Situation actuelle
Le virus de l'influenza aviaire hautement
pathogène (H5N1) qui, depuis fin 2003, cause des flambées
dans une grande partie de l'Asie de l'Est s'est récemment
propagé dans les régions de l'Europe de l'Est, incluant
la Russie, la Turquie, la Roumanie et la Croatie. On pense que
le virus a été introduit par l'intermédiaire
de la sauvagine qui a migré des régions de l'Asie
de l'Est touchées par la maladie. Jusqu'à présent,
la flambée en Europe se limite principalement aux oiseaux
sauvages et aux petites exploitations d'arrière-cour en
contact avec les oiseaux sauvages. Aucun cas n'a été
rapporté chez l'humain en Europe. L'épidémie
en Asie a causé jusqu'à présent plus de 60
décès chez l'homme, principalement au Vietnam, en
Thaïlande et en Indonésie. En général,
les personnes atteintes étaient en contact direct avec
les oiseaux infectés. À l'heure actuelle, il n'y
a pas d'évidence précise sur la transmission de
la maladie entre humains, et la consommation de poulet cuit adéquatement
ne présente pas de danger.
Il est possible que les oiseaux migrateurs puissent
introduire le virus H5N1 au Canada. Le Centre canadien coopératif
de la santé de la faune et les gouvernements provincial
et fédéral ont entrepris un programme de dépistage
chez les populations de sauvagine au Canada. Les résultats
des tests préliminaires ont révélé
la présence d'influenza aviaire (IA), y compris les sous-types
H5 sur des canards migrateurs. Des analyses plus poussées
sont en cours pour déterminer si le sous-type H5 trouvé
sur les oiseaux sauvages canadiens est le virus H5N1 qui circule
en Asie de l'Est. Il est peu probable que le virus identifié
dans le pays soit de la même souche que le H5N1.
Ces résultats appuient les
recherches précédentes qui indiquaient que l'IA
était courante dans les populations de sauvagine. Certaines
de ces souches peuvent être hautement pathogènes
ou se transformer en souches hautement pathogènes pour
le poulet. Ces faits soulignent l'importance d'appliquer en tout
temps des règles de biosécurité efficaces
dans le secteur avicole afin de prévenir l'introduction
d'organismes potentiellement dangereux dans les troupeaux.
Le virus H5N1 a également
été détecté sur des oiseaux de compagnie
exotiques importés du Royaume‑Uni. La source de l'infection
n'a pu être identifiée, mais par précaution,
l'UE a banni toutes les importations d'oiseaux sauvages vivants.
Le commerce d'oiseaux exotiques dans son ensemble représente
un risque d'importance en ce qui concerne la dispersion de maladies
comme l'IA. Les vétérinaires doivent également
surveiller de près les signes de maladies chez les oiseaux
de compagnie exotiques et soumettre des échantillons appropriés
à des fins de diagnostic.
L'incidence du virus de l'influenza A (H3N2)
qui circule en Ontario depuis le début de 2005 est en diminution.
Toutefois, de nouveaux cas sont encore rapportés chez le
porc et la volaille. Les vétérinaires et leurs clients
doivent donc poursuivre rigoureusement les règles de biosécurité,
particulièrement entre les exploitations porcines et avicoles.
Comme le porc peut contracter le virus de l'influenza humaine
ainsi que de l'influenza animale, une fusion des deux virus pourraient
se produire chez cet animal. Par conséquent, il est important
de réduire au minimum l'exposition des porcs à tous
les types de virus d'influenza, y compris les souches qui affectent
l'humain. De plus, le porc peut transmettre les virus de l'influenza
à l'homme et, si ce dernier est déjà affecté
par l'influenza humaine, il pourrait servir de "récipient
mélangeur".
Biosécurité
dans le secteur avicole
Si des oiseaux sauvages introduisent
le virus H5N1 en Ontario, les animaux les plus à risque
seraient les oiseaux de basse-cour et ceux qui se mêlent
ou qui sont en contact avec les espèces sauvages ou migratrices.
Néanmoins, le virus peut s'introduire par d'autres
vecteurs, y compris l'homme. Des normes de biosécurité
renforcées doivent être en vigueur dans toutes les
installations d'élevages de volailles afin de prévenir
l'introduction et la propagation de l'influenza aviaire.
Le H5N1, sans omettre les autres
souches d'influenza et autres maladies, constitue une menace constante
à l'industrie avicole de l'Ontario. Quiconque élève
des oiseaux, y compris les producteurs commerciaux de volaille
et les propriétaires de basse-cour, d'oiseaux de parade
et de volières doivent connaître les règles de biosécurité
et les appliquer de façon permanente. On peut consulter
le site web du MAAARO pour obtenir les ressources et les recommandations
concernant les normes de biosécurité renforcées
(voir plus loin). Dans le but de contrôler l'introduction
et la propagation des virus de l'influenza, les recommandations
suivantes sont critiques :
Santé publique
La propagation du virus en Europe
a engendré une inquiétude globale de voir une pandémie
humaine. Actuellement, la souche H5N1 ne présente qu'un
très faible risque pour la santé humaine, sauf pour
les personnes en contact direct avec des oiseaux infectés
ou leurs fientes. Cependant, plus le virus se répand et
plus les risques sont grands qu'il se fusionne à des souches
humaines pour former une souche d'influenza plus grave et facilement
transmissible. C'est pour cette raison, que l'Organisation mondiale
de la santé et Santé Canada ont développé
plusieurs recommandations pour réduire les risques de maladie,
dont vacciner les personnes qui travaillent avec les volailles
avec le vaccin contre l'influenza humaine.
Toutes les personnes qui travaillent avec des
animaux de ferme ou des volailles, tout particulièrement
ceux qui travaillent avec les volailles comme les aviculteurs
et leurs employés, les vétérinaires, ceux
qui travaillent dans les abattoirs et ceux qui manipulent des
oiseaux sauvages doivent recevoir le vaccin annuel de l'influenza
humaine (offert gratuitement à tous les résidents
qui travaillent, vivent ou fréquentent l'école en
Ontario). Ce vaccin n'est pas conçu pour protéger
les individus contre le virus H5N1. Les risques de contracter
cette souche d'influenza en Ontario sont extrêmement faibles.
La vaccination vise à réduire les fusionnements
possibles des souches aviaires et humaines qui augmenteraient
les risques de former une souche potentiellement pandémique.
De plus, les personnes qui travaillent avec
des animaux et des volailles infectés doivent se conformer
rigoureusement aux règles de contrôle de la maladie
pour prévenir l'exposition au virus de l'influenza. Cela
comprend le lavage fréquent des mains, de toujours se laver
les mains après avoir manipulé des animaux et de
porter des équipements de protection individuelle comme
un masque protecteur, des gants, des lunettes de sécurité,
un couvre-tout, des souliers/ bottes et un couvre cheveux. Pour
de plus amples renseignements, veuillez contacter le bureau local
de la santé publique.
Si une personne contracte l'influenza - comme
en devenant malade alors qu'elle travaille avec des animaux infectés
- elle devrait immédiatement consulter un médecin.
L'influenza est une maladie à déclaration obligatoire
en Ontario et tous les cas d'influenza humaine doivent être
rapportés au médecin conseil en santé publique.
Ressources
D'autres renseignements sur l'influenza
aviaire sont disponibles à ces adresses:
Les renseignements pour la soumission
à des fins de diagnostic sont disponibles auprès
du Laboratoire d'hygiène vétérinaire, Université
de Guelph
Dr Davor Ojkic (519) 824-4120 poste 54524
Dr Jim Fairles (519) 824 4120 poste
54611