Variabilité la composition des ingrédients des moulées - conséquences sur les rejets d'éléments nutritifs


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 400/60
Date de publication : février 2004
Commande no. 04-006
Dernière révision : 10 février 2010
Situation : Nouvelle
Rédacteur : Ron Lackey - spécialiste des ingrédients et des sous-produits dans l'alimentation du bétail/MAAARO

Table des matières

  1. Portée environnementale des stratégies nutritionnelles
  2. Variabilité de la composition des ingrédients des moulées
  3. Analyse pratique des ingrédients
  4. Stratégies nutritionnelles éprouvées

Portée environnementale des stratégies nutritionnelles

L'adoption de stratégies nutritionnelles visant à réduire au minimum les répercussions environnementales des productions animales est surtout efficace lorsque sont prises en compte les variations dans la composition des ingrédients des moulées et la disponibilité biologique des éléments nutritifs contenus dans chacun de ces ingrédients.

Si l'on élève du bétail et de la volaille, c'est parce que ces animaux sont à même de convertir des matières végétales (céréales et fourrages) en produits comestibles (oeufs, viande et lait). Ce processus de conversion n'est pas efficace à 100 % et il serait d'ailleurs illusoire de s'attendre à ce qu'il le soit. Les éléments nutritifs présents dans les matières végétales que les animaux consomment, mais qui ne sont pas utilisés pour leur entretien et leur production, sont excrétés dans le fumier.

Pour que l'industrie de l'élevage soit non seulement viable sur le plan environnemental, mais également rentable sur le plan économique, il faut qu'elle-même ainsi que l'industrie des aliments pour animaux puissent recycler l'ensemble du flux d'éléments nutritifs provenant des moulées, et en particulier l'azote (N) et le phosphore (P) provenant du fumier animal, de manière à les retourner au sol où ils pourront être à nouveau utilisés par les cultures. Dans l'esprit du grand public, c'est d'ailleurs là un minimum sans lequel, il ne saurait être question de pratique agricole acceptable.

Le défi que doivent relever l'éleveur et le nutritionniste pour animaux est donc de déterminer avec précision la teneur en éléments nutritifs de chaque ingrédient des moulées, la biodisponibilité de ces éléments nutritifs pour les animaux et les facteurs qui influencent cette biodisponibilité. Cette information leur permettra de savoir exactement combien de suppléments nutritifs sont nécessaires pour équilibrer les rations et ainsi optimiser les indices de conversion et réduire éventuellement les excrétions d'éléments nutritifs qui doivent être gérées en productions végétales.

Variabilité de la composition des ingrédients des moulées

Il existe d'importantes variations dans la composition des ingrédients des moulées, non seulement d'un ingrédient à l'autre mais même parfois pour un même ingrédient. Des recherches menées à l'Université de Guelph sur les teneurs en phosphore et en phytate d'un certain nombre d'échantillons de maïs et de soya ont fait ressortir des différences considérables. Les teneurs en phosphore total du maïs allaient de 0,22 à 0,63 %, tandis que celles du phytate (partie du phosphore qui n'est normalement pas accessible aux monogastriques) représentaient de 48,93 à 89,5 % du phosphore total. Dans le cas du soya, les teneurs en phosphore total s'échelonnaient de 0,36 à 0,84 % et les pourcentages de phytate allaient de 43,3 à 70,7 %.

Analyse pratique des ingrédients

Malheureusement, il n'existe pas à l'heure actuelle de méthode commercialement disponible pour analyser les teneurs en phytate. On envisage actuellement la possibilité de faire cette analyse par spectroscopie de réflectance dans le proche infrarouge (NIRS). Cette méthode est reconnue comme étant rapide et économique et est actuellement utilisée par certaines provenderies commerciales pour offrir des analyses approximatives des teneurs en éléments nutritifs. La NIRS est aussi à l'essai en ce moment comme système possible servant à établir les profils d'acides aminés.

Les variations dans la composition des ingrédients des moulées sont préoccupantes à la fois du point de vue économique et du point de vue environnemental. Du fait même de ces variations et du fait de l'impossibilité de disposer rapidement des résultats d'une analyse des éléments nutritifs, formuler les rations pour qu'elles répondent mieux aux besoins nutritifs d'entretien et de production des animaux relève du défi. En général, s'ils ne disposent pas rapidement d'une analyse complète des ingrédients, les fabricants de moulée ont tendance à augmenter les quantités des différents ingrédients, pour tenir compte d'éventuelles variations dans les teneurs en éléments nutritifs. Non seulement cette pratique amène t elle une augmentation du coût des rations, mais elle augmente également les rejets d'éléments nutritifs dans l'environnement.

Stratégies nutritionnelles éprouvées

Des recherches ont démontré que plusieurs stratégies nutritionnelles réduisent efficacement les teneurs en P et en N des excrétions du bétail. Ainsi, l'ajout de phytase aux rations des monogastriques permet-elle de réduire la quantité de suppléments phosphorés nécessaires, ce qui contribue à abaisser les excrétions de P dans le fumier. Le fait d'abaisser les teneurs en protéines et d'équilibrer le profil des acides aminés dans les rations formulées avec des acides aminés de synthèse permet par ailleurs de réduire les rejets de N. L'alimentation multiphase, qui repose sur l'ajustement fréquent des rations de manière à ce que celles-ci correspondent plus étroitement aux besoins nutritifs des animaux, permet de réduire les rejets de P et de N. Moins il y a de suppléments de P qui sont administrés aux ruminants, moins les rejets de P sont grands.

Toutes les stratégies nutritionnelles mentionnées ici peuvent contribuer à réduire les rejets dans l'environnement d'éléments nutritifs contenus dans le fumier. Toutefois, pour que ces stratégies donnent un maximum de résultats, il faut qu'elles reposent sur des données précises et obtenues au moment opportun relativement à la composition des ingrédients des moulées utilisées. La mise au point de méthodes permettant de connaître rapidement et avec précision la teneur en phytate et le profil des acides aminés dans chacune des moulées contribuera à maximiser les avantages de ces stratégies.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

La présente fiche technique a été rédigée par Ron Lackey, spécialiste des ingrédients et des sous-produits, alimentation animale, MAAARO.

Connaissez-vous la Loi sur la gestion des éléments nutritifs de l'Ontario et la réglementation connexe?

La Loi sur la gestion des éléments nutritifs (LGEN) de l'Ontario et le Règlement 267/03, tels que modifiés, régissent l'entreposage, la manutention et l'épandage des matières nutritives qui peuvent être épandues sur des terres agricoles cultivées. L'objectif est de protéger les ressources en eau de surface et souterraine de l'Ontario.

Veuillez consulter le Règlement et ses protocoles pour connaître les modalités précises d'application de la LGEN. Les conseils contenus dans la présente fiche technique sont d'ordre pratique seulement. Pour toute question concernant vos obligations juridiques, adressez-vous à un avocat.

Pour de plus amples renseignements sur la LGEN, vous pouvez appeler la ligne d'information dédiée à la gestion des éléments nutritifs au 1 866 242-4460, envoyer un courriel à nman@omafra.gov.on.ca ou visiter le site www.omafra.gov.on.ca.

Les fiches techniques sont constamment mises à jour; assurez-vous d'avoir en main la plus récente version.


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