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Alimentation des ovins : matériel et méthodes
Table de matières
IntroductionLe choix du matériel et de la méthode de distribution des aliments se fait en fonction de plusieurs critères : l'efficacité du travail, la nature des rations à distribuer, certains facteurs ayant trait au troupeau comme la longueur d'auge nécessaire et l'effectif à nourrir, les biens d'équipement dont on dispose déjà et ceux que l'on devra acquérir. Règles de baseLa distribution du fourrage est le goulot d'étranglement. Le fourrage est le plus important constituant de la ration à cause de son volume, de son poids et du temps nécessaire à sa manutention. L'efficacité de sa distribution doit donc être l'objectif primordial.
Optez pour des méthodes de distribution sécuritaires. Évitez d'avoir à marcher ou à circuler avec du matériel au milieu des animaux pendant la distribution du fourrage ou du concentré. Ce genre de situations augmente le risque de blessure pour le berger comme pour les ovins, et diminue l'efficacité. Le tableau 1, Dimensions minimales des aires de séjour et d'alimentation en élevage ovin, indique les espaces à prévoir, par animal, pour assurer la sécurité et un bon accès à la nourriture. Comment planifier le système de distributionCalculez les quantités d'aliments dont vous avez besoin annuellement. Tenez compte de tous les types de rations qui sont susceptibles d'être servis. Le tableau 2, Composition des rations pour ovins habituellement servies au cours d'une année de production, présente un exemple de plan. Vous devrez commencer par déterminer la forme sous laquelle se présente le fourrage. Balles ou vrac? Ensilage ou foin sec? Supposons que vous utilisiez des balles, sont-elles grosses ou petites, rondes ou carrées? De la forme du fourrage dépendront le type de matériel et la méthode de distribution à employer. Le fourrage est considéré comme le principal aliment des ovins, sauf pour ce qui est des agnelets. Certaines des permutations les plus courantes en matière de concentrés et de rations sont indiquées dans le tableau 3, Choix d'aliments pour le concentré, selon la méthode de distribution. La gamme d'ingrédients suggérés pour chaque ration vous aidera à déterminer les besoins en aliments et en matériel de distribution. Pour les besoins de la présente fiche technique, nous supposerons qu'il s'agit d'un troupeau de brebis prolifiques soumises à un système d'agnelage accéléré. Dans ce système, les animaux peuvent être confinés en bergerie ou parqués dehors. Mélasse - On recommande d'ajouter de la mélasse dans les rations pour agneaux pour stimuler la consommation. La mélasse humide est préférable, mais la mélasse sèche suffit. Complémentation minérale - Toutes les rations doivent être enrichies en minéraux. On peut servir les minéraux en libre-service, ou sous forme de bouchons (moulées), ou encore de prémélanges que l'on incorpore à la ration. À cause de la tendance des minéraux à se désagréger avec les fractions fines de la ration, on ne peut opter pour les prémélanges que lorsque l'aliment est servi dans une auge ou un distributeur, à moins d'utiliser un liant (par exemple la mélasse). Protéine brute (PB) et unités nutritives totales (UNT) - Les teneurs en PB et en UNT dans la ration donnée en complément sont fonction de la qualité de la pâture. Il faut donc connaître la valeur fourragère de chaque pâture où sont élevés des ovins. Maïs ou céréales à paille - Dans la plupart des cas, le choix du grain se fait d'après le coût. En règle générale, le maïs est moins riche en protéine et plus riche en énergie (9 % PB et 90 % UNT) que l'orge (12 % PB et 82 % UNT) et l'avoine (11 % PB et 73 % UNT). À eux deux, le coût du grain et la qualité du pâturage dictent le choix du grain à utiliser dans la ration de complément et la suppression éventuelle d'un ingrédient du mélange. On ne peut calculer les quantités des ingrédients de la ration que si l'on connaît la composition nutritionnelle de la fraction fourrage de la ration. Le tableau 3 indique plusieurs des ingrédients parmi lesquels choisir quand on veut atteindre les teneurs en protéine brute et en énergie qui sont recommandées dans les suppléments destinés à diverses catégories d'agneaux et de moutons. Chaque ration doit être formulée de manière à répondre aux besoins propres au groupe d'animaux considéré. Choisir le matériel de mélange et de distribution de la rationLa préparation des aliments à la ferme est une option vers laquelle se tournent beaucoup de producteurs dès que leur élevage prend une certaine importance. Pour savoir si c'est une option effectivement économique, on utilise la démarche suivante :
Complémentation des brebis élevées à l'herbeDe nombreux producteurs placent des mangeoires légères dans les pâtures
pour y verser l'aliment au seau ou au sac. C'est une bonne façon de
procéder quand on élève un petit nombre d'animaux, mais quand le troupeau
est important, le travail et le risque physique qu'elle implique pour
le berger en limitent habituellement les chances de succès et d'utilisation
prolongée. On oublie souvent que la structure particulière de leur
gueule permet aux moutons de ramasser les particules d'aliments tombées
au milieu des herbes de la pâture. À condition que le mélange d'aliment
soit déposé sur une surface propre (herbe, gazon ou neige propre)
et que les grains soient entiers (ni moulus, ni broyés) ou agglomérés
en bouchons, les brebis apprennent rapidement à en récupérer la plus
petite miette. Voir la fiche technique du MAAARO intitulée Alimentation
complémentaire pour les brebis élevées dehors toute l'année, commande
no 02-046. ConclusionPour choisir un système d'alimentation, on doit faire entrer en ligne de compte plusieurs facteurs dont les premiers sont l'efficacité du travail, la sécurité et le coût. Quand la méthode d'alimentation ou de supplémentation est rapide, efficace et sécuritaire, on a l'assurance que les animaux auront l'aliment qu'il faut au moment où il le faut. Les avantages qu'on en retirera sont des performances améliorées chez les animaux et la réussite de l'élevage. Tableau 1. Dimensions minimales des aires
de séjour et d'alimentation en élevage ovin.
* Les parcs d'engraissement à sol nu devraient être réservés aux régions où les précipitations annuelles sont inférieures à 20 pouces. Il faut aménager en outre, le long de chaque auge, une allée bétonnée d'au moins 6 pieds de large, ou de largeur suffisante pour qu'on puisse la nettoyer en utilisant le tracteur. Donner à l'allée bétonnée une pente d'un demi-pouce par pied de distance de l'auge. ** Pour les brebis, les béliers ou les agneaux, on peut remplacer les planchers à claire-voie (caillebotis) par un grillage en métal déployé aplati de calibre 10, à mailles de 1 po sur 2 po. Pour retenir la litière dans les cases d'agnelage, on peut recouvrir le grillage avec un panneau plein. Source : Données adaptées tirées du plan M-4000, Bergerie, Service de plans Canada. Tableau 2. Composition des rations pour ovins
habituellement servies au cours d'une année de production.
1Servi à l'auge - La totalité de la ration de grain
est versée en une fois dans l'auge, p. ex. au seau. Tableau 3. Choix d'aliments pour le concentré, selon la méthode de distribution.
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