La
maladie de Johne chez les ovins
| Auteur : |
Paula Menzies |
| Date de création : |
01 mai 1998 |
| Dernière révision : |
01 mai 1998 |
Table des matières
- Introduction
- Répartition à l'échelle
mondiale
- Johne et les humains?
- L'agent
- La maladie clinique
- Propagation de la maladie dans le troupeau
- Autres méthodes de transmission
- Diagnostic
- Autres tests de diagnostic
- Contrôle et éradication
- Le coût de la maladie
- Prévenir l'introduction
- Alors que faisons-nous à partir d'ici?
- Pour de plus amples renseignements
Introduction
La maladie de Johne (prononcé yonee) est une maladie des ruminants,
caractérisée par le dépérissement et,
en phase terminale, par la diarrhée. Elle est causée
par une bactérie nommée Mycobacterium avium sous-espèce
paratuberculosis. La maladie de Johne est observée au Canada
chez les bovins depuis plusieurs décennies. Bien qu'elle ait
été aussi observée chez les ovins pendant de
nombreuses années, nul n'est certain de l'importance de son
étendue ou des dommages précis qu'elle cause à
notre industrie ovine.
Répartition à l'échelle
mondiale
La maladie de Johne a été diagnostiquée chez
les bovins (laitiers et de boucherie), les chèvres, les cerfs
(daims, cerfs nobles, cerfs de Virginie et nombreuses autres espèces
sauvages et d'élevage), les lamas, les chameaux, et d'autres
ruminants sauvages (orignaux, chèvres sauvages des montagnes
Rocheuses, bisons, antilopes, mouflons d'Amérique) ainsi que
chez les ovins. La maladie chez les ovins a été observée
partout en Amérique du Nord et en Europe (y compris en Islande).
Elle a été une importante maladie infectieuse chez les
ovins en Nouvelle-Zélande pendant un certain nombre d'années,
mais elle a seulement envahi l'Australie depuis la dernière
décennie, où elle semble se propager rapidement. Des
rapports d'infection expérimentale d'espèces non ruminantes,
telles que les souris et les lapins ont mené à une hypothèse
qu'il pourrait y avoir des non ruminants réservoirs de maladie,
particulièrement dans la population de lapins au Royaume-Uni.
Johne et les humains?
Dans les dernières années, il y a eu aussi l'hypothèse
que M. avium sous-espèce paratuberculosis pourrait aussi être
liée à la maladie de Crohn chez les humains. Celle-ci
est une maladie caractérisée par l'ulcération
de l'intestin causant des douleurs extrêmes et la débilité.
Bien qu'elle soit une maladie auto-immune, des tests spéciaux
qui détectent l'ADN (tests de réaction en chaîne
de la polymérase) ont dépisté des signes indiquant
la présence de l'organisme chez certaines personnes atteintes
de la maladie de Crohn. Toutefois, à ce jour, la recherche
n'a pas été confirmée, et l'organisme n'a pas
été prélevé chez les cas humains. De plus,
la maladie de Crohn a été observée dans des parties
du monde qui n'ont pas la maladie de Johne (p. ex. Australie-Occidentale).
Les discussions à ce sujet se poursuivent.
| Haut de la page |
L'agent
Il y a trois souches principales de cette bactérie (différente,
mais liée à Mycobacterium avium sous-espèce avium,
une maladie chez les oiseaux et rarement chez les humains [avium tuberculosis]).
Il y a une souche bovine, une souche ovine et une souche intermédiaire.
Bien que les bovins soient vulnérables aux trois souches, ils
ne sont généralement pas infectés de la souche
ovine. Les ovins contractent normalement seulement la souche ovine,
mais peuvent aussi succomber à la souche intermédiaire.
Les chèvres contractent normalement la souche bovine.
La maladie clinique

La
maladie de Johne : Un véritable iceberg
La maladie de Johne dans un troupeau se comporte de façon
très semblable à un iceberg. La maladie qu'un berger
peut observer dans son troupeau représente seulement une faible
proportion des ovins qui sont réellement contaminés.
L'âge auquel la maladie devient visuellement évidente
(c.-à-d. dépérissement) reflète probablement
la quantité de contamination dans le troupeau. Si les brebis
sont âgées de deux ou de trois ans lorsqu'elles deviennent
malades (par contraste à l'âge de quatre ans ou plus),
cela indique qu'il y a une prévalence d'infection assez élevée
dans le troupeau, et donc une charge environnementale importante de
bactéries.
Les ovins peuvent être contaminés à tout âge,
mais s'ils le sont lorsqu'ils sont agneaux ou foetus, la maladie peut
alors se manifester dès l'âge de 18 mois. Un berger perspicace
peut remarquer rien de plus qu'une brebis qui semble un peu plus maigre
que le reste du troupeau. Parfois un autre agent physique, tel que
l'agnelage ou la mammite accélérera la première
apparition d'une maladie clinique plus grave. La brebis fait preuve
d'apathie, est pâle et très maigre, et environ 20 p.
100 des cas contractent la diarrhée. La diarrhée indique
que l'ovin est près de la fin et mourra bientôt. Les
ovins maigres sont habituellement éliminés ou enterrés
(s'ils meurent ou tombent en raison de faiblesse) plutôt qu'autopsiés
par un vétérinaire. Ainsi, la maladie peut suivre son
cours pendant de nombreuses années sans qu'elle soit remarquée.
Une autopsie à ce point révélerait une importante
tuméfaction des ganglions lymphatiques de l'intestin, qui sont
remplis de la bactérie de Johne. Les changements intestinaux
peuvent être de faibles à modérés avec
un épaississement de la paroi intestinale. Souvent, les lésions
sont assez subtiles, et il faut l'oeil perçant d'un pathologiste
exercé pour en détecter les signes. Un grand nombre
de producteurs et de bouchers ne verront pas les lésions.
La difficulté à diagnostiquer la maladie est la raison
pour laquelle plusieurs cas se produisent souvent dans le troupeau
avant que la maladie ne soit détectée. Par ce temps,
l'environnement et plusieurs générations d'ovins ont
été exposés à la bactérie, et ce,
en grandes doses.
La maladie de Johne peut aussi être prise par erreur pour d'autres
maladies qui causent le dépérissement. De mauvaises
dents en raison de la perte d'incisives (bouche brisée) ou
une usure irrégulière des molaires et une gingivite
peuvent causer des pertes considérables de poids. La maedi-visna
peut causer le dépérissement. Les parasites peuvent
entraîner même une brebis adulte, et la diarrhée
embrouillera davantage le diagnostic. Des abcès internes en
raison de la lymphadénite caséeuse peuvent aussi causer
le dépérissement, en plus de quelques autres signes
cliniques. Naturellement, une alimentation faible périodique
(p. ex. pâturage ou foin maigres) ou une concurrence excessive
peut amener le producteur à chercher à justifier la
maigreur de certaines brebis.
| Haut de la page |
Propagation de la maladie dans le troupeau
Généralement, les ovins sont contaminés en mangeant
des aliments contaminés par des matières fécales.
La bactérie envahit l'intestin et les ganglions lymphatiques
intestinaux où elle s'établit et entrave l'absorption
d'éléments nutritifs, d'où la perte de poids.
Cependant, cette progression prend de deux à sept ans pour
s'achever, dépendant du nombre de bactéries qui contaminent
l'ovin et l'âge de l'ovin au moment où il est contaminé.
Lorsqu'ils sont initialement contaminés, les ovins n'excrètent
pas la bactérie. Cette période de grâce peut être
aussi courte qu'une année ou aussi longue que cinq années,
mais elle est souvent d'une durée de deux à trois ans.
Éventuellement, l'infection progresse au point où la
bactérie est excrétée dans les excréments,
bien que l'ovin semble toujours en santé et productif. Cette
période d'excrétion bactérienne sans maladie
clinique peut durer un an ou plus. Un animal excréteur contaminé
peut, temporairement, être la brebis la plus productive du troupeau.
Les bactéries ont une paroi de cellule très épaisse
et peuvent survivre dans l'environnement pour peut-être aussi
longtemps qu'une année. Elles ont une résistance aux
désinfectants et au séchage par le soleil. Les ovins
contaminés sur le lieu de pâture contamineront ce lieu
de pâture utilisé par d'autres animaux au pâturage.
Les ovins contaminés dans une bergerie peuvent déféquer
dans les nourrisseurs ou les abreuvoirs. Les agneaux nés dans
ces milieux contaminés sont plus exposés à l'infection.
Des pis sales et des fragments de laine, des enclos de ferme, les
litières, etc. sont tous des foyers d'infection pour l'agneau
curieux. Le labourage de la terre du lieu de pâture contaminé
affaiblira les bactéries et aidera à les tuer. Un couvert
de neige favorisera leur survie alors que la lumière du soleil,
le séchage ou l'exposition au froid intense réduiront
le nombre de bactéries. Les désinfectants doivent être
efficaces contre les mycobactéries afin de l'être contre
la bactérie de Johne. Peu de désinfectants fonctionnent
bien s'ils sont utilisés en présence de matière
organique.
Autres méthodes de transmission
Pendant la grossesse
Bien que la maladie de Johne soit principalement une maladie de l'intestin,
durant les stades avancés de la maladie, l'agent peut se propager
dans tout le corps. Les ftus sont très vulnérables
à l'infection lorsqu'ils sont encore dans l'utérus.
Les agneaux peuvent être nés contaminés (chez
les bovins, jusqu'à 60 p. 100 des veaux nés de vaches
dont la maladie est à un stade avancé, étaient
contaminés), et ces animaux peuvent contracter la maladie clinique
à un âge précoce. Cela signifie que même
le fait de retirer les agneaux à la naissance ne garantira
pas l'absence d'infection si la mère est contaminée.
Le lait et le colostrum ont parfois de petits nombres d'organismes
présents, mais on ne connaît pas l'importance du lait
en tant que foyer d'infection.
Semence
Chez les bovins, la bactérie a été isolée
de la semence des taureaux dont la maladie de Johne est à un
stade avancé. À ce jour, il n'y a aucun rapport d'infection
d'une vache ou d'un veau ayant été contaminé
par la semence contaminée, bien que les taureaux soient triés
dans les unités d'IA. Un taureau contaminé dans une
ferme est plus susceptible de contaminer d'autres animaux par la contamination
de l'environnement que par une semence contaminée. Chez les
ovins, le risque est probablement faible, particulièrement
avec l'utilisation de l'IA puisque la semence est diluée.
Embryons
Les embryons sont exempts de la bactérie de Johne. Dans un
troupeau gravement contaminé, la récolte des embryons
peut fournir une des meilleures occasions pour la conservation de
génétique importante, même si la brebis ou le
bélier donneurs sont grandement malades.
| Haut de la page |
Diagnostic
Examen direct
Le premier diagnostic est souvent fait au moment de l'autopsie. Tel
que mentionné auparavant, les ganglions lymphatiques intestinaux
se tuméfient, et la paroi intestinale peut paraître épaissie.
Les signes chez les ovins sont plus subtils que chez les bovins, chez
lesquels le gros intestin s'épaissit de façon assez
importante et devient ondulé comme du carton. Les bactéries
peuvent être colorées et observées à l'aide
d'un microscope. Parfois, la bactérie peut être observée
dans un frottis fécal, particulièrement chez les animaux
qui ont atteint le stade de diarrhée. Cependant, pour faire
un diagnostic, un grand nombre de bactéries doivent être
observées, et des tests de suivi doivent être effectués.
Culture bactérienne
Cette méthode ne connaît pas beaucoup de succès
chez les ovins. Chez les bovins et les chèvres, la bactérie
peut faire l'objet d'une culture environ 60 p. 100 du temps lorsqu'elle
est présente dans les fèces. Cependant, la bactérie
croît très lentement et prend de 4 à 16 semaines
pour croître. Cela signifie que des résultats négatifs
prennent au moins 4 mois, et puis un résultat négatif
peut seulement signifier un échec de la croissance ou que l'animal
en est encore dans les premiers stades de la maladie. La situation
chez les ovins est encore pire. Les laboratoires de diagnostic en
Amérique du Nord et ailleurs semblent incapables de faire croître
la bactérie avec un degré de succès quelconque.
La sensibilité de la culture bactérienne chez les ovins
même lorsqu'ils présentent la maladie clinique grave
est de seulement 8 p. 100 (8 animaux sont positifs par culture sur
100 excréteurs). Il en résulte que nous n'essayons même
pas de faire une culture bactérienne chez les ovins.
Test sérologique
Un grand nombre de tests sérologiques sont utilisés
pour détecter des anticorps à M. avium sous-espèce
paratuberculosis. Le test le plus communément utilisé
chez les ovins est une épreuve d'immunodiffusion sur gélose
(IDG). Alors qu'un test positif est généralement correct,
les animaux dans les premiers stades de la maladie ou dans les stades
avancés auront souvent des résultats négatifs.
Cela signifie que l'épreuve d'IDG désigne rarement un
ovin en santé comme étant contaminé (quelques
faux positifs), mais peut faire une classification erronée
de nombreux ovins contaminés et les désigner en santé
(un grand nombre de faux négatifs).
Les ovins excrètent la bactérie dans les fèces
pendant de trois à neuf mois avant d'avoir un résultat
positif à l'épreuve d'IDG. La sensibilité des
animaux subcliniques est inférieure à 30 p. 100 (3 sur
10 animaux contaminés classés comme étant contaminés)
et de seulement 50 p. 100 (5 sur 10 animaux contaminés classés
comme étant contaminés) chez les animaux atteints cliniquement.
Les animaux dont la maladie est à un stade avancé perdent
parfois la capacité de réagir aux maladies en raison
de la débilité.
Un grand nombre de tests ELISA (dosage immunoenzymatique) ont été
élaborés dans le but d'améliorer la capacité
du test à détecter les animaux malades. Cependant, des
animaux contaminés se faufilent encore, et parfois des animaux
contaminés avec l'espèce Mycobacterium non pathogène
auront des résultats positifs, ce qui embrouille davantage
la situation.
| Haut de la page |
Autres tests de diagnostic
Les sondes d'ADN sont des tests de diagnostic qui détectent
un ADN particulier. Les organismes vivants n'ont pas à être
présents, seuls les résidus d'ADN. La spécificité
peut être assez bonne avec ces tests, c.-à-d. qu'il n'y
a pas de réaction croisée avec d'autres types d'ADN,
et la sensibilité peut être variable. Lorsque des sondes
d'ADN pour M. avium sous-espèce paratuberculosis sont utilisées
dans les fèces, approximativement de 1 000 à 10 000
bactéries par gramme de fèces sont requises pour détecter
la bactérie de façon fiable, comparativement à
seulement 100 bactéries par gramme pour la coproculture (données
relatives aux bovins). On ne connaît pas l'efficacité
de ce test chez les ovins, mais il peut aider à détecter
les cas pré-sérologiques positifs. L'inconvénient
réside dans le fait que ce ne sont pas tous les laboratoires
de diagnostic vétérinaires qui possèdent l'équipement
adéquat, et le test est coûteux.
Il y aussi des tests qui détectent l'immunité à
médiation cellulaire (par opposition aux anticorps). Un des
tests est un test cutané utilisant l'hypersensibilité
retardée, comme le test cutané de dépistage de
la tuberculose utilisé chez les humains. Le second test est
une épreuve de stimulation lymphocytaire. Le test d'hypersensibilité
retardée connaît des problèmes relativement à
la réaction croisée avec d'autres espèces M.
avium qui ne sont pas pathogènes. Un type de test de stimulation
lymphocytaire (appelé épreuve d'interféron gamma)
est en cours d'étude comme test commercial pour les bovins,
mais n'a pas encore été évalué pour les
ovins. Chez les bovins, la sensibilité semble être entre
70 et 94 p. 100 avec une excellente spécificité (presque
100 p. 100). Bien qu'il y ait un grand nombre de tests de diagnostic
disponibles, ils présentent tous d'importants désavantages,
ce qui rend difficile la détection précoce fiable d'animaux
contaminés.
Contrôle et éradication
Tous les programmes de ce genre sont fondés sur la capacité
de détecter et de retirer les animaux malades et de prévenir
la propagation de la maladie au sein du troupeau. Comme vous pouvez
le constater, cela est difficile avec la maladie de Johne en raison
de la faible précision des tests de diagnostic. Jusqu'au printemps
de 1995, le gouvernement canadien avait un programme d'éradication
volontaire fondé sur les tests sérologiques. Il a été
abandonné pour de nombreuses raisons, mais principalement parce
que le programme ne disposait pas d'outils de diagnostic adéquats.
Depuis l'été de 1997, la maladie de Johne n'est pas
une maladie à déclaration obligatoire, c.-à-d.
que le gouvernement ne s'occupe pas de la déclaration, du contrôle
ou de l'éradication de cette maladie. Les estimations de prévalence
sont donc faibles et sont limitées au nombre de diagnostics
d'autopsie positifs dans les laboratoires de diagnostic provinciaux.
Puisque les producteurs d'ovins soumettent rarement les brebis maigres
à une autopsie, choisissant au lieu de les commercialiser et
d'empocher jusqu'à 60 $ pour une brebis de réforme,
de nombreux diagnostics sont négligés. Les troupeaux
que l'on sait contaminés auront probablement une prévalence
de maladie élevée. Cela rend l'idée de l'éradication
assez intimidante.
Les programmes sont généralement fondés sur
des tests sérologiques annuels ou semestriels (normalement
IDG) sur tous les ovins âgés de plus de 12 mois. Les
ovins positifs sont immédiatement envoyés à l'abattage
et les descendants sont commercialisés. Aucun animal ne devrait
être vendu lorsqu'il y a un risque de les vendre pour un élevage
souche (p. ex. ventes aux enchères). Le troupeau doit demeurer
fermé afin d'éviter la réintroduction de la maladie.
Souvent, entre trois et cinq tests annuels négatifs sont requis
avant que le troupeau soit déterminé comme présentant
un faible risque de maladie. Dans un troupeau de 100 brebis adultes
âgées de plus de 12 mois, à 5 $/échantillon
(un prix minimum) plus les coûts pour saigner l'ovin (probablement
pas moins que 150 $), les coûts annuels de sérologie
à eux seuls seront de 650 $.
Le coût de la maladie
Le coût de la maladie n'est pas bien défini, car il
varie selon le type de troupeau (race pure contre commerciale ou laitière
contre viande de boucherie), mais un montant estimé d'environ
90 $ par cas clinique a été rapporté. Cela semble
peu pour un troupeau de race pure si les ventes d'écoulement
sont perdues en raison de l'état pathologique du troupeau.
Des cas de bovins ont été estimés à 2
500 $US par cas clinique.
Prévenir l'introduction
Puisque l'éradication est un processus long, difficile et
coûteux, il est préférable de prévenir
l'introduction de la maladie dans le troupeau. Comment cela se produit-il?
Presque toujours, cela se produit par l'achat de reproducteurs, soit
un bélier ou des brebis de remplacement. Les pâturages
collectifs de pacage pour ovins pourraient aussi être contaminés.
Le fumier des ruminants d'autres fermes épandu sur les pâturages
ou sur les champs de foin est un foyer potentiel d'infection, bien
que cette pratique soit inhabituelle. Les ruminants sauvages peuvent
être une source, mais cela n'a pas été documenté.
Un bélier de race pure d'un troupeau contaminé d'élevage
souche excrétant la bactérie pourrait se reproduire
avec succès pour une saison ou même deux avant de succomber
à la maladie, mais son héritage sera laissé au
sein du troupeau. La maladie de Johne pourrait ne pas être diagnostiquée
dans ce troupeau pendant une période pouvant aller jusqu'à
cinq ans, par quel temps la source pourrait avoir été
oubliée.
Il n'y a actuellement aucun programme national ou provincial pour
certifier les troupeaux exempts de la maladie de Johne. Cela signifie
que l'éducation représente notre meilleur outil contre
cette maladie. Une biosécurité améliorée,
qui inclut la fermeture du troupeau ou l'achat auprès de producteurs
réputés de reproducteurs, qui répondront de la
santé de leur troupeau, est un premier pas pour ralentir la
propagation de cette maladie. Des pays comme l'Australie sont aux
prises avec la possibilité d'un abattage intégral des
troupeaux contaminés. L'Amérique du Nord n'a pas de
vaccin, mais des pays contaminés de façon endémique,
comme la Nouvelle-Zélande, se fient sur la vaccination pour
contrôler les pertes causées par la maladie clinique
et sont à décider s'ils maintiennent la déclaration
obligatoire de la maladie. Les États-Unis sont préoccupés
par le contrôle interne, mais il y a d'énormes variations
d'un État à un autre en ce qui concerne le contrôle
et l'éradication. En ce moment, il est surtout avisé
de se conduire en acheteur averti, comme c'est le cas ici au Canada,
bien que certains producteurs auxquels ont été vendus
des bovins contaminés tâtent le terrain quant à
la responsabilité.
Alors que faisons-nous à partir d'ici?
Il y a des producteurs d'élevage source d'ovins contaminés
au Canada et aux États-Unis. Aucun programme n'identifie ces
producteurs ou ne protège d'autres producteurs contre l'achat
de stocks contaminés. Il ne tient qu'à l'industrie de
se préoccuper relativement à la maladie de Johne et
à d'autres maladies contagieuses silencieuses qui peuvent priver
un troupeau de sa productivité et qui peuvent être acquises
dans des ovins apparemment en santé. Pour empêcher la
propagation de cette maladie ainsi que d'autres maladies, nous devons
mettre l'accent sur l'éducation des producteurs, une biosécurité
améliorée et éventuellement un programme qui
peut certifier un troupeau comme présentant un faible risque
de maladie.
| Haut de la page |
Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
|