Laryngotrachéite infectieuse (LTI) - Infection respiratoire à herpès de la volaille

La laryngotrachéite infectieuse (LTI) est d'ordinaire considérée comme un problème d'élevages fermiers. Toutefois, cette maladie constitue un fléau qui continue de s'attaquer à l'industrie avicole, avec des épisodes sporadiques partout en Ontario. Étant donné sa nature infectieuse persistante et latente, ce virus peut se perpétuer même après la vaccination. Une réaction en chaîne attribuable à des vaccins dérivés d'embryons de poulet et la transmission à partir de poulets de basses-cours gardent l'industrie en état d'alerte. La LTI compte parmi les quatre maladies à déclaration obligatoire à la demande de deux nations importatrices, la Chine et la Russie. C'est un rappel clair pour l'industrie d'en assurer dès maintenant la maîtrise. La LTI est une maladie respiratoire aiguë causée par un virus à herpès qui peut occasionner de graves pertes dans l'industrie du poulet et du faisan. Ces pertes sont attribuables à une mortalité excessive, à des taux de croissance réduits et à des chutes de ponte. La maladie peut affecter de 5 à 80 % d'un troupeau exposé, se propager au troupeau entier en 2 à 4 semaines. Les sujets infectés meurent généralement mais peuvent se remettre dans les 7 à 10 jours. La mortalité peut atteindre jusqu'à 20 % dans un troupeau touché.

Les signes d'infection se manifestent dans les 6 à 12 jours et sont caractérisés par des réactions cliniques de légères à graves, parmi lesquelles :

  • conjonctivite, yeux mouillés et sinus orbitaux enflés;
  • toux, éternuements, étirement du cou, halètement et respiration difficile, hochements de tête;
  • dans les cas graves, il y a des traces de sang sur les murs des cages ou des box.

L'infection se propage généralement dans l'air. Les voies respiratoires supérieures en sont la voie d'entrée et le virus se reproduit dans la trachée et le larynx. Le virus se transmet aussi par d'autres voies, p. ex. s'il entre en contact avec les yeux ou encore s'il est ingéré. Il peut y avoir transmission mécanique par contact avec de l'équipement, des vêtements, des bottes, des carcasses ou de la litière contaminés.

L'éradication de la maladie passe par de bonnes pratiques de gestion et il faut mettre l'accent sur une biosécurité très stricte.

Comme la vaccination peut potentiellement entraîner la maladie, la supervision vétérinaire est fortement recommandée si le producteur décide d'adopter cette voie. Comme il a été démontré que l'infection naturelle et la vaccination ont toutes deux produites des oiseaux « porteurs », il est primordial que les troupeaux de poulets sensibles ne soient pas exposés à des sujets ayant été auparavant infectés ou vaccinés. Le mélange des oiseaux ne doit avoir lieu qu'une fois que le producteur connaît bien l'histoire de chacun des sujets, et qu'il est absolument certain que le troupeau ne compte aucun sujet potentiellement « porteur » de la LTI. Les pratiques d'hygiène, notamment la désinfection de l'équipement et des bottes, l'élimination adéquate de la litière et des carcasses, sont les éléments essentiels d'une lutte efficace contre la LTI.

Soulignons qu'il est toujours recommandé que les producteurs collaborent avec leur vétérinaire spécialisé dans la volaille lors du diagnostic et de la mise au point du traitement, et dans l'élaboration des stratégies relatives à la prévention et à la vaccination.

Les échantillons acheminés au Laboratoire d'hygiène vétérinaire doivent être représentatifs du problème des volailles de la ferme ou de la basse-cour. La fiche d'information remise avec les sujets pour analyse devrait inclure les détails suivants : type d'exploitation, nombre de sujets à risque, nombre d'oiseaux touchés et renseignements sur la vaccination. Il faut remettre séparément les tissus prélevés de différents oiseaux, dans des sacs à languettes Whirl-Pak hermétiquement fermés et étiquetés pour distribution rapide aux diverses sections du laboratoire. Pour l'examen histologique, les prélèvements de trachée, de larynx et de bronchioles doivent être dans le formol. Pour isoler le virus de la LTI, il faut analyser la trachée et le poumon.


Auteur : Scott Gillingham - Veterinary Scientist/MAAARO
Date de création : 18 novembre 2008
Dernière révision : 18 novembre 2008

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca