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Comparaison des valeurs nutritives d'aliments pour les porcs
Table des matières
Les aliments du bétail représentent 6575 % des coûts variables de la production porcine. Ils constituent donc lun des grands facteurs dont dépend la rentabilité dun élevage porcin. Dans lindustrie des aliments du bétail, le tourteau de soya et le maïs sont la norme pour fournir lénergie et la protéine des rations, mais on peut les remplacer par de nombreux autres produits qui répondent aux besoins nutritionnels de lanimal tout en réduisant le coût de la ration. Les rapports de prix varient fortement au gré des saisons et de la conjoncture sur les marchés mondiaux et locaux. Les producteurs de porcs doivent pouvoir évaluer le rapport coût/efficacité et la valeur nutritive de divers ingrédients de manière à donner à leurs animaux une ration équilibrée sur le plan nutritif au prix le plus avantageux. Des logiciels ont été spécialement créés pour formuler des rations capables de couvrir, au coût le plus bas, les besoins nutritionnels minimaux des animaux. Les fabricants daliments composés et les gros éleveurs savent tirer efficacement parti de ces logiciels pour acheter et entreposer des quantités importantes de plusieurs ingrédients. Par contre, beaucoup de producteurs nont pas les installations dentreposage et de traitement qui leur permettraient dinclure un grand nombre dingrédients dans la ration. Ils doivent malgré tout rester au courant des différentes formules daliments possibles et des ingrédients quils peuvent substituer à dautres dans le but daugmenter la marge bénéficiaire. Lénergie et la protéine sont les principaux composants nutritifs dune ration pour porcs. Lénergie a traditionnellement été fournie aux animaux sous forme de grains tels que le maïs, lorge, le blé et lavoine, tandis que la protéine leur est donnée sous forme de tourteaux, lesquels sont les sous-produits de la transformation des oléagineux comme le soya. De nombreux produits utilisables dans les rations pour porcs sont des sous-produits de lindustrie agroalimentaire : meunerie, boulangerie, brasserie, distillerie, extraction dhuile végétale, conditionnement de la viande, équarrissage, transformation des fruits et des légumes, du lait, des oeufs et de la volaille. Les fabricants daliments du bétail incorporent couramment ces sous-produits dans les aliments composés pour fournir de façon économique les éléments nutritifs indispensables. La plupart des sous-produits de lagroalimentaire sont approuvés en tant qu« aliment à ingrédient unique » aux termes de la Loi relative aux aliments du bétail (fédérale) et de ses règlements dapplication. On peut facilement sen servir pour remplacer une partie de la composante protéique ou énergétique dun aliment complet. Les producteurs qui veulent utiliser des ingrédients non inscrits dans lannexe 4 de la Loi relative aux aliments du bétail doivent obtenir le permis dont la délivrance est régie par la Loi sur la santé des animaux et ses règlements. À cet effet, ils doivent remplir les conditions énoncées aux articles 111 à 113 de la Loi sur la santé des animaux qui régissent lutilisation des matières résiduelles comestibles dans les aliments pour porcs et pour volailles. On peut utiliser des aliments de remplacement dans une ration pour porcs pour fournir une partie de lénergie ou de la protéine. Cependant, la proportion dans laquelle on pourra le faire dépend de plusieurs facteurs : le coût, la digestibilité (assimilabilité ou biodisponibilité) des éléments nutritifs, la qualité de la protéine, la composition en acides aminés, lappétibilité, la présence de facteurs anti-nutritionnels, la durée dentreposage et lâge des porcs auxquels laliment est destiné. CoûtLe coût est lun des facteurs les plus difficiles à déterminer quand on veut utiliser un aliment de remplacement. Il faut examiner la valeur nutritive de laliment en regard de son prix. Or, cela peut être extrêmement difficile, car la plupart des sous-produits ont rarement une valeur nutritive constante. En conséquence, comme beaucoup daliments ne peuvent pas être comparés directement, on doit souvent recourir à des valeurs relatives pour faire les comparaisons. Par ailleurs, pour calculer ce que coûte, en tout, le remplacement dun ingrédient par un autre, on doit intégrer les autres facteurs comme le transport, les besoins particuliers de transformation et lentreposage. | Haut de la page |
Valeur relativeOn utilise la valeur relative dun ingrédient pour comparer la valeur de cet ingrédient avec le prix « rendu à la ferme » du maïs et du tourteau de soya, denrées qui sont les sources dénergie et de protéine de référence dans lindustrie de lalimentation animale. Le tableau 1, Composition des ingrédients de remplacement et proportions maximales conseillées dans une ration pour porcs, donne les valeurs relatives dune liste daliments par rapport au maïs ou au tourteau de soya. La valeur relative exprime la valeur de lingrédient en tant que source des 3 éléments nutritifs les plus coûteux à fournir dans une ration pour porcs, soit lénergie, la lysine et le phosphore. Il faut noter que la valeur relative est indépendante des proportions maximales conseillées. Elle repose uniquement sur la comparaison entre les teneurs en éléments nutritifs de laliment considéré et de laliment pris pour référence le maïs, le tourteau de soya et le phosphate bicalcique et leur coût respectif.
Qualité de la protéineLa qualité de la protéine dun aliment correspond à sa teneur en acides aminés. Étant donné que la lysine est, de tous les acides aminés indispensables, le premier facteur limitant, il est important de tenir compte de la teneur en lysine quand on compare des ingrédients. Prenons pour exemple le gluten de maïs et le blé qui ont une teneur en protéine élevée, mais qui ne sont pas bien pourvus en lysine. Si on prépare une ration pour porcs avec ces ingrédients en se préoccupant seulement de fournir la protéine, on ne donnera pas aux porcs assez de lysine pour leur permettre une croissance optimale. Par conséquent, on doit équilibrer les rations pour porcs daprès la teneur en lysine et non la teneur en protéine brute.
Digestibilité des éléments nutritifsOn dit quun élément nutritif est digestible (biodisponible ou assimilable) quand il peut être absorbé par lappareil digestif du porc. Par exemple, un aliment comme la farine de luzerne contient relativement beaucoup de protéine, mais il sagit dune protéine qui nest pas assimilable par le porc à cause de sa teneur très élevée en fibre.
Facteur anti-nutritionnelOn appelle facteur anti-nutritionnel une substance contenue dans un ingrédient alimentaire qui en diminue la digestibilité. Il peut sagir par exemple des inhibiteurs de la trypsine, des tanins, des lectines et des glucosinolates. Par exemple, à létat brut, les graines de soya entières contiennent un inhibiteur de la trypsine, cest-à-dire une substance qui diminue la digestibilité de la protéine. Il faut donc détruire cet inhibiteur en traitant thermiquement le soya pour éviter une baisse de la performance de lanimal. AppétibilitéOn utilise le terme appétibilité (ou palatabilité) pour décrire la mesure dans laquelle lanimal trouve plaisir à consommer un ingrédient ou une ration. Chez le porc, comme chez lhumain, les préférences en matière de saveurs changent avec lâge. Dailleurs, le porc possède plus de papilles gustatives que lhumain (15 000 contre 9 000). Aussi, plus un ingrédient communique à la ration un goût déplaisant pour le porc, plus on devra en réduire la proportion. Par exemple, la poudre de lait entier est très appétente pour le porc alors que le triticale donne un mauvais goût à la ration si sa proportion est importante. Proportion d'un ingrédientLa proportion dans laquelle un ingrédient donné peut être inclus dans une ration dépend de plusieurs facteurs : son appétibilité, la digestibilité des éléments nutritifs, la qualité de la protéine, linteraction entre les éléments nutritifs et la méthode de traitement et de distribution. Le tableau 1 montre les proportions maximales dans lesquelles les ingrédients peuvent entrer dans un aliment pour porcs. Ces proportions sont différentes pour chaque catégorie danimaux et dépendent des facteurs limitants. Lutilisation dun ingrédient à un taux supérieur à la limite recommandée peut nuire à la performance de lanimal et faire baisser la qualité de sa viande. Le tableau 2, Facteurs influant sur la proportion dans laquelle on peut inclure des ingrédients de remplacement, indique pour chaque ingrédient les facteurs qui obligent à en limiter lemploi dans une ration pour porcs. | Haut de la page | Variabilité de la valeur nutritiveOn dit quun ingrédient a une valeur nutritive variable quand les analyses révèlent que sa composition fluctue dun échantillon à lautre. De nombreux sous-produits tels que les déchets de boulangerie sont de valeur nutritive extrêmement variable. Cela rend leur emploi plus délicat en alimentation animale, car il devient plus difficile déquilibrer les rations auxquelles on les incorpore. Il est prudent de faire analyser des échantillons successifs dun ingrédient donné pour avoir une idée de sa variabilité. On peut consulter la fiche technique du MAAARO intitulée Analyse de la valeur nutritive, commande no 03-008, pour en savoir plus sur léchantillonnage et les méthodes danalyses.
StabilitéLa stabilité est la mesure dans laquelle un élément nutritif ou un ingrédient conserve ses qualités dans son état dorigine. Par exemple, les huiles végétales qui ne sont pas stabilisées par un antioxydant rancissent rapidement. Les huiles rances sont très peu appétentes et provoquent une baisse de la consommation chez lanimal.
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