Biosécurité pour les petits troupeaux de volailles durant les périodes à risque élevé d'influenza aviaire


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 450/10
Date de publication : octobre 2017
Commande no. 17-024
Dernière révision : nouveau
Situation :
Rédacteur : Al Dam, spécialiste de l'aviculture; Csaba Varga, vétérinaire principal, prévention des maladies de la volaille; Gillian Greaves, technicienne, recherche en aviculture; Sarah Buttle, technicienne, recherche en aviculture, et Amanda Bordin, technicienne, recherche en aviculture, MAAARO, Guelph.

Table des matières

  1. Introduction
  2. Influenza aviaire hautement pathogène
  3. Détection précoce
  4. Élimination des oiseaux morts
  5. Oiseaux nouvellement introduits
  6. Espaces en plein air

Introduction

La présente fiche technique contient des recommandations relatives à la réduction des risques d'influenza aviaire (IA) (aussi appelée grippe aviaire) dans les petits troupeaux de volailles. La mise en place de mesures de biosécurité efficaces est importante pour prévenir les infections d'IA et pour réduire la propagation des infections au cours d'une éclosion.

Influenza aviaire hautement pathogène

L'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) cause une maladie grave qui peut être mortelle chez tous les types d'oiseaux d'élevage, notamment les poulets, les dindons, les faisans, les cailles, les canards, les oies et les pintades. On croit que cette souche virale proviendrait d'oiseaux sauvages qui peuvent être des vecteurs du virus sans en manifester les signes cliniques. Les volailles s'infectent lorsqu'elles entrent directement en contact avec des sécrétions ou des excréments d'oiseaux infectés, avec des surfaces contaminées, ou avec des sources d'eau et de nourriture contaminées. Les petits troupeaux, surtout ceux qui ont accès à des espaces en plein air, peuvent présenter un plus grand risque d'infection.

En raison du risque accru de la transmission de l'influenza aviaire au cours de la migration des oiseaux sauvages au printemps et à l'automne, il est extrêmement important pour les producteurs et les propriétaires de petits troupeaux de volailles, dans toutes les régions de la province, de minimiser les risques d'introduire dans leurs troupeaux des matières fécales provenant d'oiseaux sauvages. Les recommandations contenues dans cette fiche technique revêtent une importance particulière durant ces périodes de migration.

Détection précoce

Il est important de se montrer très vigilant en observant les oiseaux. Surveiller les décès et prendre note de la consommation d'eau et de nourriture. Surveiller aussi tout signe de maladie : abattement, baisse de consommation de nourriture, diminution de la production d'œufs, gonflement de la crête, éternuements, respiration haletante, écoulements nasaux ou oculaires, diarrhée ou mort subite.

La détection précoce est déterminante. Le producteur doit communiquer immédiatement avec son vétérinaire en cas de signes douteux de maladies dans le troupeau.

Élimination des oiseaux morts

Il est très important de manipuler correctement les oiseaux morts afin de freiner la propagation de toute maladie. Ne pas retirer les oiseaux morts de la propriété à moins d'avoir consulté un vétérinaire pour vérifier si les oiseaux n'ont pas été infectés par le virus de l'IA. Les oiseaux morts empilés à l'extérieur ou dans des contenants ouverts peuvent attirer les animaux sauvages ou d'autres oiseaux, comme les rapaces. Non seulement ces espèces peuvent être vulnérables au virus de l'IA, mais elles risquent de transporter le virus vers les fermes voisines par le biais de carcasses ou de parties de carcasses contaminées. Éliminer les oiseaux morts de manière appropriée, conformément au Règlement de l'Ontario 106/09 pris en application de la Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs (ontario.ca/fr/lois).

Afin de réduire encore plus les risques de propagation de la maladie, ne pas faire appel à des représentants de l'industrie, incluant entre autres les personnes provenant des secteurs de l'alimentation animale, des couvoirs, des sociétés pharmaceutiques et des entreprises de transformation, pour ramasser et transporter les oiseaux morts de la propriété jusque chez le vétérinaire.

Oiseaux nouvellement introduits

Le fait de déplacer des oiseaux infectés peut contribuer à la transmission du virus de l'IA d'un endroit à l'autre. L'achat d'oiseaux infectés dans un encan ou un site de vente peut entraîner la transmission du virus de l'IA au troupeau. Les oiseaux infectés peuvent sembler en bonne santé, mais il est possible qu'ils transmettent le virus de l'IA à d'autres oiseaux avant de manifester eux-mêmes les signes de la maladie. Les symptômes peuvent apparaître en moins d'une semaine. Dans le cas du virus de l'IAHP, il se peut que les oiseaux meurent avant d'avoir manifesté d'autres symptômes. Au cours de cette période à risque élevé, éviter d'acheter des oiseaux et ne laisser personne ayant été récemment en contact avec d'autres oiseaux (p. ex. : leurs propres oiseaux ou des oiseaux à un encan ou à une exposition avicole) visiter la ferme. Ne pas partager de matériel non plus avec d'autres propriétaires d'oiseaux.

Lorsqu'on introduit de nouveaux oiseaux dans un troupeau, il est toujours important d'obtenir des renseignements complets à leur sujet, notamment l'historique des maladies et le registre des vaccinations. Garder les coordonnées du vendeur afin de pouvoir retracer le troupeau d'origine de tout oiseau qui devient malade. Placer les oiseaux nouvellement introduits à l'écart des autres et préférablement dans un autre local (en quarantaine) pendant au moins deux à quatre semaines. Surveiller tout signe de maladie. Pour manipuler les oiseaux en quarantaine, porter des chaussures et des vêtements appropriés, utiliser du matériel réservé à cet usage, et procéder à la manipulation de ces oiseaux après tous les autres lots.Si cela n'est pas possible, nettoyer et désinfecter les vêtements et le matériel avant et après avoir manipulé les oiseaux. Se laver les mains et changer de chaussures entre les différents lots.

Porter une attention particulière aux entrées des poulaillers. Prévoir un espace à l'entrée du poulailler pour ranger les vêtements et les chaussures, ainsi que des installations ou des fournitures pour que les visiteurs puissent se laver les mains.

Porter des chaussures et des vêtements réservés à cet usage à l'intérieur du poulailler, et ne pas les porter à d'autres fermes avicoles.

Espaces en plein air

Veiller à ce que les oiseaux qui ont accès à des espaces en plein air ne partagent pas ces endroits avec des canards, des oies sauvages ou des oiseaux de rivage. S'assurer que les espaces en plein air n'attirent pas la sauvagine, comme les étangs ou les mangeoires ouvertes, car ils pourraient être contaminés par les excréments de la sauvagine.

Garder le matériel servant aux semis et au travail du sol à l'extérieur des poulaillers. Le virus de l'IA peut survivre pendant de longues périodes dans l'environnement, surtout par temps frais. Le matériel peut devenir contaminé lorsqu'il est utilisé dans les champs fréquentés par des oiseaux sauvages. Voir à ce que toutes les personnes qui utilisent cet équipement se lavent les mains et changent leurs vêtements et leurs chaussures avant d'entrer dans un poulailler abritant des volailles.

Cette fiche technique a été rédigée par Al Dam, spécialiste de l'aviculture; Csaba Varga, vétérinaire principal, prévention des maladies de la volaille; Gillian Greaves, technicienne, recherche en aviculture; Sarah Buttle, technicienne, recherche en aviculture, et Amanda Bordin, technicienne, recherche en aviculture, MAAARO, Guelph.


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