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Planifier les installations de manipulation des ovins

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 430/20
Date de publication : 09/02
Commande no. 02-058
Dernière révision : 09/02
Situation : Fiche technique originale
Rédacteur : Anita O'Brien - Spécialiste des moutons et des chèvres/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Planification
  3. Amènagement des installations
  4. Conclusion
  5. Sources de référence

Introduction

Des installations de manipulation bien conçues sont essentielles au succès d’une exploitation d’élevage de moutons. Peu d’investissements procurent autant à l’éleveur en termes d’efficacité de la main-d’oeuvre et d’économies que les installations de manipulation. La plupart d’entre eux ne construisent, ou n’achètent, de telles installations qu’une fois dans leur vie, d’où la nécessité de bien les planifier.

Pour s’assurer de disposer d’amplement d’espace lorsque le troupeau est gardé dans des enclos pendant des périodes prolongées, il est bon d’annexer les installations de manipulation aux allées et aux enclos existants. Étant donné que les moutons doivent pouvoir circuler en douceur et le plus normalement possible entre les divers éléments du corral, il est important que le producteur comprenne les facteurs qui encouragent les moutons et agneaux à avancer sans regimber à l’intérieur des installations, de manière à minimiser les problèmes rencontrés par les travailleurs. Des installations bien conçues facilitent les opérations, réduisent les facteurs de stress, les besoins en main-d’oeuvre et les coûts qui leur sont associés.

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Planification

La manipulation des moutons dans des installations inadéquates n’est pas seulement compliquée, mais carrément désagréable, sans compter qu’elle retarde ou rend tout simplement impossible des opérations aussi importantes que la vaccination et la vermifugation.

Pour s’assurer que les installations de manipulation se prêteront à toutes les interventions à faire, il faut dresser la liste de ces interventions et planifier leur déroulement.

Une bonne liste de vérification doit comprendre : tonte, tonte du ventre et des pattes, triage, vermifugation, vaccination, évaluation de l’état physiologique, dépistage des brebis gestantes, soins des pieds, bain des pieds, pesage, chargement et vente des moutons.

Voici des facteurs à prendre en considération :

  • emplacement optimal des installations;
  • taille des groupes que les installations devront accueillir;
  • nombre de travailleurs présents dans le corral;
  • modification des installations existantes, construction de nouvelles installations ou achat d’enclos amovibles;
  • coûts en jeu.

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Aménagement des installations

Sommairement, les installations de manipulation comprennent : enclos d’attente à faible densité, enclos d’attente à forte densité, enclos de forçage, couloir de triage, et couloir de contention (couloir de service).

La plupart des producteurs peuvent utiliser les allées et pâturages avoisinants comme enclos d’attente à faible densité. Pour empêcher les animaux (surtout les agneaux) de passer de l’une à l’autre, ces zones doivent être convenablement clôturées. On peut installer une clôture de treillis métallique pourvu que la grosseur de mailles ne dépasse pas 15 x 15 cm et que les poteaux soient rapprochés.

Les enclos d’attente à forte densité doivent être entourés de clôtures faites de matériaux de résistance moyenne à élevée. Lorsque les moutons ont leur pleine toison, des densités de l’ordre de 2 moutons/m2 laissent suffisamment d’espace pour guider les moutons, actionner les barrières et permettre aux chiens, le cas échéant, de travailler. Il est particulièrement important que ces aires soient longues et étroites afin que les groupes puissent être facilement maîtrisés tout en étant dirigés vers l’enclos de forçage. En Australie et en Nouvelle-Zélande, on recommande que les enclos d’attente à forte densité n’aient pas plus de 10 m de large. Pour grossir l’enclos, il est préférable de le rallonger que de l’élargir (Conroy et Hanrahan, 1994).

L’utilisation d’un couloir d’amenée combiné à un enclos de forçage de 3 m de large s’est révélée très efficace dans bien des cas, notamment pour les gros troupeaux. Cet aménagement permet de répartir les groupes nombreux en groupes plus petits, de manière à faciliter les opérations. Les animaux sont ensuite conduits vers les couloirs de triage et de contention.

Les enclos de forçage triangulaires (entonnoirs de serrage) sont habituellement aménagés dans des installations rectangulaires. Ils peuvent comporter un ou deux compartiments (voir figure 1). Dans le cas de l’enclos à un compartiment, la clôture d’un côté n’est que le prolongement du couloir de contention, alors que, de l’autre côté, elle forme un angle de 30–40 ° par rapport à celle du couloir de contention. Dans le cas de l’enclos à deux compartiments, les deux clôtures sont à angle par rapport au couloir de contention et la clôture qui sépare les deux compartiments est terminée par une barrière pivotante à l’entrée du couloir de contention. Cette barrière permet aux moutons d’accéder au couloir de contention depuis un compartiment ou l’autre.

Les entonnoirs de serrage incurvés visaient à tirer parti de la tendance du mouton à suivre ses congénères « disparus » dans la courbe et à permettre ainsi à une personne seule de faire avancer les moutons. Toutefois, des études récentes ont démontré que dans des couloirs de 1,5 m, les moutons circulent mieux si le couloir est rectiligne que s’il est incurvé. Ce n’est que lorsque les moutons se suivent un à un à la file indienne que les couloirs incurvés présentent un avantage sur les couloirs rectilignes (K. Ransom et P. Hanrahan, 1990).

Les enclos de forçage à éviter sont ceux qui sont carrés et ceux qui sont triangulaires s’ils ne sont pas pourvus d’une barrière centrale (voir figure 2). Ces deux formes de couloir ont pour principal inconvénient que les moutons, arrivés à l’entrée du couloir de contention, peuvent facilement éviter d’y entrer en se retournant brusquement (H.M. Hamilton, 1990).

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Pour un triage efficace, l’opérateur doit pouvoir identifier et conduire le mouton qu’il veut séparer du reste du groupe facilement et avec un minimum d’erreurs. Pour ce faire, les moutons doivent circuler à vitesse égale. Dans le cas des petits troupeaux, un couloir de triage permettant de séparer les moutons en deux groupes est suffisant, mais dans le cas des exploitations de grande envergure, il peut être nécessaire de pouvoir séparer les moutons en trois groupes à l’aide de deux barrières.

Le couloir de triage doit avoir au moins 3 m de long et doit représenter pour le mouton une occasion de s’enfuir. Les parois du couloir doivent être entièrement recouvertes de planches afin d’éviter que les moutons ne soient distraits par la vue de leurs congénères de l’autre côté et qu’ils circulent sans s’arrêter. Si le couloir doit aussi servir à l’arrosage et à la vaccination des moutons, l’éleveur peut opter pour un couloir légèrement plus large ou un couloir à parois réglables.

La barrière de triage doit avoir au moins 1 m de long pour permettre aux moutons de sortir du couloir facilement. Si la barrière a moins de 1 m de long, les moutons (surtout ceux qui ont une toison épaisse et les brebis gestantes) resteront bloqués contre les parois du couloir à leur sortie et ralentiront considérablement le débit. Vaut-il mieux installer une barrière à claire-voie ou une barrière pleine? Les opinions sont partagées. Barber et Freeman (1993), dans Design of Sheep Yards, donnent les arguments suivants en faveur des barrières à claire-voie :

  • comme le mouton qui approche voit celui qui le précède s’éloigner du couloir de triage, il est plus enclin à le suivre;
  • étant plus légères, les barrières à claire-voie se manient plus facilement et plus rapidement;
  • les barrières à claire-voie subissent moins les attaques du vent qui souffle dans le couloir de triage.

Les mêmes auteurs dressent également la liste des avantages des barrières pleines :

  • elles forment un prolongement des parois du couloir de triage, ce qui incite les moutons à se diriger vers l’enclos de sortie;
  • les barrières pleines empêchent la barrière d’attraper les cornes ou les pattes des animaux.

Un couloir de manipulation multifonctionnel pour le lavage, la vaccination et autres activités est nécessaire dans les élevages d’ovins. La plupart des producteurs en Ontario optent pour ce type de couloir qui tient lieu à la fois de couloir de manipulation et de couloir de triage.

Différents types de couloirs de manipulation sont possibles :

  • un couloir simple de 52–64 cm de large où le travailleur se tient à l’extérieur du couloir;
  • un couloir simple de 70–80 cm, où le travailleur se tient à l’intérieur du couloir;
  • un couloir à parois ajustables d’une largeur qui varie de 45–80 cm.

Un couloir de manipulation convenable mesure 6–15 m de long et ses parois font 85 cm de haut.

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Conclusion

Les installations de manipulation sont une nécessité pour les éleveurs qui veulent réaliser des économies de main-d’oeuvre et assurer une conduite efficace de leur troupeau.

On trouve à la figure 3 un aménagement de base pour des installations de manipulation, qui comporte les éléments clés identifiés. Le tableau 1 donne les dimensions des divers éléments du plan.

Sources de référence

Sheepyard and Shearing Shed Design. Fiona Conroy and Peter Hanrahan. Agmedia. 1994.

Yards ‘n Yakka. Kondinin Group. 1990.

Sheep Equipment Handbook. MidWest Planning Services. 1994.

 

Formes d’enclos de forçage recommandées.

Figure 1. Formes d’enclos de forçage recommandées.

Équivalent Des Textes

 

Formes d’enclos de forçage déconseillées.

Figure 2. Formes d’enclos de forçage déconseillées.

Équivalent Des Textes

 

Plan de base d’installations de manipulation d’ovins.

Figure 3. Plan de base d’installations de manipulation d’ovins.

Équivalent Des Textes

Tableau 1. Dimensions des éléments du corral en centimètres (100 cm = 1 m)

Élément

Dimensions (cm)

Remarques

Couloir de contention
Longueur 600–1200

 

Parois pleines ou à claire-voie.

À faible hauteur si l’opérateur se tient à l’extérieur du couloir.

Un mouton saute normalement par-dessus une barrière plutôt que par-dessus une paroi latérale.

Largeur (parois fixes) 60–75
Largeur (parois réglables) 45–80
Hauteur 82–90
Hauteur de la barrière à la sortie 110
Couloir de triage
Longueur 300–350

Parois pleines.

Peut être plus étroite à la base ou de largeur variable.

Largeur 42–48
Hauteur 85–100
Hauteurs des clôtures
Périmétriques 95–110  
Internes 90–105
Barrières
Barrières périmétriques 300–400 À claire-voie.
Barrières internes 200–300
Barrière de triage 120–150

Rampe de chargement

Largeur 70–100 La pente ne doit pas dépasser 1:3.
Longueur 300–500
Hauteur (fixe) 120
Hauteur (variable) 70–210

D’après Sheepyard and Shearing Shed Design, F. Conroy et P. Hanrahan, 1994.

 

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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca