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Peut-on diminuer le nombre de vermifugation des moutons au pâturage?
Peut-on diminuer le nombre de vermifugation des moutons au pâturage ?Il est possible de réduire le nombre de vermifugations des moutons en tenant compte du cycle vital de leurs parasites internes et de leur susceptibilité aux parasites ainsi que par une gestion appropriée des pâturages. Avec le temps, il est même possible de ne plus vermifuger du tout les brebis matures. Le Dr Lautenslager est un parasitologue clinique. Lorsquil était au service du ministère de lAgriculture, de lAlimentation et des Affaires rurales de l'Ontario, il a mis au point un programme stratégique de vermifugation des moutons, à l'intention des producteurs ovins de l'Ontario. Ce programme a été présenté pour la première fois aux éleveurs vers la fin des années 1980. Plusieurs producteurs de la province appliquent avec succès une version modifiée du programme, adaptée aux conditions de leur exploitation et à leur système de production. Lobjectif principal de ce programme stratégique de vermifugation est de diminuer le nombre de parasites dans le pâturage. Il y aura toujours des parasites dans un pâturage, mais, idéalement, ce nombre peut être abaissé à un niveau tel que les moutons nauront pas à être vermifugés aussi souvent. Le principal parasite interne du mouton en Ontario est un ver appelé hémonchus, dont le nom latin est Haemonchus contortus. Comme la plupart des parasites internes du mouton, ce ver a un cycle vital denviron trois semaines et passe par quatre stades larvaires avant datteindre la forme adulte. Si les conditions sont propices, les ufs éclosent au pâturage et franchissent trois stades larvaires. Seul le troisième stade larvaire est infectieux. Pour que le ver complète son cycle vital, il doit être ingéré par le mouton au troisième stade larvaire. Par la suite, le quatrième stade larvaire se développe à lintérieur du mouton, puis se transforme en ver adulte et produit des ufs, poursuivant ainsi le cycle. Les parasites sont programmés pour survivre. Les ufs ont besoin de chaleur et dhumidité pour une croissance optimale. Les conditions sont propices au développement des parasites tous les mois durant lesquels la température est supérieure à 10 °C et les précipitations dépassent 50 mm. La température influe sur la rapidité du développement des parasites. Par temps frais, le cycle vital prend beaucoup plus de temps à se compléter quà des températures de 20 ou 25 °C, par exemple. Le temps chaud, sec et venteux est idéal pour détruire les parasites aux stades de luf et des larves dans lherbe. En mai et juin, la plupart des larves qui ont survécu à lhiver mourront dans les trois ou quatre semaines suivantes, à moins dêtre ingérées par un mouton. À la fin de lété, un grand nombre de larves absorbées dans les pâturages natteindront pas le stade adulte et vont se tapir dans la paroi intestinale de lanimal pour entrer en dormance. La plupart du temps, ces larves restent dormantes jusquà ce que le mouton retourne au pâturage au printemps; toutefois, si lanimal subit un stress ou que son système immunitaire faiblit comme à lagnelage, les larves peuvent éclore sous forme de vers adultes. Les animaux adultes développent divers degrés de résistance ou d'immunité contre les infestations de vers en y étant exposés. Les agneaux ne sont à peu près pas résistants aux vers. Même en petit nombre, les parasites dans les pâturages peuvent être dangereux pour les agneaux, par temps chaud et humide. Les agneaux acquièrent une certaine résistance aux parasites autour de lâge de huit mois, à la condition d'avoir été exposés à ces derniers dans les pâturages. Marche à suivreIl faut dabord veiller à ce que les animaux mis au pâturage ne réinfectent pas les champs en y déposant de grandes quantités dufs par leurs excréments. À cette fin, on réduit ou on élimine carrément les parasites du mouton qui ont survécu à lhiver par une vermifugation en temps opportun, au printemps. Une fois au pâturage, les moutons ingèrent les larves présentes qui ont survécu à lhiver. Par conséquent, les moutons doivent être vermifugés lorsqu ils ont ingéré le plus de larves possible, mais avant que ces dernières ne parviennent au stade adulte et commencent à pondre de grandes quantités dufs. Après la vermifugation, les animaux doivent toujours être déplacés vers un pâturage sain dans les 12 ou 24 heures qui suivent. Pour commencer ce printemps : | Haut de la page | Première année
Deuxième annéeSuivre les étapes précédentes, à l'exception de létape 1.Troisième annéeSuivre les étapes précédentes, à l'exception des étapes 1 et 4.Quatrième annéeSuivre les étapes précédentes, à lexception des étapes 1, 2 et 4. Lanalyse des échantillons de matière fécale à létape 3 doit être effectuée chaque année de manière permanente. Si, en tout temps, le nombre de vers dans léchantillon pris en juillet est élevé dans le cas des brebis matures, il faut recommencer la marche à suivre correspondant à la première année. Il est important de noter que ce programme est conçu pour les troupeaux matures. Les agneaux et les animaux de moins de 24 mois devront être surveillés de plus près pour éviter la propagation des parasites. Lorsquon a recours à un programme de vermifugation de ce genre, il est important de sassurer que les vermifugations soient efficaces. Veiller à ce que les animaux reçoivent la bonne posologie. Peser quelques-uns des plus gros et des plus petits animaux à vermifuger afin de vérifier si les estimations de poids des animaux à traiter sont réalistes. Vérifier le matériel servant à ladministration des médicaments afin de sassurer que les doses administrées correspondent bien aux directives. Des doses insuffisantes favoriseront la survie de parasites résistants au vermifuge utilisé. En cas de résistance soupçonnée des parasites à un vermifuge particulier, le vétérinaire peut évaluer cette dernière en analysant quelques échantillons de matière fécale avant et après la vermifugation. Vermifuger tous les nouveaux animaux introduits dans la ferme avant de les mettre en contact avec le reste du troupeau. Les parasites résistants peuvent se transmettre dune ferme à lautre par les moutons. On peut minimiser les risques de résistance en changeant de vermifuge chaque année. Le vétérinaire peut aider lexploitant à mettre sur pied un programme stratégique de vermifugation permettant déviter lapparition de résistance. Apprendre à reconnaître les symptômes du parasitisme. Les signes cliniques sont lanémie, qui fait pâlir les muqueuses des yeux, de la bouche et de la vulve, ldème sous-glossien (mâchoire en bouteille) qui provoque une enflure sous la mâchoire, ainsi que des excréments durs et peu abondants. Ces animaux sont souvent retrouvés morts, ce qui démontre la présence dune grande quantité de vers adultes. Un changement soudain pour une température propice au développement des parasites peut être à lorigine de cette situation, particulièrement chez les jeunes animaux qui n'ont pas encore acquis dimmunité. Lorsquun animal est trouvé mort parce quil est infesté de parasites, il est essentiel de vermifuger immédiatement tous les animaux du groupe. Tout retard pourrait occasionner dautres mortalités. Les deux principaux obstacles à la réussite dun programme de vermifugation stratégique sont la disponibilité de pâturages sains et la capacité de vermifuger tous les animaux dans les trois ou quatre semaines qui suivent la mise au pâturage. Un pâturage sain, dans ce contexte, correspond à un champ dont on na pas récolté le foin ou dont lherbe na pas été broutée par les moutons au cours des mois qui ont suivi lhiver ou un pâturage qui contient des fourrages saisonniers. Il peut être difficile de vermifuger les bêtes trois ou quatre semaines après la mise au pâturage, voire impossible dans les élevages où lagnelage se fait au champ. Cette mesure est pourtant essentielle dans ce cas. Les modifications hormonales qui surviennent en fin de gestation et durant la lactation affaiblissent le système immunitaire des brebis, ce qui peut favoriser léclosion en masse des larves dormantes qui deviendront des vers adultes. De plus, les vers femelles sont moins inhibés par le système immunitaire des brebis et pondent donc plus d'ufs. Sil est nécessaire de déplacer les brebis et les agneaux sur de longues distances jusquaux bâtiments ou installations, il vaut mieux séparer les brebis en groupes plus faciles à gérer, avant l'agnelage. Les exploitants qui disposent dinstallations mobiles peuvent les transporter jusquaux brebis. Consulter le vétérinaire pour connaître les autres méthodes de traitement qui pourraient convenir dans les cas dagnelage au champ. | Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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