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Peut-on diminuer le nombre de vermifugation des moutons au pâturage?

Auteur : Dr J.P. Lautenslager/Programme de vermifugation du contre les parasites du mouton en Ontario
Date de création : Non disponible
Dernière révision : 30 avril 2007

Peut-on diminuer le nombre de vermifugation des moutons au pâturage ?

Il est possible de réduire le nombre de vermifugations des moutons en tenant compte du cycle vital de leurs parasites internes et de leur susceptibilité aux parasites ainsi que par une gestion appropriée des pâturages. Avec le temps, il est même possible de ne plus vermifuger du tout les brebis matures.

Le Dr Lautenslager est un parasitologue clinique. Lorsqu’il était au service du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario, il a mis au point un programme stratégique de vermifugation des moutons, à l'intention des producteurs ovins de l'Ontario. Ce programme a été présenté pour la première fois aux éleveurs vers la fin des années 1980. Plusieurs producteurs de la province appliquent avec succès une version modifiée du programme, adaptée aux conditions de leur exploitation et à leur système de production.

L’objectif principal de ce programme stratégique de vermifugation est de diminuer le nombre de parasites dans le pâturage. Il y aura toujours des parasites dans un pâturage, mais, idéalement, ce nombre peut être abaissé à un niveau tel que les moutons n’auront pas à être vermifugés aussi souvent.

Le principal parasite interne du mouton en Ontario est un ver appelé hémonchus, dont le nom latin est Haemonchus contortus. Comme la plupart des parasites internes du mouton, ce ver a un cycle vital d’environ trois semaines et passe par quatre stades larvaires avant d’atteindre la forme adulte. Si les conditions sont propices, les œufs éclosent au pâturage et franchissent trois stades larvaires. Seul le troisième stade larvaire est infectieux. Pour que le ver complète son cycle vital, il doit être ingéré par le mouton au troisième stade larvaire. Par la suite, le quatrième stade larvaire se développe à l’intérieur du mouton, puis se transforme en ver adulte et produit des œufs, poursuivant ainsi le cycle.

Les parasites sont programmés pour survivre. Les œufs ont besoin de chaleur et d’humidité pour une croissance optimale. Les conditions sont propices au développement des parasites tous les mois durant lesquels la température est supérieure à 10 °C et les précipitations dépassent 50 mm. La température influe sur la rapidité du développement des parasites. Par temps frais, le cycle vital prend beaucoup plus de temps à se compléter qu’à des températures de 20 ou 25 °C, par exemple. Le temps chaud, sec et venteux est idéal pour détruire les parasites aux stades de l’œuf et des larves dans l’herbe. En mai et juin, la plupart des larves qui ont survécu à l’hiver mourront dans les trois ou quatre semaines suivantes, à moins d’être ingérées par un mouton. À la fin de l’été, un grand nombre de larves absorbées dans les pâturages n’atteindront pas le stade adulte et vont se tapir dans la paroi intestinale de l’animal pour entrer en dormance. La plupart du temps, ces larves restent dormantes jusqu’à ce que le mouton retourne au pâturage au printemps; toutefois, si l’animal subit un stress ou que son système immunitaire faiblit comme à l’agnelage, les larves peuvent éclore sous forme de vers adultes.

Les animaux adultes développent divers degrés de résistance ou d'immunité contre les infestations de vers en y étant exposés. Les agneaux ne sont à peu près pas résistants aux vers. Même en petit nombre, les parasites dans les pâturages peuvent être dangereux pour les agneaux, par temps chaud et humide. Les agneaux acquièrent une certaine résistance aux parasites autour de l’âge de huit mois, à la condition d'avoir été exposés à ces derniers dans les pâturages.

Marche à suivre

Il faut d’abord veiller à ce que les animaux mis au pâturage ne réinfectent pas les champs en y déposant de grandes quantités d’œufs par leurs excréments. À cette fin, on réduit ou on élimine carrément les parasites du mouton qui ont survécu à l’hiver par une vermifugation en temps opportun, au printemps. Une fois au pâturage, les moutons ingèrent les larves présentes qui ont survécu à l’hiver. Par conséquent, les moutons doivent être vermifugés lorsqu’ ils ont ingéré le plus de larves possible, mais avant que ces dernières ne parviennent au stade adulte et commencent à pondre de grandes quantités d’œufs. Après la vermifugation, les animaux doivent toujours être déplacés vers un pâturage sain dans les 12 ou 24 heures qui suivent.

Pour commencer ce printemps :

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Première année
  1. Vermifuger toutes les brebis du troupeau après l’agnelage et avant la mise au pâturage.
  2. Vermifuger tous les animaux de trois à quatre semaines après la mise au pâturage. Cette intervention est très importante, car elle permet l’ingestion par les moutons de nématodes gastro-intestinaux qui ont survécu à l’hiver et permet aux larves dormantes dans le mouton d’atteindre le stade adulte. Puis, les animaux sont vermifugés avant que le pâturage soit contaminé de nouveau.
  3. Durant les deux dernières semaines de juillet, prélever environ de 20 à 40 échantillons de matière fécale fraîche, emballés individuellement (comprenant de six à huit boulettes de fumier chacun), provenant de chaque lot de moutons au pâturage et les faire analyser par le vétérinaire. Si le groupe au pâturage se compose de brebis et d’agneaux, prélever des échantillons pour chaque type de mouton. Consulter le vétérinaire pour savoir plus précisément le nombre d’échantillons à prélever d'après la taille du troupeau et la quantité de parasites estimée.
    1. Si les échantillons de matière fécale démontrent qu’il y a beaucoup de vers, vermifuger les moutons de tout âge dans le groupe et déplacer ce dernier vers un pâturage qui n’a pas été brouté par des moutons au cours de l’année ou dans le champ qui a été en jachère le plus longtemps.
    2. Si d’après les échantillons, les vers sont peu nombreux, il n’est pas nécessaire de vermifuger les moutons de ce groupe.
  4. Au cours de la période de stabulation hivernale, vermifuger les moutons de tout âge avec un produit efficace contre les parasites dormants du mouton. Certains produits sont efficaces uniquement contre les parasites adultes. Il existe des vermifuges pour les différents stades du parasite. Consulter le vétérinaire pour connaître le produit approprié à l’exploitation.
Deuxième année
Suivre les étapes précédentes, à l'exception de l’étape 1.
Troisième année
Suivre les étapes précédentes, à l'exception des étapes 1 et 4.
Quatrième année

Suivre les étapes précédentes, à l’exception des étapes 1, 2 et 4.

L’analyse des échantillons de matière fécale à l’étape 3 doit être effectuée chaque année de manière permanente. Si, en tout temps, le nombre de vers dans l’échantillon pris en juillet est élevé dans le cas des brebis matures, il faut recommencer la marche à suivre correspondant à la première année. Il est important de noter que ce programme est conçu pour les troupeaux matures. Les agneaux et les animaux de moins de 24 mois devront être surveillés de plus près pour éviter la propagation des parasites.

Lorsqu’on a recours à un programme de vermifugation de ce genre, il est important de s’assurer que les vermifugations soient efficaces. Veiller à ce que les animaux reçoivent la bonne posologie. Peser quelques-uns des plus gros et des plus petits animaux à vermifuger afin de vérifier si les estimations de poids des animaux à traiter sont réalistes. Vérifier le matériel servant à l’administration des médicaments afin de s’assurer que les doses administrées correspondent bien aux directives. Des doses insuffisantes favoriseront la survie de parasites résistants au vermifuge utilisé. En cas de résistance soupçonnée des parasites à un vermifuge particulier, le vétérinaire peut évaluer cette dernière en analysant quelques échantillons de matière fécale avant et après la vermifugation. Vermifuger tous les nouveaux animaux introduits dans la ferme avant de les mettre en contact avec le reste du troupeau. Les parasites résistants peuvent se transmettre d’une ferme à l’autre par les moutons. On peut minimiser les risques de résistance en changeant de vermifuge chaque année. Le vétérinaire peut aider l’exploitant à mettre sur pied un programme stratégique de vermifugation permettant d’éviter l’apparition de résistance.

Apprendre à reconnaître les symptômes du parasitisme. Les signes cliniques sont l’anémie, qui fait pâlir les muqueuses des yeux, de la bouche et de la vulve, l’œdème sous-glossien (mâchoire en bouteille) qui provoque une enflure sous la mâchoire, ainsi que des excréments durs et peu abondants. Ces animaux sont souvent retrouvés morts, ce qui démontre la présence d’une grande quantité de vers adultes. Un changement soudain pour une température propice au développement des parasites peut être à l’origine de cette situation, particulièrement chez les jeunes animaux qui n'ont pas encore acquis d’immunité. Lorsqu’un animal est trouvé mort parce qu’il est infesté de parasites, il est essentiel de vermifuger immédiatement tous les animaux du groupe. Tout retard pourrait occasionner d’autres mortalités.

Les deux principaux obstacles à la réussite d’un programme de vermifugation stratégique sont la disponibilité de pâturages sains et la capacité de vermifuger tous les animaux dans les trois ou quatre semaines qui suivent la mise au pâturage. Un pâturage sain, dans ce contexte, correspond à un champ dont on n’a pas récolté le foin ou dont l’herbe n’a pas été broutée par les moutons au cours des mois qui ont suivi l’hiver ou un pâturage qui contient des fourrages saisonniers. Il peut être difficile de vermifuger les bêtes trois ou quatre semaines après la mise au pâturage, voire impossible dans les élevages où l’agnelage se fait au champ. Cette mesure est pourtant essentielle dans ce cas. Les modifications hormonales qui surviennent en fin de gestation et durant la lactation affaiblissent le système immunitaire des brebis, ce qui peut favoriser l’éclosion en masse des larves dormantes qui deviendront des vers adultes. De plus, les vers femelles sont moins inhibés par le système immunitaire des brebis et pondent donc plus d'œufs. S’il est nécessaire de déplacer les brebis et les agneaux sur de longues distances jusqu’aux bâtiments ou installations, il vaut mieux séparer les brebis en groupes plus faciles à gérer, avant l'agnelage. Les exploitants qui disposent d’installations mobiles peuvent les transporter jusqu’aux brebis. Consulter le vétérinaire pour connaître les autres méthodes de traitement qui pourraient convenir dans les cas d’agnelage au champ. 

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