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Le rafraîchissement par gicleurs des porcs à l'engrais
Table des matièresIntroductionLe porc se rafraîchit en dissipant la chaleur de son corps par conduction, par convection, par radiation, et par l'évaporation de l'humidité à partir de la peau et des poumons. Au fur et à mesure que la température s'élève, le porc respire plus rapidement pour augmenter le taux d'évaporation dans ses poumons et se rafraîchir davantage. Il a aussi la faculté de diriger son débit sanguin vers la peau et de le contrôler pour se rafraîchir par radiation et par conduction. À toute fin utile, le porc est incapable de transpirer; il lui est donc impossible de produire suffisamment d'humidité à la surface de sa peau pour se rafraîchir de façon appréciable. Voilà pourquoi son instinct le porte à chercher les endroits
humides et à se mouiller la peau en s'y vautrant chaque fois
que la chaleur l'incommode : c'est en dirigeant le débit sanguin
vers la surface de sa peau qu'il effectue ce rafraîchissement.
La chaleur de son corps et le débit sanguin accru favorisent
l'évaporation de l'eau à la surface de sa peau et produisent
le rafraîchissement recherché.
Figure 1. Porcs sous un gicleur d'eau Lorsque l'humidité relative ambiante est élevée, le taux d'évaporation est faible et l'effet de rafraîchissement créé par une respiration rapide est réduit de beaucoup. Dans les porcheries modernes de finition, le porc est privé de la possibilité de se mouiller la peau. Il est donc prédisposé au stress de chaleur et, par conséquent, sa consommation alimentaire et sa performance risquent de diminuer. Le producteur a intérêt à rafraîchir adéquatement ses porcs durant les périodes de stress élevé causé par la chaleur. Les gicleurs d'eau, qui sont en fait des buses de pulvérisation, constituent l'un des modes de rafraîchissement les plus économiques; un tel système permet ni plus ni moins de recouvrir le porc d'une « sueur artificielle ». Croire que la grande part du rafraîchissement créé par les gicleurs d'eau se produit effectivement durant la douche du porc est une idée fausse, mais largement répandue. Cet effet est de très courte durée, et la plupart des porcs ne demeurent pas plus d'une minute sous la douche. Ils sont satisfaits de se mouiller la peau, puis de se recoucher afin de permettre à l'eau de les rafraîchir en s'évaporant. Il est préférable de ne pas arroser le parquet entier mais une partie seulement. Pour les enclos habituels de 1,5 m (5 pi) x 4,9 m (16 pi), mouiller les 1,2-1,5 m (4-5 pi) postérieurs sur toute la largeur du parquet, au-dessus de l'aire de déjection normalement faite en caillebotis. La surface d'arrosage doit être similaire en ce qui concerne les enclos à plancher plein munis d'un caniveau étroit et profond, ainsi que ceux à plancher complètement latté. Dans les enclos larges conçus pour un grand nombre de porcs, installer deux gicleurs répartis sur la largeur de l'enclos. Fixer les gicleurs à 1,8 m (6 pi) du sol et diriger leur jet directement vers le bas pour obtenir de meilleurs résultats et couvrir toute la largeur de l'enclos. C'est peine perdue de gicler l'eau sur les murs. Les porcs ne doivent pas être forcés de se rendre sous la douche. Ce point est d'une importance capitale. En effet, on signalé le cas d'une truie qui est morte de pneumonie faute de ne pouvoir se soustraire au jet d'eau continu dans un enclos extérieur.
Figure 2. Panneau de contrôle pour le rafraîchissement par gicleurs | Haut de la page | Avantages des gicleursEn 1975 se terminait à Ridgetown une étude qui, durant quatre ans, avait porté sur les effets du rafraîchissement des porcs à l'engrais au moyen de gicleurs. Les 458 porcs étudiés étaient alimentés au sol et élevés dans des enclos partiellement lattés. Les gicleurs étaient mis en marche durant deux minutes par demi-heure lorsque la température de la porcherie s'élevait à 24 oC ou plus. L'étude a permis de tirer les conclusions suivantes :
Trois années supplémentaires de recherche ont été complétées à Ridgetown en 1986. On y comparé la performance de 576 porcs soumis à des conditions normales ou rafraîchis par gicleurs ou par évaporation. On n'a signalé aucun avantage attribuable aux gicleurs, au rafraîchissement par évaporation, ou à la combinaison des deux systèmes. Cependant, l'étude a permis de confirmer et de souligner les avantages 3, 4 et 8 énumérés plus haut en ce qui concerne l'utilisation de gicleurs. Les études menées en 1975 et 1986 se distinguaient de plusieurs façons, notamment par l'emplacement et la répartition des ventilateurs, la durée des pulvérisations et l'intervalle entre elles, ainsi que les taux de ventilation. Quoi qu'il en soit, il semble que la similitude des résultats obtenus en 1986 chez les porcs rafraîchis par gicleurs et ceux ne bénéficiant que de la ventilation habituelle soit due à une amélioration du contrôle des ouvertures d'aération, celui-ci étant complètement automatisé dans la seconde étude, alors qu'il était manuel en 1975. Les porcs soumis au premier essai auraient, semble-t-il, souffert davantage du stress de chaleur en raison du réglage inadéquat des ouvertures d'aération et, par conséquent, le système de gicleurs aurait été avantagé. Système de rafraîchissement par gicleursOn peut désormais acheter les principaux éléments des systèmes de rafraîchissement sous forme d'ensembles comprenant les contrôles, les valves, les gicleurs et une partie du filage; les tuyaux ne sont pas inclus. Pour la plupart des éleveurs, c'est probablement la façon la plus simple et la plus facile de se procurer l'équipement. L'achat individuel des pièces permet une certaine économie, mais risque d'exiger plus de temps et de déplacements.
La quincaillerie et les contrôles du système sont relativement simples comme le montre le diagramme de la Figure 3. La minuterie permet la mise en marche du système durant deux minutes chaque demi-heure, et le thermostat est réglé à 24°C. Puisque le thermostat et la minuterie sont montés en série, la température ambiante de la porcherie doit atteindre 24°C (contacts du thermostat fermés) au moment où le cycle parvient à la position en marche pour que le circuit soit alimenté en courant et, par conséquent, que la valve électromagnétique (« valve à solénoïde »), normalement fermée, laisse l'eau se rendre aux gicleurs. Les systèmes améliorés sont dotés d'un appareil sonore qui est actionné simultanément pour la durée de la pulvérisation, afin d'alerter les porcs qui n'ont pas entendu la mise en marche des gicleurs à cause du bruit des ventilateurs. Le commutateur de test est en option; il court-circuite simplement la minuterie et le thermostat afin que le système soit déclenché manuellement. Voici quelques points importants en ce qui concerne le système en général et ses pièces individuelles: 1. Besoin en eau et capacitéLe débit recommandé par porc par heure s'élève à 0,45 L (0,1 gal. imp.) environ, quantité négligeable de prime abord. Cependant, si le troupeau se compose d'un grand nombre de porcs, on risque de surcharger le puits ou la pompe à eau, compte tenu que toute l'eau est utilisée en une très courte période. Il faut s'assurer que la capacité de pompage soit suffisante. La plupart des réservoirs à pression sont incapables d'entreposer assez d'eau pour alimenter le système. Si l'approvisionnement en eau est insuffisant, on peut remédier au problème en procédant à la pulvérisation d'une seule section de la porcherie à la fois. Pour réaliser un tel projet, utiliser autant de valves à solénoïde que nécessaire (peut-être deux ou trois) et une minuterie possédant autant de cames pour actionner ces valves. 2. Minuterie (CM-7 Industrial Singer, JW-30-0 Paragon, Eagle ou l'équivalent)Si l'on fixe un intervalle définitif entre les pulvérisations, par exemple un cycle aux demi-heures, on peut utiliser une minuterie dont le cycle total correspond à l'intervalle choisi. Il faut ensuite régler la durée de la pulvérisation (en marche), par exemple deux minutes. On peut acheter une minuterie capable d'actionner, en séquence, plusieurs valves à solénoïde. Une telle installation s'avère nécessaire là où les porcs à rafraîchir sont très nombreux et où l'approvisionnement en eau est trop faible pour qu'on les arrose tous en même temps. Une minuterie à plusieurs cames permettra d'échelonner les cycles des différentes sections de la porcherie. L'éleveur qui ne veut pas des intervalles fixes entre les pulvérisations mais qui désire plutôt expérimenter divers cycles préférera une minuterie à cycle variable : pour quelques dollars, il peut acheter une autre crémaillère lui permettant de modifier la durée du cycle. Certains modèles sont munis de plusieurs cames et la durée de la période en marche est réglable. Installer la minuterie près de la source de courant, dans l'aire de service, et non pas au même endroit que les thermostats. De cette façon, elle fonctionnera continuellement, comme une horloge, et son mécanisme ne risquera pas d'être corrodé par l'humidité de la porcherie.
3. ThermostatTout thermostat mono-étagé de marque réputée fera l'affaire. 4. Valve commandée par solénoïde (8210-D-2 Asco, 6X082 Dayton, Eagle ou l'équivalent)Il n'y a pas beaucoup de choix sur le marché. Elles sont sûres mais coûtent cher, surtout lorsqu'elles sont grosses. Il serait peut-être plus économique d'acheter deux ou même plusieurs petites valves d'un demi-pouce que d'en acheter une seule, plus grosse. D'ailleurs, dans les grandes porcheries, il faut souvent échelonner les cycles de pulvérisation dans les différentes parties de la porcherie, pour de ne pas surcharger l'approvisionnement en eau. S'assurer que la valve soit conçue pour des conduites d'eau, et non pas d'air, et qu'elle convienne à la pression d'eau utilisée. Les valves sont faites de différents matériaux et, par conséquent, il faut choisir le modèle convenable. 5. Appareil sonore (SC-110-P Mallory Sonalert ou l'équivalent)Comme ce type d'appareil n'a pas encore été prouvé indispensable, il ne sera considéré qu'en option. Les essais menés à Ridgetown portent à croire que l'appareil sonore facilite l'apprentissage et le conditionnement des porcs en les avertissant du fonctionnement de la douche dès que la sonnerie se fait entendre. Les cloches ordinaires alimentées par un transformateur ne conviennent pas parce que leurs contacts électriques se piquent et brûlent en peu de temps. Par ailleurs, les cloches de qualité industrielle coûtent trop cher. Si l'on choisit d'utiliser une alarme sonore, les appareils électroniques sont recommandés. On trouve sur le marché des modèles dont la fréquence sonore et la tension sont variées; certains donnent une alarme continue et d'autres, une alarme saccadée. 6. Buses de gicleurs (1/4 TT 6503 Tee-Jet ou l'équivalent)Les buses en laiton ordinaires qu'on utilise pour les cultures conviennent bien. Des crépines à joints étanches sont recommandées pour empêcher les coups de bélier dans la tuyauterie. Cependant, comme elles ont tendance à s'encrasser, elles doivent être démontées et nettoyées périodiquement. Les buses produisant un jet ovale ou circulaire conviennent bien. Celles en acier inoxydable sont très satisfaisantes mais leur prix est plutôt élevé. Les buses en plastique ou en laiton devraient suffire car seul un volume réduit d'eau exempte de particules abrasives est utilisé. Ne pas utiliser des buses en acier inoxydable trempé car elles se corrodent facilement. Choisir les buses en fonction du débit d'eau requis, compte tenu du nombre de porcs dans l'enclos et de la durée de chaque pulvérisation. Il vaut la peine de calculer les besoins prévus en eau pour déterminer correctement la taille des buses et des conduites. Les pulvérisations à grosses gouttes sont préférables pour les raisons suivantes :
En autant que les tuyaux sont du genre et du diamètre convenables, certaines buses à boucle fendue se fixent directement sur la conduite. Tel est le cas des conduites en plastique correctement calibrées qu'il suffit alors de percer d'un trou pour laisser l'eau atteindre la buse fixée en place. 7. Pour l'automne, l'hiver et le printemps, remplacer les buses et les crépines et par des bouchons afin de protéger le système contre les insectes et la saleté. Enlever le tartre des crépines et des buses et les entreposer durant l'hiver. 8. Fixer tout l'équipement, sauf la valve à solénoïde
sur un panneau de contre-plaqué retenu au plafond par des crochets,
donc facilement amovible. Des boîtes et prises électriques
ordinaires conçues pour deux fils et une mise à la terre
permettent de débrancher le panneau de la source d'alimentation
et de la valve à solénoïde. Les divers codes de l'électricité
acceptent une telle installation à condition que le panneau soit
portatif et non pas fixe. Entreposer le panneau dans un endroit sec,
à l'abri de l'air ambiant de la porcherie qui risque de causer
la corrosion des pièces pendant l'automne, l'hiver et le printemps. Ventilation naturelleAu moment de la rédaction de la présente fiche, aucune recherche comparable sur le rafraîchissement des porcs par gicleurs n'avait été faite en Ontario dans des bâtiments ventilés naturellement. Cependant, on présume que les résultats seraient compatibles avec ceux obtenus dans des porcheries ventilées par air forcé. Demander à l'ingénieur agricole ou au spécialiste en production porcine de la région les données les plus récentes. Remarque: Les marques de produits mentionnés dans la présente fiche sont données à titre d'exemples; les auteurs n'ont aucune intention de promouvoir la vente d'un produit plus qu'un autre.
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