Additifs alimentaires pour le nouveau millénaire
| Auteur : |
Janice Murphy -
Spécialiste de la nutrition des porcs/MAAO |
| Date de création : |
18 août
2000 |
| Dernière révision : |
18 août
2000 |
Acide linoléique conjugué
Avez-vous entendu la nouvelle? À l'avenir, l'ajout de gras
à une ration de porc pourrait effectivement réduire
le gras dans la carcasse - pourvu que vous utilisiez le bon type de
gras! L'acide linoléique conjugué (ALC) est un composé
anticancéreux qui a été identifié à
la University of Wisconsin, presque accidentellement, au cours de
la recherche de substances cancérogènes dans le boeuf
grillé. L'ALC est un acide gras se trouvant principalement
dans la viande et les produits laitiers, qui a certaines propriétés
remarquables.
Vous vous demandez peut-être comment un produit reconnu pour
son utilisation possible dans le culturisme et le traitement du cancer
pourrait être appliqué à la production porcine.
Comme vous le découvrirez rapidement, il s'agit d'une progression
logique. On a prudemment fait référence à l'ALC
comme ayant la capacité de brûler du gras, de développer
les muscles et de renforcer l'immunité. Les essais de l'ALC
chez des souris et des humains est un sujet de recherche depuis un
certain temps. On vante les mérites de l'ALC de pouvoir développer
la grosseur des muscles et le gain de puissance chez les culturistes.
L'ALC a également fait preuve de la capacité d'augmenter
de manière importante la production de cellules liées
au système immunitaire.
Saviez-vous qu'il est même possible de commander de l'ALC auprès
de détaillants de produits diététiques sur Internet?
Un peu de navigation vous dira également que l'ALC semble réduire
la consommation volontaire de nourriture, ce qui résulte en
moins de gras corporel. Selon des résultats de recherche, l'ALC
non seulement réduit la quantité de gras entreposé,
il semble augmenter le taux auquel le gras est décomposé
et brûlé dans les cellules musculaires. Tous ces faits
réunis font de l'ALC une arme qui semble efficace dans la guerre
contre l'obésité.
Récemment, les recherches portant sur l'ALC pour les porcs
ont véritablement pris leur essor. Typiquement, le régime
alimentaire des porcs plus âgés a été limité
à entre un et deux pour cent de gras en raison des incidences
négatives sur le gras de carcasse. La première expérience
au monde avec l'ALC sur le porc, au Wisconsin, a démontré
que l'ALC a la capacité de réduire le gras de carcasse,
d'augmenter la masse musculaire, d'améliorer l'indice de consommation
et d'accroître le gain chez les porcs. Des recherches subséquentes
au Centre de recherches de Lacombe d'Agriculture et Agroalimentaire
Canada ont également fourni des résultats positifs.
Des porcs d'engraissement qui ont été nourris de 2 p.
100 d'ALC avaient tendance à consommer moins de nourriture
( 2,92 contre 3,08 kg/jour), avaient un meilleur indice de consommation
(2,89 contre 3,07) et avaient une carcasse remarquablement plus maigre
(618 contre 604 g) et contenant moins de gras (206 contre 221 g).
Des recherches portant sur le porc ont jusqu'à maintenant été
très positives, mais il est encore trop tôt pour formuler
des recommandations définitives. La recherche continue dans
des universités en Alberta, en Iowa et au Wisconsin dans le
but de découvrir le secret du fonctionnement de cet acide gras.
D'autres priorités comprennent la détermination du taux
optimal d'inclusion, les incidences sur la carcasse et le potentiel
de propriétés anticancérogènes à
valeur ajoutée. Une autre question importante qui n'a pas encore
été abordée est de déterminer si l'administration
de l'ACL sera rentable. Ces questions, ainsi que d'autres, demeureront
sans réponse jusqu'à ce que d'autres renseignements
soient disponibles. Restez à l'écoute pour en savoir
plus sur cet excitant domaine de recherche, que vous marchiez sur
deux ou quatre pattes!
Phytase + Acide = Un coup double
Il est fait courant que de 60 à 80 p. 100 du phosphore (P)
dans les céréales et les farines oléagineuses
est présent sous forme de phytate, un composé que les
porcs sont incapables d'utiliser adéquatement. Afin de rendre
le P phytate utilisable par les porcs, il doit être hydrolysé
en P inorganique par la phytase. Des recherches ont conclu que l'ajout
de phytase augmente la digestibilité du P dans la nourriture,
diminuant ainsi la déjection de P de 20 à 30 p. 100.
Les acides organiques ont été utilisés avec succès
en tant qu'agents de conservation et acidifiants de nourriture dans
les régimes de porcs depuis bon nombre d'années. De
récentes recherches à la Cornell University et à
BASF ont démontré que l'effet combiné de l'ajout
de phytase et d'acides organiques, tels que les acides citrique et
formique, aux régimes de porcs d'engraissement surpasse leurs
effets individuels. Par exemple, dans un essai, un indice de digestibilité
du P de 25 p. 100 chez les porcs témoins a été
amélioré à 30 p. 100 et à 42 p. 100, respectivement,
lorsque l'acide formique et la phytase ont été ajoutés
individuellement. Cependant, la combinaison des deux additifs a permis
d'atteindre un indice de digestibilité du P de 51 p. 100.
Un avantage supplémentaire de l'ajout d'acides organiques est
l'effet sur la bactérie E. coli, étant donné
que les niveaux accrus d'acide résultent en une réduction
des incidences de la diarrhée. Par contre, la nature corrosive
de l'acide formique peut rendre l'utilisation de celui-ci très
difficile à moins que la provenderie soit adéquatement
équipée. La transition peut être coûteuse,
exigeant l'installation de pompes, de tuyaux et de busettes en acier
inoxydable pour manipuler les acides organiques. Selon BASF, plusieurs
installations en Europe ont déjà été réaménagées
pour contenir de tels acides, compte tenu des résultats récents
de recherches.
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