Chiens
de berger et les soins à leur donner en hiver
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Table de matières
Les
chiens de berger sont des chiens spécialement élevés pour
vivre avec les troupeaux qu'ils gardent afin de réduire la prédation.
Depuis des centaines d'années, ces animaux robustes vivent dehors à
longueur d'année avec les moutons, résistant à la rigueur
du climat. Ils utilisent le même abri que les moutons et sont nourris davantage
en hiver. De ce fait, les chiens de berger n'ont pas besoin de niche, mais ils
ont besoin de soins particuliers lorsqu'ils gardent un troupeau de brebis en hiver.
Leur présence auprès des moutons assure au troupeau la protection
requise contre les loups, les coyotes et d'autres chiens.
La
Vie d'un chien de Berger
Un chien de berger s'attache au troupeau
avec lequel il vit et cherche normalement à rester auprès des brebis.
Les bergers disent que le chien pense qu'il est un mouton. Les chercheurs croient
que le chien de berger traite les moutons comme s'il s'agissait de chiens, et
que les moutons traitent le chien comme s'il s'agissait d'un autre mouton. Le
troupeau de moutons et les chiens réagissent à leur comportement
alimentaire et signal d'alarme mutuels. Les comportements résultant de
la sélection de certaines caractéristiques opérée
durant des siècles sont tels que les chiens de berger sont moins portés
à tuer un mouton et qu'ils sont prédisposés à suivre
le troupeau.
Un chien de berger travaille 24 heures sur 24, à l'affût
de tout intrus. Souvent, la simple présence du chien dans les parages ou
un aboiement sonore amène un prédateur à abandonner les vues
qu'il pouvait avoir sur le troupeau. Les races de chiens utilisées comme
chiens de berger, telles que les pyrénéens, les bergers de Maremme,
les komondors et les chiens d'Akbash, ont la capacité d'agir indépendamment
des bergers tandis qu'ils surveillent les moutons. Ce sont des animaux rustiques
et, même en cas de fortes intempéries, peuvent bien ne pas vouloir
se mettre à l'abri dans une niche ou une bergerie. Ils préfèrent
dormir dans un endroit où ils ont une bonne vue de leurs environs et des
moutons. Les études sur l'agriculture pastorale ont montré que généralement,
de nuit, les chiens se tiennent à 200 m au plus de la nourriture, de l'eau
et des gîtes de nuit des chiens et du troupeau. Selon Lorna et Raymond Coppinger,
pionniers de la recherche sur les chiens de berger, le comportement des chiens
de berger efficaces se caractérise notamment par " l'absence d'instinct
à traquer et à poursuivre, et un étonnant mélange
de comportement juvénile, maternel et paradeur à l'égard
des moutons. "
Caractéristiques des
Chiens de Berger
Les chiens de berger sont censés être
attentifs aux animaux qu'ils gardent. Pour être efficace, un chien de berger
doit être :
- fiable - il ne met pas en danger les moutons qu'il
doit protéger.
- attentif - il reste auprès du troupeau
et n'erre pas.
- protecteur à l'égard du troupeau.
Selon une fiche technique du ministère américain de l'agriculture
(USDA), les bergers ont avantage à posséder un chien de berger pour
:
- ne pas perdre de moutons au profit des prédateurs;
- réduire
leur travail en n'ayant pas à parquer les moutons la nuit pour éviter
la prédation;
- être alertés de problèmes
survenant dans le troupeau ou dans la ferme;
- optimiser l'utilisation
des pâturages et agrandir potentiellement le troupeau;
- ne
pas trouver leur troupeau ravagé par les chiens domestiques, ce qui est
très traumatisant pour un berger.
Composer
Avec le Froid, le Vent et la PluieCOMPOSER AVEC LE Pluie
Les professeurs
Ray et Lorna Coppinger ont étudié 1 000 chiens de berger sur une
période de 10 ans et ont mis en oeuvre le projet Livestock Dog Project.
Selon Ray Coppinger, l'aptitude des chiens à dormir dehors dépend
de leur poids. Les gros chiens ont moins de mal à composer avec le froid
de nos hivers que la chaleur de nos étés. Les chiens sont peu aptes
à émettre de la chaleur, mais aptes à conserver leur chaleur.
Les moutons peuvent avoir besoin d'un abri, comme d'une grange ou de bosquets
durant les tempêtes de pluie hivernales. Les chiens de berger, par contre,
ont généralement une couche extérieure de longs poils plats
résistant au froid et ne laissant pas pénétrer la pluie,
et une épaisse sous-couche " duveteuse " de poils gardant la
chaleur. Les chiens à oreilles courtes et pelage rugueux avec sous-couche
peuvent supporter de plus basses températures que des chiens à pelage
lisse, à charpente de lévrier. Cependant, selon le professeur Coppinger,
c'est la masse corporelle qui détermine vraiment la résistance au
froid chez les chiens. À environ - 32° C, les chiens de taille moyenne
(moins de 12 kg) commencent à se prémunir contre le froid en tremblant
ou en accélérant leur métabolisme (brûlant de l'énergie
pour produire de la chaleur). Les chiens de plus grande taille, tels que les chiens
de berger pesant environ 45 kg, peuvent supporter des températures encore
plus basses avant de réagir au froid.
De grands éleveurs de
l'Ouest américain qui font paître les moutons en terrains libres
(c'est-à-dire sans clôtures) installent des niches dans les pâturages
d'été pour fournir aux chiens un poste de garde et d'alimentation.
Ils placent une pierre à lécher à l'arrière de la
niche pour attirer les moutons vers cette zone, afin que la niche devienne le
point de socialisation pour les moutons et les chiens, ce qui aide à réduire
l'errance.
Les répondants à l'enquête ontarienne sur
les chiens de berger, effectuée en 2003 par l'entremise du groupe de travail
du groupement Large Flock Operators (LFO), ont indiqué que les chiens d'un
certain âge cherchaient à s'abriter de la pluie froide. D'autres
ont indiqué que leurs chiens dormaient à l'extérieur des
bergeries ouvertes, tandis que les moutons dormaient à l'intérieur.
Parmi les membres du LFO qui ont participé à l'enquête, ceux
qui fournissaient une niche à leurs chiens de berger ont dit que les chiens
n'utilisaient jamais ces niches et qu'ils dormaient toujours dehors.
Abri
Les brebis à toison développée
qui sont en bonne santé et correctement nourries peuvent passer l'hiver
dehors sans accès à un abri. Les moutons et les chiens de berger
ont besoin d'un abri du vent pour les journées très froides et venteuses.
Un brise-vent peut être constitué de buissons entourant le champ
qui bloquent le vent ou de buissons situés dans le champ et où les
moutons peuvent se réfugier pour s'y abriter. Les clôtures brise-vent
en bois ressemblant à de hautes barrières pare-neige, ou partiellement
faites d'une toile brise-vent poreuse, peuvent offrir aux moutons et au chien
un abri adéquat contre le vent.
Les moutons peuvent aussi se protéger
mutuellement du vent. Lorsque le flanc d'un mouton exposé au vent se refroidit,
le mouton se fraye alors un passage vers le milieu du troupeau. Les chiens de
berger en font de même, se faufilant au centre du troupeau lorsqu'ils veulent
se mettre à l'abri du vent. Ils s'allongent près de la clôture
du champ, se servant des arbustes et des amas de neige comme abris. On a vu des
chiens s'allonger sur des balles de foin dans un râtelier. Si des balles
rondes de foin sont déroulées pour nourrir le bétail, les
chiens s'allongeront sur le foin.
Nourriture
Selon
les propriétaires de chiens de berger ayant participé à l'enquête,
les bergers augmentaient la quantité de nourriture offerte aux chiens en
période de froid intense ou ils augmentaient la teneur en matières
grasses ou le contenu énergétique de leur alimentation durant les
mois d'hiver, ou ils faisaient les deux. Certains éleveurs de moutons disposent
de nourrisseurs automatiques pour les chiens, ce qui permet à ces derniers
de décider s'ils ont besoin davantage de nourriture et quand ils en ont
besoin. Étant donné que ces chiens préfèrent souvent
rester dehors par tous les temps, il se peut que leur métabolisme s'accélère
en réaction aux fortes intempéries, ce qui les amène à
devoir manger davantage. Un fabricant d'aliments pour chiens suggère que,
une fois que la température a atteint le point où le chien de berger
se met à trembler ou cherche à éviter le froid, il lui faut
7,5 % de nourriture en plus pour toute nouvelle baisse de température de
5,5° C.
Lorsque des coyotes harcèlent un troupeau et " énervent
" les chiens de berger, les chiens perdent souvent du poids. Certains bergers
modifient leur alimentation durant ces périodes de l'année pour
leur donner une nourriture plus riche au plan énergétique. Le National
Research Council a indiqué, dans son document intitulé Nutrient
Requirements for Dogs (besoins nutritifs des chiens) que " les besoins
liés au travail et aux conditions environnementales difficiles rendent
(...) la planification systématique pour suppléer à ces besoins
variés non réaliste. On recommande par conséquent d'approvisionner
en nourriture [....] un animal à condition physique réduite [...]
le signe évident d'une déficience énergétique simple
se traduit par une perte de poids généralisée. " En
d'autres termes, un chien qui perd du poids a besoin davantage de nourriture ou
d'une alimentation à plus fort contenu énergétique.
Tout
spécialement en cas de temps rigoureux, vous devez surveiller la condition
physique de votre chien de berger. Certains bergers le font tous les jours, d'autres
procèdent à des relevés formels de l'état de leurs
chiens plusieurs fois par an. Pour cela, placez les deux pouces sur la colonne
vertébrale du chien et laissez descendre vos doigts le long de la cage
thoracique. Vous devez être en mesure de sentir les côtes du chien
- le chien de berger ne doit pas être gras. Si vous n'arrivez pas à
sentir l'arête de chaque côte, il se peut que le chien soit trop gros.
Lorsque vous regardez l'échine de votre chien, vu du dessus, vous devriez
être en mesure de discerner sa taille clairement définie derrière
les côtes. Vu de côté, l'abdomen doit paraître rentré.
Durée de Service
La longévité
des chiens d'utilité dépend de leur durée de vie et de leur
aptitude à bien surveiller un troupeau. Le Livestock Dog Project
dirigé par le couple Coppinger a montré que 11 % des chiens étudiés
étaient peu attentionnés à l'égard des troupeaux et
que 57 % d'entre eux avaient blessé ou tué des têtes de bétail.
Plus un chien reste longtemps à la ferme, et plus il sera rentable pour
le berger. Le coût d'achat, les frais de dressage et les mois de jeunesse
improductifs seront ainsi amortis sur une période bien plus longue. Lorenz
et ses collègues(1986) ont rapporté que " les chiens qui n'étaient
pas fiables montraient souvent un comportement joueur plus fréquent et
qu'ils avaient tendance à être suralimentés et à avoir
un surpoids. Il se peut que cette disposition à jouer " davantage
" reflète une alimentation trop riche en calories.
Conclusion
Les chiens de berger ont des capacités adaptatives et peuvent apporter
des modifications à leurs habitudes à mesure que les conditions
du milieu dans lequel ils se trouvent changent. En Ontario, les chiens de berger
ne sont pas en laisse et ont la possibilité de faire des choix et de modifier
leur microclimat à mesure des besoins. En utilisant le même abri
que les moutons qu'ils protègent, un chien bien nourri, en bonne condition
physique, n'a pas besoin d'une niche traditionnelle.
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