Rôle de la gestion de l'alimentation
pour une industrie porcine durable et protéger l'environnement
Depuis une décennie dans l'élevage porcin le développement
durable et l'environnement sont devenus des enjeux importants. La recherche
se poursuit en vue de diminuer l'impact des rejets d'éléments
nutritifs dans le fumier de porc sans nuire à la performance de
l'animal ni à la qualité de la carcasse. Parmi les approches
qui conviennent à l'industrie porcine, certaines visent à
réduire la quantité de rejets d'éléments nutritifs
dans le fumier de porc, d'autres à diminuer les pertes d'éléments
nutritifs du fumier dans l'air ou les émissions de gaz par le fumier.
Pour réduire la quantité d'éléments nutritifs
excrétés dans le fumier, il peut être efficace de
modifier l'alimentation. Du point de vue de l'animal, ces approches visent
deux aspects :
- réduire l'ingestion d'éléments nutritifs par
le porc, ce qui diminue la quantité d'excrétions dans
le fumier;
- améliorer la digestibilité des éléments
nutritifs pour l'animal et en assurer une meilleure utilisation par
son organisme.
Parmi les méthodes efficaces connues, notons l'incorporation de
phytase dans la ration; c'est une enzyme offerte dans le commerce, qui
rend le phosphore contenu dans les grains céréaliers plus
facilement assimilable par le porc, ainsi la teneur en phosphore dans
les aliments peut être réduite jusqu'à 0,1 pourcent,
ce qui se traduit par une baisse de 25 à 30 % des rejets de phosphore
dans le fumier de porc. Surtout pour les porcs de croissance finition,
le fait de réduire la teneur en protéines des aliments par
l'ajout de certains acides aminés cristallisés comme la
lysine, la méthionine, la thréonine et le tryptophane, a
provoqué une certaine baisse des rejets d'azote dans le fumier.
Beaucoup d'autres méthodes sont aussi efficaces pour réduire
l'excrétion de phosphore et d'azote dans le fumier des élevages
porcins.
Dans la production porcine, de nombreux gaz comme l'ammoniac, les sulfures
et autres gaz dangereux provenant du fumier sont nuisibles pour la santé
humaine et ils sont aussi nuisibles pour l'environnement en contribuant
à la formation des gaz à effet de serre et des pluies acides.
Ici aussi, en modifiant la composition de la ration du porc on aura une
importante réduction des émissions de gaz du fumier de porc,
même si le changement n'est pas si notable en terme de quantité
d'éléments nutritifs excrétés. En augmentant
la teneur en fibres de la ration (tourteau de soya, par exemple), on peut
améliorer la fermentation dans le gros intestin de l'animal, ce
qui modifie la façon dont l'azote est excrétée, en
augmentant la quantité d'azote et de protéines bactériennes
plus stables dans les excréments et en diminuant dans l'urine l'azote
urée qui se convertit facilement en ammoniac. On a aussi indiqué
que l'émission d'ammoniac par le fumier de porc pouvait être
abaissée de 5,4 % par 100 g supplémentaires de fibres ingérées.
Des agents liants comme de la clinoptilolite et des minéraux argileux
peuvent parfois réduire l'émission d'ammoniac par l'intestin
en absorbant les gaz dangereux. L'ajout d'acide adipique à une
teneur de 1 % à la moulée de croissance permet de réduire
jusqu'à 25 % l'émission d'ammoniac dans les excrétions
de porc, le pH du fumier étant plus faible, comme il a été
récemment indiqué.