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Sevrage
précoce des agneaux
Table des matières
- Introduction
- Pourquoi hâter le sevrage?
- Conduite du sevrage
- Alimentation complémentaire
- Règles élémentaires
pour un sevrage précoce
- Étapes du sevrage
- Préparation de la brebis au sevrage
par le rationnement
- Tarissement des brebis
- Infections à Clostridium
Introduction
Le sevrage est la pratique qui consiste à mettre fin au régime
lacté du jeune animal - qu'il s'agisse de l'allaitement naturel
assuré par la mère ou une mère adoptive ou de l'allaitement
artificiel - pour passer à un régime à base de
fourrages et de grain. Le terme « sevrage précoce »
est relatif, mais désigne en général un sevrage
qui intervient à partir de l'âge de 21 jours. Comme toute
pratique d'élevage s'accompagnant d'un bouleversement soudain
de la structure sociale (séparation de la brebis et des agneaux)
ou d'un changement brusque de régime alimentaire et de milieu,
le sevrage est une période très éprouvante pour
l'animal et représente une étape critique pour la bonne
santé et la conduite générale du troupeau.
Pourquoi hâter le sevrage?
L'éleveur ovin doit décider du moment du sevrage en fonction
de facteurs objectifs. Dans le cas d'agneaux élevés sous
la mère (naturelle ou adoptive), son but peut être d'atténuer
le stress de la lactation chez les brebis ou d'aider les brebis prolifiques
à élever leurs portées. Le sevrage précoce
peut être un facteur important dans les troupeaux où l'on
pratique la mise à la reproduction accélérée,
car il permet aux brebis d'être rapidement fécondables
à nouveau. La décision de pratiquer le sevrage précoce
peut être prise quand les ressources en pâturage sont restreintes
et que l'on a du grain à prix modique à servir aux agneaux,
ce qui peut améliorer la performance et de l'agneau et de la
brebis. Dans d'autres situations encore, le sevrage peut être
fait avant la mise en marché lorsque les ressources en pâturage
sont favorables à la finition à l'herbe des agneaux.
Dans les élevages pratiquant l'allaitement artificiel, les principaux
facteurs qui motivent le sevrage précoce sont en général
la main-d'oeuvre et le coût associés à la distribution
du lait de remplacement, comparativement à la facilité
et au coût abordable de l'affouragement avec des aliments solides.
Dans le cadre d'un programme mené au Centre de recherches zootechniques
d'Ottawa, les chercheurs ont calculé que les agneaux sevrés
à 35 jours avaient consommé 18 kg de poudre de lait artificiel,
tandis que les agneaux sevrés à 21 jours n'en avaient
consommé que 8 kg par animal (en 21 jours, la quantité
de lait artificiel consommée est inférieure à la
moitié de celle qui est nécessaire aux animaux allaités
jusqu'à 35 jours, quelles que soient les doses exactes utilisées
et les différents produits). Les agneaux sevrés à
21 jours ont accusé, dans un premier temps, un ralentissement
de la croissance plus sévère que les animaux sevrés
plus tard. Or, cet inconvénient est compensé par la diminution
du coût et le rétablissement rapide des animaux. Il est
vrai que les agneaux prennent du poids plus vite quand ils sont élevés
au lait et/ou à l'aliment d'allaitement que lorsqu'ils sont sevrés
de bonne heure, mais encore faut-il que la brebis continue de produire
le lait qui leur est nécessaire. Quoi qu'il en soit, ce gain
au niveau de la croissance revient souvent cher et doit être mis
en balance avec d'autres facteurs. Le raisonnement concernant les différents
âges du sevrage est résumé au tableau
1.
Tableau 1. Les différents âges
du sevrage et l'effet du sevrage à ces âges sur les contraintes
de production des agneaux et autres facteurs
| Âge du sevrage |
Contrainte de production |
Avantages |
Inconvénients |
| Allaitement artificiel |
Réduction des coûts, de la main-d'oeuvre |
Adaptation à l'aliment solide, stress |
| Allaitement artificiel |
Croissance rapide |
Coût, main-d'oeuvre |
| Intervalle d'agnelage |
Préparation à la saillie |
Lactation de la brebis |
| Qualité de la carcasse |
Finition au grain |
Faible indice de conversion alimentaire |
| S/O |
Régime à base de pâture, de fourrages |
Qualité de la finition |
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Conduite du sevrage
La meilleure façon de conduire le sevrage est de soustraire
l'agneau à sa source de lait, qu'elle soit une brebis ou un distributeur
de lait de remplacement. Or, cette opération peut mal se passer
si elle n'a pas été planifiée et réalisée
méthodiquement. Quand on laisse les agneaux dans le local et
au sein des groupes où ils se trouvaient durant leur allaitement,
les stress qu'ils subissent sont seulement ceux du changement de régime
et de la rupture des liens avec la brebis nourrice. Si en plus on transfère
les agneaux sevrés dans un nouveau milieu, leur stress s'accroît
d'autant. Il faut tenir compte de la grosseur de l'agneau, du stade
de lactation de la brebis (risque de mammite) et du degré d'accoutumance
au grain ou au fourrage pour évaluer la capacité de l'agneau
de se tirer d'affaire avec des aliments solides. En outre, il faut que
les aliments commerciaux pour agneaux soient minutieusement formulés
pour assurer la santé de l'animal ainsi que l'efficacité
alimentaire et la rentabilité économique.
Dans le cas du sevrage précoce, la capacité de l'animal
à manger suffisamment d'aliments solides est le facteur crucial.
Il faut se rappeler aussi que les aliments contenant de l'urée
ne doivent pas être servis aux agneaux dans les deux semaines
qui suivent le sevrage étant donné le développement
encore incomplet de leur rumen.
Alimentation complémentaire
On entend par alimentation complémentaire le fait de servir
un aliment de très grande qualité (titrant de 17 à
20 % de protéine brute - PB) que seuls les agneaux sont en mesure
d'atteindre. En général, cela suppose de diviser la loge
où vivent les agneaux et leurs mères par une cloison dans
laquelle on pratique des ouvertures qui ne laissent passer que les agneaux,
et non leurs mères. On peut s'arranger pour ménager des
ouvertures dont la dimension est réglable, entre 15 et 25 cm
(6 et 10 pouces), dans une barrière ou une cloison mesurant au
moins 50 cm (24 pouces) de hauteur de sorte que les brebis ne peuvent
la franchir en sautant. La figure 1 montre certains détails de
l'aménagement d'un passage pour agneaux dans une cloison. Un
modèle d'aliment complémentaire est donné dans
le tableau 2.
Tableau 2. Exemple d'aliment complémentaire
pour agneaux titrant 17,9% de PB. Des aliments complets de bonne qualité
sont vendus chez les détaillants et fabricants d'aliments du
bétail.
| Ingrédient |
% de la ration*
(tel quel) |
Transformation de l'ingrédient |
Apport de l'ingrédient |
|
35
|
aplatissage, mouture
|
énergie
|
|
35
|
aplatissage, mouture
|
énergie
|
|
8
|
aplatissage, mouture
|
énergie
|
|
5
|
aucune
|
protéine
|
|
11
|
aucune
|
protéine
|
|
6
|
(chauffage), mélange
|
appétabilité
|
|
a
|
aucune
|
vitamines, minéraux
|
|
b
|
mélange soigné
|
santé de l'agneau
|
*,**,a,b Voir les notes du tableau 3
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Règles élémentaires
pour un sevrage précoce
1. De l'eau propre et fraîche doit être à portée
des agneaux en permanence.
2. La distribution à volonté d'un aliment complémentaire
(titrant de 17 à 20 % de PB), avant le sevrage, facilite la transition.
3. Dans les élevages pratiquant l'allaitement artificiel, les
agneaux peuvent être sevrés à partir de l'âge
de 21 jours.
4. Au moment du sevrage, on doit servir une ration de très grande
qualité, riche en protéine (de 18 à 25 % de protéine).
Une certaine proportion de protéine d'origine animale ou autre
est nécessaire (p. ex. farine de poisson ou, à défaut,
produits à base de soya traités thermiquement).
5. Les céréales utilisées dans les rations des
agneaux sevrés tôt doivent avoir été partiellement
transformées (aplaties, concassées ou floconnées);
on peut cesser de transformer les céréales quand les animaux
atteignent un poids vif de 22 kg (50 lb).
6. La ration doit être extrêmement appétissante;
ceci est très important à ce stade de la vie de l'agneau,
plus qu'à tout autre. On peut y ajouter de la mélasse
pour réduire la poussière et le tri par les animaux et
pour améliorer l'appétabilité. Un aliment commercial
en granulés peut être envisagé pour réduire
le tri, mais les agneaux le consomment en général moins
volontiers que les rations à base de céréales aplaties
dont le goût est rehaussé par la mélasse.
7. L'urée (au cas où l'on en donne) ne doit pas être
servie dans les deux semaines qui suivent le sevrage, à moins
que les agneaux aient été sevrés tard et qu'ils
aient consommé suffisamment d'aliments solides pour que leur
rumen ait eu le temps de se développer (l'âge minimum est
de 35 jours).
8. La proportion de l'urée dans la ration (rapportée à
la matière sèche) ne doit pas dépasser 1 %; ne
servir que de l'urée fourragère.
9. Se conformer aux recommandations d'un programme d'alimentation établi
spécifiquement pour agneaux par un nutritionniste compétent.
10. On peut ajouter à la ration post-sevrage un ionophore qui
fera fonction de coccidiostatique (pour réduire le risque de
foyers de coccidiose chez les agneaux) et/ou d'optimiseur du rumen.
Étapes du sevrage
1. Mettre au point le protocole de sevrage, décider des dates
et préparer les locaux, de 14 à 21 jours avant le sevrage.
2. Veiller à ce que les animaux s'accoutument à l'aliment
complémentaire (qu'ils en absorbent l'équivalent de 1
% de leur poids vif (par ex. un agneau qui pèse 9 kg (20 lb)
doit consommer 9 x 0,01 = 0,09 kg (20 x 0,01 = 0,2 lb) d'aliment complémentaire).
3. Veiller à ce que les animaux apprennent à boire de
l'eau.
4. Supprimer le lait de remplacement ou séparer les agneaux d'avec
la brebis nourrice (sevrage).
5. Servir une ration riche en protéine (18 à 25 % de PB);
un exemple de ration est donné au tableau 3.
Tableau 3. Deux exemples de rations de sevrage
(données à partir du sevrage jusqu' à 14 jours
après le sevrage). La ration 1 contient 21,4% de PB, tandis que
la ration 2 en contient environ 18,5%. La ration 1 permet normalement
une meilleure performance, mais elle est plus compliquée (et
revient cher à fabriquer, selon la disponibilité des ingrédients).
| Ingrédient |
Ration 1*
% de la ration (tel quel) |
Ration 2*
% de la ration (tel quel) |
Transformation de l'ingrédient |
Apport de l'ingrédient |
|
30
|
41
|
aplatissage, mouture
|
énergie
|
|
30
|
36
|
aplatissage, mouture
|
énergie
|
|
5
|
-
|
aplatissage, mouture
|
énergie
|
|
9
|
-
|
aucune
|
protéine, énergie
|
|
5
|
-
|
aucune
|
protéine
|
|
5
|
5
|
aucune
|
protéine
|
|
10
|
12
|
aucune
|
protéine
|
|
6
|
6
|
(chauffage), mélange
|
appétabilité
|
|
a
|
a
|
aucune
|
vitamines, minéraux
|
|
b
|
b
|
mélange soigné
|
santé de l'agneau
|
* On peut se servir de ce pourcentage au moment de préparer
des lots d'aliment de 100 lb ou de 100 kg (p.ex. 35% d'orge = 35 kg
dans un lot de 100 kg). Bien que l'avoine soit recommandée dans
la ration, on peut la remplacer par de l'orge, à quantité
égale, sans modifier l'analyse de la ration. Il est conseillé
de réduire la proportion d'avoine quand la ration comporte du
foin, étant donné la haute tenuer en fibre du foin et
le risque de ballonnement. Le maïs peut également être
remplacé par l'orge; ce remplacement augmente marginalement la
teneur en PB et abaisse marginalement la teneur énergétique.
Par ailleurs, le maïs peut remplacer une partie de l'avoine ou
de l'orge de la ration : la teneur énergétique s'en trouvera
augmentée, mais la teneur en PB sera diminuée.
** La farine de poisson est une protéine coûteuse
et n'est donc pas souvent utilisée. Les teneur élevées
indiquées ici ont pour objet de donner à l'organisme de
l'animal une protéine de grande qualité facile à
digérer. La mélasse aide à en camoufler l'odeur.
a La ration doit être supplémentée
en vitamines et en minéraux. Si on utilise un prémélange,
choisir un minéral conçu pour les agneaux ou les moutons
(et non pour les bovins à viande ou laitiers) pour éviter
les complications du métabolisme des minéraux, par exemple,
la toxicité du cuivre. Au lieu supplément, on peut aussi
ajouter un sel enrichi d'oligo-éléments (TM 10) et un
mélange de vitamines A, D et E (10 000 UI de vitamine A par gramme),
à raison de 50 grammes par 100 kg d'aliment.
b Les spécialités thérapeutiques
peuvent être administrées aux agneaux, sur les conseils
du vétérinaire, par l'intermédiaire de l'aliment.
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Préparation de la brebis au sevrage
par le rationnement
Avant de séparer les agneaux des brebis nourrices, il faut prendre
un certain nombre de mesures pour que les brebis cessent de produire
du lait après le sevrage, car le lait qui reste dans le pis risque
de provoquer la mammite. Ce risque est particulièrement élevé
chez les races connues pour leur grande aptitude laitière (par
exemple, Rideau Arcott, Friesian, et certaines souches de Dorset et
de Suffolk). Dans les deux semaines précédant le sevrage,
on conseille de faire passer la brebis progressivement de la ration
riche en énergie qui lui est nécessaire au pic de lactation
(fourrages de qualité bonne à excellente complétés
par du grain) à une ration inférieure à celle dont
elle a besoin pour assurer son entretien, constituée d'une quantité
restreinte de mauvais foin ou de paille (digestibilité médiocre)
- pasde fourrage moisi. Ce régime pauvre en énergie sera
donné pendant deux ou trois jours avant le sevrage et sera maintenu
pendant un certain nombre de jours après (4 à 7). Dans
les élevages où les brebis sont traditionnellement difficiles
à tarir, on peut également recourir au rationnement en
eau. Il faut toujours donner de l'eau aux brebis chaque jour, mais en
quantité rationnée, sans libre accès. Ce rationnement
peut commencer un ou deux jours avant le sevrage et peut se prolonger
pendant 3 jours après le départ des agneaux. Le jour même
du sevrage, on peut ne donner aucune quantité d'eau.
Tarissement des brebis
1. Deux semaines avant le sevrage, commencer à diminuer la proportion
de grains de la ration.
2. Cesser totalement de donner du grain 9 jours avant le sevrage; en outre,
commencer à remplacer une partie du foin de deuxième coupe
par du foin de première coupe. Supprimer l'ensilage de la ration.
3. Sept jours avant le sevrage, supprimer complètement le foin
de deuxième coupe et les fourrages de légumineuses (trèfle,
luzerne, lotier).
4. Quatre jours avant le sevrage, commencer à donner de la paille
à la place d'une partie du foin mûr.
5. Deux jours avant le sevrage, donner seulement de la paille ou du foin
de graminées très mûr; commencer à rationner
l'eau.**
6. Sevrer les agneaux. Ne pas donner d'eau aux brebis.
7. Le jour suivant le sevrage, recommencer à donner de l'eau aux
brebis mais non à volonté.
8. Quatre jours après le sevrage, laisser de nouveau les brebis
boire à volonté et distribuer une ration moyenne de foin,
après avoir vérifié l'état du pis (s'il est
gonflé et dur, continuer de rationner l'eau et la nourriture et
vérifier qu'il n'y a pas de mammite).
9. Deux semaines après le sevrage, on peut commencer à préparer
les brebis en vue de la saillie.
** Faire preuve d'une extrême prudence quand il s'agit de rationner
l'eau, surtout s'il fait chaud. Par temps chaud, veiller à ce que
les brebis aient suffisamment d'ombre et d'eau pour éviter la déshydratation.
La meilleure méthode est de leur donner libre accès à
l'eau pendant une courte période seulement par jour et de s'assurer
que toutes les brebis peuvent se désaltérer.
Nota : La distribution d'aliments aux brebis doit être indépendante
de celle des agneaux - donner à ceux-ci un aliment auquel les brebis
ne peuvent accéder dans une subdivision de la loge ou, au pâturage,
dans un distributeur d'aliment à la dérobée. La transition
entre un régime riche en énergie et un régime pauvre
en énergie peut être réalisée à la pâture
en ajustant les méthodes précédentes en fonction
de la qualité et de la quantité de fourrage à brouter.
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Infections à Clostridium
Un autre accident qui peut guetter les agneaux nourris au lait artificiel
est la mort soudaine causée par l'entérotoxémie.
Souvent, c'est l'agneau qui se développait le mieux que l'on
retrouve mort sans qu'on ait pu remarquer de symptômes. L'autopsie
révèle que les seules lésions visibles à
l'oeil nu sont des plaques rougeâtres dans la paroi de l'intestin
grêle. Des modifications microscopiques peuvent être découvertes
dans d'autres organes et les analyses peuvent confirmer la présence
des toxines. L'organisme causal est une bactérie, Clostridia
perfringens, de type D. Cette bactérie peut être présente
en petits nombres dans l'intestin, mais lorsque l'ingesta transite à
vitesse normale dans l'intestin, elle ne se multiplie pas suffisamment
dans le duodénum pour causer la maladie.
Chez les agneaux allaités artificiellement, trois facteurs prédisposent
à la multiplication de cette bactérie à un rythme
suffisant pour entraîner la mort.
1. Prise de colostrum insuffisante; l'agneau peut ne pas avoir reçu
assez d'anticorps pour être protégé.
2. Les brebis n'ont pas reçu toutes les vaccinations nécessaires
avant de mettre bas; leur colostrum n'est donc pas assez riche en anticorps
protecteurs.
3. Le transit intestinal n'est pas suffisamment rapide; un nombre accru
de bactéries peut alors séjourner dans l'intestin grêle
et libérer des toxines.
4. L'arrivée d'une grande quantité d'amidon dans le duodénum,
causée par une suralimentation, conjuguée à la
stase intestinale décrite au point 3. On peut éviter la
stase intestinale en s'arrangeant pour que les agneaux ingèrent
des quantités régulières d'aliments. Pour cela,
on peut leur distribuer seulement 95 % de ce qu'ils ingèrent
quand ils ont libre accès à la nourriture. On peut aussi
ajouter un fourrage grossier à leur ration.
La perméabilité croissante de la paroi de l'intestin
permet à la toxine de se répandre très vite dans
l'organisme de l'agneau, dans son système nerveux et son cerveau.
La mort peut survenir au bout de deux heures ou moins, et rarement plus
de douze heures après l'infection.
Quand on pratique l'allaitement artificiel, il est indispensable d'appliquer
un programme de vaccinations contre ce groupe de bactéries. Toutes
les brebis doivent recevoir la première série de vaccins
avant leur premier agnelage : deux injections à six semaines
d'intervalle, la dernière étant administrée au
moins deux semaines avant l'agnelage. Les brebis qui agnellent une fois
par an doivent recevoir une vaccination de rappel deux semaines avant
la date prévue des premiers agnelages. Les brebis mises à
la reproduction accélérée doivent recevoir un vaccin
de rappel deux semaines avant chaque agnelage. Si la brebis est complètement
vaccinée contre le groupe des maladies à Clostridium avant
d'agneler, les anticorps contenus dans son colostrum doivent normalement
protéger l'agneau pendant 10 à 12 semaines. Comme les
niveaux d'anticorps peuvent diminuer chez un animal en proie à
un stress, il est indispensable que les brebis en fin de gestation et
les agnelets bénéficient de conditions optimales du point
de vue de leur milieu de vie, de leurs soins et de l'alimentation. Ils
peuvent recevoir la vaccination de rappel à l'âge de 10
- 12 semaines.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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