La maladie de Johne chez les ovins
Table des matières
- Introduction
- Répartition à l'échelle
mondiale
- Johne et les humains?
- L'agent
- La maladie clinique
- Propagation de la maladie dans le troupeau
- Autres méthodes de transmission
- Diagnostic
- Autres tests de diagnostic
- Contrôle et éradication
- Le coût de la maladie
- Prévenir l'introduction
- Alors que faisons-nous à partir d'ici?
- Pour de plus amples renseignements
Introduction
La maladie de Johne (prononcé yonee) est une maladie des ruminants,
caractérisée par le dépérissement et, en phase
terminale, par la diarrhée. Elle est causée par une bactérie
nommée Mycobacterium avium sous-espèce paratuberculosis.
La maladie de Johne est observée au Canada chez les bovins depuis
plusieurs décennies. Bien qu'elle ait été aussi observée
chez les ovins pendant de nombreuses années, nul n'est certain
de l'importance de son étendue ou des dommages précis qu'elle
cause à notre industrie ovine.
Répartition à l'échelle
mondiale
La maladie de Johne a été diagnostiquée chez les
bovins (laitiers et de boucherie), les chèvres, les cerfs (daims,
cerfs nobles, cerfs de Virginie et nombreuses autres espèces sauvages
et d'élevage), les lamas, les chameaux, et d'autres ruminants sauvages
(orignaux, chèvres sauvages des montagnes Rocheuses, bisons, antilopes,
mouflons d'Amérique) ainsi que chez les ovins. La maladie chez
les ovins a été observée partout en Amérique
du Nord et en Europe (y compris en Islande). Elle a été
une importante maladie infectieuse chez les ovins en Nouvelle-Zélande
pendant un certain nombre d'années, mais elle a seulement envahi
l'Australie depuis la dernière décennie, où elle
semble se propager rapidement. Des rapports d'infection expérimentale
d'espèces non ruminantes, telles que les souris et les lapins ont
mené à une hypothèse qu'il pourrait y avoir des non
ruminants réservoirs de maladie, particulièrement dans la
population de lapins au Royaume-Uni.
Johne et les humains?
Dans les dernières années, il y a eu aussi l'hypothèse
que M. avium sous-espèce paratuberculosis pourrait aussi être
liée à la maladie de Crohn chez les humains. Celle-ci est
une maladie caractérisée par l'ulcération de l'intestin
causant des douleurs extrêmes et la débilité. Bien
qu'elle soit une maladie auto-immune, des tests spéciaux qui détectent
l'ADN (tests de réaction en chaîne de la polymérase)
ont dépisté des signes indiquant la présence de l'organisme
chez certaines personnes atteintes de la maladie de Crohn. Toutefois,
à ce jour, la recherche n'a pas été confirmée,
et l'organisme n'a pas été prélevé chez les
cas humains. De plus, la maladie de Crohn a été observée
dans des parties du monde qui n'ont pas la maladie de Johne (p. ex. Australie-Occidentale).
Les discussions à ce sujet se poursuivent.
L'agent
Il y a trois souches principales de cette bactérie (différente,
mais liée à Mycobacterium avium sous-espèce avium,
une maladie chez les oiseaux et rarement chez les humains [avium tuberculosis]).
Il y a une souche bovine, une souche ovine et une souche intermédiaire.
Bien que les bovins soient vulnérables aux trois souches, ils ne
sont généralement pas infectés de la souche ovine.
Les ovins contractent normalement seulement la souche ovine, mais peuvent
aussi succomber à la souche intermédiaire. Les chèvres
contractent normalement la souche bovine.
La maladie clinique

La
maladie de Johne : Un véritable iceberg
La maladie de Johne dans un troupeau se comporte de façon très
semblable à un iceberg. La maladie qu'un berger peut observer dans
son troupeau représente seulement une faible proportion des ovins
qui sont réellement contaminés. L'âge auquel la maladie
devient visuellement évidente (c.-à-d. dépérissement)
reflète probablement la quantité de contamination dans le
troupeau. Si les brebis sont âgées de deux ou de trois ans
lorsqu'elles deviennent malades (par contraste à l'âge de
quatre ans ou plus), cela indique qu'il y a une prévalence d'infection
assez élevée dans le troupeau, et donc une charge environnementale
importante de bactéries.
Les ovins peuvent être contaminés à tout âge,
mais s'ils le sont lorsqu'ils sont agneaux ou foetus, la maladie peut
alors se manifester dès l'âge de 18 mois. Un berger perspicace
peut remarquer rien de plus qu'une brebis qui semble un peu plus maigre
que le reste du troupeau. Parfois un autre agent physique, tel que l'agnelage
ou la mammite accélérera la première apparition d'une
maladie clinique plus grave. La brebis fait preuve d'apathie, est pâle
et très maigre, et environ 20 p. 100 des cas contractent la diarrhée.
La diarrhée indique que l'ovin est près de la fin et mourra
bientôt. Les ovins maigres sont habituellement éliminés
ou enterrés (s'ils meurent ou tombent en raison de faiblesse) plutôt
qu'autopsiés par un vétérinaire. Ainsi, la maladie
peut suivre son cours pendant de nombreuses années sans qu'elle
soit remarquée.
Une autopsie à ce point révélerait une importante
tuméfaction des ganglions lymphatiques de l'intestin, qui sont
remplis de la bactérie de Johne. Les changements intestinaux peuvent
être de faibles à modérés avec un épaississement
de la paroi intestinale. Souvent, les lésions sont assez subtiles,
et il faut l'oeil perçant d'un pathologiste exercé pour
en détecter les signes. Un grand nombre de producteurs et de bouchers
ne verront pas les lésions.
La difficulté à diagnostiquer la maladie est la raison
pour laquelle plusieurs cas se produisent souvent dans le troupeau avant
que la maladie ne soit détectée. Par ce temps, l'environnement
et plusieurs générations d'ovins ont été exposés
à la bactérie, et ce, en grandes doses.
La maladie de Johne peut aussi être prise par erreur pour d'autres
maladies qui causent le dépérissement. De mauvaises dents
en raison de la perte d'incisives (bouche brisée) ou une usure
irrégulière des molaires et une gingivite peuvent causer
des pertes considérables de poids. La maedi-visna peut causer le
dépérissement. Les parasites peuvent entraîner même
une brebis adulte, et la diarrhée embrouillera davantage le diagnostic.
Des abcès internes en raison de la lymphadénite caséeuse
peuvent aussi causer le dépérissement, en plus de quelques
autres signes cliniques. Naturellement, une alimentation faible périodique
(p. ex. pâturage ou foin maigres) ou une concurrence excessive peut
amener le producteur à chercher à justifier la maigreur
de certaines brebis.
Propagation de la maladie dans le troupeau
Généralement, les ovins sont contaminés en mangeant
des aliments contaminés par des matières fécales.
La bactérie envahit l'intestin et les ganglions lymphatiques intestinaux
où elle s'établit et entrave l'absorption d'éléments
nutritifs, d'où la perte de poids. Cependant, cette progression
prend de deux à sept ans pour s'achever, dépendant du nombre
de bactéries qui contaminent l'ovin et l'âge de l'ovin au
moment où il est contaminé.
Lorsqu'ils sont initialement contaminés, les ovins n'excrètent
pas la bactérie. Cette période de grâce peut être
aussi courte qu'une année ou aussi longue que cinq années,
mais elle est souvent d'une durée de deux à trois ans. Éventuellement,
l'infection progresse au point où la bactérie est excrétée
dans les excréments, bien que l'ovin semble toujours en santé
et productif. Cette période d'excrétion bactérienne
sans maladie clinique peut durer un an ou plus. Un animal excréteur
contaminé peut, temporairement, être la brebis la plus productive
du troupeau.
Les bactéries ont une paroi de cellule très épaisse
et peuvent survivre dans l'environnement pour peut-être aussi longtemps
qu'une année. Elles ont une résistance aux désinfectants
et au séchage par le soleil. Les ovins contaminés sur le
lieu de pâture contamineront ce lieu de pâture utilisé
par d'autres animaux au pâturage. Les ovins contaminés dans
une bergerie peuvent déféquer dans les nourrisseurs ou les
abreuvoirs. Les agneaux nés dans ces milieux contaminés
sont plus exposés à l'infection. Des pis sales et des fragments
de laine, des enclos de ferme, les litières, etc. sont tous des
foyers d'infection pour l'agneau curieux. Le labourage de la terre du
lieu de pâture contaminé affaiblira les bactéries
et aidera à les tuer. Un couvert de neige favorisera leur survie
alors que la lumière du soleil, le séchage ou l'exposition
au froid intense réduiront le nombre de bactéries. Les désinfectants
doivent être efficaces contre les mycobactéries afin de l'être
contre la bactérie de Johne. Peu de désinfectants fonctionnent
bien s'ils sont utilisés en présence de matière organique.
Autres méthodes de transmission
Pendant la grossesse
Bien que la maladie de Johne soit principalement une maladie de l'intestin,
durant les stades avancés de la maladie, l'agent peut se propager
dans tout le corps. Les ftus sont très vulnérables
à l'infection lorsqu'ils sont encore dans l'utérus. Les
agneaux peuvent être nés contaminés (chez les bovins,
jusqu'à 60 p. 100 des veaux nés de vaches dont la maladie
est à un stade avancé, étaient contaminés),
et ces animaux peuvent contracter la maladie clinique à un âge
précoce. Cela signifie que même le fait de retirer les agneaux
à la naissance ne garantira pas l'absence d'infection si la mère
est contaminée. Le lait et le colostrum ont parfois de petits nombres
d'organismes présents, mais on ne connaît pas l'importance
du lait en tant que foyer d'infection.
Semence
Chez les bovins, la bactérie a été isolée
de la semence des taureaux dont la maladie de Johne est à un stade
avancé. À ce jour, il n'y a aucun rapport d'infection d'une
vache ou d'un veau ayant été contaminé par la semence
contaminée, bien que les taureaux soient triés dans les
unités d'IA. Un taureau contaminé dans une ferme est plus
susceptible de contaminer d'autres animaux par la contamination de l'environnement
que par une semence contaminée. Chez les ovins, le risque est probablement
faible, particulièrement avec l'utilisation de l'IA puisque la
semence est diluée.
Embryons
Les embryons sont exempts de la bactérie de Johne. Dans un troupeau
gravement contaminé, la récolte des embryons peut fournir
une des meilleures occasions pour la conservation de génétique
importante, même si la brebis ou le bélier donneurs sont
grandement malades.
Diagnostic
Examen direct
Le premier diagnostic est souvent fait au moment de l'autopsie. Tel que
mentionné auparavant, les ganglions lymphatiques intestinaux se
tuméfient, et la paroi intestinale peut paraître épaissie.
Les signes chez les ovins sont plus subtils que chez les bovins, chez
lesquels le gros intestin s'épaissit de façon assez importante
et devient ondulé comme du carton. Les bactéries peuvent
être colorées et observées à l'aide d'un microscope.
Parfois, la bactérie peut être observée dans un frottis
fécal, particulièrement chez les animaux qui ont atteint
le stade de diarrhée. Cependant, pour faire un diagnostic, un grand
nombre de bactéries doivent être observées, et des
tests de suivi doivent être effectués.
Culture bactérienne
Cette méthode ne connaît pas beaucoup de succès chez
les ovins. Chez les bovins et les chèvres, la bactérie peut
faire l'objet d'une culture environ 60 p. 100 du temps lorsqu'elle est
présente dans les fèces. Cependant, la bactérie croît
très lentement et prend de 4 à 16 semaines pour croître.
Cela signifie que des résultats négatifs prennent au moins
4 mois, et puis un résultat négatif peut seulement signifier
un échec de la croissance ou que l'animal en est encore dans les
premiers stades de la maladie. La situation chez les ovins est encore
pire. Les laboratoires de diagnostic en Amérique du Nord et ailleurs
semblent incapables de faire croître la bactérie avec un
degré de succès quelconque. La sensibilité de la
culture bactérienne chez les ovins même lorsqu'ils présentent
la maladie clinique grave est de seulement 8 p. 100 (8 animaux sont positifs
par culture sur 100 excréteurs). Il en résulte que nous
n'essayons même pas de faire une culture bactérienne chez
les ovins.
Test sérologique
Un grand nombre de tests sérologiques sont utilisés pour
détecter des anticorps à M. avium sous-espèce paratuberculosis.
Le test le plus communément utilisé chez les ovins est une
épreuve d'immunodiffusion sur gélose (IDG). Alors qu'un
test positif est généralement correct, les animaux dans
les premiers stades de la maladie ou dans les stades avancés auront
souvent des résultats négatifs. Cela signifie que l'épreuve
d'IDG désigne rarement un ovin en santé comme étant
contaminé (quelques faux positifs), mais peut faire une classification
erronée de nombreux ovins contaminés et les désigner
en santé (un grand nombre de faux négatifs).
Les ovins excrètent la bactérie dans les fèces pendant
de trois à neuf mois avant d'avoir un résultat positif à
l'épreuve d'IDG. La sensibilité des animaux subcliniques
est inférieure à 30 p. 100 (3 sur 10 animaux contaminés
classés comme étant contaminés) et de seulement 50
p. 100 (5 sur 10 animaux contaminés classés comme étant
contaminés) chez les animaux atteints cliniquement. Les animaux
dont la maladie est à un stade avancé perdent parfois la
capacité de réagir aux maladies en raison de la débilité.
Un grand nombre de tests ELISA (dosage immunoenzymatique) ont été
élaborés dans le but d'améliorer la capacité
du test à détecter les animaux malades. Cependant, des animaux
contaminés se faufilent encore, et parfois des animaux contaminés
avec l'espèce Mycobacterium non pathogène auront des résultats
positifs, ce qui embrouille davantage la situation.
Autres tests de diagnostic
Les sondes d'ADN sont des tests de diagnostic qui détectent un
ADN particulier. Les organismes vivants n'ont pas à être
présents, seuls les résidus d'ADN. La spécificité
peut être assez bonne avec ces tests, c.-à-d. qu'il n'y a
pas de réaction croisée avec d'autres types d'ADN, et la
sensibilité peut être variable. Lorsque des sondes d'ADN
pour M. avium sous-espèce paratuberculosis sont utilisées
dans les fèces, approximativement de 1 000 à 10 000 bactéries
par gramme de fèces sont requises pour détecter la bactérie
de façon fiable, comparativement à seulement 100 bactéries
par gramme pour la coproculture (données relatives aux bovins).
On ne connaît pas l'efficacité de ce test chez les ovins,
mais il peut aider à détecter les cas pré-sérologiques
positifs. L'inconvénient réside dans le fait que ce ne sont
pas tous les laboratoires de diagnostic vétérinaires qui
possèdent l'équipement adéquat, et le test est coûteux.
Il y aussi des tests qui détectent l'immunité à
médiation cellulaire (par opposition aux anticorps). Un des tests
est un test cutané utilisant l'hypersensibilité retardée,
comme le test cutané de dépistage de la tuberculose utilisé
chez les humains. Le second test est une épreuve de stimulation
lymphocytaire. Le test d'hypersensibilité retardée connaît
des problèmes relativement à la réaction croisée
avec d'autres espèces M. avium qui ne sont pas pathogènes.
Un type de test de stimulation lymphocytaire (appelé épreuve
d'interféron gamma) est en cours d'étude comme test commercial
pour les bovins, mais n'a pas encore été évalué
pour les ovins. Chez les bovins, la sensibilité semble être
entre 70 et 94 p. 100 avec une excellente spécificité (presque
100 p. 100). Bien qu'il y ait un grand nombre de tests de diagnostic disponibles,
ils présentent tous d'importants désavantages, ce qui rend
difficile la détection précoce fiable d'animaux contaminés.
Contrôle et éradication
Tous les programmes de ce genre sont fondés sur la capacité
de détecter et de retirer les animaux malades et de prévenir
la propagation de la maladie au sein du troupeau. Comme vous pouvez le
constater, cela est difficile avec la maladie de Johne en raison de la
faible précision des tests de diagnostic. Jusqu'au printemps de
1995, le gouvernement canadien avait un programme d'éradication
volontaire fondé sur les tests sérologiques. Il a été
abandonné pour de nombreuses raisons, mais principalement parce
que le programme ne disposait pas d'outils de diagnostic adéquats.
Depuis l'été de 1997, la maladie de Johne n'est pas une
maladie à déclaration obligatoire, c.-à-d. que le
gouvernement ne s'occupe pas de la déclaration, du contrôle
ou de l'éradication de cette maladie. Les estimations de prévalence
sont donc faibles et sont limitées au nombre de diagnostics d'autopsie
positifs dans les laboratoires de diagnostic provinciaux.
Puisque les producteurs d'ovins soumettent rarement les brebis maigres
à une autopsie, choisissant au lieu de les commercialiser et d'empocher
jusqu'à 60 $ pour une brebis de réforme, de nombreux diagnostics
sont négligés. Les troupeaux que l'on sait contaminés
auront probablement une prévalence de maladie élevée.
Cela rend l'idée de l'éradication assez intimidante.
Les programmes sont généralement fondés sur des
tests sérologiques annuels ou semestriels (normalement IDG) sur
tous les ovins âgés de plus de 12 mois. Les ovins positifs
sont immédiatement envoyés à l'abattage et les descendants
sont commercialisés. Aucun animal ne devrait être vendu lorsqu'il
y a un risque de les vendre pour un élevage souche (p. ex. ventes
aux enchères). Le troupeau doit demeurer fermé afin d'éviter
la réintroduction de la maladie. Souvent, entre trois et cinq tests
annuels négatifs sont requis avant que le troupeau soit déterminé
comme présentant un faible risque de maladie. Dans un troupeau
de 100 brebis adultes âgées de plus de 12 mois, à
5 $/échantillon (un prix minimum) plus les coûts pour saigner
l'ovin (probablement pas moins que 150 $), les coûts annuels de
sérologie à eux seuls seront de 650 $.
Le coût de la maladie
Le coût de la maladie n'est pas bien défini, car il varie
selon le type de troupeau (race pure contre commerciale ou laitière
contre viande de boucherie), mais un montant estimé d'environ 90
$ par cas clinique a été rapporté. Cela semble peu
pour un troupeau de race pure si les ventes d'écoulement sont perdues
en raison de l'état pathologique du troupeau. Des cas de bovins
ont été estimés à 2 500 $US par cas clinique.
Prévenir l'introduction
Puisque l'éradication est un processus long, difficile et coûteux,
il est préférable de prévenir l'introduction de la
maladie dans le troupeau. Comment cela se produit-il? Presque toujours,
cela se produit par l'achat de reproducteurs, soit un bélier ou
des brebis de remplacement. Les pâturages collectifs de pacage pour
ovins pourraient aussi être contaminés. Le fumier des ruminants
d'autres fermes épandu sur les pâturages ou sur les champs
de foin est un foyer potentiel d'infection, bien que cette pratique soit
inhabituelle. Les ruminants sauvages peuvent être une source, mais
cela n'a pas été documenté. Un bélier de race
pure d'un troupeau contaminé d'élevage souche excrétant
la bactérie pourrait se reproduire avec succès pour une
saison ou même deux avant de succomber à la maladie, mais
son héritage sera laissé au sein du troupeau. La maladie
de Johne pourrait ne pas être diagnostiquée dans ce troupeau
pendant une période pouvant aller jusqu'à cinq ans, par
quel temps la source pourrait avoir été oubliée.
Il n'y a actuellement aucun programme national ou provincial pour certifier
les troupeaux exempts de la maladie de Johne. Cela signifie que l'éducation
représente notre meilleur outil contre cette maladie. Une biosécurité
améliorée, qui inclut la fermeture du troupeau ou l'achat
auprès de producteurs réputés de reproducteurs, qui
répondront de la santé de leur troupeau, est un premier
pas pour ralentir la propagation de cette maladie. Des pays comme l'Australie
sont aux prises avec la possibilité d'un abattage intégral
des troupeaux contaminés. L'Amérique du Nord n'a pas de
vaccin, mais des pays contaminés de façon endémique,
comme la Nouvelle-Zélande, se fient sur la vaccination pour contrôler
les pertes causées par la maladie clinique et sont à décider
s'ils maintiennent la déclaration obligatoire de la maladie. Les
États-Unis sont préoccupés par le contrôle
interne, mais il y a d'énormes variations d'un État à
un autre en ce qui concerne le contrôle et l'éradication.
En ce moment, il est surtout avisé de se conduire en acheteur averti,
comme c'est le cas ici au Canada, bien que certains producteurs auxquels
ont été vendus des bovins contaminés tâtent
le terrain quant à la responsabilité.
Alors que faisons-nous à partir d'ici?
Il y a des producteurs d'élevage source d'ovins contaminés
au Canada et aux États-Unis. Aucun programme n'identifie ces producteurs
ou ne protège d'autres producteurs contre l'achat de stocks contaminés.
Il ne tient qu'à l'industrie de se préoccuper relativement
à la maladie de Johne et à d'autres maladies contagieuses
silencieuses qui peuvent priver un troupeau de sa productivité
et qui peuvent être acquises dans des ovins apparemment en santé.
Pour empêcher la propagation de cette maladie ainsi que d'autres
maladies, nous devons mettre l'accent sur l'éducation des producteurs,
une biosécurité améliorée et éventuellement
un programme qui peut certifier un troupeau comme présentant un
faible risque de maladie.