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Sélection d'un cheval d'équitation

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 460/11
Date de publication : 01/89
Commande no. 89-049
Dernière révision : 01/89
Situation : Nouveau
Rédacteur : Melvin Bradley - Département de l'élevage/Université du Missouri

Table de matières

  1. Activités auxquelles on destine le cheval
    1. Race
    2. Conformation
    3. Âge et taille
    4. Tempérament et vices
    5. Vogue
    6. Pedigree
    7. Prix
  2. Anatomie du cheval

Activités auxquelles on destine le cheval

Il est conseillé d'examiner un certain nombre de chevaux du type recherché avant de fixer son choix.

Figure 1. Il est conseillé d'examiner un certain nombre de chevaux du type recherché avant de fixer son choix.

On devrait choisir un cheval en fonction des tâches aux­quelles on le destine. Si on exige de lui une autre activité, le cheval ne pourra peut-être pas s'y adapter. Même si cer­tains chevaux possèdent une grande facilité d'adaptation, aucun ne pourra bien accomplir toutes les activités réservées à la race équine. Bien que certaines de celles-ci partagent des points communs, on peut les grouper en cinq catégories distinctes :

  1. Agrément
  2. Élevage
  3. Ferme
  4. Exposition
  5. Sport
Agrément

Les chevaux d'agrément comprennent tous les types qu'on possède pour le simple plaisir de faire de l'équitation et de posséder un cheval. L'équitation de randonnée qui est une bonne occasion de détente, d'exercice sain et de camara­derie, permet en même temps d'apprécier les beautés qu'of­frent les sentiers de la nature. Les concours, auxquels parti­cipent plusieurs classes de chevaux d'agrément, mettent à l'épreuve tant l'adresse du cavalier que celle de sa monture qui rivalisent avec d'autres pour obtenir prix et rubans.

Le cheval d'agrément, comme la majorité des autres che­vaux, passe la plupart de son temps sellé, à marcher au pas. C'est pourquoi, il devrait pouvoir faire d'un train énergique et rapide, le sabot d'aplomb, une moyenne de quatre ou cinq milles à l'heure. Il est également indispensable qu'il puisse presser l'allure pour atteindre un rythme confortable autant pour lui-même que pour son cavalier.

Élevage

La plupart des cavaliers accomplis ont débuté sur des chevaux d'agrément. L'élevage commercial des chevaux est hautement spé­cialisé et exige une mise de fonds considérable. Comme les juments ont un faible pourcentage de fécondation et un long intervalle entre les générations, l'entreprise de ce type s'avè­re coûteuse. C'est la raison pour laquelle on ne devrait ac­coupler que des animaux aux aptitudes supérieures.

Un bon nombre d'établissements spécialisés dans l'éleva­ge n'utilisent pas les juments pour l'équitation. Celles ci peuvent cependant accomplir un travail normal au début de la gestation et ensuite, une tâche moins exigeante jusqu'à un mois avant la mise bas. L'anticipation de la naissance d'un poulain et l'observation de sa croissance jusqu'à l'âge adulte, bien que constituant une très bonne expérience pour un en­fant, n'est pas toujours une entreprise rémunératrice.

Ferme

Les chevaux de ferme ou de somme occupent une place unique car ils sont les seuls encore indispensables aujour­d'hui, malgré l'usage répandu des machines aratoires et de l'équipement agricole pour l'accomplissement des tâches qui leur étaient jadis réservées. Il est pourtant difficile d'envi­sager leur remplacement absolu dans les ranches et, dans les fermes des prairies et des régions situées au pied des mon­tagnes où l'élevage du bétail est important. Les chevaux de ferme gagnent de la popularité dans les régions où le nom­bre de vaches de boucherie s'est largement accru.

Les chevaux du type « western » connaissent une très grande popularité comme chevaux d'agrément.

Exposition

Les chevaux d'exposition sont ceux qu'on destine prin­cipalement aux concours des foires agricoles. On les montre attelés, tenus au licou ou sellés. Pour remporter la palme, on doit soumettre son cheval à un entraînement rigoureux, faire preuve d'une excellente maîtrise et aussi d'une bonne gestion. Un grand nombre d'expositions offrent des classes ouvertes aux amateurs où la compétition est moins difficile. On peut tirer une grande satisfaction de ces concours, qu'on soit victorieux ou non. Ceux qui tiennent absolument à gagner doivent être prêts à affronter une dure compétition s'ils veulent participer sérieusement aux concours hippiques.

Sport

Les chevaux destinés aux activités sportives comprennent les chevaux de course (avec ou sans attelage), de rodéo et de jeu (course entre des barils ou des poteaux, polo, etc.). Ces chevaux sont des animaux ayant fait l'objet d'une sélection minutieuse, qui ont subi un entraînement dispensé par des personnes compétentes et sont magnifiquement conditionnés pour une fin particulière. Bien que les courses de chevaux représentent le sport qui attire le plus grand nom­bre de spectateurs en Amérique, le cavalier amateur ne de­vrait pas entreprendre son éducation en équitation par la pratique des courses.

D'un autre côté, la plupart des spectacles hippiques du genre western offrent des catégories de jeux où les partici­pants, amateurs ou non, prennent plaisir à mettre leur adresse à l'épreuve en testant la vitesse de leur cheval dans une course contre la montre.


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La Sélection du cheval

Après avoir décidé de l'une ou des activités auxquelles on destine le cheval, on devrait tenir compte des sept critères de sélection suivants.

Race

Il existe au moins vingt races pures de chevaux dis­tinctes. Elles diffèrent quant à la taille, la forme, la couleur, le caractère, la conformation, les aptitudes et l'adaptabilité. Certaines races témoignent d'une spécialisation en ce que les chevaux qui les composent excellent dans un domaine particulier, tandis que d'autres, d'usage général sont bien adaptées à plusieurs tâches et ne se distinguent pas plus dans un domaine que dans un autre. Il n'est pourtant au­cune race qui puisse exceller dans tous les domaines à la fois.

Si on veut un cheval de parade, on fondera son choix sur la couleur et sur le style de l'animal; des critères de sé­lection bien négligeables pour un cheval de ferme. Par ail­leurs, la rapidité prescrit certaines races alors que l'allure en élimine d'autres.

Bien qu'il faille se méfier des généralités, soulignons qu'on risque d'être fort déçu si on assigne un cheval à une activité ne correspondant aucunement aux caractéristiques de sa race. On ferait bien d'observer un grand nombre de chevaux habiles à la tâche envisagée avant de faire son choix parmi les animaux de cette race.

Si on recherche un cheval facile à monter, on portera plus d'attention à l'allure. Si par contre on exige une cer­taine maniabilité et un « sens du bovin », le cheval du genre western remplira à merveille ces conditions. Les chevaux hybrides allient parfois la rapidité et la facilité à être maniés propres à une race et la flexibilité caractéristique à une au­tre. Ce sont de bons chevaux pour les déplacements prolon­gés tels les randonnées à cheval.

Conformation

La conformation se rapporte à la structure physique et à l'équilibre des parties du corps. Un cheval de « bonne » conformation sera plus apte à accomplir sans fléchir les fonctions caractéristiques à sa race durant de longues pé­riodes. Il n'est toutefois pas garanti qu'il y parvienne. Quant au cheval affecté d'une mauvaise conformation, il se peut qu'il n'accomplisse pas bien certaines activités et soit prédisposé à une certaine faiblesse.

Bien que le poids des chevaux varie entre 200 et 2000 li­vres, selon leur race, certaines caractéristiques propres à une bonne conformation sont communes à toutes les races.

Le dos et les reins devraient être courts et forts, la crou­pe longue, pas trop inclinée mais bien musclée. Le ventre doit être assez long pour que l'épaule ait une pente conve­nable. L'épaule doit être longue, inclinée à 45 et surmontée d'un garrot haut et prononcé qui devrait se prolonger vers l'arrière à un quart de la longueur du dos. Il faut une gran­de profondeur du corps au niveau des flancs antérieurs et postérieurs. Les jambes devraient être droites et correcte­ment placées aux angles du corps. Les canons devraient être raisonnablement courts, les avant‑bras longs et les paturons inclinés à 45. Son os doit être plat et large. Les pieds devraient être épais, hauts et larges au niveau du talon et bien à plat sur le sol. L'encolure devrait être longue, s'affiner à la gorge et s'évaser à la base afin de permettre un maximum d'équilibre et de flexibilité.

La tête sera large et courte, la bouche peu profonde, les naseaux et les yeux grands. Il est souhaitable que les étalons aient une certaine masculinité et que les juments soient féminines.

On reconnaîtra la bonne qualité d'un cheval à la délica­tesse des ses jointures, à la finesse de son pelage, à la dou­ceur ou au fondu des parties de son corps et à l'aspect sail­lant des veines de ses jambes.

La taille, l'aspect vigoureux et la musculature devraient correspondre aux exigences de la race.

Il est préférable que le cheval n'ait pas de défauts et es­sentiel qu'il soit en bonne santé.

On encourage l'acheteur à faire examiner l'animal par un vétérinaire avant de conclure un marché, surtout s'il s'agit de l'achat de son premier cheval. Un tel examen peut révéler des défauts ou des faiblesses qui risqueraient de nui­re à sa performance à la tâche qui lui serait assignée.

On doit s'assurer de la bonne condition des pieds et des jambes du cheval en le faisant aller au pas et au trot. L'ani­mal qui éprouve une douleur à un membre antérieur incline la tête chaque fois qu'il s'appuie sur le membre sain. Par ailleurs, sa croupe s'affaisse lorsqu'il déplace son poids d'un membre postérieur endolori vers un membre sain. La dou­leur à un membre antérieur est mise en évidence par le che­val qui, en position debout et stationnaire, « pointe » d'un pied, c'est‑à‑dire qu'il avance son pied douloureux plus que l'autre. On doit pouvoir reconnaître les défauts suivants : exostose du paturon, ossification du cartilage latéral, épar­vins, jardon, suros, fourbure et oedème du canon postérieur.

Faites reculer le cheval pour vous assurer qu'il n'a pas le pas de coq. Vérifiez les yeux avec soin. Faites-le travailler et écoutez sa respiration. Assurez‑vous qu'il ne manifeste pas de signe de pousse ou de respiration haletante. Enfin, assurez‑vous qu'il n'a pas de mauvaises habitudes suscep­tibles de nuire à son utilité.

Âge et taille

Les enfants devraient apprendre l'équitation en montant un cheval sur lequel ils puissent se fier, soit un animal plutôt âgé et sûr, qu'un cheval ayant moins d'un an de dres­sage. Les chevaux bien dressés d'au moins cinq ans font de bonnes montures pour les débutants. Les chevaux beaucoup plus vieux sont acceptables s'ils sont en bonne santé. On commet couramment l'erreur d'acheter un cheval jeune, ner­veux, non dressé ou seulement en partie, que l'enfant ne peut manoeuvrer en toute sécurité.

Un cheval et un enfant apeurés font une bien mauvaise équipe.

Les enfants qui éprouvent un grand intérêt pour les che­vaux et ont l'occasion de les monter et de travailler avec eux sous surveillance acquerront rapidement la maîtrise de l'équitation. Une année d'un tel entraînement peut suffire pour qu'ils montent en toute sécurité la plupart des chevaux que montent les adultes.

On devrait tenir compte de la taille relative du cavalier par rapport à celle de sa monture. Les enfants de petite taille trouvent tous les chevaux difficiles à seller et à mon­ter. On ne devrait pas faire porter à un petit cheval un ca­valier ou un équipement lourd. Une charge équivalant au cinquième du poids vif de l'animal en est une considérable au cours de longues randonnées. Dans les catégories de chevaux à allure cadencée, les cavaliers adultes montés sur des chevaux de taille appropriée forment un duo équilibré et attrayant.

Malgré l'affection naturelle ressentie à l'égard des poulains, le débutant a habituellement intérêt à apprendre l'équitation sur un cheval bien dressé.

Figure 2. Malgré l'affection naturelle ressentie à l'égard des poulains, le débutant a habituellement intérêt à apprendre l'équitation sur un cheval bien dressé.

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Tempérament et vices

Certains chevaux, tout comme certains humains, ont un tempérament nerveux. Ces chevaux devraient être montés par des cavaliers expérimentés. Certaines races sont plus dociles que d'autres. Certaines activités auxquelles les che­vaux sont soumis accentuent leur nervosité. C'est le cas des activités chronométrées pendant lesquelles certains d'entre eux deviennent difficiles à manoeuvrer.

 

Localisation de certains défauts.

Figure 3. Localisation de certains défauts.

Certains cavaliers préfèrent monter des chevaux plus fougueux. La fréquence des randonnées a tendance à adou­cir la plupart des chevaux tandis que l'alimentation à haute teneur en grains peut stimuler le caractère des animaux au tempérament plutôt flegmatique. Les chevaux qui ont des vices pouvant représenter un danger sont à éviter. Décocher une ruade, partir brusque­ment au galop et désarçonner son cavalier comptent au nombre des vices les plus grave.

Vogue

Un grand nombre de chevaux en vogue sont achetés à gros prix, alors qu'en réalité leur utilité est sérieusement li­mitée par leur mauvaise conformation. Ce qui est plus gra­ve encore, c'est que certains d'entre eux sont fortement uti­lisés comme reproducteurs. Dans la plupart des cas, les mo­des portent sur les couleurs de l'animal. Il arrive que les acheteurs choisissent un animal en fonction de sa couleur et découvrent finalement que celui‑ci ne correspond pas, en tant qu'individu ni en tant que race, à ce qu'ils désirent. La bonne conformation peut se retrouver dans tous les tons de robe et constitue donc le critère sur lequel on doit insister.

En matière de popularité, la rareté de la race de certains individus est un facteur qui l'emporte souvent sur leur utilité. En général, les races ayant prouvé leur bonne qualité, une génération après l'autre, sont courantes.

Pedigree

Si on considère les parents proches, le choix du pedigree revêt une extrême importance, en autant qu'on tient compte de tous les autres critères de sélection tels la conformation, le dressage et l'alimentation. Par contre, un ancêtre lointain risque de n'exercer aucune influence sur les caractéristiques d'un individu donné.

De manière générale, la sélection du pedigree compte davantage dans le choix de chevaux de course et d'exposi­tion que dans les autres cas.

Les services de l'étalon qui engendre immanquablement de bons poulains sont beaucoup plus précieux que ceux de l'étalon qui produit à l'occasion un cheval aux aptitudes exceptionnelles parmi une nombreuse progéniture « ordinaire ».

Prix

Le dernier point à considérer, mais non le moindre, est le prix du cheval. C'est parfois un critère de première importance. Le cheval acquis au plus bas prix possible ne constitue pas à la longue un bon achat. C'est le cas de l'animal qu'on s'est procuré à prix minimum et dont la valeur de revente y est très inférieure. Cent dollars supplémentaires auraient suffi à l'achat d'un cheval qu'on aurait plaisir à monter et dont la valeur aurait augmenté avec le temps.

Le prix des chevaux « moyens » varie énormément selon la saison, mais les bons sont toujours en demande. C'est en automne et au début de l'hiver qu'on trouve le meilleur choix de chevaux à vendre à cause du coût de la nourriture et de la main-d'oeuvre pour en prendre soin jusqu'au prin­temps et de la baisse de la « fièvre chevaline » à la fin de la période des expositions.

Si on sait à quelles tâches on destine le cheval, qu'on ne se préoccupe pas de la mode, qu'on est empreint d'aucun préjugé et qu'on est prêt à chercher, on peut trouver une monture satisfaisante qui plaira à l'acheteur le plus difficile.


Anatomie du cheval


 Anatomie du cheval.

Figure 4. Anatomie du cheval.



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