Alimentation complémentaire pour les brebis élevées dehors toute l'année


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 433/56
Date de publication : 10/02
Commande no. 02-046
Dernière révision : 10 février 2010
Situation : Fiche technique originale
Rédacteur : Christoph Wand - Spécialiste de la nutrition des bovins de boucherie, des ovins et des caprins/MAAARO

Table des matières

  1. Pourquoi faut-il compléter l'alimentation des brebis?
  2. Défis et contraintes de l'alimentation complémentaire
  3. Distribution des compléments sans mangeoire
  4. Méthodes de distribution
  5. Rations complémentaires pour brebis élevées en plein air
  6. Conclusion

Pourquoi faut-il compléter l'alimentation des brebis?

Bien que l'alimentation adéquate des brebis reproductrices commence par une bonne gestion des fourrages et des pâtures, il existe des circonstances où, pour diverses raisons, il est utile d'ajouter des compléments à la ration habituelle des brebis. En voici des exemples:

Alimentation intensive – Vise à accroître le nombre d'agneaux par agnelage en améliorant la fertilité des brebis au moment de la lutte. La distribution de compléments énergétiques riches en protéines et en minéraux peut augmenter le nombre d'embryons viables par saillie.

Désaisonnement (reproduction en contre-saison) – L'incorporation de composés tels que l'acétate de mélenges-trol (AMG) dans les compléments utilisés pour l'alimentation intensive des brebis peut améliorer la réussite des accouplements en contre-saison. Le fait que les chaleurs se déclenchent peu de temps après la suppression de l'AMG de la ration peut être utilisé pour synchroniser la mise à la reproduction de groupes de brebis. La mise en oeuvre du désaisonnement doit se faire sous contrôle vétérinaire et avec une ordonnance.

Brebis en lactation – Les brebis peuvent avoir besoin d'un apport énergétique supplémentaire pour couvrir leurs besoins durant la lactation. C'est tout particulièrement le cas des brebis exploitées pour le lait et des brebis prolifiques/soumises à un agnelage accéléré dont les besoins en énergie et en minéraux peuvent être supérieurs à ce qu'elles trouvent même dans une pâture de qualité.

Produits pharmaceutiques – Les compléments alimentaires peuvent être la méthode idéale pour administrer les composés thérapeutiques et les spécialités à action préventive tels que les coccidiostatiques.

Agnelles de remplacement – Les jeunes brebis de relève peuvent avoir besoin d'une petite quantité de complément riche en énergie, en protéines et en minéraux pour terminer leur développement corporel tant après le sevrage que pendant la fin de la gestation.

Brebis gestantes – Une certaine quantité d'aliment complémentaire riche en énergie, en protéines et en minéraux ainsi qu'un coccidiostatique peuvent être nécessaires aux brebis prolifiques pour assurer le développement des foetus, la vigueur des agneaux à la naissance et une sécrétion abondante de colostrum de bonne qualité.

Défis et contraintes de l'alimentation complémentaire

Une fois la décision prise de commencer un programme d'alimentation complémentaire pour les brebis élevées en plein air se pose la difficulté de trouver le moyen commode de distribution du complément approprié. De nombreux producteurs ont fait des essais consistant à verser le complément au seau dans des mangeoires légères. Cette méthode fonctionne très bien quand la complémentation est destinée à un petit groupe d'animaux et ne dure qu'une courte période. Par contre, quand le troupeau est important, le travail et le risque de blessures qu'elle implique pour le berger en limitent habituellement le succès et les possibilités d'une utilisation prolongée. Il y a des méthodes plus faciles et plus rapides que de verser du grain au seau dans des mangeoires installées dans la pâture!

Distribution des compléments sans mangeoire

Un fait que l'on oublie souvent quand on veut supplémenter la ration des moutons, c'est que la structure particulière de leur gueule leur permet de ramasser les particules d'aliments éparpillées sur la pâture, même si elles se retrouvent enfouies au milieu de brins d'herbes. À condition que l'aliment soit sous la forme de grains entiers ou de granulés et qu'il soit déposé sur une surface propre (herbe, gazon ou neige propre), les brebis apprennent rapidement à en récupérer la moindre parcelle. De ce fait, pour supplémenter les brebis qui sont élevées au pâturage et qui restent tout l'hiver dehors, on peut distribuer directement sur une surface de sol propre l'aliment complémentaire s'il se présente sous forme de particules suffisamment grosses (figure 1).

On peut distribuer l'aliment complémentaire des brebis sur un sol propre à condition qu'il s'agisse de grains entiers ou de granulés.

Figure 1. On peut distribuer l'aliment complémentaire des brebis sur un sol propre à condition qu'il s'agisse de grains entiers ou de granulés.

Méthodes de distribution

Au seau

La méthode la plus simple consiste à répandre l'aliment complémentaire sur le sol avec un seau. Cependant, si l'endroit où l'on distribue l'aliment change constamment, il peut être difficile de doser l'aliment comme il se doit et de le répandre de façon régulière et uniforme pour que chaque brebis ait une « bonne longueur de mangeoire », autrement dit qu'elle trouve devant elle la quantité d'aliment dont elle a besoin.

Trémies mobiles à déchargement par gravité

Ce sont des trémies à ouverture réglable qui laisse passer l'aliment selon un débit prédéterminé. Elles sont conçues suivant des principes différents, certaines étant équipées de tuyaux flexibles qui acheminent l'aliment, d'autres laissant tomber l'aliment directement par l'ouverture. Généralement construites par les éleveurs eux-mêmes, elles sont tractées par des véhicules tout terrain, des tracteurs et autres véhicules comme les remorques ou les traîneaux, ou bien elles sont montées directement sur ces machines. L'aliment est déposé en une bande continue débutant à l'endroit où a commencé la distribution, d'où le risque que l'aliment soit piétiné et souillé par les brebis lorsqu'elles s'approchent pour manger.

Distributeurs portatifs (chariots, remorques)*

Ces distributeurs mobiles de conception plus évoluée distribuent l'aliment en tas distincts autour desquels les brebis font cercle, ce qui limite le risque que l'aliment soit piétiné. La plupart fonctionnent sur le principe de la roue : une quantité prédéterminée d'aliment est déposée après chaque tour complet de la roue. Idéalement, la circonférence du pneu doit être égale à deux fois la longueur corporelle d'une brebis.

Une version bon marché du distributeur mobile est constituée d'un gros pneu à flancs pleins dans la circonférence duquel est percé un orifice garni d'un tube coudé en PVC ou en acier. Le tube coudé se remplit d'aliment pendant la rotation de la roue et déverse l'aliment après chaque tour de roue. La grosseur du tube détermine la quantité d'aliment déposée par tour de roue.

Au moins un fabricant de l'Ontario vend des chariots distributeurs dans lesquels un tambour actionné par une roue peut être calibré de manière qu'il dépose une quantité donnée d'aliment à chaque tour de roue. L'aliment stocké dans la trémie se déverse dans le tambour. Le chariot peut être remorqué par un véhicule tout terrain ou autre véhicule plus gros (figure 2).

*Remarque : La description des distributeurs mobiles est donnée à titre indicatif uniquement dans le but d'aider les producteurs d'ovins. Elle ne signifie pas que les produits sont cautionnés par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario.

Distribution de l'aliment complémentaire à l'aide d'un chariot-distributeur.

Figure 2. Distribution de l'aliment complémentaire à l'aide d'un chariot-distributeur.

Rations complémentaires pour brebis élevées en plein air

Plus les particules de l'aliment sont grosses, plus elles sont faciles à ramasser par les moutons même au milieu des plantes de la pâture. Comme les ovins ruminent (régurgitent et mâchent) les grains de céréales et de maïs entiers, ces derniers sont de bons ingrédients de la ration complémentaire et, de surcroît, ils présentent l'avantage de ralentir la libération de l'énergie. Quoiqu'on puisse utiliser des aliments composés en granulés, ceux-ci renferment des matières transformées qui se détériorent rapidement en présence d'humidité. En revanche, l'utilisation d'aliments en granulés est le seul moyen de mettre à portée des animaux les minéraux, les produits pharmaceutiques et tout autre matériau granulaire. Les aliments qui se prêtent à la distribution au sol sont le maïs-grain entier, les grains entiers des autres céréales, les graines entières de soya (brutes ou torréfiées), les aliments en granulés (aussi gros que possible) et tout autre aliment nutritif qui a les paramètres physiques pour passer sans dommage dans le distributeur et résister au contact avec le sol extérieur.

Conclusion

Bien que le programme d'alimentation des brebis reproductrices doive reposer avant tout sur la bonne gestion des fourrages et des pâtures, la distribution de divers compléments alimentaires peut s'avérer indispensable pour aider les brebis à répondre aux objectifs précis de production. On peut très bien distribuer les compléments à même la surface du sol, pâture, herbe ou neige, dès l'instant que celle-ci est propre. On peut utiliser des outils de technicité diverse, allant des seaux aux appareils spécialement conçus pour cet usage. Quelle que soit la méthode choisie, le type de complément alimentaire utilisé doit être adapté aux critères du programme, de façon qu'il puisse être récupéré en totalité par les brebis. C'est la raison pour laquelle les grains entiers et les aliments en granulés sont recommandés pour la distribution d'aliments complémentaires sur le sol ou sur la neige.


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