Vue d'ensemble de la Production de Porc Biologique


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 440/10
Date de publication : juin 2007
Commande no. 07-028
Dernière révision :
Situation :
Rédacteur : Wayne Du, chef du programme Assurance-qualité du porc/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Production actuelle de porc biologique en Ontario
  3. Normes sur le porc biologique
  4. Porc certifié bologique
  5. Inspections des élevages
  6. Période de transition
  7. Exigences propres à la production de porc biologique
  8. Résumé
  9. Références

Introduction

Les aliments biologiques sont produits au moyen de techniques qui visent à bonifier la salubrité des écosystèmes agricoles. Les principes de l'agriculture biologique reposent sur le fait que les agriculteurs travaillent en collaboration avec la nature et les écosystèmes naturels en vue d'accroître la salubrité des sols et la santé animale, et d'assurer la protection des végétaux, créant un environnement plus sain et améliorant la santé humaine.

Le marché canadien des aliments biologiques est encore considéré comme un marché à créneaux. À l'heure actuelle, il constitue moins de 2 % des dépenses alimentaires faites au Canada. Toutefois, il affiche une croissance marquée au Canada et partout dans le monde. Par exemple, le marché de détail canadien des aliments biologiques a affiché une croissance de 25 à 30 % en 2006, comparativement à 2005. Par ailleurs, on estime que la valeur du marché mondial actuel des aliments biologiques dépasse la barre des 30 milliards $US. À l'échelle nationale, ce même marché est évalué à 1 milliard $CAN. Pour sa part, le marché américain est évalué à 16 milliards $US (données de 2006).

La croissance fulgurante du marché des aliments biologiques est en partie attribuable à la préoccupation sans cesse grandissante du public quant à la qualité et à l'innocuité des aliments issus des systèmes traditionnels. En outre, certains consommateurs considèrent que les aliments biologiques sont plus sains, plus nutritifs et meilleurs pour le corps que les aliments issus de systèmes traditionnels. Les consommateurs achètent également des produits biologiques pour les raisons suivantes :

  • la production des aliments biologiques est plus respectueuse de l'environnement;
  • les aliments biologiques sont plus savoureux;
  • ils souhaitent découvrir de nouveaux produits.

Même si la plupart de ces affirmations restent à confirmer, de plus en plus de consommateurs se tournent vers les aliments biologiques.

Le marché et la demande de porc biologique sont en pleine croissance au Canada, ouvrant de nouveaux débouchés à l'industrie porcine. En 2006, les ventes de viandes certifiées biologiques ont représenté moins de 1 % des ventes totales d'aliments biologiques. Elles ont toutefois affiché une croissance supérieure à 80 % au cours de 2005.

Production actuelle de porc biologique en Ontario

On estime à douze le nombre de producteurs de porc biologique en Ontario. Ensemble, ils élèvent environ 12 000 porcs de marché par année. Or, la plupart des porcs biologiques élevés en Ontario sont destinés au marché québécois. Les renseignements actuels révèlent que la taille des troupeaux de porcs biologiques en Ontario varie de quelques truies à une centaine.

Normes sur le porc biologique

Aucune norme mondiale n'existe en matière de production d'aliments biologiques. Les normes canadiennes sur l'agriculture biologique ont été élaborées par l'Office des normes générales du Canada. Ces normes sont une série de lignes directrices à l'intention des producteurs d'aliments biologiques et servent de fondement à la certification. De plus, elles sont conformes aux normes en vigueur aux États Unis et en Europe. En décembre 2006, le gouvernement du Canada publiait un Règlement sur les produits biologiques à mettre en œuvre au cours des deux années suivantes. Le Règlement entrera en vigueur après cette période de transition de deux ans. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) est désignée comme l'organisme responsable de la mise en application des normes. Par ailleurs, le Bureau des produits biologiques du Canada a été mis sur pied, et l'ACIA agira à titre d'organisme de surveillance quant au processus de certification des exploitations agricoles et des produits biologiques, à l'échelle nationale. Les produits certifiés pourront être marqués du sceau officiel Biologique Canada.

Porc certifié bologique

Pour que la viande de porc soit considérée comme biologique et vendue sous cette appellation, tant sur le marché intérieur qu'international, les producteurs doivent préalablement recevoir la certification d'un organisme compétent. Les exploitations agricoles et les entreprises biologiques du Canada peuvent recourir aux services de nombreux organismes de certification. Toutefois, ces organismes ne sont pas tous en mesure d'offrir des services de certification aux éleveurs de porcs. Certains de ces organismes collaborent avec d'autres organismes de certification d'envergure internationale ou sont agréés par ces derniers. Il en sera autrement lorsque la réglementation canadienne entrera en vigueur. Les producteurs qui envisagent la production de porc biologique devraient communiquer avec un organisme de certification avant d'amorcer la transition vers un élevage biologique afin d'obtenir des renseignements supplémentaires sur les normes de production, les exigences du programme et la commercialisation des produits. La fiche Info intitulée Certification des exploitations agricoles biologiques et des aliments biologiques comporte une liste des organismes de certification biologique situés en Ontario, ainsi que certains organismes liés au domaine des aliments biologiques. On peut consulter cette liste sur le site Internet du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO) à l'adresse www.ontario.ca/cultures, en cliquant sur Cultures biologiques.

Inspections des élevages

L'organisme de certification doit procéder à l'inspection de l'exploitation agricole pendant l'année qui précède celle visée par la certification. Au cours des années suivantes, l'exploitation agricole sera soumise à des inspections semestrielles ou annuelles. À l'instar du programme d'assurance-qualité du Canada (AQCMD), la production de porc biologique exige des éleveurs qu'ils consignent toute activité de production et qu'ils conservent tout renseignement susceptible de prouver qu'ils respectent et qu'ils appliquent les normes et la réglementation pertinentes.

Période de transition

On entend par " période de transition " la durée nécessaire pour transformer une exploitation traditionnelle en une exploitation biologique. Cette période se situe entre neuf mois et trois ans. Cet écart s'explique par le fait qu'un producteur peut souhaiter obtenir une certification biologique pour ses cultures en plus de son cheptel. Cette période constitue également un obstacle considérable pour les agriculteurs qui prévoient transformer leur exploitation traditionnelle en exploitation biologique. En effet, même s'ils sont tenus de respecter les normes sur le porc biologique durant la période de transition, les agriculteurs ne peuvent pas encore commercialiser leur bétail en tant que produit biologique.

Exigences propres à la production de porc biologique

Conditions d'élevage

En règle générale, les installations où sont gardés les porcs doivent pouvoir satisfaire leurs besoins fondamentaux en matière de socialisation, d'alimentation et d'espace. Les porcs doivent jouir d'un espace suffisant (tableau 1) et, lorsque les conditions météorologiques le permettent, avoir accès à un pâturage, à la lumière du soleil et à de l'air frais. Le sol des enclos ne doit pas être fait uniquement de caillebotis ni être dépourvu de litière. Par ailleurs, on peut utiliser des cases pour les truies taries, mais les cages de mise-bas doivent être assez spacieuses pour que les truies puissent s'y retourner facilement. Le sol doit être recouvert de litière sèche de source biologique.

Races et reproduction

Le choix des races de porcs s'effectue selon les critères suivants :

  • l'adaptation des animaux aux conditions locales;
  • la vitalité des animaux et leur résistance aux maladies;
  • l'absence de maladies ou de problèmes de santé propres à une race.

Même si l'insémination artificielle (IA) est permise, il est préférable de recourir à la reproduction naturelle (jeunes truies ou truies adultes saillies par un verrat). La transplantation d'embryons est interdite, de même que toute technique de reproduction qui a recours au génie génétique ou à des technologies connexes. En outre, l'utilisation d'hormones pour déclencher et synchroniser les chaleurs est prohibée.

Provenance des porcs

Afin de respecter les lignes directrices actuellement en vigueur, les porcs doivent satisfaire aux conditions suivantes :

  • être nés dans une installation d'élevage biologique;
  • être nés de parents élevés selon les normes de production biologique en vigueur;
  • avoir passé leur vie entière dans un système de production biologique, à l'exception des animaux de boucherie qui ont fait l'objet d'une gestion biologique continue depuis le début du dernier tiers de la période de gestation des truies (38 semaines);
  • provenir d'exploitations biologiques si les porcs sont destinés à la reproduction. Si aucun animal d'élevage biologique n'est disponible, les reproductrices non gestantes et les mâles reproducteurs peuvent être transportés d'une exploitation non biologique à une exploitation biologique, et être intégrés dans le système biologique. Toutefois, ces animaux doivent faire partie de la production biologique pendant une durée minimale de douze mois avant qu'ils ne puissent être revendus en tant que reproducteurs biologiques.

Soins de santé

La prévention des maladies constitue le fondement de toute stratégie qui assure la santé des animaux biologiques. En effet, il est possible d'assurer la santé des animaux en privilégiant des pratiques d'élevage appropriées. La vaccination n'est permise qu'en présence de maladies contagieuses qui ne peuvent pas être traitées par d'autres moyens. Si toutefois la prévention s'avérait insuffisante et que des porcs étaient malades ou blessés, il devient alors impératif de les soigner et de les isoler.

Il est permis et recommandé de traiter les porcs avec des médicaments qui répondent aux normes applicables et qui sont approuvés par l'organisme de certification. Toutefois, il est interdit d'utiliser des antibiotiques synthétiques pour les porcs biologiques. Tout traitement doit être consigné en détail (p. ex. numéro de l'étiquette d'oreille, nom du médicament, doses, dates et durée du traitement, résultats).

Lorsque la prévention et les produits biologiques à usage vétérinaire s'avèrent inefficaces, le bien être des animaux doit être assuré. L'agriculteur doit alors exploiter toutes les ressources disponibles, voire administrer des médicaments qui sont normalement interdits dans le cadre d'une exploitation agricole biologique. Les porcs traités au moyen de substances interdites (p. ex. antibiotiques synthétiques), à toute étape de la production, doivent être isolés du troupeau biologique et ne pourront pas être commercialisés en tant que porcs biologiques. Il est possible d'utiliser des médicaments normalement interdits pour traiter les truies en gestation au cours des deux premiers tiers de leur gestation.

Alimentation

Les porcs biologiques doivent être nourris de rations équilibrées, composées d'aliments biologiques qui répondent
à leurs besoins nutritionnels. Ces rations sont constituées de substances nécessaires au maintien de la santé, du bien-être et de la vitalité des porcs. Elles doivent également correspondre à leurs besoins physiologiques et comportementaux. Les rations comprennent notamment du fourrage grossier, du fourrage frais ou séché ou de l'ensilage. Tous les ingrédients qui constituent les rations doivent être produits, manipulés et transformés conformément aux normes prescrites par l'organisme de certification. Il est interdit de donner aux porcs des aliments médicamenteux, des stimulateurs de croissance, des hormones qui déclenchent la lactation, des stimulateurs d'appétit synthétiques, des sous produits animaux, des agents de conservation, et des organismes génétiquement modifiés (OGM) ou des produits qui en contiennent. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les substances qui peuvent faire partie de l'alimentation des porcs, consulter le document Systèmes de production biologique - Listes des substances permises.

Transport et manipulations

Les éleveurs doivent manipuler les porcs de façon responsable et sans cruauté aux termes des lois, des réglementations ou des lignes directrices provinciales et fédérales, ou conformément aux exigences prescrites par l'organisme de certification. La manipulation et le transport des porcs doivent être effectués de manière à réduire au minimum le stress, les blessures et la souffrance physique. À cet effet, il est tout indiqué de privilégier un itinéraire court et direct, et de fournir un abri convenable, dont le fond est couvert d'une litière, qui protégera les porcs des conditions météorologiques défavorables.

La castration et les autres procédés chirurgicaux, comme l'étiquetage, sont permis et doivent être réalisés dès le plus jeune âge pour éviter toute souffrance inutile. La caudectomie et la taille des dents sont interdites, sauf pour assurer la sécurité du troupeau ou pour des raisons de santé.

L'utilisation de la stimulation électrique et de tranquillisants est également interdite. Les porcs trop malades pour être transportés doivent être euthanasiés sans cruauté.


Tableau 1. Capacité de charge

  Espace intérieur Aires d'exercice et enclos
Truies et porcelets
(de 40 jours ou moins)
7,5 m2 pour chaque truie et sa portée

2,5 m2 pour chaque truie et sa portée
Porcs en croissance
Augmentation additionnelle de 0,6 m2/tête au sevrage à 1,3 m2/tête à la taille de finition
ou de reproduction
Augmentation additionnelle de 0,4 m2/tête au sevrage à 1 m2/ tête à la taille de finition
ou de reproduction
Truies en enclos de groupe
3 m2/tête
3 m2/tête

Verrats en enclos individuels
8 m2/tête
8 m2/tête

Source : tableau adapté, extrait de Systèmes de production biologique - Principes généraux et normes de gestion. Office des normes générales du Canada.

Exigences supplémentaires

D'autres exigences font partie des lignes directrices ayant trait aux normes sur l'agriculture biologique, notamment, la gestion du fumier et la lutte contre les organismes nuisibles.

Résumé

L'engouement des consommateurs pour le porc biologique est à la hausse. Certains éleveurs de porcs souhaiteront peut-être obtenir leur part de ce marché à créneaux. La présente fiche technique se veut un aperçu des exigences en matière de porc biologique. Pour de plus amples renseignements, consulter le document Systèmes de production biologique - Principes généraux et normes de gestion de l'Office des normes générales du Canada, ou communiquer avec un organisme de certification répondant aux besoins du producteur en ce qui concerne la production et la commercialisation. La production de porc biologique exige beaucoup de temps et de nombreux efforts. Il faut souvent adapter les installations et les méthodes de gestion pour qu'ils soient conformes aux exigences. En outre, il faut bien se renseigner pour voir si ce type d'élevage correspond aux attentes du producteur car la production biologique ne convient pas à tous.

Références

  1. MAAARO. Certification des exploitations agricoles biologiques et des aliments biologiques. Fiche de renseignements.
    www.omafra.gov.on.ca/french/crops/organic/certification.htm.
  2. GOUVERNEMENT DU CANADA. Systèmes de production biologique - Listes des substances permises (CAN/CGSB-32.311). Office des normes générales du Canada, 2006.
    Dans l'encadré Normes sur Internet, cliquer sur l'hyperlien Agriculture biologique.
  3. GOUVERNEMENT DU CANADA. Systèmes de production biologique - Principes généraux et normes de gestion (CAN/CGSB-32.310-2006). Office des normes générales du Canada, 2006. Dans l'encadré Normes sur Internet, cliquer sur l'hyperlien Agriculture biologique.