faites. Les résultats de ces contrôles de la qualité et de ces vérifications de surveillance de la performance doivent être compilés et résumés pour en faciliter la consultation, l'évaluation et la vérification. Le tableau 3‑2 présente un modèle de tableau de compilation.

Tableau 3-3. Données de CQ du laboratoire.
Identifier les étalons de validation, les blancs de matrice enrichis maison, les matériaux de référence certifiés (CRM) ou autre.
Analyte Contrôle de l'instrument (quantité) Contrôle sur la série d'analyses (% de récupération)
Injectée Récupérée Blanc Échantillon Échantillon en duplicata
           
           
           

3.9 Critères d'acceptation des données

Voici un aperçu des critères de détermination de l'acceptabilité des données de laboratoire :

  • La méthode doit être compatible avec le principe décrit pour le test en particulier (section 4).
  • Les caractéristiques de performance (SD, exactitude et précision) d'une méthode servant aux analyses effectuées en application de la LGÉN doivent respecter les critères de performance indiqués pour chaque test (section 4).
  • Les résultats de tous les échantillons de contrôle de la qualité applicables doivent se situer à l'intérieur de la fourchette acceptable. Voir les fourchettes indiquées pour chacun des tests (section 4).
  • Le système analytique doit être maîtrisé au moment de l'analyse.

3.10 Communication des données

Tout système de gestion des données de laboratoire doit établir et maintenir des liens directs entre les données relatives aux échantillons (p. ex. provenance, numéro ou code attribué sur le terrain à l'échantillon, date et moment de l'échantillonnage, tests nécessaires) et les données du laboratoire (p. ex. numéro ou code attribué à l'échantillon par le laboratoire, date et heure de l'analyse, tests effectués et identification de l'analyste ayant fait le travail).

Un résultat convenablement consigné doit inclure le nom ou le code du test ou de l'analyte, les unités de mesure, la méthode employée pour l'analyse et toute remarque pertinente.

Le nombre de chiffres après la décimale ne doit pas dépasser le nombre de chiffres après la décimale dans la limite de détection de la méthode.

Les résultats d'analyse peuvent être corrigés afin de prendre en considération tout résultat positif d'un essai à blanc connexe de la méthode pour des analyses en particulier. Un résultat d'un essai à blanc de la méthode qui est supérieur à la limite de détection de la méthode est normalement considéré comme un résultat positif. Les critères ou les limites de contrôle pour les corrections d'essais à blanc doivent être déterminés par les laboratoires sur la foi de données historiques et doivent être documentés. Autrement, les données doivent être déclarées non corrigées. Si une correction est faite, elle doit être clairement identifiée et décrite.

Toutes les données doivent être déclarées. Les données inférieures au SD doivent être identifiées par la mention < SD. Les données inférieures à la LDM doivent être identifiées par la mention < LDM.

Toutes les données relatives aux sols et aux matières épandues sur les terres (1 % de matières sèches) doivent être déclarées sur une base matières sèches. La teneur en matières sèches doit aussi être déclarée.

Toutes les données relatives aux matières liquides diluées épandues sur les terres (< 1 % de matières sèches) doivent être déclarées en volume.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
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Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 30 juin 2003
Dernière révision : 30 juin 2003