La
lutte contre les mauvaises herbes dans les pâturages de chevaux
| Auteur : |
Dr. Bob Wright
- scientifique vétérinaire, chevaux et animaux non
traditionnels/MAAO; et Scott Banks - Spécialiste des cultures
au stade levée/MAAO |
| Date de création : |
26 mai 1998 |
| Dernière révision : |
26 mai 1998 |
Table des matières
- Introduction
- Espèces indicatrices
- Plantes toxiques
- Plantes fourragères
Introduction
Dans la plupart des pâturages, aucun programme de lutte contre
les « mauvaises » herbes n'est nécessaire si l'on
a déjà de bonnes pratiques de gestion. Une mauvaise
herbe est toute espèce végétale indésirable
qui apparaît dans une récolte donnée. La plupart
des plantes habituellement considérées comme des mauvaises
herbes sont en fait très savoureuses et nourrissantes lorsqu'elles
poussent dans un pâturage maintenu dans un état végétatif
et qui n'a pas atteint un état de maturité trop avancé.
Par exemple, les pissenlits, dont la présence n'est pas souhaitable
dans le foin et les autres récoltes, sont très riches
en protéines brutes et ont très bon goût lorsqu'ils
sont jeunes et au stade végétatif.
Espèces indicatrices
En présence d'espèces indésirables, le propriétaire
de chevaux devra envisager de modifier le mode de gestion de son pâturage.
Il peut y avoir plusieurs raisons à cela :
- Si la pression de broutage n'est pas suffisante (faible charge
de bétail), les espèces végétales moins
souhaitables ne seront pas consommées, elles atteindront
un stade de maturité trop avancé et seront de moins
en moins appétissantes pour les chevaux. Elles deviendront
également plus vigoureuses et plus agressives que les espèces
désirables, ce qui leur permettra d'accaparer une plus grande
partie du pâturage.
- En présence d'une charge de bétail trop élevée,
trop longue, trop précoce au printemps ou trop tardive en
automne, l'excès de broutage peut également favoriser
l'apparition de mauvaises herbes. Les pratiques de gestion inadéquates
entraînent la disparition des espèces désirables,
une diminution de la force et de l'épaisseur du gazon ainsi
qu'une perturbation du sol. Il finit par se former des zones de
sol dénudé où les graines d'espèces
plus vigoureuses et moins désirables parviennent à
germer. Certaines plantes toxiques comme les prêles peuvent
alors s'établir dans les endroits bas et humides.
- La présence de certaines plantes ou mauvaises herbes peut
refléter un problème lié à la fertilité
du sol. Par exemple, l'épervière orangée pousse
sur les sols pauvres en phosphore. Si les légumineuses ont
du mal à s'établir et à survivre, il est possible
que le pH soit trop bas. L'apparition de mousse est peut-être
le signe d'un manque d'azote ou d'un drainage insuffisant, ou des
deux à la fois. Pour savoir quelles mesures correctives sont
nécessaires, il faut commencer par faire tester le sol en
question.
Plantes toxiques
Certaines mauvaises herbes peuvent être toxiques pour les chevaux
qui les broutent. On trouvera une description de leurs effets toxiques
dans les feuillets d'information du ministère de l'Agriculture,
de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario intitulés
Mauvaises herbes vénéneuses pour le bétail au
pâturage - Section A, Mauvaises herbe vénéneuses
pour le bétail au pâturage - Section B et Poisoning of
Livestock By Plants.
La publication Plantes toxiques du Canada (publication 1842/F, ISBN
0-660-92850-7) est un excellent ouvrage qu'on peut se procurer au
Centre d'édition du gouvernement du Canada, Ottawa, K1A 0S9.
On peut trouver la même information sur le site sis.agr.gc.ca/poison.
Dans la plupart des cas, même si des plantes toxiques sont présentes
dans un pâturage, les chevaux n'y touchent pas à moins
de ne disposer d'aucune autre nourriture.
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Mauvaises herbes des pâturages
Les chardons, notamment le chardon des champs et la bardane, sont
souvent difficiles à éliminer et compliquent le nettoyage
des crinières et des queues. Pour pouvoir prendre des mesures
efficaces contre ces espèces, il faut d'abord pouvoir identifier
celles-ci et comprendre les différences concernant leur croissance.
La publication 505 intitulée Ontario Weeds est très
utile lorsqu'on tente de procéder à une identification.
On peut classer les mauvaises herbes qui poussent dans les pâturages
en annuelles, bisannuelles ou vivaces.
Les mauvaises herbes annuelles ne sont habituellement présentes
que la première année (ensemencement du pâturage).
Le sol contient une multitude de graines de plantes annuelles à
l'état de dormance qui germent lorsqu'il est remué.
La moutarde sauvage est la plus problématique de ces mauvaises
herbes annuelles, et elle peut être toxique lorsqu'elle est
consommée en grande quantité.
La petite bardane, le chardon vulgaire, l'acanthe sauvage et le chardon
penché sont des plantes bisannuelles, c'est-à-dire que
la première année (germination), elles forment une rosette
basale comportant plusieurs feuilles et qui reste très basse.
Ce n'est que la deuxième année que ces plantes forment
une tige qui produit des graines.
Le chardon des champs et l'asclépiade commune sont des mauvaises
herbes vivaces, qui peuvent donc vivre et former des graines pendant
plusieurs années. Les moyens de lutte mécanique comme
la tonte des pâturages empêchent certaines espèces
de produire des graines, mais ils ne tuent pas toujours la plante
même; dans ce cas, il devient donc nécessaire de tondre
plusieurs fois par année. La tonte de certaines plantes vivaces
telles que l'asclépiade commune stimule même l'apparition
de nouvelles pousses. L'emploi d'une pelle n'est efficace que si l'on
creuse le sol jusqu'à une profondeur de deux ou trois pouces
pour couper la racine au-dessous du collet, notamment dans le cas
de la bardane.
Si l'on choisit les moyens chimiques, il faut savoir quel type de
mauvaises herbes on veut viser et choisir l'herbicide et la méthode
d'épandage qui conviennent. L'emploi d'un herbicide non sélectif
comme le Roundup fera apparaître des zones de sol nu. Si l'on
opte pour un herbicide sélectif comme le 2-4D qui s'attaque
aux plantes à feuilles larges on tuera du même coup les
légumineuses dont la présence est souhaitable.
On élimine généralement les mauvaises herbes
annuelles au moment des semis par l'emploi d'une culture de couverture.
Cependant les annuelles germeront si l'on procède à
un semis direct ou si l'on perturbe le sol. On peut les empêcher
de produire des graines en les tondant la première année.
Les années suivantes, elles n'apparaîtront de nouveau
que si le sol est remué.
Dans le cas des plantes vivaces (chardon des champs et asclépiade
commune), il est préférable d'appliquer un produit tel
que le Roundup à la fin du stade de bourgeon ou au début
du stade de floraison. En effet, c'est à ce moment-là
que ces plantes accumulent des réserves dans leurs racines,
ce qui leur permet de repousser et de produire des graines les années
suivantes; l'herbicide est donc mieux absorbé par les racines,
d'où une meilleure efficacité.
Pour ce qui est des bisannuelles, le meilleur moment pour procéder
à un épandage d'herbicide est la première année,
quand la plante est au stade de rosette. Lorsque ces plantes ont atteint
leur deuxième année, elles se reproduisent; les racines
se vident donc de leurs éléments nutritifs, et par conséquent
les méthodes de lutte chimique ne sont pas très efficaces.
Dans les endroits totalement envahis, il peut être nécessaire
de procéder à un épandage par points. Lorsque
les mauvaises herbes ont été éliminées
par cette méthode, il faut réintroduire les plantes
fourragères désirables (légumineuses et herbacées).
Avec d'autres espèces de bétail, l'épandage
d'herbicide par applicateur à mèche donne aussi de bons
résultats. La mèche dépose un mélange
concentré d'eau et d'herbicide sur les feuilles des mauvaises
herbes sans toucher les espèces fourragères. On peut
appliquer cette méthode après le passage des animaux
dans le pâturage; les espèces désirables ont alors
été broutées et seules les mauvaises herbes sont
touchées par la mèche. Dans les zones où la végétation
ressemble à la pelouse d'un terrain de golf, l'épandage
d'un herbicide par applicateur à mèche peut être
utile. Dans les parties des pâturages de chevaux qui sont à
l'état brut, cette méthode éliminerait les herbacées
autant que les mauvaises herbes. En présence de plantes telles
que le chardon des champs, il peut être souhaitable d'effleurer
la plante dans au moins deux directions pour assurer une couverture
plus complète et une meilleure absorption de l'herbicide.
Pour plus de renseignements sur les produits et les quantités
à employer, voir la publication 75/F intitulée Guide
de lutte contre les mauvaises herbes. Une partie de cet ouvrage
est également consacrée aux méthodes de lutte
mécanique et chimique pour les pâturages.
Si vous prévoyez d'éliminer les mauvaises herbes, vous
devrez également prendre des mesures pour les remplacer par
des espèces dont la présence est plus souhaitable. Une
bonne gestion du pâturage constitue la meilleure stratégie
de lutte contre les mauvaises herbes, et aussi la plus économique.
Elle permet en effet d'empêcher ces espèces indésirables
de s'implanter.
On pourra également consulter le feuillet d'information du
MAAO intitulé La gestion des pâturages de chevaux.
Vous trouverez d'autres renseignements et des exemplaires des publications
du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires
rurales en vous adressant au bureau ce ministère qui se trouve
dans votre localité.
Liens connexes
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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