Recommandations de biosécurité pour les petits troupeaux de volaille


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 450/10
Date de publication : juillet 2012
Commande no. 12-040
Dernière révision : juillet 2012
Situation :
Rédacteur : Paul Innes - scientifique vétérinaire, Biosécurité provinciale/MAAARO, Al Dam, spécialiste provincial de l'aviculture/MAAARO et Laura Bowers, adjointe au spécialiste de l'aviculture/MAAARO

Les personnes qui élèvent des volailles et du gibier à plume pour leur consommation personnelle, pour le plaisir ou pour en faire le commerce à petite échelle (qui ont ce qu'on appelle des « élevages artisanaux »), doivent être conscientes du risque que des maladies comme la grippe aviaire représentent pour leurs oiseaux et les élevages commerciaux de volaille. Le terme « biosécurité » désigne justement les mesures préventives destinées à réduire au minimum l'introduction et la propagation de maladies et de dangers. Les recommandations de biosécurité qui suivent sont des moyens simples et peu coûteux de prévenir très efficacement le déclenchement d'une maladie grave.

Interdire l'accès des visiteurs et adopter de bonnes mesures d'hygiène

Les personnes et le matériel contaminés peuvent introduire dans le troupeau de nombreux agents pathogènes, tels que bactéries et virus. Ces organismes microscopiques peuvent être propagés par des bottes, des vêtements et des véhicules en apparence propres.

  • Veiller à ce que les seules personnes qui entrent en contact avec l'élevage soient celles qui s'en occupent. Si des visiteurs sont autorisés, leur fournir des survêtements et des couvre-chaussures propres.
  • Ne jamais laisser s'approcher de l'élevage des personnes qui possèdent elles-mêmes des oiseaux ou qui ont récemment été en contact avec des oiseaux (les personnes qui visitent d'autres troupeaux ou se rendent à des foires avicoles, par exemple). Afin de réduire le risque d'introduction de maladies dans le troupeau, prier instamment les membres du personnel ou les bénévoles qui s'occupent de l'élevage de s'abstenir de garder des oiseaux chez eux ou de se rendre à des endroits où se trouvent des oiseaux.
  • Pour s'occuper des oiseaux, enfiler des vêtements et des chaussures spécialement réservés à cette fin et gardés à l'entrée de la structure ou de l'enclos.
  • Laver et désinfecter les bottes et tous les objets (pelles, racloirs et balais, par exemple) qui viennent en contact avec les oiseaux ou leurs fientes. Nettoyer quotidiennement les cages et les surfaces en contact avec des moulées et de l'eau.
  • Bien se laver les mains avant et après s'être occupé des oiseaux.

Éviter tout contact avec des oiseaux sauvages

Les oiseaux sauvages sont porteurs de nombreuses maladies, dont la grippe aviaire. Un bon moyen de mettre l'élevage à l'abri de ces maladies est de réduire au minimum les contacts avec des espèces sauvages et leurs fientes.

  • Garder les oiseaux dans un endroit protégé par des grillages, ou mieux, dans une structure fermée où ils n'ont pas de contact avec les oiseaux sauvages. Installer des grillages sur toutes les portes et les fenêtres et sur tous les orifices de ventilation et s'assurer que ces grillages sont en bon état.
  • Ne pas servir aux oiseaux d'eau provenant de sources, comme un étang, pouvant avoir été contaminées par les fientes d'oiseaux sauvages. Faire analyser l'eau au moins une fois par année et utiliser un désinfectant approprié comme du chlore.
  • Garder les moulées dans des contenants étanches, à l'épreuve des oiseaux sauvages.

Mener une lutte efficace contre les rongeurs

Les rats et les souris peuvent propager des maladies aux oiseaux, gâter les aliments, causer des dommages aux biens, tuer des poussins, dindonneaux et autres oisillons. Les souris peuvent passer par un trou de la grosseur d'un petit doigt et les rats, par un trou de la grosseur d'un pouce.

  • Inspecter périodiquement les enclos à la recherche de traces laissées par les rongeurs, telles qu'excréments ou matériel grignoté. Les souris vivent à l'intérieur une fois qu'elles ont pénétré dans un bâtiment, tandis que les rats vivent à l'extérieur et n'entrent que pour chercher de la nourriture.
  • Ramasser les ordures et débris autour de l'enclos où sont gardés les oiseaux et maintenir les herbes hautes et mauvaises herbes tondues.
  • Stocker les aliments dans des contenants étanches à l'épreuve des rongeurs, par exemple, dans des poubelles en métal munies de couvercles qui ferment bien ou dans un vieux congélateur.
  • Placer des pièges-appâts sur le pourtour extérieur du poulailler afin de renforcer la lutte contre les rongeurs.

Ne pas introduire de maladies

La cohabitation d'oiseaux de différentes espèces et de différentes provenances augmente le risque d'introduction de maladies dans le troupeau. Il est préférable de garder ensemble uniquement des oiseaux du même âge et de la même espèce (système d'élevage par renouvellement intégral).

  • Si des oiseaux d'âges différents ou d'espèces différentes sont gardés à la ferme, réduire au minimum les contacts entre les groupes en gardant les oiseaux dans des lieux distincts.
  • Si de nouveaux oiseaux s'ajoutent au troupeau, s'assurer d'obtenir tous les détails sur leurs antécédents, notamment les antécédents médicaux et de vaccination. Certains vaccins, dont certains qui sont utilisés contre la laryngotrachéite infectieuse aviaire (LIA) peuvent déclencher la maladie chez les oiseaux non vaccinés. Consulter le vétérinaire en ce qui concerne la vaccination.
  • À l'arrivée ou au retour d'oiseaux à la ferme, les isoler du reste du troupeau (les mettre en quarantaine) pendant au moins 2-4 semaines et être à l'affût d'éventuels signes de maladies. Nettoyer et désinfecter les cages et le matériel utilisés pour ces oiseaux. Enfiler des vêtements et des couvre-chaussures distincts et utiliser du matériel distinct pour s'occuper des oiseaux en quarantaine. Toujours s'occuper de ces oiseaux en dernier. Si le même matériel et les mêmes vêtements et couvre-chaussures doivent être utilisés, les nettoyer et les désinfecter avant et après s'être occupé de ces oiseaux.
  • Éviter de partager de la machinerie et des fournitures avec d'autres fermes avicoles. Si ce partage est incontournable, nettoyer et désinfecter le matériel, avant et après chaque utilisation.

Reconnaître et déclarer les maladies

Un dépistage précoce est très important si l'on veut endiguer efficacement un foyer de maladie.

  • Si les oiseaux présentent des signes de maladies, tels qu'abattement, baisse de production d'œufs ou de consommation de moulée, éternuements, respiration haletante, écoulements nasaux ou oculaires, diarrhée ou mort subite, appeler sur-le-champ le vétérinaire.
  • Éliminer les oiseaux morts rapidement par une méthode approuvée, comme l'enfouissement ou le compostage. Consulter d'abord le vétérinaire qui voudra peut-être prélever des échantillons et les faire analyser par un laboratoire. Voir le site du MAAARO pour des précisions sur les méthodes et modes d'élimination à privilégier.

Élever des volailles, que ce soit pour le plaisir de les déguster ou pour le simple plaisir de les voir, fait partie du patrimoine agricole de l'Ontario. Toutefois, pour réduire au minimum les risques que les petits élevages représentent pour la salubrité des aliments et l'industrie avicole, leurs propriétaires doivent être au fait des bonnes pratiques de biosécurité et doivent les mettre en application.

Ressources

Fiches techniques du MAAARO :

Biosécurité : Stratégies d'hygiène et de protection de la santé des bovins et directives générales visant d'autres animaux (commande no 09-080)
Modes d'élimination des animaux morts à la ferme (commande no 09-026)
La lutte contre les rongeurs dans les bâtiments d'élevage (commande no 10-078)

La version anglaise de la présente fiche technique a été rédigée à l'origine par le Dr Babak Sanei, vétérinaire principal, Prévention des maladies de la volaille, MAAARO, Guelph, et le Dr Paul Innes, vétérinaire principal, Mesures provinciales de biosécurité, MAAARO, Guelph. Elle a été mise à jour par Al Dam, spécialiste provincial de l'aviculture, MAAARO, Guelph, et Laura Bowers, adjointe au spécialiste de l'aviculture, MAAARO, Guelph.

Pour tout renseignement sur ce site, veuillez vous adresser au Centre d’information agricole au 1 877 424-1300 ou ag.info.omafra@ontario.ca.