Longueur de la queue des ovins
Encore une fois, le débat entourant la longueur de l'ablation
de la queue des ovins refait surface. La queue a de nombreuses fonctions;
la queue à sa pleine longueur chez la brebis protégera le
pis contre le froid. Une Scottish Blackface sur la colline conserve toute
sa queue, car le berger sait que dans des conditions extrêmes où
la brebis élèvera son agneau, le pis nécessite une
protection contre le froid et une mammite possible. Très souvent,
lorsqu'un ovin défèque, il secouera la queue pour répandre
les excréments.
Cependant, qu'arrive-t-il si la queue est laissée longue dans nos
pâturages luxuriants? Les selles molles s'amassent sous la queue,
y faisant un lieu idéal pour la myiase. Les mouches déposent
leurs oeufs dans la masse fécale et autour de celle-ci, les oeufs
éclosant en asticots qui attaqueront la chair sous la queue, et
qui entreront même dans le rectum et le vagin. Un agneau avec la
myiase n'est pas beau à voir, et il mourra très probablement.
Toutefois, le fait d'enlever complètement la queue pour empêcher
la myiase présente aussi des problèmes. Certes, certains
prolapsus du rectum peuvent être d'origine génétique,
mais un grand nombre sont le résultat de cette ablation de la queue.
Le problème réside dans l'anatomie de la région;
l'anus et la vulve sont maintenus fermés par les muscles sphincters,
muscles circulaires autour de ces orifices, qui se relâchent pour
laisser passer les selles et l'urine. Pour être puissant, tout muscle
doit être fixé à un os du squelette; ces muscles ont
deux insertions à la face inférieure des os de la queue.
Une s'étend vers l'avant, et l'autre vers l'arrière le long
de la queue. Lorsque la queue est coupée courte, l'insertion du
muscle arrière est enlevée, ce qui affaiblit ces muscles.
La faiblesse peut ne pas être apparente immédiatement, mais
très souvent un ovin sans queue retournera le rectum au moment
d'expulser des selles. Éventuellement, le rectum ne reviendra pas
complètement à sa position normale, ce qui mènera
au prolapsus. À la fin des années 1980, la mode était
aux ovins sans queue, et il y avait un problème significatif avec
les agneaux en prolapsus dans la station d'essais. Lorsque les queues
étaient laissées plus longues, le problème disparaissait.
Chaque année au moment de l'agnelage, il y a des questions sur
les brebis en prolapsus durant le dernier mois de gestation. Dans de nombreux
cas, un facteur contribuant est une ablation courte et la perte de la
moitié de l'insertion du muscle. Dans le dernier mois de gestation,
les muscles du bassin, incluant le muscle de retenue du vagin et le muscle
sphincter de la vulve, relâchent sous l'influence du changement
hormonal en préparation de l'agnelage. Un muscle de la vulve déjà
faible est affaibli davantage par ces changements hormonaux; le résultat
est un prolapsus du vagin. Naturellement, les prolapsus se produiront
chez les brebis ayant des queues plus longues en raison d'autres facteurs,
tels qu'une carence en sélénium à ce stade de la
gestation.
Chaque méthode de caudectomie, soit l'anneau de caoutchouc, le
couteau, la méthode Burdizzo accompagnée du couteau, produira
les mêmes résultats si elle est effectuée correctement
et avec soin . En ce moment, la région recommandée est au
bout du filet au-dessous de la queue. Comme cela peut laisser une queue
trop courte chez la brebis adulte, on travaille actuellement à
la détermination de l'emplacement adéquat.
La recommandation du code de pratique d'amputer la queue à la lèvre
inférieure de la vulve chez les agnelles, et sous le rectum chez
le bélier est un compromis entre aucune caudectomie, avec le risque
de myiase, et une caudectomie complète avec la possibilité
d'un prolapsus rectal et/ou vaginal. Cette recommandation a été
acceptée par le comité qui se compose de producteurs, de
vétérinaires et de membres de la société de
protection des animaux, et qui reçoit des commentaires des associations
d'ovins provinciales. Ce compromis abordait aussi les préoccupations
du mouvement de protection des animaux à l'effet que la caudectomie
était une mutilation non nécessaire. La question demeure
donc, pourquoi continuer à amputer la queue de façon très
courte ou à enlever complètement la queue lorsque la longueur
de compromis satisfait aux besoins sanitaires de l'ovin?