Variabilité la composition
des ingrédients des moulées - conséquences sur les
rejets d'éléments nutritifs
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| Agdex : | 400/60 |
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| Date de publication : | février 2004 |
| Commande no. | 04-006 |
| Dernière révision : | 10 février 2010 |
| Situation : | Nouvelle |
| Rédacteur : | Ron Lackey - spécialiste des ingrédients et des sous-produits dans l'alimentation du bétail/MAAARO |
L'adoption de stratégies nutritionnelles visant à réduire
au minimum les répercussions environnementales des productions
animales est surtout efficace lorsque sont prises en compte les variations
dans la composition des ingrédients des moulées et la disponibilité
biologique des éléments nutritifs contenus dans chacun de
ces ingrédients.
Si l'on élève du bétail et de la volaille, c'est
parce que ces animaux sont à même de convertir des matières
végétales (céréales et fourrages) en produits
comestibles (oeufs, viande et lait). Ce processus de conversion n'est
pas efficace à 100 % et il serait d'ailleurs illusoire de s'attendre
à ce qu'il le soit. Les éléments nutritifs présents
dans les matières végétales que les animaux consomment,
mais qui ne sont pas utilisés pour leur entretien et leur production,
sont excrétés dans le fumier.
Pour que l'industrie de l'élevage soit non seulement viable sur
le plan environnemental, mais également rentable sur le plan économique,
il faut qu'elle-même ainsi que l'industrie des aliments pour animaux
puissent recycler l'ensemble du flux d'éléments nutritifs
provenant des moulées, et en particulier l'azote (N) et le phosphore
(P) provenant du fumier animal, de manière à les retourner
au sol où ils pourront être à nouveau utilisés
par les cultures. Dans l'esprit du grand public, c'est d'ailleurs là
un minimum sans lequel, il ne saurait être question de pratique
agricole acceptable.
Le défi que doivent relever l'éleveur et le nutritionniste
pour animaux est donc de déterminer avec précision la teneur
en éléments nutritifs de chaque ingrédient des moulées,
la biodisponibilité de ces éléments nutritifs pour
les animaux et les facteurs qui influencent cette biodisponibilité.
Cette information leur permettra de savoir exactement combien de suppléments
nutritifs sont nécessaires pour équilibrer les rations et
ainsi optimiser les indices de conversion et réduire éventuellement
les excrétions d'éléments nutritifs qui doivent être
gérées en productions végétales.
Il existe d'importantes variations dans la composition des ingrédients des moulées, non seulement d'un ingrédient à l'autre mais même parfois pour un même ingrédient. Des recherches menées à l'Université de Guelph sur les teneurs en phosphore et en phytate d'un certain nombre d'échantillons de maïs et de soya ont fait ressortir des différences considérables. Les teneurs en phosphore total du maïs allaient de 0,22 à 0,63 %, tandis que celles du phytate (partie du phosphore qui n'est normalement pas accessible aux monogastriques) représentaient de 48,93 à 89,5 % du phosphore total. Dans le cas du soya, les teneurs en phosphore total s'échelonnaient de 0,36 à 0,84 % et les pourcentages de phytate allaient de 43,3 à 70,7 %.
Malheureusement, il n'existe pas à l'heure actuelle de méthode
commercialement disponible pour analyser les teneurs en phytate. On envisage
actuellement la possibilité de faire cette analyse par spectroscopie
de réflectance dans le proche infrarouge (NIRS). Cette méthode
est reconnue comme étant rapide et économique et est actuellement
utilisée par certaines provenderies commerciales pour offrir des
analyses approximatives des teneurs en éléments nutritifs.
La NIRS est aussi à l'essai en ce moment comme système possible
servant à établir les profils d'acides aminés.
Les variations dans la composition des ingrédients des moulées
sont préoccupantes à la fois du point de vue économique
et du point de vue environnemental. Du fait même de ces variations
et du fait de l'impossibilité de disposer rapidement des résultats
d'une analyse des éléments nutritifs, formuler les rations
pour qu'elles répondent mieux aux besoins nutritifs d'entretien
et de production des animaux relève du défi. En général,
s'ils ne disposent pas rapidement d'une analyse complète des ingrédients,
les fabricants de moulée ont tendance à augmenter les quantités
des différents ingrédients, pour tenir compte d'éventuelles
variations dans les teneurs en éléments nutritifs. Non seulement
cette pratique amène t elle une augmentation du coût des
rations, mais elle augmente également les rejets d'éléments
nutritifs dans l'environnement.
Des recherches ont démontré que plusieurs stratégies
nutritionnelles réduisent efficacement les teneurs en P et en N
des excrétions du bétail. Ainsi, l'ajout de phytase aux
rations des monogastriques permet-elle de réduire la quantité
de suppléments phosphorés nécessaires, ce qui contribue
à abaisser les excrétions de P dans le fumier. Le fait d'abaisser
les teneurs en protéines et d'équilibrer le profil des acides
aminés dans les rations formulées avec des acides aminés
de synthèse permet par ailleurs de réduire les rejets de
N. L'alimentation multiphase, qui repose sur l'ajustement fréquent
des rations de manière à ce que celles-ci correspondent
plus étroitement aux besoins nutritifs des animaux, permet de réduire
les rejets de P et de N. Moins il y a de suppléments de P qui sont
administrés aux ruminants, moins les rejets de P sont grands.
Toutes les stratégies nutritionnelles mentionnées ici peuvent
contribuer à réduire les rejets dans l'environnement d'éléments
nutritifs contenus dans le fumier. Toutefois, pour que ces stratégies
donnent un maximum de résultats, il faut qu'elles reposent sur
des données précises et obtenues au moment opportun relativement
à la composition des ingrédients des moulées utilisées.
La mise au
point de méthodes permettant de connaître rapidement et avec
précision la teneur en phytate et le profil des acides aminés
dans chacune des moulées contribuera à maximiser les avantages
de ces stratégies.
Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution
financière à la réalisation de la présente
fiche technique.
La présente fiche technique a été rédigée
par Ron Lackey, spécialiste des ingrédients et des sous-produits,
alimentation animale, MAAARO.
La Loi sur la gestion des éléments nutritifs
(LGEN) de l'Ontario et le Règlement 267/03, tels que modifiés,
régissent l'entreposage, la manutention et l'épandage des
matières nutritives qui peuvent être épandues sur
des terres agricoles cultivées. L'objectif est de protéger
les ressources en eau de surface et souterraine de l'Ontario.
Veuillez consulter le Règlement et ses protocoles pour connaître
les modalités précises d'application de la LGEN. Les conseils
contenus dans la présente fiche technique sont d'ordre pratique
seulement. Pour toute question concernant vos obligations juridiques,
adressez-vous à un avocat.
Pour de plus amples renseignements sur la LGEN, vous pouvez appeler la
ligne d'information dédiée à la gestion des éléments
nutritifs au 1 866 242-4460, envoyer un courriel à nman@omafra.gov.on.ca
ou visiter le site www.omafra.gov.on.ca.
Les fiches techniques sont constamment mises à jour; assurez-vous
d'avoir en main la plus récente version.