Empoisonnement chronique au cuivre chez les ovins
| Auteur : |
Dr S. John Martin
- Consultant en santé des ovins, caprins et porcins/MAAO
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| Date de création : |
01 Novembre
1998 |
| Dernière révision : |
01 Novembre
1998 |
Comment se produit l'empoisonnement chronique au cuivre (ECC)? Les
ovins sont les animaux domestiques les plus prédisposés
à l'ECC. Ils absorbent le cuivre du régime en fonction
de la quantité de cuivre offerte et non en fonction des besoins
du corps comme c'est le cas de l'absorption d'autres minéraux.
Tout cuivre supplémentaire absorbé est entreposé
dans les cellules du foie, atteignant éventuellement des niveaux
toxiques. Un taux dans le foie excédant 500 ppm, poids sec,
est généralement considéré toxique. Cet
entreposage dans le foie peut prendre des mois ou même des années
avant d'atteindre un niveau toxique. L'élimination du cuivre
du corps par les reins est lente.
Même dans ce cas, un stress est nécessaire pour libérer
du cuivre. Ce stress peut être le climat, une mauvaise nutrition,
le transport ou la manipulation. Les cellules du foie se rompent,
libérant le cuivre dans le courant sanguin. Il y a des propositions
à l'effet qu'un excès de cuivre dans le foie peut causer
la mort et la rupture des cellules du foie. Une fois que le cuivre
est dans le courant sanguin en concentration suffisante, il cause
l'hémolyse, une lyse des globules rouges. Jusqu'à 60
p. 100 des globules rouges circulant dans le sang peuvent être
endommagés. Leur hémoglobine est libérée
dans le sérum pour être convertie en méthémoglobine,
une forme de l'hémoglobine qui ne peut transporter l'oxygène
aux tissus. À ce point, un ovin est anémique, a des
muqueuses très pâles et fait preuve de léthargie.
Les membranes visibles jaunissent rapidement alors que la jaunisse
(ictère) se répand dans tout le corps. À l'autopsie,
tous les tissus d'un ovin victime d'un ECC sont de couleur jaune pâle
à jaune foncé. Les reins sont très foncés,
et l'urine a une couleur sanglante. Si l'hémolyse est massive,
l'ovin peut mourir sans montrer aucun signe de jaunisse.
Une fois le diagnostic confirmé, la question est la suivante
« comment cela s'est-il produit »? Souvent par erreur,
du cuivre supplémentaire a été ajouté
aux aliments au moment du mélange; les agneaux orphelins ont
reçu une alimentation complémentaire pour veaux qui
contenait du cuivre. Il y a aussi des sources moins évidentes.
Un cas récent en Ontario s'est produit par le partage d'un
mélange de minéraux personnalisé dans deux exploitations.
Ce minéral avait été enrichi avec du cuivre en
raison d'un diagnostic d'ataxie enzootique, une carence en cuivre,
chez les agneaux néonates de l'exploitation d'origine. Un voisin
a pensé qu'un tel mélange aiderait son troupeau et a
décidé de commander le même mélange du
moulin. Heureusement, le conseiller en production ovine a aperçu
la mention de cuivre supplémentaire sur « l'étiquette
» du sac de minéraux et a fait retirer le mélange
de minéraux avant que tout symptôme n'apparaisse. Comme
le cuivre entreposé dans le foie doit être éliminé,
les granules de concentré contiennent maintenant du molybdène
supplémentaire pour ralentir l'absorption du cuivre en provenance
de l'intestin et permettre l'élimination du corps de l'excès
de cuivre.
L'absorption du cuivre à partir des herbages consiste en une
interaction complexe entre le cuivre, le molybdène, le sulfate,
possiblement d'autres minéraux et les plantes fourragères
elles-mêmes. La teneur en cuivre normale dans une plante est
de 10-20 ppm, poids sec. Si la teneur en molybdène est supérieure
à 1 ppm, le cuivre n'est pas absorbé à des niveaux
toxiques. Une teneur élevée en sulfate dans le sol réduit
la disponibilité du molybdène en le liant comme sulfate
de molybdène. Dans un cas récent où le diagnostic
était l'ECC, la teneur en cuivre dans les herbages était
de 8 ppm, mais celle en molybdène était seulement de
0,5 ppm. Les jeunes plantes en croissance ont tendance à avoir
une teneur en molybdène moindre que les plantes adultes.
Dans un cas signalé, la source de la teneur élevée
en cuivre dans les herbages a été retracée à
l'épandage de fumier de porc pour fertiliser un pâturage
d'ovins. Le lisier de porc contenait 85 ppm de cuivre, provenant des
taux de cuivre alimentaire normaux dans les aliments pour les porcs.
Le sol et les herbages avaient tous les deux une teneur élevée
en cuivre, ce qui a mené à la mort inexpliquée
d'un certain nombre de brebis au cours des sept années où
ce lisier a été utilisé.
Que devriez-vous faire si vous soupçonnez un empoisonnement
chronique au cuivre? Premièrement, faire confirmer votre diagnostic
par votre vétérinaire ou laboratoire de diagnostic local.
Chercher toutes les sources évidentes de cuivre. Analyser la
teneur en cuivre dans tous les aliments préparés; se
demander si une erreur dans l'alimentation a été commise,
particulièrement dans une exploitation mixte d'ovins et de
bovins. Faire vérifier la teneur en cuivre et en molybdène
dans vos plantes et foins de pâture. Essayer d'éviter
l'épandage de fumier de porc sur le foin ou les lieux de pâture
d'ovins.
Normalement, seulement quelques animaux meurent, mais les survivants
nécessitent un traitement immédiat. Le fait de leur
donner du molybdène pendant une période prolongée
freinera l'absorption du cuivre en provenance des intestins et permettra
la lente élimination du cuivre entreposé dans le corps.
Votre vétérinaire pourra vous conseiller quant à
la dose et au traitement préférable pour votre troupeau.
Le nombre de globules rouges revient rapidement à la normale
dès que de nouvelles cellules sont produites dans la moelle
osseuse.
Trouver la source du cuivre dans un cas d'ECC peut souvent représenter
une investigation très décourageante et prolongée.
Obtenir un diagnostic précis et commencer le traitement sont
les premières tâches à effectuer. Une fois que
les ovins reçoivent le molybdène supplémentaire,
ils sont protégés contre une absorption excessive de
cuivre, alors vous pouvez chercher la source.
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