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Biosécurité
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| Agdex : | 418/663 |
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| Date de publication : | 06/05 |
| Commande no. | 05-034 |
| Dernière révision : | 06/05 |
| Situation : | En remplacement de la fiche technique no 01-044, qui porte le même titre |
| Rédacteur : | Neil Anderson - Scientifique vétérinaire principal - bovins |
Les éleveurs et le personnel de l'industrie consciencieux veillent véritablement à la santé, au bien-être et à la productivité des bovins de l'Ontario. Ils savent qu'il est possible de prévenir les maladies. Ils adoptent des pratiques de gestion de la santé pour prévenir l'introduction et/ou la propagation de maladies au sein des troupeaux de l'Ontario.
La prévention de la maladie se justifie en tout premier lieu sur le plan économique. En effet, certains éleveurs déboursent des milliers de dollars chaque année pour enrayer les maladies qui se sont déclarées dans leurs troupeaux. Outre les coûts des soins vétérinaires, ils subissent un important manque à gagner provoqué par la baisse de production et la mort d'animaux de grande valeur. Il existe d'autres raisons majeures pour lesquelles l'éleveur cherche à réduire au minimum l'incidence des maladies : le souci du bien-être des animaux, la fierté d'être un bon éleveur et la tranquillité d'esprit.
La présente fiche technique décrit les stratégies de conduite du troupeau destinées à prévenir l'introduction de maladies ou à lutter contre la propagation des maladies sur la ferme. Même s'il est ici question plus particulièrement de bovins, les stratégies générales sont applicables à d'autres animaux d'élevage.
On trouvera à la fin de cette fiche technique une section sur
la lutte contre les maladies animales exotiques.
Les maladies contagieuses sont transmises directement d'un animal infecté à un animal non infecté. Il s'agit du mode de propagation des maladies qui est le plus fréquent. Voici les quatre grandes stratégies qui permettent de réduire le risque d'introduction de maladies dans un troupeau lors de l'acquisition de nouveaux animaux.
La première stratégie consiste à ne pas introduire dans son troupeau des sujets achetés à l'extérieur. Pour des raisons de commodité, très peu d'éleveurs en Ontario pratiquent ce type d'élevage totalement fermé, car il suppose l'adhésion stricte aux règles suivantes :
La stratégie idéale consiste à mettre en quarantaine les animaux acquis à l'extérieur. Dans la plupart des élevages, réduire les risques de contact avec le reste du troupeau est probablement la seule méthode pratique d'isolement des nouveaux arrivants. Pour isoler les nouveaux arrivants :
La plupart des éleveurs s'entourent de précautions quand ils achètent des animaux. Ils ont également recours à des programmes d'analyses de laboratoire pour s'assurer que leur troupeau est exempt de maladies ou n'est que légèrement affecté. Cette stratégie implique les mesures suivantes :
La période d'isolement de 21 à 30 jours est idéale en vue d'effectuer :
Les éleveurs peuvent trouver un complément d'information
sur le Programme canadien de certification sanitaire des troupeaux en
s'adressant à un vétérinaire de district de l'Agence
canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Pour connaître les
adresses et numéros de téléphone du siège
social ainsi que des centres opérationnels et des bureaux régionaux
de l'ACIA, voir :
www.inspection.gc.ca/francais/directory/offburf.shtml
On vaccine couramment les bovins contre les maladies respiratoires et l'avortement. Dans le cas des animaux qu'on achète à l'extérieur, on peut administrer ces vaccins pendant les 21 à 30 jours durant lesquels les animaux sont placés en isolement. La diarrhée virale des bovins et la rhinotrachéite infectieuse bovine ont été diagnostiquées dans des troupeaux de l'Ontario. La vaccination contre ces deux maladies devrait constituer la pierre angulaire du programme de vaccination de chaque troupeau. Consulter un vétérinaire pour obtenir des recommandations plus détaillées.
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Les bactéries, les virus ou autres organismes pathogènes sont dits infectieux lorsqu'ils peuvent infecter les animaux exposés. Les visiteurs qui portent des bottes ou des vêtements fraîchement contaminés par un organisme infectieux peuvent propager des maladies bovines d'un point à un autre d'une même ferme ou d'une ferme à l'autre. Les oiseaux, les rongeurs, les animaux d'agrément, les personnes, le matériel et les véhicules contaminés par du fumier (ou toute autre déjection) doivent être considérés comme des vecteurs possibles de maladies.
Les pigeons, les moineaux, les étourneaux et les hirondelles sont les oiseaux que l'on retrouve le plus souvent à l'intérieur et autour des bâtiments d'élevage. Leurs pattes ou leurs déjections sont des vecteurs possibles d'organismes infectieux. Pour limiter la présence des oiseaux :
En un an, un seul rat produit 25 000 crottes et une seule souris 17 000. Il suffit de quelques petits rongeurs de cette sorte pour contaminer gravement les réserves d'aliments du bétail. En outre, ces animaux transportent, collés à leurs pattes ou à leurs poils, des organismes pathogènes et occasionnent chaque année pour des millions de dollars de dégâts au niveau des aliments, des fournitures agricoles et des bâtiments. Pour tenir en échec rats et souris :
On trouvera sur le site Web du MAAO de l'information sur la lutte contre
les rongeurs dans les installations d'élevage. Il est conseillé
de consulter un spécialiste au sujet de l'utilisation des poisons
et des autres méthodes de destruction des rongeurs.
Les personnes peuvent propager directement des contaminants qui se trouvent sur leurs chaussures, leurs mains et leurs vêtements. Règles à suivre pour diminuer la propagation de ces contaminants :
Les véhicules répandent des matières contaminées par leurs pneus, leurs garde-boue et leur train de roulement. Voici les règles à suivre pour freiner la propagation des contaminants :
Le matériel agricole servant à la manipulation du fumier est la source la plus fréquente de contamination des aliments pour animaux ou des aires d'affouragement. Pour réduire le risque de contamination :
Au moment d'élaborer un plan de biosécurité à la ferme, tenir compte des risques de contamination des aliments (fourrages, pâturages, céréales et concentrés, eau et lait résiduel) ainsi que du matériel et des systèmes servant à leur distribution. La section sur la gestion des véhicules et de la circulation sur la ferme précise les grands principes à respecter. La biosécurité des aliments doit comprendre des plans visant :
Les maladies peuvent se propager d'une vache à l'autre et d'une ferme à l'autre indirectement par l'intermédiaire des pièces d'équipement de toute taille. Pour réduire ce risque :
À cause des contacts qu'ils ont avec des animaux plus vieux
qui sont infectés ou porteurs d'organismes pathogènes,
les jeunes animaux contractent des maladies infectieuses (tableau 1).
Les pratiques relatives au logement des animaux et à la conduite
de l'élevage, en particulier pour ce qui concerne les bovins
laitiers, veillent à minimiser les contacts entre les jeunes
animaux et leurs congénères plus âgés. L'objectif
est de laisser aux jeunes le temps d'acquérir leurs défenses
immunitaires avant de les admettre parmi les animaux adultes. Les installations
doivent aussi permettre la mise en uvre de pratiques de gestion
et d'alimentation qui assurent aux animaux un maximum de croissance,
de santé et de confort. Ces stratégies supposent la mise
en application des pratiques suivantes :
o garder à l'écart de tous les autres groupes d'âge
les veaux laitiers non encore sevrés;
Les maladies se propagent moins facilement au sein d'un troupeau logé dans des bâtiments propres et hygiéniques. Dans certains cas, les lois de la province fixent les normes minimales à respecter par les éleveurs. Par exemple, la Loi sur le lait de 1987 énonce les règles d'hygiène qui doivent être observées dans les exploitations laitières de l'Ontario. Plusieurs méthodes courantes de conduite des élevages assurent un assainissement satisfaisant des locaux d'élevage.
Les cadavres d'animaux représentent un danger pour les humains comme pour les animaux. Ils contaminent le sol, l'air et l'eau, et exigent une manutention spéciale. Les précautions suivantes permettent de réduire au minimum la contamination de la ferme et le risque de propagation des maladies :
Les animaux infectés propagent souvent des organismes infectieux dans leurs excréments, leur urine et les autres liquides organiques. Ils peuvent contaminer les aliments, l'eau et le bâtiment qui les abrite. Aussi faut-il prendre les précautions suivantes pour réduire le risque de propagation des maladies par le fumier :
Pour plus d'information, consulter le site tenu par M. Tim Lysyk, Ph.D.,
entomologiste spécialisé dans les élevages au Centre
de recherches d'Agriculture et Agroalimentaire Canada à Lethbridge
en Alberta. Ce guide renferme des recommandations précises de
lutte chimique contre les arthropodes affectant le bétail. Ces
recommandations sont présentées par hôte. Le site
contient aussi des fiches techniques qui décrivent la biologie
d'insectes nuisibles précis et les méthodes pour les combattre.
On réduit l'exposition aux organismes infectieux des veaux et des vaches ayant fraîchement vêlé en les plaçant dans des cases désinfectées qui leur sont réservées. Pour lutter contre les maladies :
On peut se procurer de l'information sur les désinfectants en consultant les étiquettes des produits, les fournisseurs de produits agricoles, les vétérinaires, l'Institut canadien de la santé animale et les fabricants des produits.
Le Canadian Compendium of Veterinary Pharmaceuticals, Biologicals and Specialties, édition de 2005, renferme les monographies de nombreux désinfectants courants. Pour chacun des produits, il indique les usages pour lesquels le produit est conçu, les propriétés spéciales, les avantages, le mode d'emploi ainsi que des mises en garde. Les vétérinaires possèdent normalement un exemplaire de ce recueil dans leur clinique.
Avant de faire son choix, l'éleveur devrait lire l'information figurant sur l'étiquette des produits ou le mode d'emploi joint à l'emballage. Par ailleurs, il devrait se poser les questions suivantes sur chaque désinfectant :
On trouvera dans le tableau 2 le nom de nombreux désinfectants que l'on peut utiliser dans les étables et autres installations de logement, et les pédiluves destinés aux visiteurs. Ces produits figurent dans le Compendium et ne sont donnés ici qu'à titre d'exemples, non en tant que produits spécialement recommandés. D'autres produits peuvent être vendus dans le commerce. Se référer à la brochure du produit pour déterminer si ses propriétés sont bien celles qu'on recherche.
Les désinfectants appartiennent à l'un des six groupes
suivants : désinfectants à base de chlorhexidine, de formaldéhyde/glutaraldéhyde,
de complexes iodés, d'isopropanol, de composés phénoliques
ou d'ammonium quaternaire. Plusieurs désinfectants entrent par
ailleurs dans le groupe " Ingrédients divers ", car
ils ne sont pas compris dans aucun des six groupes précédents.
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Au moment où a été rédigée la présente fiche technique, le Canada, les États-Unis et le Mexique étaient exempts de la maladie de la fièvre aphteuse. Ce statut unique est partagé par l'Australie et la Nouvelle-Zélande dans l'hémisphère Sud. Plusieurs autres pays du monde sont également exempts de fièvre aphteuse. Toutefois, bien des pays asiatiques, plusieurs pays d'Amérique du Sud ainsi que d'Afrique, et plus récemment le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la France subissent des flambées de cette maladie.
Le Canada réussit depuis plus de 50 ans à empêcher
l'introduction de la fièvre aphteuse sur son territoire en imposant
des contrôles frontaliers et des restrictions sur les importations.
Les éleveurs de bétail de l'Ontario non seulement appuient
ces initiatives, mais ils les complètent par des stratégies
à la ferme qui relèvent du bon sens.
Le Canada prévient l'introduction de la fièvre aphteuse (et d'autres maladies animales exotiques) par des contrôles frontaliers rigoureux. Pour prévenir l'introduction de maladies animales exotiques en provenance de pays où sévissent ces maladies, l'Agence canadienne d'inspection des aliments et Douanes Canada continuent :
Les éleveurs de bétail de l'Ontario empêchent l'introduction de la fièvre aphteuse (et d'autres maladies animales exotiques) en recourant à des stratégies d'ordre pratique reposant sur le bon sens. Le virus de la fièvre aphteuse est facilement détruit par des méthodes courantes de nettoyage ou de lavage de vêtements (nettoyage à sec, traitement javellisant ou lessivage dans une solution de soude). Des expériences menées il y a 30 ans ont démontré que les personnes qui avaient examiné la région de la tête de porcs cliniquement atteints abritaient le virus de la fièvre aphteuse dans leurs fosses nasales pendant un maximum de 2 jours. Au cours de ces essais, la fièvre aphteuse avait été transmise à la faveur des reniflements et de la toux projetés dans les nasaux de bouvillons dans les 30 minutes suivant l'examen des porcs atteints. On peut présumer que la notion de période d'attente après une exposition au virus de la fièvre aphteuse provient de ces expériences. On ne sait toutefois pas comment cette période d'attente est passée à 5, 7 et 14 jours dans trois pays différents. L'état actuel des connaissances nous permet néanmoins d'affirmer que les personnes ayant travaillé auprès d'animaux atteints de fièvre aphteuse doivent rester à l'écart de tout animal sain pendant plus de 2 jours. Consulter le site Web de l'ACIA pour de l'information plus détaillée :
Pour empêcher l'introduction de maladies animales exotiques par des animaux infectés provenant de fermes situées dans des pays où sévissent ces maladies, les éleveurs de l'Ontario doivent :
S'il survenait une flambée d'une maladie animale exotique en Ontario, les vétérinaires fédéraux imposeraient une interdiction sur les déplacements des bovins, afin de prévenir la propagation de maladies contagieuses d'un animal à l'autre. Il y aurait également des restrictions sur le mouvement des personnes vers les zones de quarantaine ou en provenance de ces zones.
Le travail de prévention des maladies n'est jamais terminé. Les éleveurs ont l'ultime responsabilité de la protection de leur troupeau. Les visiteurs ont le devoir de respecter les protocoles de biosécurité mis en place par les éleveurs. Les éleveurs avisés adoptent des stratégies en vue de prévenir l'introduction de maladies dans leurs troupeaux et également de prévenir la propagation de maladies déjà présentes. Pour protéger leurs troupeaux, les éleveurs :
Tout éleveur devrait : revoir ses stratégies de protection de la santé et de gestion de l'hygiène de son troupeau en utilisant les listes qui figurent ci-dessus; consulter son vétérinaire pour connaître les stratégies à inclure dans le programme d'hygiène vétérinaire; mettre en uvre les stratégies propres à assurer la santé et le confort des animaux; et s'assurer que tous les employés et visiteurs sont informés du rôle qu'ils ont à jouer pour sauvegarder la santé du troupeau.
En ce qui concerne les maladies animales exotiques, les contrôles
frontaliers constituent notre première ligne de défense.
La période d'attente imposée aux visiteurs provenant de
fermes infectées vient au deuxième rang au niveau de l'efficacité
de la protection obtenue.
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Pour plus de renseignements :
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