Anémie infectieuse des équidés


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 460/663
Date de publication : 11/10
Commande no. 10-084
Dernière révision : 11/10
Situation : La fiche technique originale a été rédigée par Bob Wright, Ph.D., vétérinaire, Prévention des maladies des chevaux et des animaux non traditionnels, MAAARO, retraité.
Rédacteur : La mise à jour de la présente fiche technique a été coordonnée par Tania Sendel, Unité des sciences et des politiques vétérinaires, MAAARO.

Table de matières

  1. Description générale
  2. Mode de transmission
  3. Symptômes
  4. Diagnostic
  5. Traitement et prévention
  6. Répartition géographique
  7. Mesures de lutte au Canada
  8. Pour plus de renseignements
  9. Sources consultées

Description générale

L'anémie infectieuse des équidés (AIE), surnommée en Amérique du Nord la fièvre des marais, est une maladie qui peut être mortelle et qui est causée par un virus pouvant infecter tous les membres de la famille des équidés, dont les chevaux, les mulets, les zèbres et les ânes. Dans la plupart des cas, la maladie se déclare par une phase aiguë, suivie de symptômes chroniques, qui reviennent périodiquement tout au long de la vie de l'animal. Certains porteurs ne montrent aucun symptôme, mais peuvent tout de même infecter d'autres animaux. L'AIE est répandue partout en Ontario et constitue une préoccupation constante pour les propriétaires de chevaux dans la province.

Mode de transmission

L'AIE se transmet souvent par le sang, d'un animal infecté à un animal réceptif, par l'intermédiaire d'un vecteur, comme un insecte, une seringue infectée, une aiguille ou un instrument chirurgical. Elle se transmet aussi par des produits sanguins infectés, pendant l'accouplement entre un étalon infecté et une jument. Le virus peut également traverser la barrière placentaire d'une jument gravide et infecter le fœtus.

Insectes vecteurs

La transmission du virus de l'AIE peut être assurée par des insectes suceurs de sang : les taons ou «mouches à cheval» et les «mouches à chevreuil», les mouches piquantes des étables, les moustiques et peut-être aussi certains moucherons. Lorsqu'un insecte commence un repas de sang sur un cheval infecté et, après avoir été chassé par celui-ci, finit son repas sur un cheval réceptif, il peut y avoir transmission du virus. L'intervalle entre les deux piqûres doit toutefois être de moins de 30 minutes. Les taons sont souvent interrompus durant leur repas vu leur taille et leur vol bruyant, qui attirent l'attention de leurs victimes, ainsi que leur piqûre ou morsure douloureuse, qui amène les animaux à bouger et, par conséquent, les taons à changer d'animal.

Transmission placentaire

Le virus est capable de traverser la barrière placentaire et de causer l'infection du fœtus. Le risque d'infection du fœtus est maximal chez les juments qui manifestent des accès d'AIE aiguë pendant la gestation. Les juments infectées avortent souvent et celles qui se rendent jusqu'à la mise bas voient souvent leur poulain mourir dans les deux mois suivants.

Symptômes

Symptômes aigus

Consécutivement au premier contact avec le virus, les animaux infectés peuvent être en proie à des accès de fièvre et d'hémorragies pendant 7 à 30 jours. Durant cette période, environ le tiers des animaux infectés meurent. À la suite de la phase aiguë initiale de la maladie, les animaux qui survivent peuvent sembler se rétablir avant que des symptômes moins graves ne réapparaissent de façon cyclique toutes les deux ou trois semaines.

Symptômes chroniques

Les symptômes chroniques qui peuvent se produire pendant le cours évolutif de la maladie sont les suivants :

  • perte de coordination;
  • perte d'appétit;
  • miction fréquente;
  • diarrhée;
  • faiblesse;
  • paralysie de l'arrière-train;
  • pâleur des muqueuses;
  • jaunissement de la conjonctive;
  • pétéchies (petites lésions hémorragiques) sous la langue et les yeux;
  • accélération du rythme cardiaque et de la respiration;
  • avortement des juments gravides.

Le déclenchement de ces symptômes est souvent associé à un stress, par exemple, un travail intense, la chaleur, la course, la gestation ou l'administration de stéroïdes.

Porteurs asymptomatiques

Il arrive que des chevaux apparemment en bonne santé, mais porteurs du virus, n'extériorisent aucun symptôme de la maladie. Ces animaux porteurs sont une source constante d'infection.

Diagnostic

Un diagnostic provisoire peut être posé d'après les symptômes. Or, des analyses sanguines (habituellement un test ELISA, mais parfois un test de Coggins) s'imposent pour confirmer le diagnostic, plus particulièrement dans les cas où le porteur ne montre aucun symptôme.

Traitement et prévention

Jusqu'à maintenant, aucun traitement ni vaccin n'a donné de résultats satisfaisants contre l'AIE en raison, en partie, de la variabilité du virus. La mesure de prévention fondamentale est le dépistage et l'isolement des chevaux infectés.

Pour réduire les risques d'infection et de propagation de la maladie, il faut :

  • isoler les nouveaux chevaux jusqu'à ce qu'ils aient subi l'épreuve de dépistage de l'AIE;
  • satisfaire aux exigences de l'industrie équine en matière d'analyses et de certificats pour tous les chevaux amenés chez des pensionneurs ou inscrits à des foires, à des ventes ou à des courses;
  • utiliser des aiguilles et seringues jetables;
  • adopter des mesures d'hygiène strictes;
  • prévoir un programme de lutte contre les insectes dans le voisinage de l'écurie et de la propriété;
  • éviter d'accoupler des chevaux infectés par l'AIE;
  • consulter le vétérinaire en cas d'observation de signes cliniques de l'AIE;
  • signaler tout cas suspect à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) immédiatement;
  • nettoyer et stériliser l'écurie, y compris les surfaces de contact possibles, en cas de diagnostic de la maladie.

Répartition géographique

L'AIE a été diagnostiquée un peu partout dans le monde. Or, le nombre réel d'animaux infectés dans une région géographique précise dépend de plusieurs facteurs :

  • la densité de la population équine;
  • la proportion d'animaux porteurs;
  • la densité de la population des insectes vecteurs;
  • la mise en place de mesures de lutte.

Mesures de lutte au Canada

  • Pour effectuer une épreuve de dépistage de l'AIE au Canada, un vétérinaire doit être agréé par le gouvernement fédéral et soumettre les échantillons seulement à des laboratoires approuvés par l'ACIA.
  • La loi exige que tous les cas présumés d'AIE soient signalés immédiatement à l'ACIA à des fins d'enquête. En Ontario, le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO) peut parfois contribuer à l'intervention.
  • Si un cheval obtient un résultat positif à une épreuve de dépistage de l'AIE, il peut être placé en quarantaine permanente par l'ACIA (s'il ne présente aucun symptôme) ou éliminé avec indemnisation.
  • L'ACIA prévoit aussi des épreuves obligatoires pour les chevaux importés, en plus d'imposer des règles rigoureuses sur l'importation d'animaux et de produits animaux.

Pour plus de renseignements

Communiquer avec l'ACIA :

Sources consultées

Agence canadienne d'inspection des aliments. Anémie infectieuse des équidés - Rapports d'essai et de réacteur. Consulté le 15 mars 2012.

United States Department of Agriculture. Animal Health - Equine Infectious Anemia Disease Information. Consulté le 15 mars 2012. (disponible en anglais seulement)

Agence canadienne d'inspection des aliments. Programme canadien de lutte contre l'Anémie infectieuse des équidés. Consulté le 15 mars 2012.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca