Entretien
du cheval soins des pied - Partie 2
- Le parage conserve l'équilibre du pied
- Maintenir d'aplomb du pied
- Parage de correction
- Causes courantes de la boiterie
Le parage conserve l'équilibre du pied
Bien qu'il ne soit pas nécessaire de l'effectuer aussi fréquemment
que le nettoyage, le parage du sabot revêt une grande importance.
L'intervalle normal entre les parages est de quatre semaines environ
pour des chevaux gardés en stalle ou en enclos. Par contre, les chevaux
fournissant un travail intensif ou gardés au pâturage ne requièrent
un parage qu'aux six semaines environ.
Le but principal du parage est de conserver au pied sa forme et sa
longueur normales. La plupart des personnes s'occupant de chevaux
devraient être en mesure d'effectuer elles-mêmes le nettoyage, le
déferrage et le parage des pieds avant l'arrivée du maréchal-ferrant
(Figure 1).

Figure 1. Nettoyer le pied quotidiennement. Utiliser le cure-pieds
d'un mouvement allant de la fourchette et du talon vers la pince.
On doit s'assurer que la base du pied puisse se poser d'aplomb au
sol et que les parois intérieures et extérieures du sabot soient gardées
de la même longueur. La hauteur normale de la face antérieure du
sabot et du paturon est de 7,5 cm (3 po), celle du quartier,
de 5 cm (2 po), et celle du talon, de 2,5 cm (1 po).
Avec des tenailles coupantes, on retranche d'abord de la muraille
du sabot la corne superflue. Ensuite, on adoucit et on égalise la
base du pied à l'aide d'une râpe. Il faut s'assurer que chaque coup
de râpe soit amorcé au talon et dirigé vers la pince pour éviter la
création de rugosités sous la muraille (Figure 2).

Figure 2. Après les tenailles coupantes, employer la râpe
pour finir d'égaliser le pied. Prendre soin de garder les deux parois
de la même longueur.
La ligne blanche visible sous le sabot constitue la marque externe
du tissu podophylleux ou feuilleté compris entre la muraille et l'os
du pied (3e phalange). Normalement, la sole a une
épaisseur uniforme sur toute la surface du pied. De ce fait, il faut
parer la sole de façon à lui garder sa forme naturelle, car un parage
trop prononcé pourrait résulter en un amincissement et une sensibilité
extrêmes de certaines parties.
Le parage de la sole vise à maintenir la pression sur la muraille
du sabot plutôt que sur les parties sensibles situées au centre du
pied. Il faut enlever de la sole tous les tissus morts et écaillés,
mais épargner ceux vivants, identifiables à leur élasticité (Figure
3).
Figure 3. Après le nivelage du sabot, abaisser la sole afin
que la muraille supporte le poids du cheval.
Ne pas tailler la fourchette à l'excès; elle doit toucher le sol
à chaque pas. En fait, la taille se résume au retrait des tissus
morts et au maintien d'une rainure adéquate et uniforme le long de
la ligne séparant la sole et la fourchette.
Après le râpage de la surface d'appui en un plan uniforme et de longueur
convenable, il faut arrondir le rebord de la muraille si le cheval
n'est pas ferré de nouveau. Cette opération empêche l'éclatement
et l'écaillement de la corne du pied heurtant les pierres, les souches
ou d'autres obstacles.
Maintenir d'aplomb du pied
Maintenir l'angle approprié de la muraille du sabot par rapport à
l'appui au sol et à l'inclinaison du paturon. Des fers laissés en
place trop longtemps altèrent l'alignement du pied et du paturon,
et il peut en résulter de la boiterie. Dans la mesure du possible,
l'angle de la muraille du sabot devrait s'approcher de celui formé
par l'épaule et le paturon, soit un angle de 45 à 54 degrés.
Puisque la muraille du sabot est plus étroite au talon qu'à la pince,
le talon s'use en premier, que le cheval soit ferré ou non. L'usure
des talons déplace une part supérieure de la pression exercée sur
les pieds vers les tendons du membre. En quatre à six semaines, un
angle de ferrage de 50 degrés peut baisser à 46 ou 47 degrés.
Il en résulte une forte altération du mouvement du pied et une tension
anormalement élevée sur les tendons et les ligaments.
À mesure que le sabot pousse, les parois du talon dépassent les
limites du fer. Enfin, lorsque le fer s'appuie sur les barres du
talon, le pied risque fort de développer des bleimes. Des fers dont
on a négligé l'ajustement depuis longtemps peuvent même amener le
cheval à se claquer les tendons en galopant. Le parage et l'ajustement
réguliers des fers sont des opérations essentielles qui permettront
d'éviter de tels problèmes.
En plus de différer d'une race à l'autre, l'aplomb des pieds montre
de grandes variations entre les chevaux de la même race. En général,
les races de chevaux « Western » ont des paturons plus abrupts
et forment un angle plus grand avec le plan du sol que les autres.
À moins que des corrections du sabot ne s'imposent comme c'est le
cas du forger et du croiser, le parage doit garder au
pied son angle naturel, car tout changement d'angle créerait un stress
anormal sur une région ou une autre de la colonne osseuse du membre.
Faire un parage modéré des talons pour promouvoir leur expansion
et empêcher leur contraction. L'objectif premier est une taille assez
fréquente pour éviter le fendillement et l'usure inégale prédisposant
à des anomalies des pieds et des membres. Avec un peu de pratique,
la plupart des propriétaires de chevaux pourront parer sans aide
les pieds dont l'aplomb est acceptable. Toutefois, pour les chevaux
nécessitant un parage correctif, il est préférable de faire appel
au maréchalferrant afin de ne pas aggraver un défaut existant des
pieds ou des membres.
Parage de correction
Les défauts d'aplomb les plus fréquents des membres antérieurs et
postérieurs se traduisent par des chevaux dits cagneux (pieds tournés
vers l'intérieur) ou panards (pieds tournés vers l'extérieur). Les
autres défauts de conformation qu'améliore le parage sont : les
talons hauts, les genoux argnés ou brassicourts, les genoux effacés
ou creux, les jarrets coudés et de légères déviations de l'os du canon.
Un parage soigné peut aussi corriger quelques vices d'allure tels
que ceux manifestés par les chevaux qui forgent, croisent, butent
et effleurent.
Les points les plus importants de l'entretien des pieds sont la régularité,
la fréquence, la propreté et l'usage de bonnes mesures correctives.
-
Le croiser la pince du pied antérieur frappe le pied postérieur
du même côté, au niveau de la couronne ou au-dessus de celle-ci.
-
Le forger vice d'allure du trot selon lequel la pince
du pied postérieur vient heurter la base du pied antérieur du
même côté, au moment où celui ci se soulève.
-
Cagneux vu de face, l'animal pointe ses pinces vers l'intérieur.
-
Panard vu de face, l'animal pointe ses pinces vers l'extérieur.
-
Le buter vice d'allure amenant le cheval à heurter une
partie de la face intérieure d'un membre avec le pied ou le fer
du pied opposé.
-
Genoux brassicourts le genou est dévié vers l'avant.
-
Genou creux le genou (carpe) dévie vers l'arrière, plaçant
ainsi une tension excessive sur les ligaments.
-
Jarret coudé vu de profil, l'angle de la pointe du jarret
est anormalement petit, de sorte que le cheval se tient sous lui
à partir des jarrets.
-
Effleurer ou atteintes termes généraux se référant à des
coups légers, spécialement lorsque le cheval bute ou forge.
Causes courantes de la boiterie
La présente section aborde quelques éléments de base concernant l'identification,
les causes, le traitement et les conséquences des défauts courants
entraînant la boiterie. Autant que possible, les renseignements sont
présentés dans une forme pratique et dans un langage accessible au
profane. Toutefois, pour que l'information soit exacte, il a fallu
avoir recours à certaines notions d'anatomie, de physiologie et de
conformation du cheval. Consulter les figures 2 et 3, de la fiche
Entretien du cheval, soins des pieds Partie I.
Selon le diagnostic émis, on prescrira un traitement particulier
pour corriger la boiterie. Dans certains cas, le diagnostic sera
fondé sur un simple examen physique par le vétérinaire. D'autres
diagnostics, plus difficiles, nécessiteront des tests radiologiques
spéciaux effectués dans un hôpital d'enseignement vétérinaire. Les
traitements possibles varient du simple repos jusqu'à de complexes
interventions chirurgicales, en passant notamment par le parage et
le ferrage corectifs, les médicaments anti-inflammatoires, les bandages,
les douches froides, l'acupuncture et la stimulation électrique.
Il ne faut pas oublier que la solution à tout problème de boiterie
repose d'abord sur la justesse du diagnostic et que le vétérinaire
a l'expertise en ce domaine.
La plupart des cas de boiteries, en particulier celle concernant
les membres antérieurs, touchent la région inférieure au boulet.
Pour les membres postérieurs, le jarret est souvent affecté. Dans
tous les cas, rechercher d'abord la cause au niveau du pied, puis
remonter graduellement la patte.
Cailloux au pied
Il s'agit d'un problème inattendu survenant habituellement lorsque
l'animal est au travail, en particulier sur les routes gravelées. Des
cailloux se logent souvent entre le fer et la fourchette, causant
ainsi un malaise considérable. On doit enlever immédiatement ces cailloux
afin de réduire au minimum les blessures causées au pied.
Contusion de la sole
C'est une blessure causée directement à la partie plate du sabot
(sole) par des cailloux, un terrain irrégulier ou un coup. Un ferrage
inadéquat peut aussi en être la cause. Habituellement, le repos et
le ferrage correctif suffisent pour résoudre un tel problème. Dans
le cas contraire, il faut consulter le vétérinaire.
Bleimes
Les bleimes résultent de contusions affectant la partie de la sole
comprise entre la barre et la muraille du sabot. Elles sont souvent
dues à une ferrure inadéquate ou trop ancienne. Les bleimes appartiennent
à l'un des deux types. On traite les bleimes simples, dites « sèches »,
en supprimant la pression anormale : enlever le fer, curer le
pied en profondeur et remettre un fer 3/4, ou encore laisser le cheval
au repos et sans fers, si possible. Pour leur part, les bleimes infectées
semblent « humides » et du pus s'en écoule. Dans un tel
cas, le vétérinaire doit être consulté.
Piqûre au pied
Les piqûres au pied sont fréquentes et peuvent causer une boiterie
grave pouvant entraîner l'incapacité permanente ou même la mort si
elles ne sont pas traitées convenablement. Comme toute autre plaie
servant de voie de pénétration aux bactéries, elles constituent un
grave danger d'infection prédisposant à certains troubles, tel le
tétanos, et requièrent conséquemment l'intervention vétérinaire.
La plaie peut former des abcès en moins de deux jours. Il est souvent
difficile de déterminer l'endroit précis de la piqûre par simple
examen visuel : une rénette ou couteau à sabot, un vérificateur
de sabot et des radiographies peuvent faciliter la localisation et
l'évolution de la blessure. La gravité des lésions dépend de la région
affectée du pied, du genre d'objet responsable de la piqûre et de
la présence éventuelle d'infections secondaires. Pour toutes les
plaies de ce type, seule la visite immédiate du vétérinaire permettra
d'établir la gravité des blessures et d'éviter des torts subséquents.
Seimes fissures du sabot
Les seimes, fissures du sabot comprises entre la couronne et la pince,
résultent surtout du parage négligé et de la sécheresse de la corne.
La blessure des tissus générateurs de corne, situés au niveau de la
couronne, peut également causer de telles fissures s'allongeant vers
la pince depuis le haut du sabot. Une boiterie grave apparaîtra si
des bactéries s'infiltrent dans les fissures et s'étendent aux tissus
sensibles du pied, y causant ainsi l'infection. Il faut d'abord nettoyer
et traiter la fissure, puis pratiquer un parage et un ferrage appropriés
pour apporter quelque soulagement jusqu'à ce que la muraille du sabot
repousse (environ 1 cm par mois). Les maréchauxferrants et les
vétérinaires obtiennent d'excellents résultats en enduisant de fibre
de verre ou de plastique la muraille du sabot. En général, on empêche
la formation de fissures par le parage périodique des sabots et en
évitant le dessèchement et le durcissement de la corne. Le trempage
régulier des pieds du cheval dans l'eau ou dans la boue permet habituellement
à la corne des sabots de conserver toute sa souplesse. Bien qu'ils
en favorisent l'hydratation, les onguents pour les pieds ne doivent
être appliqués que sur des sabots desséchés. L'huile de « pied
de boeuf » est excellente pour le traitement des sabots secs.
Pourriture de la fourchette
La pourriture est une infection bactérienne de la fourchette et
de la sole des chevaux gardés dans des conditions insalubres. Les
pieds affectés dégagent une odeur repoussante, et de la fourchette
suinte un exsudat noirâtre. L'infection non traitée résulte en boiterie
si elle atteint les tissus sensibles du pied. Le nettoyage et le
parage adéquats du pied, ainsi que l'hygiène, élimineront la cause
de l'infection. Le traitement consiste à curer et à parer le pied,
puis à le désinfecter avec une solution de phénol ou d'iode. On
peut aussi panser le pied avec du coton imbibé d'une solution à 15 %
de sulfapyridine de sodium.
Fourbure ou laminite
La fourbure est une inflammation du podophylle, tissu reliant la
muraille du sabot et l'os du pied (3e phalange). Les causes
de la fourbure sont variables et souvent obscures. Parmi les plus
reconnues, on retrouve :
-
la suralimentation en grain;
-
l'ingestion d'eau froide après un exercice;
-
la rétention placentaire;
-
l'embonpoint (en particulier chez les poneys de race Shetland);
-
l'immobilité prolongée des chevaux gardés sur un pâturage luxuriant
(surtout ceux de trèfle ou de luzerne).
Quelle qu'en soit la cause, les symptômes sont similaires. En début
de maladie et au stade aigu, tant le sabot que la couronne deviennent
chauds; le plus souvent, le cheval sue et refuse de marcher. Comme
les membres antérieurs lui causent habituellement le plus de douleur,
le cheval est « campé du devant » (membres antérieurs poussés
vers l'avant) et « sous lui du derrière » (membres postérieurs
avancés sous son corps). Dans les cas où les quatre membres sont
atteints, le cheval rapproche ses quatre pattes sous le corps, comme
s'il tentait de se tenir en équilibre sur un baril.
La fourbure chronique se caractérise par des sillons fort prononcés
à la surface de la muraille et par l'affaissement de la sole (sa courbure
s'affaiblit). Dans les cas graves, il arrive que l'os du pied transperce
la sole. Le cheval affecté peut passer la majeure partie de son temps
en position couchée. En cas de fourbure chronique, le cheval en mouvement
fera des efforts marqués pour poser son talon en premier.
Le traitement précoce de la fourbure varie selon la cause. Dès
qu'on soupçonne une affection de fourbure, il est très important d'appeler
sans tarder le vétérinaire. Jusquà ce que celui-ci arrive,
il convient dexercer le cheval avec modération.
Grâce à des soins de pieds convenables, les chevaux atteints de
fourbure chronique mais légère peuvent servir à la plupart des travaux.
Maladie naviculaire
La maladie naviculaire désigne une boiterie des pieds antérieurs
due à une blessure causée à l'os naviculaire. Cette boiterie très
courante frappe surtout les races portant des vices de conformation
(génétiques). Tous les vices de conformation tels les paturons abrupts,
les épaules trop droites et les pieds trop petits affectent le mécanisme
d'amortissement des chocs des membres antérieurs et prédisposent le
cheval à la maladie naviculaire. Pour cette raison, l'exercice intensif
du cheval sur une piste dure augmente sa probabilité d'être atteint
de la maladie. Les chevaux qui en souffrent boitent généralement
des deux membres antérieurs. Ils ont tendance à pointer les pieds
en alternance, c'est-à-dire à s'appuyer sur chaque pied avancé à tour
de rôle, afin d'alléger la pression exercée sur chacun et de réduire
la douleur. Au début de la maladie, la mise au repos du cheval peut
chasser les symptômes, mais la boiterie recommence dès la reprise
des activités. À mesure que l'affection progresse, les pieds affectés
s'atrophient, leurs parois deviennent plus abruptes, les talons se
contractent, la fourchette rapetisse et le cheval essaie de réduire
la douleur causée par la marche en s'appuyant sur la pince au lieu
du talon. Un ferrage correctif, des analgésiques et une névrectomie
(sectionnement des nerfs desservant le talon) prolongent l'utilité
du cheval. Pour être justes, le diagnostic et le traitement doivent
reposer sur un examen radiologique de l'os naviculaire du sabot du
cheval. Toutefois, à l'heure actuelle, on ne dispose d'aucun traitement
satisfaisant pour cette affection.
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