Plan
d'utilisation raisonnée des éléments fertilisants
du fumier de gros bétail et de volaille en 10 étapes
Table des matières
- Introduction
- Valeur du fumier
- Établissement du plan en 10 étapes
- Résumé
- Documents de référence
- Remerciements
Introduction
Les éléments fertilisants, apportés à la
terre sous forme de fumier et d'engrais chimiques, sont essentiels à
la réussite de l'exploitation agricole. Épandus en juste
quantité, au bon moment, ils contribuent à l'obtention
de rendements agronomiques optimums. Par contre, leur utilisation irraisonnée
peut être une source de problèmes : création
de déséquilibres dans l'état de fertilité
du sol et dans la composition nutritionnelle des fourrages donnés
aux animaux; détérioration de la qualité de l'eau,
tant pour sa propre ferme que pour les consommateurs situés en
aval. La fertilisation raisonnée a pour objet l'utilisation à
bon escient des éléments fertilisants (principalement
l'azote, le phosphore et le potassium) en vue d'un rendement économique
optimal, mais aussi dans l'optique de la préservation de l'environnement.
La majorité des agriculteurs ontariens élèvent
du bétail d'une sorte ou d'une autre - bovins à viande,
bovins laitiers, porcs ou volailles. Or, qui dit élevage, dit
fumier. Plus de 37 millions de tonnes de fumier ont été
produites en Ontario en 1994, ce qui correspond à environ 156 000
tonnes d'azote, 79 000 tonnes de phosphate et 162 000 tonnes
de potasse. Outre ces trois éléments fertilisants majeurs,
le fumier contient du calcium, du soufre, du bore, du magnésium,
du manganèse, du cuivre et du zinc. Il apporte aussi de la matière
organique, ce qui a de nombreux effets bénéfiques sur
le sol : amélioration de l'état d'ameublissement,
de l'aération et de la capacité de rétention de
l'eau; réduction de l'érosion; création de conditions
favorables à la multiplication des organismes utiles qui vivent
dans le sol.
Valeur du fumier
Le tableau 1 montre, pour les différents types
de fumier, la teneur moyenne en éléments fertilisants
et la valeur monétaire. A noter que tous les volumes liquides
indiqués dans la présente publication sont exprimés
en gallons impériaux.
De nombreux agriculteurs sous-estiment la valeur du fumier. Par exemple,
un troupeau de 50 vaches laitières avec son troupeau de relève
produit par an environ 500 000 gallons de fumier contenant environ
7 000 livres d'azote, 3 500 livres de phosphate, et 15 000
livres de potasse. Épandu conformément à un plan
d'utilisation raisonnée des éléments fertilisants,
ce fumier peut remplacer pour 6 000 $ d'engrais commercial.
Établissement du plan en
10 étapes
L'objet du plan d'utilisation raisonnée des éléments
fertilisants est de calculer les quantités d'éléments
qui doivent être apportées par le fumier et l'engrais commercial
de façon à couvrir les besoins des cultures. La présente
fiche technique décrit les 10 étapes que ce plan comporte.
La plupart des étapes font appel à une information plus
complète qui se trouve dans les documents cités à
la fin de la publication.
Tableau 1. Valeur fertilisante des
différents types de fumier
| Fumier |
Azote |
Phosphate |
Potasse |
Valeur totale |
|
14 lb/1000 gal
|
7 lb/1000 gal
|
30 lb/1000 gal
|
12 $ /1000 gal
|
|
24 lb/1000 gal
|
11 lb/1000 gal
|
20 lb/1000 gal
|
15 $/1000 gal
|
|
51 lb/1000 gal
|
25 lb/1000 gal
|
34 lb/1000 gal
|
$31/1000 gal
|
|
3 lb/ton
|
3 lb/ton
|
11 lb/ton
|
3,50 $/tonne
|
|
18 lb/ton
|
18 lb/ton
|
25 lb/ton
|
15,50 $/tonne
|
Étant supposé que :
- Le fumier est épandu au printemps et enfoui dans les 24
heures
- Tous les éléments nutritifs sont requis par les
cultures de l'année ou de l'année suivante
- L'azote cofte 0,32 $/lb, le phosphate 0,33 $/lb, la potasse
0,16 $/lb.
Étape 1. Faire analyser votre fumier
Il est primordial de faire analyser le fumier puisque sa valeur fertilisante
varie grandement d'un élevage à l'autre en fonction du
régime alimentaire des animaux, de la proportion de litière
et de la quantité de liquide ajoutée au fumier. Les résultats
de l'analyse donnent une idée de la quantité d'éléments
fertilisants présents dans le fumier de vos animaux.

Figure 1. Prélèvement d'un échantillon
de fumier
Il est conseillé de prélever un échantillon de
fumier, après complète agitation, chaque fois que vous
vidangez une fosse. Remplissez un flacon en plastique à moitié
de fumier, placez le flacon dans un sac en plastique bien fermé
et rangez-le au frais jusqu'au moment où vous l'expédierez
au laboratoire. L'analyse de l'échantillon doit porter sur l'azote
total, l'azote ammoniacal (NH4-N), le phosphore, le potassium et la
matière sèche.
Après plusieurs analyses, vous aurez obtenu des valeurs moyennes
et vous n'aurez plus à faire d'autres analyses tant que vous
ne ferez pas de changements majeurs dans les méthodes d'alimentation
ou de litière.
En l'absence de résultats d'analyses, vous pouvez vous baser
sur les valeurs estimatives indiquées dans les publications du
MAAO et dans le logiciel NManpc.
Étape 2. Faire analyser votre sol
Pour connaître les besoins de fertilisation d'un champ, il est
nécessaire de procéder à une analyse de sol. C'est
une opération qu'il est préférable de faire à
la fin de l'automne ou au début du printemps. Chaque échantillon
doit être représentatif d'une surface d'au maximum 25 acres
et doit résulter du mélange d'au moins quarante carottes
de sol prélevées sur 6 pouces de profondeur. Une fois
les échantillons confectionnés, envoyez-les à un
laboratoire agréé en matière d'analyses de sol.
L'analyse de base indiquera les teneurs de votre sol en phosphore,
en potassium et en magnésium et la valeur de son pH. Le rapport
d'analyse est accompagné de recommandations relatives aux engrais
et au chaulage dont votre sol a besoin pour qu'une culture donnée
y atteigne un rendement agronomique donné. Il convient de se
fixer des objectifs réalistes en matière de rendement
agronomique pour éviter la surfertilisation.

Figure 2. Prélèvement d'un échantillon
de sol
Le personnel de votre bureau local du ministère de l'Agriculture,
de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario est en mesure
de vous renseigner en détail sur les analyses de sol.
| Haut de la page |
Étape 3. Prendre en ligne de compte l'azote laissé par
les épandages de fumier précédents et les cultures
de légumineuses
Les légumineuses et le fumier sont des sources d'azote résiduel
dont on oublie souvent de tenir compte lorsqu'on planifie la fertilisation
de ses champs. Les racines des légumineuses ont cette propriété
d'être pourvues de nodosités colonisées par des
bactéries qui transforment l'azote de l'atmosphère en
azote assimilable par les plantes. D'après le tableau II, on
voit qu'un bon peuplement de luzerne peut fournir 100 lb d'azote par
acre à la culture qui lui succède - un crédit d'azote
plus que respectable!
Tableau 2. Crédit d'azote
pour un champ où l'on a enfoui un engrais vert de légumineuse
| Type de culture |
lb N/acre |
| 0 |
| 50 |
| 100 |
| 401 |
| 0 |
1En supposant un peuplement dru de plus de 16" de hauteur.
Une partie de l'azote organique contenu dans le fumier épandu
les années précédentes devient également
assimilable par les plantes. La proportion de l'azote organique du fumier
qui est assimilable par les plantes est approximativement de 10 %
dans l'année qui suit l'épandage, de 5 % la deuxième
année et de 2% la troisième année. Les publications
296F et 538F ou le logiciel NManpc peuvent vous aider à calculer
cette quantité d'azote résiduel.
Étape 4. Déterminer le mode et l'époque de l'épandage,
et le délai épandage-enfouissement
De nombreux facteurs entrent en jeu dans le choix du système
d'épandage :
- le type de fumier
- la quantité de fumier à épandre
- la tolérance du sol au compactage
- l'éloignement des lieux d'épandage
- la possibilité de s'adresser à des entrepreneurs
à façon
Les systèmes d'épandage du fumier doivent être
de capacité suffisante afin que tout le fumier d'une exploitation
puisse être épandu dans un laps de temps approprié.
Les responsables de gros élevages donnent de plus en plus la
préférence à des systèmes d'épandage
s'alimentant directement aux structures de stockage (réseau d'irrigation
ou canon arroseur automoteur) parce qu'ils leur permettent d'épandre
de grandes quantités de fumier rapidement sans avoir à
beaucoup se préoccuper du compactage. En revanche, ce genre de
matériel suppose des champs peu éloignés (2-3 kilomètres
au maximum) et un raccordement direct aux structures de stockage.
Le fumier épandu par les systèmes d'irrigation présente
l'inconvénient de donner prise aux vents contraires : la
répartition du produit est irrégulière, de fines
gouttelettes sont disséminées au loin, de même que
l'odeur, qui est aggravée. Pour pallier ces inconvénients,
des chercheurs travaillent à mettre au point et à tester,
dans des fermes de l'Ontario, des systèmes qui aspergent le fumier
au ras du sol (Figure 3).
Figure 3. Pour pallier ces inconvénients,
des chercheurs travaillent à mettre au point et à tester,
dans des fermes de l'Ontario, des systèmes qui aspergent le fumier
au ras du sol.
Les systèmes reposant sur l'emploi d'un épandeur ou tonne
à lisier permettent plus de souplesse que les systèmes
à raccordement direct. Cependant, pour réduire les problèmes
de compactage, il convient de limiter le poids par essieu à 6
tonnes. L'épandeur permet l'épandage du fumier sur des
champs très éloignés de l'exploitation, bien que
les cofts deviennent prohibitifs au-delà de 4 à 6 kilomètres.
Plusieurs grandes exploitations d'élevage ont eu recours à
des camions et à des semi-remorques pour transporter le fumier
jusqu'à des champs très éloignés.
L'utilisation d'un matériel d'épandage muni d'organes
d'enfouissement joue un r^le crucial pour limiter les pertes d'azote.
Le fumier qui est immédiatement incorporé au sol ne perd
qu'un minimum d'azote ammoniacal. Les pertes d'azote sont beaucoup plus
grandes par temps chaud et ensoleillé que par temps frais et
nuageux. Elles sont également réduites si une pluie non
érosive, d'environ 10 mm, tombe juste après l'épandage.
Les publications du MAAO et le logiciel NManpc donnent de plus amples
renseignements sur les moyens de déterminer l'effet des conditions
météorologiques sur les pertes d'azote.
Étape 5. Déterminer les champs à fumier et les
quantités à épandre par unité de surface
Il s'agit ici de déterminer les champs où le fumier sera
mis à profit par les cultures. Plus les éléments
fertilisants sont utilisés rapidement par la culture, plus on
réduit les risques d'effets néfastes sur l'environnement.
La meilleure façon d'atteindre ce but est d'épandre le
fumier dans les champs qui sont déjà ensemencés
ou qui le seront sous peu. Le choix doit être fondé sur
les besoins les plus élevés en éléments
fertilisants. Sur la plupart des fermes, les champs les plus proches
des bâtiments d'élevage sont d'ordinaire ceux qui ont reçu
le plus de fumier par le passé. Souvent ces champs présentent
des taux très élevés d'éléments fertilisants
résiduels. Il y a donc lieu d'envisager de transporter le fumier
vers des champs plus éloignés. Les rotations culturales
qui incluent le blé sont l'occasion tout indiquée d'épandre
du fumier sur les champs éloignés.
Les épandages de fumier en couverture sur les cultures céréalières,
les cultures de printemps ou le soya, demandent à être
faits avec prudence, car une dose excessive augmentera le risque de
verse. En ce qui concerne le soya, la plante utilisera l'azote du fumier,
provoquant l'entrée en dormance des nodosités des racines.
Cependant, d'après des recherches récentes, les nodosités
se réactivent pour fabriquer l'azote nécessaire si l'azote
du fumier vient à manquer au milieu de la saison.
En ce qui concerne les épandages d'été sur les
cultures fourragères, les doses maximales sont de 4 000
gallons par acre. Pour réduire le risque de dégâts,
il faut effectuer l'épandage aussitôt que possible après
une fauche et choisir à cette fin des peuplements bien établis
à forte proportion de graminées. Les lisiers concentrés
des élevages de volaille ou de porcs à l'engrais ne doivent
pas être épandus sur les cultures dont ils risquent de
brfler le feuillage. Comparativement aux épandeurs traditionnels,
les systèmes à raccordement direct tels que les systèmes
d'irrigation ou les canons d'arrosage automoteurs (mûs par leur
tuyau d'alimentation) tassent moins le sol et endommagent moins les
collets des plantes. Il faut éviter les épandages de fumiers
secs à cause des risques de contamination de la culture.
| Haut de la page |
On ajuste les doses à appliquer en fonction de plusieurs facteurs :
- La capacité d'absorption du sol. Il faut veiller à
ne pas épandre le lisier en quantité telle que le sol
ne parvienne pas à l'absorber et qu'il commence à ruisseler.
Cette précaution est à respecter tout particulièrement
au sujet des lisiers très clairs pompés dans la fosse
qui recueille le purin et les eaux pluviales car, dans ce cas, le
sol risque d'être saturé de liquide bien avant d'avoir
reçu des éléments fertilisants en quantité
suffisante.
- Les besoins en azote. L'azote migre rapidement dans le sol; s'il
n'est pas absorbé rapidement par la culture, il se volatilise
ou est entraîné par lessivage dans l'eau souterraine.
Si l'on dispose d'une surface de terres suffisante, il est recommandé
que 75 % des besoins d'azote de la culture soient comblés
par l'apport de fumier.
- Les besoins en phosphore. Le phosphore qui n'est pas utilisé
par la culture demeure dans le sol. Il faut donc veiller à
ce que le phosphore ne s'accumule pas d'année en année
et n'aboutisse à des teneurs excessives.
- Les besoins en potasse. Des apports excessifs et répétés
de potasse peuvent à terme créer des teneurs excessives.
La potasse excédentaire entraîne un déséquilibre
dans l'état de fertilité du sol, lequel se répercute
sur la composition nutritionnelle des plantes fourragères cultivées
pour le troupeau laitier. Le foin et les ensilages risquent en effet
à leur tour d'être trop riches en potasse, ce qui peut
entraîner des baisses de productivité chez les animaux.
Il arrive souvent que le rapport d'analyse du sol indique qu'il n'est
pas utile d'apporter au sol un élément fertilisant particulier
quand on envisage une culture donnée. Si le but recherché
est uniquement de combler les besoins définis d'après
l'analyse de sol, on n'épand pas de fumier puisque celui-ci contient
tous les types d'éléments fertilisants. Si on opte malgré
tout pour le fumier, il est recommandé de faire en sorte que
celui-ci n'apporte pas d'éléments fertilisants en quantité
supérieure à ce que prélève la culture considérée.
On réduit ainsi le risque d'une teneur excessive du sol en un
élément particulier. Les tableaux des fiches sur les « Meilleures
pratiques de gestion des éléments nutritifs »,
ou le logiciel NManpc du MAAO facilitent ce genre de calcul.
La rotation culturale est une des méthodes qui permet d'apporter
aux cultures les quantités voulues d'éléments fertilisants
et maintenir l'équilibre entre les différents éléments
dans le sol. Par exemple, une culture continue de maïs-grain a
principalement besoin d'azote. Si on épand du fumier pour répondre
à ces besoins en azote, la teneur en phosphate et en potasse
du sol finit par atteindre, au bout de quelques années, des niveaux
excessifs. Par contre, si le maïs est en rotation avec la luzerne,
le rééquilibrage des teneurs devient possible puisque
la luzerne prélève de grandes quantités de phosphore
et de potasse.
Étape 6. Choisir vos engrais de complément
Dans la plupart des cas, il faut épandre des engrais complémentaires
pour suppléer aux insuffisances du fumier. De nombreux maïsiculteurs
obtiennent de bons résultats en épandant une quantité
de fumier qui couvre les deux tiers ou les trois quarts des besoins
en azote de leur culture, et en complétant par des engrais au
moment du semis ou en cours de croissance. L'application d'engrais démarrage
est recommandée à cause de l'irrégularité
avec laquelle le fumier est étalé et des variations climatiques
au printemps d'une année à l'autre. L'engrais démarrage
est fortement recommandé pour le maïs semé sans préparation
du sol, quand les sols ne sont pas bien drainés, ou qu'ils sont
frais et humides au moment du semis. L'engrais démarrage est
à éviter si les analyses de sol indiquent des teneurs
excessives en P ou en K.
Les publications 296F, 363F, 538F et le logiciel NManpc peuvent vous
aider à faire la comparaison entre les éléments
fertilisants qui sont requis par la culture et ceux qui sont fournis
par le fumier, l'engrais démarrage et les engrais verts.
Étape 7. Régler votre épandeur
Le réglage de l'épandeur à fumier est une étape
essentielle, quoique souvent négligée, pour l'agriculteur
qui veut s'assurer que ses cultures recevront effectivement les quantités
recommandées d'éléments fertilisants. C'est une
étape qui vient s'ajouter aux analyses de sol et de fumier et
à l'établissement du plan de fertilisation.
De nombreux producteurs estiment la quantité de fumier qu'ils
épandent en multipliant le nombre de chargements qu'ils apportent
dans un champ par la capacité de l'épandeur. Cette méthode,
qui peut paraître bonne, ne tient toutefois pas compte des différences
de densité du fumier ni du fait que l'on remplit ou non l'épandeur
en respectant les spécifications du fabricant. A l'aide des densités
estimatives de fumier données dans le tableau 3,
vous pouvez calculer le poids de fumier à partir du volume de
votre épandeur. Une meilleure solution est de peser un chargement
type de fumier et d'utiliser cette donnée dans vos calculs.
Tableau 3. Densité de différents
types de fumier
| Types de fumier |
Poids par pied cube |
Poids par boisseau |
|
62,4 lbs
|
80 lbs
|
|
60 lbs.
|
76 lbs
|
|
50 lbs
|
64 lbs
|
|
35 lbs
|
45 lbs
|
| Haut de la page |
Plusieurs méthodes sont utilisées pour mesurer
les taux d'épandage. Dans le cas du fumier sec, une méthode
rapide consiste à peser le fumier épandu sur une bâche
de plastique posée sur le passage de l'épandeur (Figure
4). Quand il s'agit de lisier, on peut mesurer la profondeur du
lisier recueilli dans un seau cylindrique. Le tableau
4 indique les volumes d'épandage correspondants aux quantités
mesurées sur la bâche ou dans le seau.

Figure 4. Dans le cas du fumier
sec, une méthode rapide consiste à peser le fumier épandu
sur une bâche de plastique posée sur le passage de l'épandeur.
Le marché propose de nouvelles méthodes en matière
de mesure rapide et précise des quantités de fumier épandues.
On peut monter sur son épandeur un débitmètre en
circuit ouvert qui indique instantanément le nombre de gallons
appliqués à l'heure. Les chercheurs travaillent à
la mise au point d'un appareil qui calcule instantanément le
nombre de gallons appliqués à l'acre en combinant les
données du débitmètre avec la largeur couverte
par un passage d'épandeur et la vitesse à laquelle avance
la machine.
Tableau 4. Réglage des épandeurs
à fumier
| Réglage d'un épandeur à
fumier sec, à l'aide d'une bâche de 40" x 40"
(sac d'aliment ouvert) |
Réglage d'un épandeur à
fumier liquide à l'aide d'un seau cylindrique |
| Livres de fumier par bâche |
Dose épandue Tonnes/acre |
Profondeur du lisier dans le seau |
Dose épandue Gallons/acre |
|
1,6
|
1/10"
|
2 200
|
|
3,2
|
1/8"
|
2 750
|
|
4,8
|
¼"
|
5 500
|
|
6,4
|
3/8"
|
8 250
|
|
8,0
|
½"
|
11 000
|
|
11,2
|
5/8"
|
13 750
|
|
16
|
¾"
|
16 500
|
|
24
|
1"
|
22 000
|
Étape 8. Intégrer les mesures de lutte contre l'érosion,
le ruissellement de surface et la contamination du réseau de
drainage souterrain
Un plan de fertilisation rationnellement établi vous aide à
tirer le meilleur parti des éléments fertilisants, mais
s'il ne s'accompagne pas de mesures destinées à prévenir
l'érosion, le ruissellement de surface et le lessivage dans le
réseau de drainage, le risque de problèmes de pollution
de l'eau continuera de se poser.
Sous l'effet de la pluie et de la fonte des neiges, l'azote organique
peut être entraîné dans les cours d'eau lorsqu'on
épand du fumier sur des terres à nu. Le phosphore excédentaire,
fixé aux particules de terre, peut se retrouver dans les cours
d'eau par suite de l'érosion du sol. Les pratiques de conservation
traditionnelles - par exemple le travail réduit du sol et l'engazonnement
des fossés et des rivières - contribuent dans une grande
mesure à réduire les risques de migration des éléments
fertilisants dans les cours d'eau qui bordent les champs. Le fumier
liquide ne devrait pas être épandu à moins de 30
pieds d'un cours d'eau, et le fumier sec à moins de 15 pieds.
L'eau recueillie par les tuyaux de drainage souterrain peut devenir
contaminée si le fumier s'y infiltre à la faveur de crevasses
dans le sol ou s'il s'écoule à l'intérieur d'un
regard du réseau. Dans le cas du lisier, on doit maintenir une
zone tampon de 30 pieds autour d'un regard (de 15 pieds pour le fumier
sec). Dans les champs où le réseau de drainage a déjà
été contaminé par le fumier qui s'écoule
dans les crevasses du sol ou entre les macropores, il est recommandé
de travailler le sol avant d'épandre le fumier.
Étape 9. Évacuer tout le fumier produit sur la ferme
L'éleveur qui achète à l'extérieur une
quantité importante d'aliments du bétail ne dispose probablement
pas d'une superficie suffisante pour s'y défaire de tout le fumier
produit. Voici quelques solutions envisageables pour l'élimination
du fumier excédentaire :
- S'entendre avec les agriculteurs voisins qui pourraient utiliser
le fumier excédentaire pour répondre aux besoins de
leurs cultures.
- Composter le fumier pour en réduire le volume et l'odeur.
- Faire une rotation des cultures qui laisse une meilleure marge de
manoeuvre quant aux époques d'épandage et aux quantités
de fumier par unité de surface.
- Séparer les solides du liquide et épandre les solides
sur d'autres fermes.
Étape 10. Réviser votre plan tous les ans
Votre plan de gestion doit être révisé tous les
ans. De nombreux facteurs peuvent justifier un changement du plan, par
exemple :
- nouvelles analyses de sol et de fumier
- changements de cultures
- changements de méthodes d'épandage
- changements quant aux types de bétail et à leur effectif
- changements de programmes d'alimentation, d'abreuvement ou de litières
De ces facteurs dépendent d'une part la quantité d'éléments
fertilisants nécessaires, d'autre part les quantités,
les époques et les méthodes d'apport de ces éléments.
Résumé
Le fumier peut fournir en totalité ou en partie les éléments
fertilisants dont les cultures ont besoin, à condition d'être
épandu au bon moment et en quantité appropriée.
Le plan d'utilisation raisonnée des éléments fertilisants
est la meilleure méthode pour maximiser la valeur fertilisante
de son fumier tout en réduisant le risque de polluer sa source
d'eau ou celle de ses voisins.
| Haut de la page |
Documents de référence
La présente publication fait état des renseignements
dont vous avez besoin pour établir un plan de fertilisation raisonnée.
Les outils suivants sont disponibles auprès du MAAO:
- Le logiciel « NMANPC » organise et calcule
les données relatives au fumier, au sol et à la culture
pour vous aider à élaborer un plan de fertilisation
raisonnée.
- La publication 538F du MAAO intitulée Fiche de travail pour
la gestion des éléments fertilisants explique la méthode
à suivre pour effectuer, manuellement, les étapes que
le logiciel NMANPC réalise automatiquement.
- La publication 296F du MAAO donne des renseignements de base.
- Le document intitulé Nutrient Management àest Management
Practices, publié par le MAAO et Agriculture et Agroalimentaire
Canada, donne également de précieux conseils.
Tableau 5. Tableau de conversion impérial-métrique
| Impérial |
Métrique |
| 1 gallon impérial |
4,55 litres |
| 1 gallon impérial |
1,2 gallon US |
| 1 boisseau |
1,28 pied cube |
| 1 pouce |
2,54 centimètres |
| 1 tonne |
0,91 tonne métrique |
| 1 lb |
0,45 kg |
| 1 lb/1000 gallons imp. |
0,1 kg/1000 litres |
| 1 lb/tonne |
0,5 kg/tonne |
| 1000 gallons imp./acre |
11 230 litres/hectare |
| 1 tonne/acre |
2,25 tonnes/hectare |
| 1 acre |
0,405 hectare |
Personnes ou organismes ressources :
- Les entrepreneurs à façon qui ont suivi des cours
offerts par le MAAO
- Les consultants en agriculture
- Les laboratoires qui effectuent des analyses de sol et de fumier
Pour de plus amples renseignements, consultez les pages jaunes de l'annuaire
de votre région, ou adressez-vous à l'ingénieur
agronome du bureau du MAAO de votre région ou à un conseiller
en sols et en cultures.
Remerciements
Les auteurs de la présente fiche tiennent à exprimer
leur reconnaissance au Natural Resource Conservation Service, USDA,
pour le concept des 10 étapes.
| Haut de la page |
Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
|