Logement Pour Chevaux
Introduction
Les types de logement pour chevaux n'ont pas beaucoup changé depuis
l'époque de nos grands-parents. On nettoie encore la majorité
des box à l'aide d'une brouette et d'un broc (fourche à fumier).
Les propriétaires de chevaux affrontent toujours les éléments,
traversant parfois des bancs de neige pour aller vider leur brouettée
de fumier. Il existe toutefois d'autres façons de s'y prendre, des
méthodes qui, pour la plupart, se traduisent par une amélioration
de la santé des chevaux et par une réduction des coûts
de la main-d'uvre. La présente fiche technique propose des
moyens d'alléger les tâches quotidiennes à accomplir.
Avant de construire ou de rénover une écurie, consulter
le site Web du Service de plans du Canada (SPC). Il s'agit d'une ressource
précieuse relativement à toutes les espèces d'élevage.
On y trouve des plans pour une foule de projets allant de la construction
de fermes de toit à des travaux de cimenterie ou de la construction
de nourrisseurs pour agneaux à la construction d'écuries.
On y trouve aussi des plans détaillés revus par des ingénieurs
pour de nombreux types de bâtiments. Le plan no 8315 du SPC présente
une écurie dont le toit est un comble à mansarde. Il s'agit
du modèle d'écurie classique à deux étages.
Se rendre à l'adresse www.cps.gov.on.ca pour voir, imprimer ou
commander des exemplaires des plans du SPC.
Éventail de Possibilés de Logements Pour Chevaux
Les chevaux peuvent être gardés à l'intérieur
ou à l'extérieur, ou les deux à la fois. Le type
de logement dépend davantage de l'usage qu'on fait des chevaux
au quotidien ou de la préférence du propriétaire
que de la race de chevaux.
Chevaux vivant à l'intérieur
On loge souvent à l'intérieur les chevaux qu'on monte tous
les jours durant l'hiver. Le modèle classique d'écurie à
deux étages est encore fréquemment utilisé en Ontario,
mais il n'est bien adapté au logement des chevaux qu'après
avoir subi un certain nombre de rénovations. Il présente
par ailleurs un danger accru d'incendie lorsqu'une grande quantité
de foin est stockée au grenier au-dessus des box. Les écuries
à un étage, plus récentes, sont habituellement plus
faciles et plus économiques à construire et à entretenir.
Il en coûte moins cher d'entreposer le foin à l'extrémité
de l'écurie qu'au grenier. Les personnes qui envisagent de stocker
le foin à l'intérieur de l'écurie devraient se renseigner
auprès du service des incendies local pour connaître les
règlements visant la prévention des incendies et l'installation
de l'élément coupe-feu.
Suivant la tradition, les chevaux qui vivent à l'intérieur
sont logés dans des box individuels. Malheureusement, l'enlèvement
du fumier dans les box exige jour après jour passablement de main-d'uvre.
Un système mécanisé permet de réduire ces
coûts de main-d'uvre. Voici des exemples de tels systèmes
:
- Un nettoyeur à caniveau pouvant être installé
dans le plancher (comme dans le cas des étables laitières
à stabulation entravée). Le mécanisme est installé
soit à l'arrière du box soit dans le couloir. Il est recouvert
de grilles qui peuvent être soulevées à des endroits
pratiques pour faciliter l'évacuation du fumier. Ces systèmes
fonctionnent bien, mais ils supposent des travaux de cimenterie importants
et obligent à soulever les grilles au sol quotidiennement.
o Un poste de vidange rendant possible l'évacuation du fumier
dans une petite fosse située à l'intérieur de l'écurie.
Une vis sans fin ou un élévateur amène alors le
fumier vers une cellule de stockage.
- Des cloisons coulissantes et/ou des barrières permettant à
un tracteur d'entrer par une porte située à une extrémité
et de nettoyer d'un seul coup toute une rangée de box. Voilà
qui facilite l'entretien des box. Il suffit d'ouvrir les barrières
pour les coller au mur et de faire coulisser les cloisons dans l'allée.
- Un tracteur de jardin et un chariot à bascule ou un épandeur
de fumier circulant dans l'allée et allant d'un box à
l'autre. Le fumier est chargé et transporté vers la cellule
de stockage ou directement au champ. Si l'écurie est fermée,
se méfier du monoxyde de carbone et des gaz d'échappement
- ce sont là des gaz irritants et dangereux.
Depuis toujours, on utilise des stalles pour loger les chevaux, surtout
les chevaux de trait. Les chevaux auxquels on donne de l'exercice quotidiennement
s'accommodent bien des stalles. Le cheval peut être attaché
à l'avant à l'aide d'une chaîne ou d'une corde qui
passe par la mangeoire et qui est attachée à un bloc de
bois lourd. Au fur et à mesure que le cheval avance, le poids maintient
une certaine tension sur l'attache et empêche le cheval de s'y empêtrer.
Les chevaux peuvent aussi être logés dans des stalles sans
y être attachés; il suffit de bloquer l'ouverture au moyen
de deux chaînes. Si les stalles sont suffisamment larges, les chevaux
ont le loisir de s'y retourner. Ils peuvent alors recevoir l'eau et les
aliments du côté du couloir.
Les écuries à stabulation libre de type ouverte permettent
de garder les chevaux au grand air tout en leur offrant une certaine protection
contre la pluie. Les écuries à stabulation libre sont souvent
utilisées comme abris ou pour loger un groupe de juments ou de
chevaux qui cohabitent harmonieusement. Des rideaux pare-vent peuvent
être tendus sur les ouvertures ou aux extrémités des
bâtiments ainsi que dans les manèges de dressage, afin de
permettre la ventilation par temps doux tout en protégeant les
animaux du froid en cas d'intempéries. Le rideau pare-vent, actionné
par un treuil, peut être levé ou abaissé selon les
conditions climatiques.
Les abris de box en rangée sont essentiellement des box alignés
munis de portes s'ouvrant sur l'extérieur. La porte est souvent
à panneaux superposés pour permettre à la moitié
supérieure de rester ouverte et d'assurer ainsi une bonne ventilation.
Ces abris sont souvent utilisés sous les climats tempérés
et dans certains hippodromes. Toutefois, dans la plupart des régions
du Canada, il peut faire très froid pour y travailler.
Les aires d'exercice intérieures sont des éléments
intéressants à prévoir dans un élevage de
chevaux, surtout quand ces derniers sont gardés à l'intérieur
pendant de longues périodes ou durant des périodes de météo
défavorable. L'exercice régulier est indispensable. Dans
les élevages productifs d'urine de jument gravide (UJG) de l'Ouest
du Canada, les juments sont laissées par groupes familiaux dans
des aires d'exercice intérieures. Les animaux de chaque groupe
familial sont logés à proximité les uns des autres
l'hiver, puis font partie du même troupeau l'été.
De la même façon, les propriétaires de chevaux de
l'Est du Canada utilisent les manèges de dressage intérieurs
comme aires d'exercice les jours d'intempéries. Si l'on sert des
aliments aux chevaux à même le sol, il faut cependant se
méfier du danger que représentent les huiles utilisées
sur les surfaces des manèges de dressage pour abattre la poussière.
N'utiliser que de l'huile vierge ou de l'huile neuve. Il y a risque de
contamination des aliments et d'empoisonnement des chevaux lorsqu'on utilise
de la vieille huile; l'utilisation de produits contaminés pour
abattre la poussière dans les manèges de dressage risque
d'engendrer un problème environnemental.
Chevaux vivant à l'extérieur
Il peut être très pratique de garder les chevaux à
l'extérieur. Ces derniers maintiennent alors leur température
corporelle (38 °C) par thermorégulation. Chez les chevaux adultes
acclimatés aux régions du Canada jouissant d'hivers doux,
la zone thermoneutre (zone de confort) se situerait dans la fourchette
de -15 à 10 °C (5 à 50 °F). La zone thermoneutre
correspond à la fourchette de températures à l'intérieur
de laquelle un cheval est à même de conserver sa température
corporelle.
Les précipitations, surtout la pluie, augmentent directement les
pertes par évaporation en réduisant l'isolation thermique
offerte par la robe du cheval et en augmentant les pertes par convection.
Le temps froid et pluvieux réduit la capacité du cheval
à assurer sa thermorégulation. Soumis à ces conditions,
les juments perdent apparemment du poids même si elles reçoivent
150 % de l'apport énergétique recommandé dans l'ouvrage
Nutrient Requirements of Horses publié par le National Research
Council des É.-U. La neige a moins d'effets à cet égard
que la pluie chez les chevaux adaptés au froid qui possèdent
une robe dense. Leur robe hivernale les isole et les protège des
pertes de chaleur, ce qui explique pourquoi, après une chute de
neige, on peut voir des chevaux avec parfois 5 cm (2 po) de neige sur
le dos(1).
Les abris extérieurs visent à réduire la vitesse
du vent et à empêcher les précipitations (surtout
la pluie) de causer des pertes de chaleur par convection. Des structures
fort simples peuvent fournir la protection nécessaire contre les
éléments et peuvent constituer un excellent moyen de loger
les chevaux.
Au lieu de se doter d'une écurie qu'il faut nettoyer, pourquoi
ne pas envisager de construire un abri qu'on peut glisser, c'est-à-dire
une structure à trois côtés montée sur des
patins de glissement. Une telle structure peut être déplacée
de pâturage en pâturage ou d'un endroit détérioré
à un nouvel emplacement, tout en laissant le fumier derrière.
Les abris amovibles ont habituellement un cadre d'acier soudé et
des parois d'acier.
Les installations à stabulation libre peuvent être aussi
simples que des structures à trois côtés et aussi
complexes que des écuries ouvertes. Quand on opte pour de telles
structures, il faut placer la mangeoire à balles de foin à
une distance d'au moins 150 m (500 pi) afin d'éviter que les chevaux
ne soient tentés d'y revenir pour déféquer, de manière
à garder les lieux propres. Si la propreté de l'installation
n'est pas un critère préoccupant, servir le foin aux chevaux
à l'intérieur, en sachant qu'il y a toujours des risques
d'accidents quand la surface est glissante et que la mangeoire est fortement
sollicitée.
Dans les zones recevant peu de précipitations, un pare-vent peut
suffire à procurer un abri extérieur. Les pare-vent sont
indispensables à tous les animaux gardés à l'extérieur.
Ils ralentissent le vent et du coup réduisent le facteur de refroidissement
éolien. Bien des objets peuvent servir de pare-vent : deux ou trois
grosses balles de foin empilées les unes sur les autres sur le
côté d'un paddock, des clôtures pleines, une haie de
cèdre, un boisé de ferme ou des clôtures à
neige d'au moins 1,8 m (6 pi) de haut. Dans certaines régions,
des toiles à ombrer comme on en utilise dans l'industrie du ginseng,
sont attachées à tous les poteaux de clôture pour
servir de pare-vent.
Quel que soit le type de logement qu'un propriétaire de chevaux
choisit, il est primordial qu'il ait à l'esprit le confort et le
bien-être de ses animaux. Le type de logement qui convient le mieux
à un cheval dépend du budget du propriétaire ainsi
que de l'usage quotidien qui est fait de l'animal, de sa condition physique
et de son état de santé. Tout système comporte ses
avantages et ses inconvénients. Le choix d'un système convenable
exige qu'on évalue la solution envisagée et les besoins
individuels des chevaux.
Ouvrage de Référence
(1) Cymbaluk, NF, et GI Christison. Environmental Ef-fects on Thermoregulation
and Nutrition of Horses dans Veterinary Clinics of North America. Equine
Practice, 1990, vol. 6, no 2.
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