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Recommandations
de biosécurité pour les troupeaux commerciaux de volaille
de l'Ontario
Table des matières
- Introduction
- Sources d'infection
- Principaux éléments d'un bon programme
de biosécurité
- La biosécurité, l'affaire de tout le
monde
Introduction
Dans le monde entier, les maladies infectieuses, comme la grippe aviaire
(GA), sont une menace constante pour les élevages commerciaux
de volaille. L'industrie avicole canadienne n'y échappe pas.
Les foyers de grippe aviaire hautement pathogène (GAHP) et les
foyers de laryngotrachéite infectieuse aviaire (LIA) découverts
respectivement en Colombie-Britannique et en Ontario en 2004 et les
souches de GA de faible pathogénicité découvertes
chez des oiseaux aquatiques au Canada en 2005 montrent que le risque
d'infection par des maladies graves, bien qu'il soit faible, n'en est
pas moins constant. L'industrie avicole de l'Ontario est donc tenue
de se protéger continuellement contre des menaces comme la GA
et la LIA. La mise en place d'un programme de biosécurité
bien pensé, pratique et fondé sur des principes scientifiques
est un moyen peu coûteux, mais très efficace, de protéger
les troupeaux contre de telles maladies contagieuses, lourdes de conséquences
sur le plan économique.
Sources d'infection
Les maladies empruntent différentes voies pour infecter les
troupeaux commerciaux de volaille, les plus courantes étant les
suivantes:
- oiseaux sauvages, rongeurs et animaux de compagnie (chiens et chats,
par exemple);
- personnes contaminées (mains, vêtements, chaussures
et cheveux, par exemple);
- matériel contaminé utilisé dans les élevages
(caisses servant au transport, dispositifs de capture,
- distributeurs de moulée et d'eau, par exemple);
- source d'approvisionnement en eau contaminée;
- véhicules et machinerie agricole contaminés (camions
et épandeurs de fumier, tracteurs, camions transportant les
moulées, par exemple);
- troupeaux voisins infectés (qu'il s'agisse d'élevages
commerciaux ou artisanaux) et marchés d'oiseaux vivants.
Le fil conducteur entre ces différentes voies de transmission
des maladies est l'exposition des volailles à des oiseaux infectés,
que ce soit directement ou indirectement par le contact avec des personnes
ou du matériel contaminés. La biosécurité
vise à ériger des barrières entre les élevages
et les nombreuses sources de contamination.
Principaux éléments d'un bon programme
de biosécurité
Un programme de biosécurité efficace repose sur deux
principes fondamentaux : l'exclusion (garder la maladie hors de la bande)
et le confinement (si la maladie a été introduite, l'empêcher
de se propager à d'autres locaux ou à des bandes saines).
Comme les risques varient selon les exploitations avicoles, un vétérinaire
pourra veiller à ce que le programme de biosécurité
soit adapté à la situation particulière de la ferme.
Tous les programmes de biosécurité, toutefois, ont en
commun certains éléments, qui s'inscrivent dans les principes
d'exclusion et de confinement, à savoir l'isolement, le contrôle
de la circulation et les activités de nettoyage et de désinfection.
- Isolement: La première ligne de
défense consiste à protéger les volailles de
l'exposition aux virus et autres agents pathogènes. Voici des
recommandations qui visent à ériger des barrières
entre l'élevage et les sources de maladies:
- Apposer une affiche « Accès interdit aux personnes
non autorisées » à l'entrée de la ferme
et à l'entrée de chaque poulailler. Garder en tout
temps les portes des bâtiments d'élevage verrouillées
afin d'en restreindre l'accès.
- Réduire au minimum les contacts avec d'autres volailles,
notamment avec les élevages artisanaux voisins. Si possible,
ne pas partager de machinerie agricole avec d'autres fermes. Interdire
aux employés, directeur et propriétaire y compris,
d'avoir des élevages artisanaux ou des oiseaux de compagnie,
ou de participer à des foires ou à des marchés
avicoles.
- Appliquer un programme strict de lutte contre les rongeurs et
les insectes et en surveiller périodiquement l'efficacité.
Débarrasser les abords des poulaillers des végétaux
et des débris susceptibles d'attirer les rongeurs.
- Éviter de situer les poulaillers à proximité
d'étangs. Ceux-ci attirent les oiseaux sauvages et les
oiseaux aquatiques qui peuvent être porteurs de maladies.
- Veiller à ce qu'aucun oiseau sauvage ne puisse pénétrer
dans les poulaillers. Installer des grillages sur les entrées
d'air et de ventilation et boucher ou réparer tous les
trous et orifices décelés dans la structure. Inspecter
périodiquement les bâtiments et faire les réparations
nécessaires sans tarder. Nettoyer sur-le-champ les déversements
d'aliments et d'eau, surtout à l'extérieur des poulaillers.
- Empêcher en tout temps les chiens et chats d'entrer dans
les poulaillers.
- Ramasser systématiquement les animaux morts plusieurs
fois par jour et les éliminer convenablement. Il est important
d'empêcher les animaux et les oiseaux sauvages d'entrer
en contact avec des oiseaux morts. Avec le vétérinaire,
établir un protocole convenable d'élimination des
carcasses. Si les oiseaux morts sont destinés à
l'équarrissage, les mettre quotidiennement dans la chambre
froide ou au congélateur prévu à cette fin.
Le jour de la collecte, déposer les oiseaux morts dans
un contenant pourvu d'un couvercle à l'épreuve des
rongeurs ou des prédateurs et mettre le contenant au bord
de la route ou à l'endroit désigné, à
bonne distance des poulaillers. Une fois les carcasses ramassées,
nettoyer et désinfecter tout le matériel utilisé
(barils, par exemple).
- Contrôle de la circulation et des
visiteurs: Comme il est impossible d'isoler complètement
la bande et la ferme, il est indispensable de se doter d'un bon protocole
pour limiter l'accès à la ferme et les déplacements
à l'intérieur de ses limites.
- Faire garer les véhicules dans un endroit prévu
à cette fin, à bonne distance des poulaillers et
des zones de circulation de la machinerie agricole.
- Ne laisser entrer dans les poulaillers que les employés
qui doivent y travailler et certaines personnes autorisées
seulement. Obliger les visiteurs à porter des survêtements
de protection propres (jetables de préférence),
des masques, un bonnet couvrant les cheveux et des couvre-chaussures
jetables (si les personnes portent des bottes, veiller à
en assigner des paires aux différents bâtiments et
à les nettoyer et à les désinfecter après
chaque visite). Leur faire porter des gants jetables et se laver
les mains avec un savon à main adéquat ou un agent
d'assainissement avant et après chaque visite. Les visiteurs
" obligés ", qui se rendent périodiquement
à la ferme pour lire les compteurs, livrer le mazout et
les moulées et faire de la maintenance, doivent aussi enfiler
tous les vêtements de protection et les couvre-chaussures
nécessaires, tel qu'il est mentionné ci-dessus.
- Assigner des vêtements et couvre-chaussures distincts
à chaque poulailler.
- Tenir un registre des visiteurs. Y consigner les noms de ces
derniers, le but de leur visite et leurs coordonnées.
- Si un pédiluve est utilisé, s'assurer qu'il reste
rempli et que la concentration de désinfectant utilisé
est conforme au mode d'emploi. Un pédiluve mal entretenu
augmente en fait les risques d'infection.
- L'idéal pour tous les visiteurs et employés est
de prendre une douche à leur arrivée et à
leur départ (surtout dans le cas des élevages de
reproduction et des élevages-souches).
- Les personnes affectées à la capture des oiseaux
doivent changer de vêtements, de chaussures, de masques
et de bonnets entre chaque ferme et nettoyer et désinfecter
le matériel servant à la capture avant de passer
d'une ferme à une autre. Ces précautions sont extrêmement
importantes si seulement une partie de la bande est expédiée
à l'abattoir (livraison partielle).
- Adopter de préférence un système d'élevage
par renouvellement intégral (oiseaux ayant tous le même
âge au même moment). À défaut de pouvoir
adopter ce système, toujours visiter les poulaillers par
ordre croissant d'âge et d'état de santé des
oiseaux (des plus jeunes aux plus vieux et des oiseaux sains aux
oiseaux malades).
- Toujours veiller à ce que l'exploitant et le personnel
portent dans les installations des vêtements et chaussures
différents de ceux qu'ils portent à l'extérieur
de la ferme. Ne pas laisser les cadres et les employés
visiter d'autres fermes avicoles.
- Nettoyage et désinfection: Malgré
la grande efficacité de l'isolement et des pratiques sanitaires,
un certain degré de contamination de l'environnement de la
ferme est inévitable. C'est pourquoi, de bonnes mesures de
biosécurité doivent aussi veiller à ce que la
ferme ne devienne pas elle-même une source de maladies. Voici
d'ailleurs des recommandations qui visent à limiter la propagation
à l'intérieur et hors des limites de la ferme, des maladies
qui pourraient s'y être déclarées:
- Éviter d'emprunter ou de prêter du matériel
agricole. Si du matériel est partagé, le nettoyer
et le désinfecter avant et après chaque utilisation.
Il est très important de détacher complètement
la matière organique avant de procéder à
la désinfection du matériel.
- L'assainissement de l'eau offerte aux animaux est une absolue
nécessité. Il existe différentes méthodes
pour assainir l'eau. Si l'on a recours au chlore, surveiller le
niveau de chlore actif et le pH de l'eau afin de garantir une
chloration efficace. Nettoyer et désinfecter les conduites
d'eau entre les bandes afin d'éviter que ne s'y forme un
film biologique visqueux susceptible d'abriter des bactéries
et d'inactiver certains désinfectants. Consulter le vétérinaire
pour mettre en place un programme d'assainissement de l'eau efficace.
Si l'on utilise l'eau d'un étang, l'assainissement de l'eau
est extrêmement important puisqu'elle risque d'avoir été
contaminée par les fientes des oiseaux aquatiques et des
oiseaux sauvages.
- Nettoyer et désinfecter au complet les poulaillers entre
les bandes. Avant d'appliquer le désinfectant, débarrasser
entièrement les poulaillers des débris, laver les
locaux sous pression avec une solution d'eau tiède et de
détergent et les laisser sécher. Consulter un vétérinaire
pour mettre au point un protocole de nettoyage et de désinfection
détaillé et complet. L'ordre des étapes à
suivre importe si l'on veut des résultats optimaux. Si
un foyer de maladie contagieuse s'est déclaré dans
la dernière bande, il est fortement recommandé d'effectuer
un nettoyage et une désinfection en profondeur entre les
bandes, quelle que soit l'époque de l'année.
- Si possible, gérer le fumier à la ferme, idéalement
en le compostant. Cette pratique est particulièrement importante
dans le cas du fumier provenant d'une bande atteinte d'une maladie.
Garder le site d'entreposage temporaire à la ferme à
bonne distance des poulaillers. Idéalement, mettre le fumier
en tas et le couvrir pour le protéger des oiseaux et des
précipitations (se conformer à la réglementation
provinciale). Si le fumier est expédié entre les
bandes, s'assurer de l'étanchéité des camions
et les recouvrir d'une bâche avant qu'ils ne quittent la
ferme.
La biosécurité, l'affaire de tout
le monde
Protéger l'Ontario et son industrie avicole des maladies graves
est une responsabilité que se partagent le gouvernement, les
regroupements de producteurs et les éleveurs. La ferme reste
quand même la dernière ligne de défense et c'est
à la ferme que les foyers de maladies sont le plus efficacement
maîtrisés ou évités. Voici des responsabilités
extrêmement importantes du producteur:
- Savoir reconnaître les signes cliniques des maladies aviaires.
Le dépistage précoce des symptômes de maladies
infectieuses et des interventions rapides peuvent limiter considérablement
les répercussions d'un foyer d'infection et permettre un retour
plus prompt aux activités normales. Voici une liste (non exhaustive)
des signes qui peuvent laisser présager la présence
d'un foyer de maladie grave :
- taux de mortalité élevé;
- baisse de la production d'ufs;
- réduction de la consommation de moulée ou d'eau;
- anomalies des systèmes respiratoire et nerveux.
- Consulter un vétérinaire si la bande semble malade
ou dans un état anormal. Le vétérinaire prélèvera
des échantillons qu'il fera analyser par un laboratoire de
santé animale afin d'établir un diagnostic précis.
- Mettre en place et respecter un programme de biosécurité
acceptable à la ferme après consultation avec le
vétérinaire. Réévaluer constamment le
programme de biosécurité et le modifier au besoin.
- Si l'on soupçonne la présence de foyers d'une maladie
aviaire dans la région, se tenir prêt à renforcer
le niveau de biosécurité à la ferme après
consultation avec le vétérinaire.
Le choix d'un programme de biosécurité doit tenir compte
des coûts et des risques en jeu, et relever du bon sens. Un
tel programme demeure une mesure des plus rentables, compte tenu des
répercussions dévastatrices que peut avoir un foyer
de maladie grave.
Des maladies comme la grippe aviaire peuvent être introduites
dans les poulaillers commerciaux par différentes voies, notamment
par les humains, le matériel, les oiseaux sauvages, les rongeurs,
la litière, les carcasses, les plumes et éventuellement
par le vent ou des particules en suspension. En mettant en uvre
et en appliquant avec diligence un programme de sécurité
bien pensé, le producteur met en place les barrières nécessaires
pour réduire au minimum les risques que des maladies ne soient
introduites dans son troupeau ou ne soient transmises à d'autres
troupeaux.
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Sans frais : 1 877 424-1300
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Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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