Penser Comme un Cheval Simplifie
le Dressage
Elle a été relue par Dr Bob Wright, vétérinaire
en chef, Équidés et animaux non traditionnels, ministère
de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario.
Table des Matierès
- Les chevaux sont des animaux sociaux qui vivent en
troupeaux
- Les chevaux sont des proies et non des prédateurs
- Les chevaux apprennent autrement que les humains
- Références
Le dresseur efficace est celui qui comprend bien ses chevaux, c.-à-d.
leur perception de l'environnement, leurs motivations et leur manière
d'apprendre. L'attribution de qualités humaines aux chevaux peut
causer des problèmes aux propriétaires, aux responsables
des soins et aux dresseurs. Le dressage sera plus sûr et efficace
si l'on comprend le mode de pensée du cheval.
Les chevaux sont des animaux sociaux qui vivent
en troupeaux
Un cheval se sent à l'aise et en sécurité dans un
troupeau. Le cheval alpha, ou dominant, est celui qui prend les décisions
(le moment de boire, de s'abriter ou de se reposer), les dominés
lui font confiance et le suivent. Le cheval alpha est souvent un animal
plus vieux et dominant, qui a gagné le respect au sein du troupeau
ou du groupe.
Pour être efficace, le dresseur doit jouer le rôle du cheval
alpha et donc prendre les décisions. C'est le dresseur qui indique
le chemin à parcourir, l'endroit où s'arrêter et pendant
combien de temps, ainsi que l'allure à laquelle se déplacer.
Cela demande beaucoup d'énergie et de planification. Pour s'assurer
de garder le statut alpha, le dresseur doit dire au cheval ce qu'il doit
faire, à partir du moment où il le fera sortir de la stalle.
Le dresseur doit avoir un plan de leçon pour chaque étape,
de l'allée à l'écurie aux figures équestres
dans le manège circulaire, en passant par celles où le cheval
est mené à l'enclos, puis monté.
Pour confirmer leur dominance, les chevaux alpha adoptent un comportement
menaçant afin de pousser les autres à reculer. Nul n'a la
permission de pénétrer dans son espace personnel sans être
invité. Après son retrait, le dominé ouvre et ferme
la gueule comme s'il mastiquait. Ce signe, fréquemment observé
lors du dressage, indique qu'il reconnaît le cheval alpha. Le langage
du corps est l'un des principaux moyens de communication des chevaux,
et les dresseurs doivent agir de même. En guise d'exercice régulier,
demander à son cheval de s'éloigner (vers l'arrière
ou de côté) et de céder à une pression sur
une partie de son corps. Les préposés aux soins qui reculent
lorsqu'ils font trotter leur cheval à la longe ou dans l'allée
de l'écurie ne savent pas qu'ils montrent au cheval que c'est lui
le patron.
Il faut garder à l'esprit que le dressage est constant. L'irrégularité,
c'est-à-dire être doux et permissif dans certains cas, mais
le taper et le tirer brusquement lorsqu'il va trop loin à d'autres
occasions, trouble le cheval et c'est simplement injuste pour lui.
Les chevaux sont des proies et non des prédateurs
Les proies ont besoin d'être plus perspicaces que les prédateurs
pour survivre. Lorsqu'un stimulus leur fait peur, ils s'enfuient et ne
prennent pas le temps de se questionner. Cette réaction de peur
et de fuite explique la soudaineté des réactions, à
laquelle les cavaliers doivent s'habituer pour rester en selle lorsque
leur monture prend peur. Comme le cheval alpha, les humains peuvent entraîner
les chevaux à leur faire confiance si quelque chose les effraie
et ainsi l'emporter sur la réaction de fuite. Par la répétition,
les dresseurs peuvent désensibiliser les chevaux, de telle sorte
qu'ils n'aient plus peur en présence d'un élément
qui les effraie.
Les cavaliers sont souvent prompts à perdre patience lorsqu'un
cheval semble avoir peur de fantômes imaginaires, mais ils doivent
garder à l'esprit qu'un cheval perçoit beaucoup plus de
choses que les humains ne le réalisent. Programmés pour
être sur leurs gardes, les chevaux détectent les stimuli
plus rapidement que les humains et ont un champ de vision plus large parce
que leurs yeux sont situés de part et d'autre de la tête.
Ils voient ce qui se trouve droit devant en tournant légèrement
la tête de chaque côté. Leur large champ de vision
leur permet de voir presque tout ce qui menace à côté
et derrière eux. Les chevaux peuvent aussi entendre une plage de
fréquences plus étendue que les humains et, à l'aide
de leurs oreilles qui pivotent comme des antennes radars, localiser la
source du son.
Si un cheval est pris au piège et ne peut trouver une façon
de fuir ce qui l'effraie, il se battra. Imaginons un cheval tirer en arrière
s'il est attaché ou que sa patte est enchevêtrée dans
une clôture. Les dresseurs doivent toujours prévoir une sortie
ou une porte ouverte. Lorsque le dresseur demande au cheval de se baisser
avec la rêne intérieure, la rêne extérieure
doit être relâchée. La liberté est une récompense.
Comme le dit le dresseur bien connu Ray Hunt, « rendez difficile
ce qui est mal et facile ce qui est bien ». Le dresseur devrait
éviter de provoquer la peur. Les émotions et l'adrénaline
ne favorisent pas l'apprentissage. Le cheval ne pense alors qu'à
fuir la situation et ses mouvements deviennent rapides et anormaux, plutôt
que doux et calmes.
On provoque la peur pendant le dressage seulement lorsqu'un cheval affiche
un comportement vraiment agressif, comme ruer et mordre; le dresseur doit
alors affirmer son statut de dominant. Si la réaction du cheval
est positive, il doit recevoir une récompense. Il est important
pour les professionnels du cheval de bien maîtriser ses émotions,
de même que les moments et l'intensité de leurs signaux.
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Les chevaux apprennent autrement que les humains
Le cerveau du cheval est structuré autrement que le cerveau humain,
ce qui peut expliquer la frustration qu'éprouvent certaines personnes
lorsqu'elles essaient d'appliquer la logique humaine lors du dressage.
Le cheval a un bien plus petit encéphale que l'humain, toute proportion
gardée. L'encéphale de l'humain, en comparaison assez gros,
est constitué en grande partie du cerveau, qui traite la pensée
et contrôle la mémoire, la communication et l'association.
Cependant, l'encéphale du cheval est principalement formé
de la cervelle, la partie responsable de la coordination globale des muscles,
de l'équilibre et des fonctions vitales et, croit-on, qui joue
un rôle dans l'apprentissage de types de mouvements (1).
Au cours d'une séance de dressage, on ne peut attendre du cheval
qu'il interprète et raisonne sur la base d'un savoir faire. Les
chevaux apprennent par la répétition et les exercices, et
en viennent à associer des signaux à des mouvements.
Dans le cerveau humain, une multitude de fibres nerveuses relient les
deux hémisphères encéphaliques et communiquent entre
eux. Auparavant, les chercheurs croyaient que l'encéphale du cheval
contenait relativement peu de ces fibres nerveuses, ce qui laissait aussi
croire que moins d'information était transférée d'un
côté à l'autre (2). Cette hypothèse
a été écartée (3). Toutefois, la
nouvelle recherche n'explique pas les faits suivants :
- Un cheval a soudainement peur d'un élément qu'il a
croisé plusieurs fois dans la même direction lorsqu'on
lui demande de se déplacer dans le sens inverse.
- Lorsqu'un cheval a maîtrisé un virage à droite,
hanches en dedans, le virage à gauche semble pour lui une toute
nouvelle habileté.
Les chevaux doivent être dressés également des deux
côtés du corps. Le dressage du second côté ne
prend pas beaucoup moins de temps.
Avant de se dire « Mon cheval passe une mauvaise journée.
», « Mon cheval est simplement têtu. » ou «
Nos personnalités sont incompatibles. », se rappeler que
les chevaux et les humains ne sont pas fabriqués dans le même
moule.
Essayons de penser comme le cheval!
Des livres et des articles écrits par Dr Robert Miller, Dr Temple
Grandin et John Lyons offrent de plus amples renseignements sur la psychologie
du cheval.
Références
- Hamilton, S. Untangling the intricate switchboard system that
is the horse's brain, dans The Thinking Horse, Guelph, Ontario : Equine
Research Centre, Université de Guelph, 1995.
- Bell, R.W. Are you getting through to your horse?, dans Practical
Horseman, janvier 1998.
- Timney, B., et T. Macuda. Vision and hearing in horses, dans
J. Amer. Vet. Med. Assoc., 2001; 218 (10) : 1567-1574.
- Houpt, K. Domestic Animal Behavior for Veterinarians and Animal
Scientists, Ames, IA : Iowa State University Press, 1991.
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