L'ensilage
préfané et le foin traité pour les chevaux
| Auteur : |
Dr. Bob Wright,
scientifique vétérinaire, chevaux et animaux non
traditionnels - MAAARO |
| Date de création : |
juin 1999 |
| Dernière révision : |
juin 1999 |
Pendant la saison des foins, en cas de pluie, des éleveurs
inquiets nous demandent comment prévenir la présence
de poussière dans l'ensilage préfané (foin ensilé)
ou le foin traité destiné aux chevaux. Dans un foin
trop humide, la poussière est due à des moisissures
qui produisent également un échauffement et une détérioration
Pour éviter l'apparition de poussière dans les balles
rectangulaires, le foin ne doit être mis en balles que si sa
teneur en humidité est inférieure à 15 % (85
% de matière sèche). Pour des balles rondes, la teneur
en humidité ne doit pas dépasser 13 %. Lors de l'entreposage,
les balles rectangulaires s'assèchent généralement
et la teneur finale en matière sèche atteint 89 % (11
% d'humidité). Comme les balles rondes sont plus grosses, elles
ne s'assèchent pas aussi facilement que les balles rectangulaires
et, si elles sont confectionnées à un taux d'humidité
de 15 % (85 % de matière sèche), elles deviennent souvent
poussiéreuses; le foin mis en balles rondes doit donc être
plus sec.
L'ensilage préfané ou ensilage d'herbe consiste à
couper de jeunes plantes vivantes et à les placer, après
fanage partiel, dans un silo ou un emballage tel qu'un sac de plastique
étanche à l'air. Dans le cas des balles rondes, le foin
est mis en balles à une teneur de 45 à 50 % d'humidité
et immédiatement enveloppé dans du plastique ou placé
dans un sac, ce qui réduit l'apport d'oxygène. Les plantes
consomment l'oxygène qui reste dans le sac, ce qui fait descendre
le pH jusqu'à une valeur de cinq, et le foin atteint alors
un état d'équilibre. Si le sac est percé, une
fermentation secondaire s'amorce et le produit se détériore
là où il y a de l'oxygène.
On peut se procurer divers types d'agents de conservation permettant
de traiter le foin. On les ajoute au produit lors de la mise en balles
lorsqu'il est difficile d'atteindre un taux d'humidité inférieur
à 15 %. Ces agents de conservation, employés de façon
appropriée, permettent d'entreposer le foin à des teneurs
en humidité plus élevées.
Avantages de l'ensilage préfané comparé au
foin traité
- L'ensilage permet de maintenir la même qualité de
fourrage que lors de la coupe.
- Habituellement, le fourrage est riche en énergie et en
protéines parce que la date de coupe ne dépend pas
des conditions climatiques.
- La forte teneur en humidité et l'absence de poussière
sont souhaitables lorsqu'on alimente un cheval atteint d'emphysème
chronique.
Désavantages
- Très peu de recherches ont été effectuées
sur l'alimentation des chevaux à l'aide d'ensilage préfané
ou de foin traité. Certains rapports indiquent que l'emploi
d'ensilage préfané à cette fin pose peu de
problèmes, mais il reste des questions sans réponse
concernant les effets d'un fourrage acide et le risque de coliques
lorsque l'ensilage est gelé.
- Comme leur teneur en humidité est de 50 %, les balles ou
les sacs d'ensilage préfané sont presque deux fois
plus lourds que ceux de foin séché.
- L'ensilage préfané placé dans des sacs individuels
ne peut être manipulé à l'aide des dispositifs
ordinaires du type fourche. La manutention doit permettre de ne
pas endommager les sacs.
- Il existe un risque de botulisme. Les chevaux doivent être
vaccinés contre cette maladie avant de recevoir de l'ensilage
en balles rondes ou en sacs. Pour plus de détails, sur le
botulisme, voir la note ci-dessous.
- Dès qu'un sac ou un emballage de plastique est percé,
l'oxygène y pénètre et entraîne une dégradation
du produit.
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Botulisme
Les chevaux sont les animaux domestiques les plus sensibles au botulisme.
Cette maladie se déclare lorsque des toxines libérées
par la bactérie Clostridium botulinum se retrouvent dans le
corps de l'animal; ces toxines produisent un état de faiblesse
qui peut évoluer jusqu'à la paralysie. La bactérie
du botulisme est commune dans le sol et les carcasses en décomposition,
et elle est moins fréquente dans les matières végétales
en décomposition. Elle peut contaminer les matériaux
ensilés, notamment l'ensilage préfané, pendant
les opérations de ratissage et de mise en balles. Dans l'ensilage
préfané et les balles rondes, avant que le pH devienne
inférieur à cinq, la bactérie est en présence
d'une teneur en humidité élevée qui est idéale
pour sa croissance.
Lorsqu'elle se développe, elle produit une ou plusieurs des
toxines du botulisme dont l'effet est de bloquer la communication
entre les nerfs et les muscles.
Par conséquent, chez les chevaux affectés, on observe
:
- une faiblesse musculaire,
- habituellement, des tremblements musculaires,
- parfois, un état de faiblesse tel que l'animal ne peut
se lever,
- une perte de contrôle de la langue, qui peut pendre à
l'extérieur de la bouche,
- une impossibilité de se nourrir et la production de bave
due à l'impossibilité d'avaler,
- une perte de tonalité de la queue,
- parfois, une démarche raide par petits pas ou un état
de faiblesse et des trébuchements.
Les animaux finissent par mourir par paralysie des muscles respiratoires
ou à cause d'autres problèmes dus à la position
couchée prolongée.
Depuis que l'emballage d'ensilage préfané dans de grosses
balles rondes s'est généralisé, on a signalé
plusieurs cas de botulisme dans des troupeaux de chevaux qui avaient
consommé ce type de fourrage, d'abord en Grande-Bretagne, mais
aussi au Canada. Parfois, les balles semblaient détériorées
et dégageaient une odeur. Dans d'autres cas, le produit avait
l'air normal, mais le botulisme s'était déclaré
chez les chevaux qui l'avaient consommé.
Le botulisme est difficile à traiter. Il existe une antitoxine
qui est difficilement disponible et très coûteuse. Elle
est plus efficace si on l'emploie dès l'apparition des premiers
symptômes. Les chevaux se rétablissent parfois si on
leur prodigue un traitement symptomatique; cependant, s'ils sont exposés
à de grandes quantités de toxine, ils meurent généralement
en dépit du traitement. Au Canada, il existe un vaccin permettant
de protéger les chevaux contre le botulisme de type B, mais
non contre les autres types (1).
Références
- The Danger of Feeding Hay Silage: Botulism in Horses, Dr Rob
Tremblay, Gestion de la santé, ministère de l'Agriculture,
de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario
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