Les
interventions à l'agnelage
La présente fiche technique fait partie d'une série de
trois fiches intitulées Les interventions à l'agnelage,
L'hypothermie chez l'agneau nouveau-né, et Les soins de
l'agneau nouveau-né, qui portent sur la survie des agneaux à
la naissance. Il est conseillé de les consulter ensemble.
Table des matières
- Introduction
- Signes annonçant l'imminence de l'agnelage
- Physiologie de la parturition (agnelage)
- Agnelage
- Signes de mises bas anormales
- Faire l'examen interne
- Interventions
- Soins à administrer après
la mise bas
Introduction
Chez la brebis, la gestation dure de 144 à 151 jours, avec une
moyenne de 147 jours. La date à laquelle on peut s'attendre au
premier agnelage peut être calculée à partir du
premier jour où les brebis ont été mises en présence
d'un bélier fécond. Avant le début de la période
des agnelages, il est judicieux de préparer une trousse d'agnelage.
Les accessoires essentiels de la trousse sont les suivants :
- savon;
- désinfectant;
- lubrifiant obstétrical;
- seringues stériles - 10 mL et 1 mL;
- aiguilles hypodermiques, de tailles convenant à la brebis
et à l'agneau;
- injections d'antibiotiques et de vitamine E/sélénium;
- longes et anse d'agnelage;
- teinture d'iode pour désinfecter l'ombilic;
- ovules intra-utérins;
- serviettes ou linges propres;
- seau propre pour l'eau chaude.
Il faut aussi avoir sous la main du colostrum et un aliment d'allaitement.
Le colostrum, qui peut être de brebis ou de vache, est gardé
congelé en unités de 500 mL. Si l'agnelage a lieu en bergerie,
il est nécessaire de prévoir des cases de dimensions suffisantes
pour loger individuellement chacune des brebis du groupe, pendant deux
à trois jours, avec son ou ses agneaux.
Signes annonçant l'imminence de
l'agnelage
Environ dix jours avant l'agnelage, les mamelles de la brebis sont
dures au toucher et gorgées de colostrum. À compter de
ce moment jusqu'à la mise bas, les lèvres de la vulve
se relâchent et se congestionnent légèrement. Dans
les dernières heures qui précèdent l'agnelage,
la plupart des brebis cherchent à se mettre à l'écart
du troupeau. À ce moment-là, il est bon de les conduire
dans une case d'agnelage.
À la naissance, l'agneau dont la présentation est normale
a une position dorso-sacrée (son dos est du côté
des vertèbres du sacrum) et sa tête est entre les pattes
antérieures qui pointent vers le col de l'utérus, lequel
est encore fermé par le bouchon muqueux.
L'agneau est enveloppé dans deux « sacs » remplis
de liquides, l'allantoïde et le chorion. Ces deux membranes foetales
font office de « coussins » qui amortissent les chocs et
préviennent les blessures au foetus en développement.
Elles font partie du placenta. Le placenta adhère à la
paroi utérine par quelque quatre-vingt petites « attaches
», les cotylédons. C'est par l'intermédiaire des
cotylédons et du placenta que l'agneau en développement
a reçu ses nutriments du sang maternel. Le placenta et les cotylédons
seront expulsés après la naissance, constituant l'arrière-faix
ou délivrance.
Figure 1. Présentation normale chez une brebis à
terme.
Physiologie de la parturition (agnelage)
Le mécanisme suivant lequel les femelles mammifères donnent
naissance à leurs petits est stimulé par des changements
dans l'équilibre hormonal et par le volume du contenu utérin
(le foetus et les liquides placentaires). Ces stimuli déclenchent
les contractions de l'utérus qui poussent le foetus à
s'engager dans le col de l'utérus en voie de dilatation et aboutissent
à son expulsion.
Agnelage
Au cours d'un agnelage normal, on distingue trois stades :
1. La dilatation du col de l'utérus
Quand les contractions utérines commencent, un mucus blanc crème
épais, qui est le reste du bouchon cervical, est évacué
par la vulve. C'est un signe qui passe souvent inaperçu. Les
contractions continues de l'utérus poussent la première
membrane foetale dans le col de l'utérus, ce qui a pour effet
de stimuler la dilatation. Pour finir, le diamètre du col sera
pratiquement égal à celui du détroit antérieur
du bassin.
À ce stade, la brebis devient agitée, elle se couche
et se relève, fouette de la queue et bêle fréquemment.
Elle fait parfois des efforts expulsifs. Ce stade dure de trois à
quatre heures.
2. Expulsion de l'agneau
À mesure que les constractions utérines s'intensifient
et se rapprochent, l'agneau et les membranes foetales sont poussées
à travers le col de l'utérus. La première membrane
crève et libère un liquide aqueux qui s'écoulera
par la vulve. Lorsque la brebis continue ses efforts d'expulsion, la
deuxième membrane sort de la vulve et se rompt à son tour,
libérant un liquide de consistance plus épaisse.
La rupture des membranes contribue à lubrifier le canal génital
et à faciliter le passage du foetus. On peut souvent apercevoir
les sabots et le museau de l'agneau à l'intérieur de la
deuxième membrane avant qu'elle ne se rompe.
La brebis continue ses efforts d'expulsion et pousse progressivement
l'agneau, pattes antérieures en premier, suivies de la tête.
Il arrive que la brebis doive faire des efforts considérables
pour pousser la tête et les épaules de l'agneau à
travers l'ouverture pelvienne. Une fois ce passage franchi, la mise
bas définitive ne tarde pas à se produire.
Dans le cas d'une gestation unifoetale, la mise bas doit être
achevée une heure ou moins après la rupture de la première
membrane foetale. Chez une brebis qui met bas pour la première
fois, ou qui porte plusieurs foetus, la mise bas peut prendre plus longtemps.
3. Expulsion de l'arrière-faix ou délivrance
Le placenta, dont le rôle est terminé après la
naissance de l'agneau, est expulsé de deux à trois heures
après. Aucune partie du placenta n'est expulsée avant
la sortie du premier agneau. Dans le cas d'une gestation multifoetale,
il y a une délivrance séparée pour chaque agneau.
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Signes de mises bas anormales
La plupart des brebis mettent bas sans aide et environ 95 % des agneaux
naissent en se présentant normalement, c'est-à-dire les
pattes antérieures en premier. Une mise bas normale dure habituellement
cinq heures, entre le moment où le col de l'utérus commence
à se dilater et la naissance. La dilatation du col de l'utérus
prend quatre heures et la mise bas proprement dite une heure. Les quatre
premières heures passent souvent inaperçues.
La brebis peut avoir besoin d'aide dans les cas suivants :
- La brebis continue ses efforts expulsifs, mais il n'y a pas de signe
de membranes foetales;
- La brebis continue ses efforts expulsifs une heure après
la rupture des membranes foetales, mais on n'aperçoit pas d'agneau;
- L'agneau semble coincé dans les voies maternelles;
- Il y a présentation anormale, par exemple patte repliée
ou tête renversée sur le côté.
Tout retard à apporter cette aide peut faire la différence
entre un agneau vivant et un agneau mort.
Faire l'examen interne
La propreté est importante pour prévenir l'infection
de l'utérus. Laver la région postérieure de la
brebis, autour de la vulve, avec du savon et un désinfectant
doux pour enlever toute trace d'excréments et autres souillures.
Se récurer les mains et les bras avec un savon et un désinfectant
doux, et les lubrifier avec du savon ou de la crème obstétricale.
Glisser la main doucement dans le vagin et palper l'agneau pour évaluer
la situation. Naturellement, il vaut mieux que cette tâche soit
réalisée par une personne ayant des petites mains.
Dans la plupart des cas, l'agneau se présente normalement et
on peut sentir les deux pattes avant qui encadrent la tête.
Mais dans d'autres cas, la présentation est anormale :
- l'une ou les deux pattes avant sont repliées; ou
- la tête est renversée sur le côté; ou
- les pattes arrière se présentent en premier; ou
- l'une ou les deux pattes arrière sont repliées; ou
- il y a présentation par le siège, si on ne peut palper
que la queue et la croupe.
Interventions
Présentation normale
Passer le noeud d'une longe d'agnelage autour de chaque patte, au-dessus
du boulet, et exercer des tractions fermes et constantes, en les synchronisant
avec les efforts expulsifs de la brebis. Lubrifier le vagin autour de
l'agneau avec de la gelée obstétricale pour faciliter
le passage de l'agneau. Cela est particulièrementt important
si un certain temps s'est passé depuis la rupture des membranes
foetales et que le vagin a perdu sa lubrification naturelle.
Présentations anormales
II faut les rectifier avant d'essayer de tirer l'agneau. Ne pas essayer
de transformer une présentation par les pattes arrière
en une présentation normale. Tirer l'agneau les pattes arrière
en premier, horizontalement, jusqu'à ce que les pattes arrière
et le bassin de l'agneau soient sortis de la vulve, puis changer le
sens de la traction vers le bas en direction du sol. Si on tire vers
le bas avant que le bassin de l'agneau soit sorti, l'agneau se retrouve
coincé dans le canal pelvien de la brebis. D'autres mauvaises
présentations sont possibles.
Il faut se rappeler que les naissances multiples sont courantes. Deux
agneaux peuvent se présenter avec les pattes emmêlées.
On doit toujours vérifier que les pattes et la tête appartiennent
au même agneau avant d'essayer de les tirer
Il arrive que des brebis donnent des agneaux malformés dont
la tête est plus grosse que la normale, dont les articulations
sont raides et (ou) dont le squelette présente des anomalies.
Pour assurer une bonne mise bas dans ces conditions, on peut avoir besoin
de l'aide d'un berger d'expérience ou d'un vétérinaire.
Étant donné que les brebis ont des gestations multifoetales,
la même succession d'événements, rupture des membranes
foetales et expulsion de l'agneau, se répétera pour la
délivrance de chaque agneau. Après un agnelage assisté,
on doit toujours vérifier que la matrice de la brebis ne contient
pas un autre agneau.
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Soins à administrer après
la mise bas
Dans tous les cas, que la mise bas ait été naturelle
ou assistée, vérifier que l'agneau respire, que ses narines
ne sont pas encombrées de mucus et ne sont pas couvertes d'une
membrane utérine. Dès ce moment, il faut désinfecter
l'ombilic de l'agneau pour prévenir l'infection.
La brebis se met en général à lécher l'agneau,
comportement naturel qu'il ne faut pas contrarier. Certaines brebis
ingèrent l'arrière-faix, mais il vaut mieux les en empêcher
car cela peut provoquer des dérangements digestifs.
L'agneau en bonne santé cherche très vite à se
tenir sur ses pattes après la naissance et commence à
téter sa mère. Par contre, si l' agneau s'est affaibli
à cause d'une mise bas trop longue, il faut l'aider à
téter ou lui donner 250 mL de colostrum par sonde gastrique.
Cette première tétée est cruciale car le colostrum
contient les anticorps qui immuniseront l'agneau immédiatement
contre les agents infectieux communs dans le troupeau. Tous les agneaux
doivent téter ou recevoir du colostrum par sonde dans les six
à huit heures qui suivent la naissance. Pendant les 24 premières
heures de sa vie, chaque agneau doit ingérer environ un litre
de colostrum. Au bout de 36 heures, l'agneau a perdu la faculté
d'absorber de nouveaux anticorps à partir du colostrum.
Après un agnelage assisté, la brebis doit recevoir une
injection d'antibiotique et un ovule d'antibiotique dans l'utérus.

Figure 2. Présentation normale.
Figure 3. Présentation par le siège.
Figure 4. Une patte est repliée.
Figure 5. Pattes arrière seulement.
Figure 6. Tête renversée sur le côté.
Figure 7. Les deux pattes avant sont repliées.
Figure 8. Accrochement des coudes.
Figure 9. Jumeaux - l'un tourné vers l'avant, l'autre
vers l'arrière.
Figure 10. Quatre pattes - une tête vers l'avant, l'autre
vers l'arrière.
Liens connexes
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Sans frais : 1 877 424-1300
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