Juin 2003 Protocole de gestion des éléments nutritifs dans le cadre du Règlement de l'Ontario 267/03, pris en application de la Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs

Partie 10 – Exploitations d'engraissement en plein air

Table des matières

  1. Entreposage
  2. La neige qui contient du fumier

Les animaux gardés dans des zones de confinement extérieures sont les suivants :

  • bétail ;
  • chevreuil ;
  • wapiti ; ou
  • gibier

10.1 Classification des exploitations d'engraissement en plein air

En vertu du règlement, ces exploitations sont divisées en deux catégories : permanente à forte densité ou permanente à faible densité. La classification se fait à l'aide d'un simple dénombrement, comme suit :

Permanente

Forte densité : zone de confinement à laquelle les animaux ont accès 4800 heures (200 jours complets) ou plus par an et qui peut générer au moins 120 unités nutritives par hectare par année (UN/ha/an) ; ou

zone de confinement à laquelle les animaux ont accès moins de 4800 heures par année et qui fait partie d'une unité agricole qui contient le nombre suffisant d'animaux pour produire

  1. au moins 300 unités nutritives par année, et
  2. plus de cinq unités nutritives par hectare calculé sur une base annuelle ;

Faible densité : zone de confinement à laquelle les animaux ont accès 4800 heures (200 jours complets) ou plus par an et dans laquelle le nombre d'animaux confinés n'est pas suffisant pour générer à aucun temps une dose nutritive supérieure à 120 unités nutritives par hectare (UN/ha).

On assume que les animaux ont accès à la zone de confinement lorsqu'ils ne sont pas exclus par des barrières ou autres barricades similaires. Si l'agriculteur désire que les animaux soient confinés pour une partie de la journée, le mécanisme d'exclusion (p. ex. barrières, portes) devra être actionné pour le reste de la journée, afin de satisfaire les conditions de la définition de « non accès ».

10.1.1 Exploitations d'au moins 300 unités nutritives : calcul des unités nutritives sur une base annuelle

Dans les cas où les animaux sont confinés durant une période inférieure à 4800 heures et qu'ils sont assez nombreux pour générer 300 unités nutritives ou plus annuellement, il est nécessaire de calculer la production des animaux sur une base annuelle.

La méthode pour déterminer cette quantité conformément à l'article 1 du règlement est la suivante :

La quantité totale d'unités nutritives par hectare est calculée d'après les UN appropriées à l'espèce animale figurant au tableau 3.2.1 du chapitre 3 du présent protocole. Cette valeur est par la suite ajustée de manière à tenir compte de la durée réelle de confinement du bétail sur les hectares en question.

Exemple d'exploitation à faible densité

Trois cent (300) vaches de race à viande sont en hivernage dans un champ de 30 hectares pendant 120 jours entiers ou 2880 heures. D'après le tableau des UN, une vache de race à viande égale 1 UN.

300 vaches de race à viande = 300 UN

donc, 300 UN réparties sur 30 ha équivaut à 10 UN/ha

Cent vingt (120) jours représentent environ 1/3 ou (33%) d'une année, de sorte que la charge pour ce champ durant toute une année (pourvu que le bétail n'y soit présent à aucun autre moment de l'année) se calcule somme suit :

10 UN/ha x 0,33 = 3,3 UN/ha/an

Étant donné que ce résultat (3,3 UN/ha/an) est inférieur à 5 UN/ha/an, il s'agit donc d'une l'exploitation d'engraissement saisonnière à faible densité, il ne s'agit pas d'une exploitation d'engraissement permanente et n'est donc pas assujettie au règlement.

Exemple d'une exploitation à forte densité

Trois cent (300) vaches de race à viande sont en hivernage dans un champ de 10 hectares pendant une période de 180 jours entiers ou 4320 heures. D'après le tableau des UN, une vache de race à viande égale 1 UN.

300 vaches de race à viande/1 vache de race à viande par UN = 300 UN

donc, 300 UN réparties sur 10 hectares équivaut à 30 UN/ha

180 jours représentent environ 49 % d'une année, de sorte que la charge en UN pour ce champ durant toute une année (pourvu que le bétail n'y soit présent à aucun autre moment de l'année) se calcule comme suit :

30 UN/ha x 0,49 = 14,8 UN/ha/an

Étant donné que ce résultat (14,8 UN/ha/an) est supérieur à 5 UN/ha/an, il s'agit d'une exploitation permanente de plein air à forte densité conformément à la définition du chapitre 1 du règlement.

10.1.2 Calcul des unités nutritives par hectare d'une exploitation permanente : nombre d'animaux suffisant pour générer annuellement des unités nutritives

La méthode pour calculer si le nombre d'animaux est suffisant pour générer une certaine quantité d'unités nutritives est la suivante :

On calcule les unités nutritives totales par hectare selon les données appropriées à l'espèce animale qu'on retrouve au tableau du chapitre 3 de ce protocole. Cette valeur est le point de départ pour déterminer la production annuelle d'un nombre d'animaux donné.

Exemple d'une exploitation à faible densité

Cent (100) vaches de race à viande sont gardées sur 1 hectare pendant 250 jours entiers ou 6000 heures. D'après le tableau des UN, une vache égale 1 UN, ce qui fait 100 UN par hectare. 100 UN/ha est une valeur inférieure à 120 UN par ha, il s'agit donc d'une exploitation d'engraissement de plein air permanente à faible densité.

Exemple d'une exploitation à forte densité

Quatre cent cinquante (450) bovins à l'engrais sont gardés sur 1 hectare pendant 250 jours. D'après le tableau des UN, 3 bovins à l'engrais égalent 1 UN, ce qui fait 150 UN par hectare. 150 UN par ha est une valeur supérieure à 120 UN par ha, il s'agit donc d'une exploitation d'engraissement de plein air permanente à forte densité.

10.2 Entreposage

Le plancher de la zone de confinement extérieure est considéré comme une structure d'entreposage du fumier. Ainsi, les différentes catégories de zones de confinement pour le bétail élevé en plein air doivent être conformes aux différentes exigences concernant le choix de l'emplacement, notamment des exigences quant à la nature et à la profondeur du sol. Par ailleurs, aucune autre installation d'entreposage ne devrait être nécessaire si le fumier est ramassé directement dans l'enceinte fermée et épandu conformément à un PGEN.

Si le fumier n'est pas épandu directement (conformément à un PGEN) après avoir été ramassé, alors la construction et le choix du site des structures d'entreposage doivent être conformes aux exigences.

Séparation spatiale

Pour les zones de confinement extérieures permanentes, les exigences de séparation sont définies à la partie 7 du règlement.

10.3 La neige qui contient du fumier

En vertu de la partie 7 du règlement, il est permis, à certaines conditions, d'entreposer ou d'utiliser de la neige prélevée d'une zone de confinement extérieure.

Contexte – La neige contenant du fumier qu'on enlève des zones de confinement extérieures est connue dans l'industrie sous les appellations telles que "neige de parc d'engraissement", "déchets des cours d'hiver" ou "sucre brun". En relation avec sa teneur en éléments nutritifs, ce matériel est d'une densité extrême et cause des problèmes de manutention et d'entreposage sur plusieurs exploitations d'engraissement en plein air.

10.3.1 Paramètres de la neige contenant du fumier d'une ZCE

Selon la partie 7 du règlement, la neige contenant de la neige se caractérise comme suit :

  1. elle provient d'une zone de confinement extérieure ;
  2. elle contient de la glace ou des cristaux de neige ;
  3. elle ne contient aucune autre matière étrangère, sauf l'urine, les déjections, les aliments ou la litière du bétail ;
  4. elle a une teneur en matière sèche égale ou inférieure à 16 %
  5. elle a une teneur en azote total égale ou inférieure à 0,82 % sur une base de MS et en phosphore total égale ou inférieure à 0,26 % sur une base MS ; et
  6. le matériel a une apparence solide malgré sa faible teneur en matière sèche, à tel point, qu'au moment de le manipuler ou de l'épandre, il ne peut être pompé, Il doit être empilé ou manipulé comme une matière solide.

La méthode préférée pour déterminer la teneur nutritive du fumier-neige est de prélever des échantillons de toute la zone (10 litres chacun) et de procéder à une triple analyse.

10.3.2 La litière et les aliments contenus dans la neige

La neige peut également contenir une certaine quantité de litière et d'aliments. Ce fait peut se produire à l'occasion, lorsque les aliments ou la litière sont mélangés à la neige après un orage. Ces matières font partie de la neige et peuvent être enlevées en même temps que celle-ci. Les détritus des zones de confinement extérieures ne peuvent pas tous correspondre aux paramètres énoncés précédemment. Tout épandage d'hiver de fumier non conforme aux paramètres ci-haut mentionnés doit être fait conformément aux règlements des épandages d'hiver de la partie 6 du règlement.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 30 juin 2003
Dernière révision : 30 juin 2003