Les truies maigres doivent "
s'empiffrer " avant la lactation
Le génotype détermine à l'avance la performance
d'une truie pendant la lactation. Les animaux au poids plus élevé
et qui ont atteint la maturité plus tard donnent d'ordinaire plus
de lait. Chez les truies, le rendement est déterminé par
le nombre de naissances. On a récemment laissé entendre
que les truies se comparaient aux vaches laitières grandes productrices
quant à l'énergie fournie pour produire le lait par unité
de poids corporel, si elles devaient allaiter 14 petits porcelets et plus.
Pour que la truie atteigne une production laitière de haut niveau,
il faut qu'elle dispose de la quantité appropriée d'éléments
nutritifs. Si l'apport en éléments nutritifs de sa ration
n'est pas suffisant pour qu'elle produise le lait nécessaire, la
truie mobilise alors ses propres tissus corporels en quelque sorte. Les
besoins en lysine des truies qui allaitent dix porcelets ont déjà
été évalués, mais la recherche se poursuit
pour déterminer les besoins en lysine des truies qui sont au pic
de leur production laitière.
À l'Iowa State University, une recherche a récemment examiné
la performance des truies allaitant 14 porcelets. Au cours de l'expérience,
des truies primipares de potentiel élevé (350 - 390 g/j)
ou faible (240 - 280 g/j) de croissance musculaire (CM) ont été
soumises à 4 apports en lysine alimentaire (0,58, 0,77, 0,96 ou
1,15 %) pendant 4 semaines. Peu importe leur génotype, les truies
n'ont pas pu consommer les 6,5 kg de ration qui leur était offerte
chaque jour. Comme ce niveau d'ingestion était nécessaire
pour obtenir un rendement de lait maximal, les truies ont dû mobiliser
des tissus corporels pour fournir l'énergie et les éléments
nutritifs supplémentaires. Toutefois, les truies de potentiel de
CM faible ou élevé ont réussi à atteindre
des pics de rendements de production laitière quotidiens équivalents
à ceux des vaches laitières grandes productrices.
Les teneurs en lysine, en énergie et les rendements totaux de lait
étaient similaires entre les génotypes et augmentaient à
mesure que l'ingestion de lysine alimentaire était en hausse. Avec
cette augmentation, moins de protéines corporelles maternelles
étaient mobilisées dans les deux génotypes à
mesure que la lysine limitait moins la synthèse du lait. Toutefois,
l'apport d'énergie nécessaire à la synthèse
du lait est devenu plus limité que ne l'était celui des
acides aminés, les truies devant à nouveau mobiliser des
tissus corporels. L'importance de la réaction des truies à
potentiel de CM élevé et faible correspondait à leurs
aptitudes différentes à soutirer de l'énergie des
tissus corporels. Les truies à faible potentiel de CM étaient
en mesure de produire plus de lait à cause du surplus de mobilisation
d'énergie des tissus adipeux. Cependant, comme les truies à
potentiel de CM élevé avaient moins de réserves adipeuses,
elles mobilisaient des tissus musculaires pour satisfaire à leurs
besoins énergétiques.
Selon ces résultats, les chercheurs ont conclu que les truies avaient
besoin d'au moins 54 g/jour de lysine digestible pour effectuer la synthèse
du lait et minimiser la perte en protéine de la mère. C'est
conforme aux recommandations révisées en 1998 du Nutrient
Requirements of Swine du National Research Council, 10e édition
révisée. Il importe de noter que les rendements de production
de lait ont atteint leur pic plus tôt pendant la lactation chez
les truies de potentiel élevé que chez celles de faible
potentiel, entre 14 et 18 jours par opposition à 18 et 22 jours.
C'est avantageux pour les producteurs qui pratiquent le sevrage précoce,
parce que le sevrage avant 18 jours pourrait être favorable dans
le cas des truies génétiquement maigres quand l'ingestion
énergétique est limitée. De manière générale,
cette recherche montre clairement que la performance des truies génétiquement
maigres pendant la lactation dépend de l'apport suffisant d'énergie
alimentaire pour permettre la meilleure synthèse de lait possible.
En conséquence, si le corps compte plus de tissus adipeux pendant
la gestation, on aurait amélioration de la performance pendant
la lactation.