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Ajout de diformate de potassium à l'alimentation des porcs d'engraissement

Auteur : Wayne Du - fil de programme de garantie de la qualité de porc/MAAARO
Date de création : 01 août 2001
Dernière révision : 01 août 2001

 

L'emploi d'antibiotiques comme facteur de croissance pour la production du bétail fait de plus en plus l'objet d'un examen et de critiques de la part du public. La montée de la résistance des bactéries aux antibiotiques et de la résistance croisée des pathogènes humains et animaux associées à l'emploi inadéquat ou sous-thérapeutique des antibiotiques est une source de préoccupations importantes. Dans les pays de l'Union européenne, on a interdit l'emploi d'antibiotiques pour améliorer la production animale. Aux États-Unis, les délégués responsables des politiques de l'American Medical Association ont approuvé une résolution, lors du congrès annuel en juin dernier, demandant avec insistance la diminution progressive ou la cessation de l'emploi " non thérapeutique " des antibiotiques chez les animaux. Cette mesure vise particulièrement les antibiotiques qui sont aussi administrés chez les humains. L'organisation veut que le gouvernement diminue progressivement la surutilisation des antibiotiques chez le bétail, élargissant ainsi son objectif qui est de freiner la résistance humaine aux médicaments d'importance vitale. Le gouvernement passe en revue l'emploi des antibiotiques pour la production du bétail et élabore des mesures pour diminuer la résistance aux médicaments. Au Canada, Santé Canada revoit actuellement l'emploi de Carbadox, qui pourrait être banni. Par conséquent, comme l'emploi d'antibiotiques dans la production animale sera de plus en plus restreint, il faut trouver des solutions de rechange aux antibiotiques favorisant la croissance.

C'est pourquoi la recherche pour découvrir des solutions pour remplacer les antibiotiques se poursuit. Toute une gamme d'options sont à l'étude : des herbes médicinales, des probiotiques, des prébiotiques et des acides organiques aux suppléments chimiques, en passant par les outils de gestion. De nombreuses études ont démontré l'efficacité de l'acide formique contre les bactéries pathogènes. Toutefois, dans la réalité, son usage est limité par les problèmes de manipulation, sa forte odeur et la corrosion de l'équipement nécessaire pour le traitement de la moulée et sa distribution aux animaux et pour l'approvisionnement en eau. Pour surmonter ces problèmes, le diformate de potassium a été envisagé comme solution de rechange à l'acide formique, parce qu'il est plus facile à manipuler que l'acide pur et qu'il s'est révélé efficace pour améliorer le rendement de croissance des porcelets en sevrage, ainsi que des porcs d'engraissement. Une étude menée par des chercheurs de l'Université agricole de la Norvège (J. Anim. Sci. 2000. 78:1875-1884) a montré que les suppléments alimentaires de diformate de potassium, à des concentrations variant de 0,6 à 1,2 %, ont amélioré le rendement de croissance, la qualité des carcasses et la salubrité de la viande des porcs d'engraissement, sans effets négatifs sur la qualité sensorielle des porcs. De plus, contrairement au diformate de potassium, les suppléments de formate de calcium/sodium n'ont eu aucun effet sur la croissance et la qualité des carcasses.

Au cours de cette étude, trois expériences ont été menées. Dans la première, 72 porcs (poids initial : 23,1 kg; poids final : 104,5 kg) ont reçu un des trois traitements (témoins, formate de calcium/sodium à 0,85 % ou diformate de potassium à 0,85 %). Les résultats ont révélé que le diformate de potassium augmente le gain de poids quotidien moyen global, mais n'a aucun effet sur la consommation quotidienne moyenne d'aliments pour animaux ou le rapport gain/aliment. Le contenu de maigre ou de gras dans les carcasses n'a pas été modifié par le diformate de potassium ni le formate de calcium/sodium.

Dans la deuxième expérience, on a étudié l'effet du diformate de potassium sur le rendement et la qualité sensorielle de 10 porcs (poids initial : 24,3 kg; poids final : 85,1 kg). Tous les porcs suivaient un régime avec ration limitée. Ils ont tous reçu le même régime, sauf qu'on a ajouté du diformate de potassium à 0,8 % au groupe de traitement. D'après les résultats, cet ajout de diformate de potassium à l'alimentation augmente le gain de poids quotidien et le rapport gain/aliment, mais n'a aucun effet sur la qualité sensorielle des porcs.

Au cours de la troisième expérience, 96 porcs (poids initial : 27,1 kg; poids final : 105 kg) ont reçu un des trois traitements alimentaires (contenant 0, 0,6 % ou 1,2 % de diformate de potassium), afin d'étudier l'effet du diformate de potassium sur le rendement de croissance, les traits de la carcasse et la microflore dans le tube digestif. D'après les résultats, l'ajout de diformate de potassium à 0,6 % et à 1,2 % a augmenté le rendement de croissance, a réduit la teneur en gras et a amélioré le pourcentage du maigre de la carcasse. De plus, l'ajout de diformate de potassium a réduit le nombre de coliformes dans le tube digestif des porcs, ce qui accroît la salubrité de la viande.

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