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Un traitement potentiel au chlorate de sodium pour éliminer les salmonelles chez les porcs

Auteur : Wayne Du - Fil de programme de garantie de la qualité de porc/MAAARO
Date de création : 5 mars 2008
Dernière révision : 5 mars 2008

Les salmonelles, dont l'étude revêt une grande importance, cause la salmonellose chez les animaux de ferme (y compris la volaille) et constitue l'un des principaux pathogènes d'origine alimentaire associés à la viande et aux produits à base de viande. Tous les ans, environ 1,4 million de cas de salmonellose humaine et environ 600 décès dus à une intoxication alimentaire liée aux salmonelles sont signalés aux États-Unis. Chez les porcs, la forme clinique de salmonellose est courante, ce qui se traduit par d'importantes pertes financières pour l'industrie porcine. Selon une étude américaine, dans certains États, les résultats de dépistage sont positifs chez les deux tiers des porcs des exploitations porcines. Salmonella typhimurium DT 104 est le salmonelle qui entraîne des intoxications et même la mort chez les humains. Les données de l'Animal Health Laboratory (laboratoire de santé des animaux) de l'Université de Guelph ont révélé que, de janvier à septembre 1999, 19 troupeaux de porcs de l'Ontario étaient atteints d'une infection à Salmonella typhimurium DT 104. L'intestin et les tissus lymphatiques qui y sont associés sont les principaux réservoirs de salmonelles chez les porcs. Les carcasses peuvent être contaminées par ces bactéries en raison de fuites de matières fécales au cours de l'éviscération. Puisque l'intestin est un important réservoir de salmonelles, la réduction de ces bactéries chez les porcs à la ferme et avant la transformation est l'une des nombreuses mesures de lutte qui s'imposent. Une diminution des salmonelles dans l'intestin et les matières fécales peut réduire considérablement le risque de contamination des carcasses dans les usines de transformation et, par conséquent, permettre de produire une viande de porc davantage salubre.

Une étude récente en laboratoire (Journal of Food Protection, 2001), qui a été réalisée par les scientifiques de l'USDA au Texas, a démontré que l'ingestion de faibles doses de chlorate de sodium tue Salmonella typhimurium et E. coli O157: H7 chez les porcins et les bovins. Ces résultats offrent potentiellement une approche pratique pour réduire les concentrations de ces pathogènes à la ferme. Comment le chlorate de sodium tue-t-il Salmonella typhimurium et E. coli O157: H7. Ces deux bactéries contiennent une enzyme connue sous le nom de nitrate réductase respiratoire. Cette enzyme qui transforme accessoirement le chlorate (ClO3-), un analogue du nitrate, en chlorite (ClO2-) qui, à son tour, tue les deux pathogènes. Le nitrate n'influe pas sur les bactéries bénéfiques présentes dans le tractus intestinal, car ces dernières ne possèdent pas de nitrate réductase respiratoire. Au cours de deux expériences distinctes, on a administré par voie orale de 8 x 107 unités formant colonies (CFU) de Salmonella typhimurium à un total de 45 des porcelets sevrés âgés de 26 à 29 jours. Les porcelets ont été divisés de façon aléatoire en groupes de traitement dans des parcs séparés. On a ensuite administré oralement aux sujets de chaque groupe une quantité de chlorate de sodium pouvant atteindre 0,04 grammes par kilogramme de poids vif à deux reprises, soit au bout de 8 heures et de 16 heures suivant l'administration de Salmonella typhimurium. Les porcelets ont été abattus à des intervalles de 8 heures (cinq par groupe) après le dernier traitement au chlorate de sodium. Des échantillons de matières fécales recueillis par autopsie ont alors été mis en culture à des fins d'analyse qualitative et quantitative des salmonelles et d'autres bactéries. Les résultats des expériences ont révélé que le traitement au chlorate a eu un important effet sur les concentrations de salmonelles. Au bout de 16 heures suivant la dernière administration de chlorate, le nombre de salmonelles intestinales a diminué de 150 fois. On a aussi observé un effet par interaction du temps, ce qui laisse supposer que l'effet du chlorate dépendait de la concentration. On n'en est encore qu'aux premiers stades de la recherche et la FDA doit approuver cette méthode nouvelle avant que son usage devienne répandu au sein de l'industrie de l'élevage des États-Unis. L'administration de chlorate aux animaux pourrait se faire par voie orale avant le transport à l'abattoir ou par ajout dans leur eau avant le déchargement ou dans les parcs d'attente.

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