Bientôt, des normes internationales
pour une bonne alimentation animale
(Mise à jour : pour la version la plus récente du Code
d'usages pour une bonne alimentation animale, visiter le site Web du Codex
Alimentarius - voir les liens connexes).
Comme vous le savez sans doute déjà, de nos jours les consommateurs
sont à la recherche de produits alimentaires de la plus haute qualité.
L'industrie alimentaire canadienne a instauré des programmes d'assurance
qualité régissant chaque maillon de la chaîne alimentaire.
En fin de compte, chaque étape de la production doit être
assujettie à des programmes d'assurance qualité, qui sont
littéralement présents " de la ferme à l'assiette
du consommateur ".
Pendant que se faisait l'élaboration et l'implantation du programme
d'assurance qualité canadien (AQCmd) dans l'industrie porcine,
le travail s'est poursuivi aussi au niveau international, en vue de faire
face aux enjeux touchant la sécurité alimentaire animale
à l'échelle mondiale. Depuis juin 2000 le groupe de travail
intergouvernemental spécial du Codex a élaboré des
normes sur l'alimentation animale et sur la production des aliments pour
animaux. Ces enjeux ont vraiment attiré l'attention de plus en
plus à la suite des récents événements venus
nous rappeler que pour nous assurer de la sécurité et de
l'innocuité de nos aliments, il faut d'abord soumettre la production
de l'alimentation animale à des règles strictes, et être
conscients que la sécurité alimentaire est aussi en lien
avec l'alimentation des animaux dans nos systèmes de production
actuels.
La version provisoire du groupe de travail, le Code d'usages pour une
bonne alimentation animale, est un document exhaustif dans lequel tous
les aspects de la production des aliments pour animaux sont abordés.
Le Code a pour objectif d'établir un système de sécurité
de l'alimentation animale pour les animaux destinés à la
consommation humaine, qui touche toute la chaîne alimentaire et
tient compte de tous les aspects pertinents de la santé animale
et de l'environnement afin de minimiser les risques pour la santé
des consommateurs. Comme on peut s'y attendre, il vise spécifiquement
les pratiques d'alimentation à la ferme et les méthodes
de fabrication des aliments pour animaux.
Le Code énumère les normes minimales de bonnes pratiques
en matière d'alimentation animale à la ferme et de fabrication
lors de la récolte, de la manipulation, de l'entreposage, du traitement
et de la distribution des aliments aux animaux destinés à
la consommation humaine, et des ingrédients qui composent ces aliments.
Le Code convient qu'il faut identifier, surveiller et minimiser l'usage
de toute substance indésirable comme ingrédient dans l'alimentation
animale, tels les pesticides, les agents pathogènes ou les mycotoxines.
Il fait spécifiquement mention que les produits d'origine animale
pouvant être une source d'ESB ne devraient ni être utilisés
pour préparer des aliments pour les ruminants, ni leur être
donnés directement. Les additifs doivent faire l'objet d'une évaluation
des risques et être approuvés avant de servir à l'alimentation
animale. De plus, les antibiotiques ne doivent pas être utilisés
pour la croissance des animaux en l'absence d'une évaluation de
santé publique.
Le Code contient aussi des exigences d'assurance qualité visant
tous les participants à la chaîne de production de l'alimentation
animale et il met l'accent, entre autres, sur les bâtiments et l'équipement,
la formation du personnel, l'entreposage et le transport des aliments
pour animaux, de même que sur les mesures antiparasitaires et d'hygiène
à toutes les étapes du processus. Il existe aussi des exigences
liées à la tenue des registres, élément primordial
faisant partie du processus de traçabilité des aliments
pour animaux, au cas où des risques sanitaires potentiels ou réels
seraient identifiés, ce qui donnerait lieu le cas échéant
au retrait préventif ou au rappel des produits.
Quant aux fermes où les cultures sont produites et où elles
servent à l'alimentation animale, le Code s'applique à la
culture, à la fabrication, à la gestion et à l'usage
des cultures et des aliments pour animaux complets, et il décrit
les trois types de contamination potentielle : biologique, chimique et
physique. Les pesticides et les engrais doivent être utilisés
correctement et il importe de ne donner aux animaux de la ferme que les
aliments qui conviennent à leur espèce ou à leur
classe particulière. Le Code indique aussi les principes de base
de l'alimentation animale et les procédures pour des mélanges
adéquats, de même que les mesures d'hygiène, l'analyse
et l'échantillonnage courants des aliments pour animaux et de leurs
ingrédients.
Comme on pouvait s'y attendre, l'un des principaux éléments
abordés lors de l'élaboration du Code touche les organismes
génétiquement modifiés (OGM) dans l'alimentation
animale. Dans la version actuelle du document, le groupe de travail a
indiqué que les ingrédients génétiquement
modifiés qui entrent dans la composition des aliments pour animaux
pourraient être soumis à une évaluation des risques
liés à la sécurité alimentaire et faire l'objet
d'un étiquetage spécial.
En mai 2003, le groupe de travail sur l'alimentation animale a terminé
la version finale du Code envisagé. Cependant, un certain nombre
de questions controversées n'étant pas résolues,
la Commission du Codex a prolongé d'un an le mandat du groupe de
travail. Les trois principaux éléments litigieux à
discuter plus avant étaient la définition des additifs pour
l'alimentation animale, l'étiquetage des aliments pour animaux
qui contiennent des OGM, et la tenue des registres afin d'assurer la traçabilité
des aliments pour animaux et de leurs ingrédients.
Pour dégager une position canadienne sur la question, les commentaires
devaient être adressés au point de contact du Codex pour
le Canada avant le 12 décembre 2003. Le groupe de travail s'est
réuni en mai 2004 afin de résoudre les questions en suspens
et de conclure le processus. Si l'on résolvait les questions pendantes,
on prévoyait la mise en place du Code d'usages pour une bonne alimentation
animale à l'automne 2004.
Qu'est-ce que le Codex Alimentarius?
Le Codex Alimentarius reflète le code mondial des normes alimentaires.
Il s'agit d'une énorme compilation de normes alimentaires, de codes
de pratiques, de lignes directrices et de recommandations en 13 volumes
traitant de tous les types et de toutes les formes d'aliments. Il constitue
la référence qui fait autorité à l'échelle
mondiale au sujet des normes alimentaires et il est utilisé par
les systèmes d'inspection alimentaire nationaux, les autorités
en matières de santé, l'Organisation mondiale du commerce
(OMC), l'industrie de l'alimentation, les chercheurs scientifiques et
les organismes de défense du consommateur.
La Commission du Codex Alimentarius (plus communément appelé
le " Codex ") a été formée en 1962 par
l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'Organisation des
Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Le Codex est
un organisme intergouvernemental dont le mandat est de mettre au point
des normes alimentaires afin de protéger la santé des consommateurs,
d'assurer des pratiques de commerce internationales loyales, de coordonner
le travail sur les normes alimentaires internationales et de gérer
la compilation et la mise à jour de ces normes.
À l'heure actuelle, le Codex comprend 165 pays membres, dont le
Canada. Pour accomplir son travail, le Codex a établi 28 comités
et un certain nombre (trois à l'heure actuelle) de groupes de travail
intergouvernementaux spéciaux. Alors que les comités sont
permanents pour la plupart, les groupes de travail s'attaquent à
des questions précises du Codex.
Les normes sont mises au point grâce au travail des divers comités
et traitées, de la proposition à l'adoption, selon une procédure
normale comprenant huit étapes, ou une procédure accélérée
de cinq étapes. Cette procédure permet aux divers groupes
intéressés de soumettre leurs commentaires. La Commission
fait tous les efforts nécessaires pour parvenir à un consensus
sur l'adoption ou la modification d'une norme. Il est rare que l'on vote,
et cela arrive seulement lorsque les efforts pour parvenir à un
consensus demeurent vains.
Il importe de noter que les pays membres du Codex ou de l'OMC ne sont
pas obligés d'adopter les normes du Codex. Cependant, si une querelle
commerciale éclate, l'OMC peut approuver des sanctions commerciales
punitives contre un pays n'étant pas en mesure de justifier une
exigence commerciale restrictive plus draconienne que celle définie
par les normes du Codex. Les normes, lignes directrices et autres recommandations
du Codex en matière alimentaire sont basées sur le principe
de l'évidence et sur des analyses scientifiques solides qui impliquent
une étude approfondie de tous les renseignements pertinents, afin
de faire en sorte que les normes mises au point assurent la sécurité
de l'approvisionnement alimentaire.