Dans cette section |
Variabilité
la composition des ingrédients des moulées - conséquences
sur les rejets d'éléments nutritifs
|
||||||||||||||
![]() |
|
| Agdex : | 400/60 |
|---|---|
| Date de publication : | février 2004 |
| Commande no. | 04-006 |
| Dernière révision : | aoút 2006 |
| Situation : | Nouvelle |
| Rédacteur : | Ron Lackey - spécialiste des ingrédients et des sous-produits dans l'alimentation du bétail/MAAARO |
L'adoption de stratégies nutritionnelles visant à réduire
au minimum les répercussions environnementales des productions
animales est surtout efficace lorsque sont prises en compte les variations
dans la composition des ingrédients des moulées et la
disponibilité biologique des éléments nutritifs
contenus dans chacun de ces ingrédients.
Si l'on élève du bétail et de la volaille, c'est
parce que ces animaux sont à même de convertir des matières
végétales (céréales et fourrages) en produits
comestibles (oeufs, viande et lait). Ce processus de conversion n'est
pas efficace à 100 % et il serait d'ailleurs illusoire de s'attendre
à ce qu'il le soit. Les éléments nutritifs présents
dans les matières végétales que les animaux consomment,
mais qui ne sont pas utilisés pour leur entretien et leur production,
sont excrétés dans le fumier.
Pour que l'industrie de l'élevage soit non seulement viable sur
le plan environnemental, mais également rentable sur le plan
économique, il faut qu'elle-même ainsi que l'industrie
des aliments pour animaux puissent recycler l'ensemble du flux d'éléments
nutritifs provenant des moulées, et en particulier l'azote (N)
et le phosphore (P) provenant du fumier animal, de manière à
les retourner au sol où ils pourront être à nouveau
utilisés par les cultures. Dans l'esprit du grand public, c'est
d'ailleurs là un minimum sans lequel, il ne saurait être
question de pratique agricole acceptable.
Le défi que doivent relever l'éleveur et le nutritionniste
pour animaux est donc de déterminer avec précision la
teneur en éléments nutritifs de chaque ingrédient
des moulées, la biodisponibilité de ces éléments
nutritifs pour les animaux et les facteurs qui influencent cette biodisponibilité.
Cette information leur permettra de savoir exactement combien de suppléments
nutritifs sont nécessaires pour équilibrer les rations
et ainsi optimiser les indices de conversion et réduire éventuellement
les excrétions d'éléments nutritifs qui doivent
être gérées en productions végétales.
Il existe d'importantes variations dans la composition des ingrédients des moulées, non seulement d'un ingrédient à l'autre mais même parfois pour un même ingrédient. Des recherches menées à l'Université de Guelph sur les teneurs en phosphore et en phytate d'un certain nombre d'échantillons de maïs et de soya ont fait ressortir des différences considérables. Les teneurs en phosphore total du maïs allaient de 0,22 à 0,63 %, tandis que celles du phytate (partie du phosphore qui n'est normalement pas accessible aux monogastriques) représentaient de 48,93 à 89,5 % du phosphore total. Dans le cas du soya, les teneurs en phosphore total s'échelonnaient de 0,36 à 0,84 % et les pourcentages de phytate allaient de 43,3 à 70,7 %.
Malheureusement, il n'existe pas à l'heure actuelle de méthode
commercialement disponible pour analyser les teneurs en phytate. On
envisage actuellement la possibilité de faire cette analyse par
spectroscopie de réflectance dans le proche infrarouge (NIRS).
Cette méthode est reconnue comme étant rapide et économique
et est actuellement utilisée par certaines provenderies commerciales
pour offrir des analyses approximatives des teneurs en éléments
nutritifs. La NIRS est aussi à l'essai en ce moment comme système
possible servant à établir les profils d'acides aminés.
Les variations dans la composition des ingrédients des moulées
sont préoccupantes à la fois du point de vue économique
et du point de vue environnemental. Du fait même de ces variations
et du fait de l'impossibilité de disposer rapidement des résultats
d'une analyse des éléments nutritifs, formuler les rations
pour qu'elles répondent mieux aux besoins nutritifs d'entretien
et de production des animaux relève du défi. En général,
s'ils ne disposent pas rapidement d'une analyse complète des
ingrédients, les fabricants de moulée ont tendance à
augmenter les quantités des différents ingrédients,
pour tenir compte d'éventuelles variations dans les teneurs en
éléments nutritifs. Non seulement cette pratique amène
t elle une augmentation du coût des rations, mais elle augmente
également les rejets d'éléments nutritifs dans
l'environnement.
Des recherches ont démontré que plusieurs stratégies
nutritionnelles réduisent efficacement les teneurs en P et en
N des excrétions du bétail. Ainsi, l'ajout de phytase
aux rations des monogastriques permet-elle de réduire la quantité
de suppléments phosphorés nécessaires, ce qui contribue
à abaisser les excrétions de P dans le fumier. Le fait
d'abaisser les teneurs en protéines et d'équilibrer le
profil des acides aminés dans les rations formulées avec
des acides aminés de synthèse permet par ailleurs de réduire
les rejets de N. L'alimentation multiphase, qui repose sur l'ajustement
fréquent des rations de manière à ce que celles-ci
correspondent plus étroitement aux besoins nutritifs des animaux,
permet de réduire les rejets de P et de N. Moins il y a de suppléments
de P qui sont administrés aux ruminants, moins les rejets de
P sont grands.
Toutes les stratégies nutritionnelles mentionnées ici
peuvent contribuer à réduire les rejets dans l'environnement
d'éléments nutritifs contenus dans le fumier. Toutefois,
pour que ces stratégies donnent un maximum de résultats,
il faut qu'elles reposent sur des données précises et
obtenues au moment opportun relativement à la composition des
ingrédients des moulées utilisées. La mise au
point de méthodes permettant de connaître rapidement et
avec précision la teneur en phytate et le profil des acides aminés
dans chacune des moulées contribuera à maximiser les avantages
de ces stratégies.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
La présente fiche technique a été rédigée
par Ron Lackey, spécialiste des ingrédients et des sous-produits,
alimentation animale, MAAARO.
La Loi sur la gestion des éléments nutritifs
(LGEN) de l'Ontario et le Règlement 267/03, tels que modifiés,
régissent l'entreposage, la manutention et l'épandage
des matières nutritives qui peuvent être épandues
sur des terres agricoles cultivées. L'objectif est de protéger
les ressources en eau de surface et souterraine de l'Ontario.
Veuillez consulter le Règlement et ses protocoles pour connaître
les modalités précises d'application de la LGEN. Les conseils
contenus dans la présente fiche technique sont d'ordre pratique
seulement. Pour toute question concernant vos obligations juridiques,
adressez-vous à un avocat.
Pour de plus amples renseignements sur la LGEN, vous pouvez appeler
la ligne d'information dédiée à la gestion des
éléments nutritifs au 1 866 242-4460, envoyer un courriel
à nman@omaf.gov.on.ca ou visiter le site www.omaf.gov.on.ca.
Les fiches techniques sont constamment mises à jour; assurez-vous
d'avoir en main la plus récente version.
| Haut de la page |
Pour plus de renseignements :
Ce site est mis à jour
par le gouvernement de l'Ontario, Canada
© Imprimeur
de la Reine pour l'Ontario,
Dernière mise à jour :