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Rationalisation du travail dans les porcheries
Table des matières
IntroductionDans certains élevages porcins, la production s'obtient avec moins de travail et moins de désagréments que dans d'autres. L'objet de la présente fiche technique est de décrire les divers facteurs qui sont à l'origine de ces disparités et les améliorations qui peuvent être apportées à une porcherie existante. La plupart des améliorations qui sont apportées en vue de gagner du temps et d'alléger le travail le sont pour des motifs économiques :
Toutefois, d'autres modifications peuvent aussi être faites dans le but essentiel d'améliorer la qualité de vie de l'éleveur, par exemple pour rendre le travail plus commode quand l'éleveur prend de l'âge ou ne tient pas à s'user à l'ouvrage. Par exemple, quand un producteur dépense 5 000 $ pour percer des fenêtres dans ses porcheries parce qu'il veut voir dehors, la question à poser n'est pas « Est-ce économiquement justifiable? », mais plutôt « Ai-je les moyens de m'offrir des fenêtres? ». La rationalisation du travail dans les porcheries est conditionnée par les facteurs suivants :
Aménagement intérieurA cet égard, ce sont les grandes unités de production qui ont la supériorité. On passe moins de temps par truie dans une salle de mise bas à 18 stalles que dans une salle de 6 stalles seulement. Mais, outre la taille, un bon agencement intérieur fait gagner du temps en minimisant les distances que les porcs, l'aliment et, surtout, le personnel, ont à parcourir. En regardant la Figure 1 qui illustre 2 pouponnières comprenant chacune 6 salles et des cases de surface identique, on s'aperçoit que dans la pouponnière desservie par un couloir latéral (agencement de style motel), l'éleveur fait 80 % de pas en plus que dans la pouponnière organisée de part et d'autre d'un couloir central. La première exige aussi 25 % de surface en plus. Le principe qui est à l'oeuvre ici est de réduire au minimum les couloirs et les allées.
Figure 1. Illustre 2 pouponnières comprenant chacune 6 salles et des cases de surface identique, on s'aperçoit que dans la pouponnière desservie par un couloir latéral (agencement de style motel), l'éleveur fait 80 % de pas en plus que dans la pouponnière organisée de part et d'autre d'un couloir central. La disposition des locaux les uns par rapport aux autres est également un facteur qui influe sur le temps. Les salles exigeant de fréquentes inspections, par exemple la maternité et la pouponnière, doivent se trouver de préférence près du bureau et des locaux utilisés par le personnel. Par contre, les salles occupées par les truies taries et les porcs à l'engrais peuvent être situées plus loin. Les porcheries construites il y a un certain temps et qui ont été agrandies successivement sont le résultat d'un certain nombre de compromis. Les rampes dans les allées font obstacle au transport des aliments par chariot. Des poteaux de charpente peuvent aussi se trouver dans le chemin. Ce genre de bâtiments nécessitent plus souvent des réparations. On se rend mieux compte des défauts existants dans l'agencement des lieux en traçant sur une vue en plan de la porcherie les trajets parcourus pour soigner les animaux. Ce sujet sera traité dans le détail lorsqu'il sera question des des tâches quotidiennes. | Haut de la page | Cadence de productionConduite en bandeLa tendance est à la conception de pouponnières où les porcelets, regroupés en un seul lot, restent dans la même salle pendant les six semaines que dure le sevrage; l'éleveur est alors dispensé de déplacer les animaux et de nettoyer les salles, comme il est obligé de le faire dans une pouponnière à section chaude et à section froide. Une salle complètement vide est plus facile à nettoyer et on n'a pas à craindre que des animaux soient arrosés. Ce genre d'installation cofte plus cher cependant au départ parce qu'elle exige une plus grande surface de cases. Regroupement des sevragesDans les petits élevages, les producteurs peuvent concentrer
les tâches et rationaliser leur travail en sevrant les porcelets
une fois toutes les deux, trois ou même toutes les cinq semaines
au lieu de le faire toutes les semaines. Il faut moins de temps pour
laver 6 cases à porcelets sevrés toutes les deux ou trois
semaines que pour en laver trois toutes les semaines. La conduite en
bande unique peut se faire avec des salles moins nombreuses, mais plus
grandes et plus pratiques. AutomisationGrâce aux installations et aux méthodes qui allègent le travail, l'élevage des porcs demande désormais moins de temps. Dans les porcheries de naissage, au cours des années 1970, les producteurs ont pu doubler le nombre de truies (de 50 à 100) qu'ils pouvaient soigner avec l'aide de leur famille en abandonnant la litière paillée au profit d'un système à lisier liquide. Ce nombre a continué d'augmenter grâce à d'autres innovations récentes dont nous donnons des exemples ci-après. Distribution des alimentsLa distribution mécanisée des aliments n'est pas aussi commune en Ontario que dans d'autres régions d'élevage porcin intensif. Des distributeurs d'aliments à vis sans fin, à chaîne ou pneumatiques ainsi que des machines à soupe sont utilisées pour réduire le temps et la peine. Comme la quantité d'aliments servie dans la porcherie de croissance/finition est quatre fois plus élevée que dans toutes les autres sections de la porcherie prises ensemble, c'est par là qu'il faut commencer à automatiser la distribution de l'aliment dans un élevage. Même des améliorations modestes peuvent faire gagner un temps appréciable. En équipant de microcontacts qui commandent l'arrêt du broyeur et du distributeur à vis sans fin, l'éleveur n'est plus contraint de rester à côté de ces appareils. L'aliment peut être acheminé de l'atelier de préparation aux salles par un distributeur à vis et, de là, il peut être distribué aux animaux à l'aide d'un chariot (voir la Figure 2). Même l'humble chariot à aliment peut être amélioré si on en adapte les dimensions à certains couloirs ou si on le munit de roues de bonne qualité qui le rendent plus roulant.
Figure 2. L'aliment peut être acheminé de l'atelier de préparation aux salles par un distributeur à vis et, de là, il peut être distribué aux animaux à l'aide d'un chariot
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| matériau peint | matériau non peint |
| contreplaqué plastifié | contreplaqué peint |
| matériau galvanisé | acier noir |
| émail au four | métal galvanisé |
| acier inoxydable | métal galvanisé |
| fil tressé | Tribar métal étampé |
| fil plastifié | fonte |
| béton coulé | blocs de béton |
On peut trouver de subtiles différences. Le sol plastifié d'une certaine marque peut être plus facile à nettoyer que celui d'une autre marque. Un facteur important en la matière est la régularité du fini. Examiner de près le matériau et passer le doigt à la surface pour vérifier si celle-ci est lisse. Puisque les matériaux n'ont pas fait l'objet de tests contrôlés de longue durée, le meilleur conseil que l'on puisse donner à un éleveur est de demander à d'autres éleveurs ce qu'ils pensent du matériau dont est aménagé leur porcherie. Bien des matériaux, y compris les sols plastifiés, deviennent plus difficiles à nettoyer avec l'âge.
Le déplacement des porcs est une opération qui peut être longue et éprouvante pour les nerfs quand on n'a pas le bon équipement ni les bonnes façons de procéder, sans oublier une bonne dose de patience. Mais l'éleveur qui s'y prépare soigneusement s'épargne une foule de contrariétés.
L'accessoire qu'il faut absolument avoir en main quand on déplace des porcs est un panneau de contreplaqué ou d'aluminium. Certains éleveurs utilisent un panneau à trois volets articulés qui s'adapte mieux aux couloirs étroits ou aux couloirs dont la largeur varie. Quand il s'agit de déplacer des porcelets, le panneau posé debout fait fonction de barrière temporaire.
Il ne doit rien y avoir qui puisse être une source de distraction ou de blessure le long des passages empruntés par les animaux. La présence d'une paroi pleine à l'avant des cases évite aux animaux d'être distraits par la vue de leurs congénères. On ne doit rien laisser dans les couloirs, ni chariots ni pelles, et éliminer les points dangereux, comme les caniveaux ouverts et autres éléments de structure où les animaux risquent de se blesser. Les barrières et les portes, en position ouverte, ne doivent pas pouvoir pivoter librement.
Les couloirs, surtout dans les angles, doivent être bien éclairés.
Les porcs sont attirés par la lumière à la condition
toutefois qu'elle ne leur brille pas dans les yeux. On peut tirer parti
de ce comportement en allumant une lampe dans la salle oj l'on veut
conduire les porcs et en laissant le couloir dans la pénombre.
On installe un interrupteur va-et-vient de façon à pouvoir
éteindre l'unique lampe du couloir une fois que les porcs ont
franchi cette zone et s'acheminent vers la salle éclairée.
On peut ensuite rallumer cette lampe en quittant la salle (voir la Figure
4).

Figure 4. On peut ensuite rallumer cette lampe
en quittant la salle.
Il est inutile d'essayer de boucher un couloir par un panneau posé sur chant que les animaux auront tôt fait de le renverser. Dans la figure 4, la barrière temporaire est munie de crochets à ridelles qui passent dans des oeilletons fixés au mur. La barrière est plus large que le couloir de manière à buter contre la porte. Comme les oeilletons sont situés droit en face du milieu de la porte, on peut faire emprunter aux porcs l'une ou l'autre direction. Le panneau n'est pas suspendu aux oeilletons, mais repose sur le sol de sorte qu'il ne peut pas pivoter librement.
Le temps passé à corriger les défauts existants le long des passages n'est pas du temps perdu. Pour plus de conseils sur les installations de chargement et de transport des porcs, voir la fiche technique La manutention des porcs, AGDEX 440/10 et le feuillet M-3002 du Service de plans du Canada, Emplacement et conception des bâtiments pour l'élevage des porcs.
L'éleveur qui projette faire des améliorations majeures impliquant des investissements doit en évaluer la pertinence économique. S'agissant par exemple d'automatiser la distribution des aliments, il doit faire le calcul suivant :
Si le temps de l'éleveur ou la main-d'oeuvre engagée cofte plus cher que ce coft horaire, cela vaut la peine d'automatiser, au moins du point de vue économique.
Dans une porcherie d'engraissement, la distribution de l'aliment prend 40 minutes par jour. L'installation d'une vis souple complétée de goulottes et de distributeurs automatiques cofte 4 500 $. Le coft de la main-d'oeuvre est de 12 $ l'heure. Est-ce que l'automatisation se justifie économiquement?
Coft annuel du matériel : 20 % x 4 500 = 900 $
Heures de travail économisées : 0,66 heure/jour = 241 h/an
Coft du matériel par heure : 900 $/241 h = 3,73 $ par heure
Le coft de l'automatisation est bien inférieur à celui de la main-d'oeuvre et peut se justifier économiquement.
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La réparation du matériel exige un nombre d'heures incalculable. On observe donc une tendance à l'utilisation croissante de matériaux plus durables, résistants à la corrosion, comme l'acier inoxydable et le plastique, dans le but de réduire le travail et les frais occasionnés par les remplacements. Au moment d'installer un nouveau matériel, il est bon de penser à la facilité de démontage à l'avenir. Pour gagner du temps et s'épargner des désagréments, ne faire des réparations que dans des cases vides.
L'humidité et l'ammoniac qui imprègnent l'air des porcheries occasionnent une forte détérioration du matériel et surtout des ventilateurs. Voici quelques conseils grâce auxquels on peut réduire l'entretien des ces appareils :
Quand on achète du matériel de ventilation, comme n'importe quel autre type de matériel, il est bon de se demander quelle partie du matériel est le maillon le plus faible et le plus susceptible de lâcher en premier.
Un panneau à outils installé dans la porcherie près du centre des activités évite à l'éleveur de nombreuses visites à l'atelier principal et l'incite à faire les réparations sur-le-champ. Voir la Figure 5. La réparation terminée, il sera plus porté à raccrocher les outils au panneau s'ils ont tous été peints de la même couleur (par ex. en orange pour que vous les voyiez mieux).

Figure 5. Un panneau à outils installé
dans la porcherie près du centre des activités évite
à l'éleveur de nombreuses visites à l'atelier principal
et l'incite à faire les réparations sur-le-champ. La réparation
terminée, il sera plus porté à raccrocher les outils
au panneau s'ils ont tous été peints de la même
couleur (par ex. en orange pour que vous les voyiez mieux).
Pour les réparations de certaines installations (par ex. le réglage du distributeur à chaîne), garder un jeu d'outils rangé dans un coffre spécialement réservé à cet usage. On les aura sous la main pour faire tout de suite la réparation. Il faut tenter d'uniformiser au maximum. Par exemple, chaque fois que possible, on devrait réparer avec des boulons de 3/8 po en acier inoxydable et garder un nombre suffisant sous la main.
Les pannes surviennent toujours au mauvais moment puisqu'elles perturbent le déroulement normal du travail. Un entretien régulier permet de prévenir certaines de ces défaillances. C'est par exemple en remplaçant aujourd'hui un roulement qui grince, dans la vis flexible du distributeur, que vous éviterez d'avoir à remplacer un moteur grillé demain et de laisser jefner les animaux. Il faut consacrer du temps chaque semaine à l'entretien préventif tout comme on investit dans la vaccination pour se prémunir de problèmes plus tard. Il est important de se fixer un programme d'entretien régulier et de le suivre.
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La plupart des améliorations à apporter en vue de rationaliser le travail supposent des modifications qui peuvent aller d'un réagencement majeur des locaux à une petite retouche au système d'éclairage destinée à faciliter les déplacements des animaux. Mais comment détermine-t-on si des changements sont nécessaires?
Les conseillers en gestion du temps dans l'industrie ou le commerce demandent à leurs clients de commencer par tenir un journal décrivant toutes les tâches qu'ils exécutent. La publication 102F du MAAO, Relevé d'emploi du temps en porcherie, a été conçue à cette fin à l'intention des éleveurs de porcs. A la différence des autres registres d'élevage que vous tenez, le journal ne doit être tenu que pendant une période de deux semaines. Une fois qu'on a noté et calculé la durée de toutes les tâches, on peut d'après les totaux repérer celles qui vous prennent trop de temps.
Pendant l'exécution des tâches régulières, l'éleveur perd peut-être beaucoup de temps à faire plusieurs fois le même trajet. Pour découvrir les problèmes de ce genre, il peut faire le plan de la porcherie et illustrer les trajets qu'il fait pour soigner les animaux. Les modifications possibles des allées et venues ou même les rénovations à apporter à la porcherie sont plus faciles à visualiser sur une vue en plan.
L'éleveur note par écrit, dans le détail, les tâches qu'il exécute quotidiennement dans la porcherie. Comme avec le plan ci-dessus, cet exercice l'obligera à réfléchir à chaque geste et à chaque pas qu'il fait et lui montrera probablement comment il pourrait organiser autrement les tâches ou modifier certains aspects physiques du bâtiment ou du matériel.
La liste détaillée des tâches quotidiennes présente un avantage secondaire non négligeable. En effet, elle peut être utile à toutes les personnes appelées à remplacer l'éleveur quand une urgence le tient éloigné ou qu'il partez en vacances. Il peut la compléter par des notes traitant de la marche à suivre dans des circonstances inhabituelles. Par exemple, son remplaçant appréciera grandement d'y trouver mention de l'endroit où se trouve le robinet d'arrivée d'eau au cas où un problème de plomberie se poserait. Les personnes qui n'ont pas l'habitude de travailler dans son élevage seront fort heureuses de trouver des indications sur des aspects de la porcherie qui, pour l'éleveur, peuvent sembler aller de soi, mais qui ne sont pas évidentes pour elles.
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