Mycotoxines dans la paille de blé

 

Selon une étude réalisée en partenariat par le ministère de l'Agriculture du Manitoba et la Commission canadienne des grains, la mycotoxine DON (déoxynivalenol AKA ou vomitoxine) se retrouve dans presque tous les grains endommagés par le champignon Fusarium, alors que des niveaux négligeables se retrouvent dans les grains non endommagés et dans la tige. Une étude réalisée sur des épis de maïs fortement contaminés (90 ppm de DON) a démontré que les tiges contenaient de 1 à 2 ppm de DON. Une étude semblable qui examinait l'évolution de la prolifération du champignon dans la paille du blé a confirmé que le même phénomène s'observait aussi dans le blé.

Ces résultats suggèrent que la quantité de DON présente dans la paille des céréales dépend surtout de la présence de grain et de paillettes contaminés. Selon un rapport du ministère de l'Agriculture du Manitoba, la paille qui contient une concentration élevée de ce produit ne devrait pas être donnée aux chevaux ni utilisée comme litière pour les porcs. L'élimination des paillettes en poudre et des grains, en fanant ou passant le râteau avant de mettre la paille en balle, permet de réduire le risque d'ingestion de toxines par les animaux.

Il est très important de n'utiliser que de la paille sèche. Selon le docteur David Miller, chercheur à l'Université de Carleton et spécialiste des champignons, la paille humide ou mouillée peut abriter d'autres champignons qui produisent des toxines encore plus puissantes et nocives que celles qui sont produites par le Fusarium.

L'échantillonnage de la paille peut se faire de la même façon que pour le foin. Le test rapide (ELISA) offert par la plupart des laboratoires pour analyser la teneur en DON ne semble pas toutefois convenir pour la paille. Le ministère de l'Agriculture du Manitoba suggère que les producteurs qui souhaitent faire analyser leur paille en envoient des échantillons dans un laboratoire qui utilise le couplage GC-SM (chromatographie en phase gazeuse et spectrométrie de masse). Une fois l'analyse de la paille effectuée, on peut se baser sur des niveaux semblables à ceux qu'on emploie pour l'alimentation pour déterminer les risques potentiels. De toute évidence, cela dépendra de la quantité de toxine présente et du volume de paille qui est consommé; toutefois, si la ration contient aussi de la mycotoxine DON, il pourrait y avoir un effet cumulatif.

Il est important de tenir compte, dans l'ensemble, du risque pour la santé humaine associé à la manipulation de matériel contaminé par des mycotoxines. Toute personne qui manipule du grain ou de la paille que l'on soupçonne contenir des toxines devrait autant se soucier de sa propre santé que de celle des animaux. Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, les mycotoxines et les moisissures qui les produisent sont nocifs pour santé. La toxicité associée aux moisissures et aux mycotoxines du genre Fusarium peut se manifester sous forme d'allergie, d'irritation cutanée, de manque d'appétit, de maux de tête, de vomissements, d'irritation gastrique et intestinale, d'hémorragie, de vulnérabilité accrue aux maladies et de problèmes du système reproducteur.

En 1993, le ministère du Travail du Canada a estimé que les travailleurs qui manipulent des grains contaminés par du Fusarium doivent porter de l'équipement protecteur. À ce moment, le docteur Miller et le personnel de Santé Canada et de Travail Canada ont procédé à une analyse des risques axuquels sont exposés les manutentionnaires. Les résultats obtenus les ont amenés à conclure que l'exposition aux grains contaminés par des mycotoxines ne représente par de risque significatif de causer de maladies dues aux toxines. Selon une autre étude réalisée en Norvège, cependant, où les grains étaient contaminés par à peu près les mêmes genres de toxines, des agriculteurs qui manipulaient des grains contaminés ont été exposés à des risques plus importants de troubles non respiratoires dans le cas des hommes et de fausses couches tardives chez les femmes.

D'après un nombre restreint de données, le risque de contracter une maladie non respiratoire (c.-à-d. associée à des toxines) en manipulant des grains contaminés par du Fusarium semble faible, mais il peut se manifester sur une longue période de temps, et peut-être même des années, si l'exposition aux poussières se maintient. Par conséquent, il est conseillé aux producteurs de prendre de mesures de précaution lorsqu'ils manipulent du grain et de la paille. le port d'un masque antipoussières conforme aux normes de la CSA (Association canadienne de normalisation) ainsi que de gants, de lunettes de sécurité et de combinaisons de travail est recommandé. Il est également important de respecter les règles d'hygiène, c'est-à-dire se laver les mains, retirer ses vêtements de travail avant de manger et prendre une douche à la fin de la journée.


Auteur : Janice Murphy - Nutritionniste de porcs/MAAARO
Date de création : 01 october 2000
Dernière révision : 01 octobre 2000

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