Soyez de ceux qui luttent contre la résistance
aux antibiotiques!

Introduction

Quel peut bien être le lien entre les moutons, la résistance aux antimicrobiens (RA) et vous? Rappelons-nous à quel point le monde a été transformé après le développement commercial des antibiotiques, qui sont la forme la plus répandue d’antimicrobiens. Les gens ne mouraient plus d’infections ordinaires. Pourtant, quatre ans seulement après l'introduction de la pénicilline, en 1943, certaines souches de bactéries présentaient déjà une certaine résistance.

En quoi cela concerne-t-il votre famille?

Entre 1979 et 1987, seulement 0,02 pour cent des souches de bactéries pneumococciques détectées dans les hôpitaux étaient résistantes à la pénicilline. En 1994, 6,6 pour cent de ces souches étaient devenues résistantes. En 1992, les États-Unis ont signalé que 13 300 patients hospitalisés étaient décédés des suites d’infections par des bactéries résistantes aux antibiotiques. Les médecins estiment que 70 % des infections contractées par les malades hospitalisés sont résistantes à au moins un antibiotique. Les bactéries résistantes à plus d'un antimicrobien sont parfois désignées, dans les médias, sous le nom de « superbactéries ». Les bactéries pathogènes (qui causent des maladies) multirésistantes sont difficiles à combattre chez les humains et les animaux.

Bon nombre de chercheurs considèrent que les infections, chez les humains et les animaux, causées par des bactéries résistantes aux antimicrobiens ainsi que la contamination de la nourriture, de l’eau et de l’environnement par ces bactéries résistantes constituent un problème majeur. Dans le cadre d’une conférence sur la résistance antimicrobienne, parrainée par le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) cet automne, certains conférenciers ont signalé que les antimicrobiens utilisés comme facteurs de croissance ou pour traiter les animaux étaient aussi utilisés en santé humaine. Ces antimicrobiens favorisent un processus de sélection des bactéries en fonction de la résistance croisée, entraînant ainsi l’apparition d’une résistance aux antimicrobiens utilisés en santé humaine. Les microbiologistes continuent de démontrer que des bactéries résistantes se transmettent des animaux aux humains, ce qui complique beaucoup le traitement des infections. Les cliniciens ont observé une augmentation de la résistance des pathogènes responsables des zoonoses (maladies qui se transmettent des animaux aux humains) qui infectent les humains par la chaîne alimentaire ou par contact direct avec les animaux infectés. On ne connaît pas encore vraiment les répercussions de l’utilisation des antibiotiques sur la santé générale des travailleurs et exploitants agricoles, de leur famille et du bétail. Certains souhaitent entreprendre des recherches auprès de familles agricoles afin de vérifier si les populations qui sont le plus en contact avec des antibiotiques présentent des taux d'échec plus élevés aux traitements antibiotiques. Les scientifiques savent toutefois que les agriculteurs peuvent être colonisés par des bactéries résistantes aux antibiotiques qui sont utilisés à la ferme.

Luttons contre la résistance!

La résistance aux antibiotiques est partout : à la ferme, autour de la maison et dans la collectivité. La plupart des conférenciers ont fait remarquer que les agriculteurs ne sont pas les « méchants » dans cette histoire. En fait, la majorité considère que ce sont les médecins qui ont abusé des ordonnances d’antibiotiques par le passé qui ont le plus contribué à la résistance antimicrobienne. Les programmes qui incitent les médecins et leurs patients à utiliser judicieusement les antibiotiques ont grandement contribué à réduire l’utilisation abusive de ces derniers. Souvent, on prescrivait des antibiotiques aux personnes atteintes d'infection virale. On estime que 90 % des rhumes et des grippes sont causés par des virus, et les antibiotiques ne sont pas efficaces contre les virus...Alors, ne demandez pas des antibiotiques au médecin lorsque vous avez un rhume.

Que pouvons-nous faire?

  1. Prendre tous les comprimés d’antibiotiques prescrits. Certaines personnes cessent de prendre les comprimés lorsqu’elles se sentent mieux. On croit que l’apparition de souches résistantes est moins risquée lorsqu’on prend tous les comprimés prescrits et pour toute la durée recommandée.
  2. Les antibiotiques non utilisés à la maison ou à la ferme doivent être éliminés de manière à ne pas contaminer l’environnement. Certaines pharmacies offrent des programmes de retour de médicaments non utilisés et certains vétérinaires acceptent de reprendre les produits non utilisés qu’ils ont vendus. Pour se défaire d’antimicrobiens, les apporter à un lieu d’élimination de déchets dangereux.
  3. Lire toutes les directives de l’étiquette avant l’utilisation. Si les animaux sont malades et que le producteur en ignore la cause exacte, il est recommandé de consulter un vétérinaire. Toujours respecter la posologie, les directives d'entreposage, les périodes de retrait et les méthodes de manutention recommandées.
  4. Appliquer les règles de biosécurité. Si les animaux ne sont pas malades, il est inutile de les traiter. Discuter du programme de vaccination avec le vétérinaire.
  5. Suivre le cours sur les médicaments pour le bétail qui est offert de temps à autre.
  6. Ne pas contaminer l’environnement avec les eaux de ruissellement du fumier, des carcasses d'animaux morts ou des produits qui contiennent des antimicrobiens. Dresser un plan agroenvironnemental et le respecter.
  7. Dans la maison, préparer les aliments en respectant les règles d’hygiène. Cuire entièrement les aliments. Les produits domestiques qui contiennent de faibles quantités d’antibiotiques peuvent sembler rassurants pour les consommateurs, mais en fait ils contribuent à accroître la résistance antimicrobienne.
  8. L’an prochain, une vidéo sur la résistance antimicrobienne et la manière de la freiner sera offerte par le MAAARO ; la vidéo sera accompagnée d’une présentation. Le club ovin pourra emprunter la vidéo ainsi que la présentation et les producteurs seront en mesure de découvrir les techniques de gestion qui sont utilisées pour réduire l'utilisation des antibiotiques à la ferme.


Auteur : Craig Richardson - /Spécialiste des soins aux animaux/MAAARO
Date de création : 1 mars 1998
Dernière révision : 1 mars 1998

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