Logement pour chevaux


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 460/720
Date de publication : septembre 2005
Commande no. 05-046
Dernière révision : septembre 2005
Situation :
Rédacteur : Dr Bob Wright - vétérinaire en chef/ Prévention des maladies/Élevages de chevaux et autres/MAAARO

Introduction

Les types de logement pour chevaux n'ont pas beaucoup changé depuis l'époque de nos grands-parents. On nettoie encore la majorité des box à l'aide d'une brouette et d'un broc (fourche à fumier). Les propriétaires de chevaux affrontent toujours les éléments, traversant parfois des bancs de neige pour aller vider leur brouettée de fumier. Il existe toutefois d'autres façons de s'y prendre, des méthodes qui, pour la plupart, se traduisent par une amélioration de la santé des chevaux et par une réduction des coûts de la main-d'œuvre. La présente fiche technique propose des moyens d'alléger les tâches quotidiennes à accomplir.

Avant de construire ou de rénover une écurie, consulter le site Web du Service de plans du Canada (SPC). Il s'agit d'une ressource précieuse relativement à toutes les espèces d'élevage. On y trouve des plans pour une foule de projets allant de la construction de fermes de toit à des travaux de cimenterie ou de la construction de nourrisseurs pour agneaux à la construction d'écuries. On y trouve aussi des plans détaillés revus par des ingénieurs pour de nombreux types de bâtiments. Le plan no 8315 du SPC présente une écurie dont le toit est un comble à mansarde. Il s'agit du modèle d'écurie classique à deux étages. Se rendre à l'adresse www.cps.gov.on.ca pour voir, imprimer ou commander des exemplaires des plans du SPC.

Éventail de possibilés de logements pour chevaux

Les chevaux peuvent être gardés à l'intérieur ou à l'extérieur, ou les deux à la fois. Le type de logement dépend davantage de l'usage qu'on fait des chevaux au quotidien ou de la préférence du propriétaire que de la race de chevaux.

Chevaux vivant à l'intérieur

On loge souvent à l'intérieur les chevaux qu'on monte tous les jours durant l'hiver. Le modèle classique d'écurie à deux étages est encore fréquemment utilisé en Ontario, mais il n'est bien adapté au logement des chevaux qu'après avoir subi un certain nombre de rénovations. Il présente par ailleurs un danger accru d'incendie lorsqu'une grande quantité de foin est stockée au grenier au-dessus des box. Les écuries à un étage, plus récentes, sont habituellement plus faciles et plus économiques à construire et à entretenir. Il en coûte moins cher d'entreposer le foin à l'extrémité de l'écurie qu'au grenier. Les personnes qui envisagent de stocker le foin à l'intérieur de l'écurie devraient se renseigner auprès du service des incendies local pour connaître les règlements visant la prévention des incendies et l'installation de l'élément coupe-feu.

Suivant la tradition, les chevaux qui vivent à l'intérieur sont logés dans des box individuels. Malheureusement, l'enlèvement du fumier dans les box exige jour après jour passablement de main-d'œuvre. Un système mécanisé permet de réduire ces coûts de main-d'œuvre. Voici des exemples de tels systèmes :

  • Un nettoyeur à caniveau pouvant être installé dans le plancher (comme dans le cas des étables laitières à stabulation entravée). Le mécanisme est installé soit à l'arrière du box soit dans le couloir. Il est recouvert de grilles qui peuvent être soulevées à des endroits pratiques pour faciliter l'évacuation du fumier. Ces systèmes fonctionnent bien, mais ils supposent des travaux de cimenterie importants et obligent à soulever les grilles au sol quotidiennement.
  • Un poste de vidange rendant possible l'évacuation du fumier dans une petite fosse située à l'intérieur de l'écurie. Une vis sans fin ou un élévateur amène alors le fumier vers une cellule de stockage.
  • Des cloisons coulissantes et/ou des barrières permettant à un tracteur d'entrer par une porte située à une extrémité et de nettoyer d'un seul coup toute une rangée de box. Voilà qui facilite l'entretien des box. Il suffit d'ouvrir les barrières pour les coller au mur et de faire coulisser les cloisons dans l'allée.
  • Un tracteur de jardin et un chariot à bascule ou un épandeur de fumier circulant dans l'allée et allant d'un box à l'autre. Le fumier est chargé et transporté vers la cellule de stockage ou directement au champ. Si l'écurie est fermée, se méfier du monoxyde de carbone et des gaz d'échappement - ce sont là des gaz irritants et dangereux.

Depuis toujours, on utilise des stalles pour loger les chevaux, surtout les chevaux de trait. Les chevaux auxquels on donne de l'exercice quotidiennement s'accommodent bien des stalles. Le cheval peut être attaché à l'avant à l'aide d'une chaîne ou d'une corde qui passe par la mangeoire et qui est attachée à un bloc de bois lourd. Au fur et à mesure que le cheval avance, le poids maintient une certaine tension sur l'attache et empêche le cheval de s'y empêtrer. Les chevaux peuvent aussi être logés dans des stalles sans y être attachés; il suffit de bloquer l'ouverture au moyen de deux chaînes. Si les stalles sont suffisamment larges, les chevaux ont le loisir de s'y retourner. Ils peuvent alors recevoir l'eau et les aliments du côté du couloir.

Les écuries à stabulation libre de type ouverte permettent de garder les chevaux au grand air tout en leur offrant une certaine protection contre la pluie. Les écuries à stabulation libre sont souvent utilisées comme abris ou pour loger un groupe de juments ou de chevaux qui cohabitent harmonieusement. Des rideaux pare-vent peuvent être tendus sur les ouvertures ou aux extrémités des bâtiments ainsi que dans les manèges de dressage, afin de permettre la ventilation par temps doux tout en protégeant les animaux du froid en cas d'intempéries. Le rideau pare-vent, actionné par un treuil, peut être levé ou abaissé selon les conditions climatiques.

Les abris de box en rangée sont essentiellement des box alignés munis de portes s'ouvrant sur l'extérieur. La porte est souvent à panneaux superposés pour permettre à la moitié supérieure de rester ouverte et d'assurer ainsi une bonne ventilation. Ces abris sont souvent utilisés sous les climats tempérés et dans certains hippodromes. Toutefois, dans la plupart des régions du Canada, il peut faire très froid pour y travailler.

Les aires d'exercice intérieures sont des éléments intéressants à prévoir dans un élevage de chevaux, surtout quand ces derniers sont gardés à l'intérieur pendant de longues périodes ou durant des périodes de météo défavorable. L'exercice régulier est indispensable. Dans les élevages productifs d'urine de jument gravide (UJG) de l'Ouest du Canada, les juments sont laissées par groupes familiaux dans des aires d'exercice intérieures. Les animaux de chaque groupe familial sont logés à proximité les uns des autres l'hiver, puis font partie du même troupeau l'été. De la même façon, les propriétaires de chevaux de l'Est du Canada utilisent les manèges de dressage intérieurs comme aires d'exercice les jours d'intempéries. Si l'on sert des aliments aux chevaux à même le sol, il faut cependant se méfier du danger que représentent les huiles utilisées sur les surfaces des manèges de dressage pour abattre la poussière. N'utiliser que de l'huile vierge ou de l'huile neuve. Il y a risque de contamination des aliments et d'empoisonnement des chevaux lorsqu'on utilise de la vieille huile; l'utilisation de produits contaminés pour abattre la poussière dans les manèges de dressage risque d'engendrer un problème environnemental.

Chevaux vivant à l'extérieur

Il peut être très pratique de garder les chevaux à l'extérieur. Ces derniers maintiennent alors leur température corporelle (38 °C) par thermorégulation. Chez les chevaux adultes acclimatés aux régions du Canada jouissant d'hivers doux, la zone thermoneutre (zone de confort) se situerait dans la fourchette de -15 à 10 °C (5 à 50 °F). La zone thermoneutre correspond à la fourchette de températures à l'intérieur de laquelle un cheval est à même de conserver sa température corporelle.

Les précipitations, surtout la pluie, augmentent directement les pertes par évaporation en réduisant l'isolation thermique offerte par la robe du cheval et en augmentant les pertes par convection. Le temps froid et pluvieux réduit la capacité du cheval à assurer sa thermorégulation. Soumis à ces conditions, les juments perdent apparemment du poids même si elles reçoivent 150 % de l'apport énergétique recommandé dans l'ouvrage Nutrient Requirements of Horses publié par le National Research Council des É.-U. La neige a moins d'effets à cet égard que la pluie chez les chevaux adaptés au froid qui possèdent une robe dense. Leur robe hivernale les isole et les protège des pertes de chaleur, ce qui explique pourquoi, après une chute de neige, on peut voir des chevaux avec parfois 5 cm (2 po) de neige sur le dos(1).

Les abris extérieurs visent à réduire la vitesse du vent et à empêcher les précipitations (surtout la pluie) de causer des pertes de chaleur par convection. Des structures fort simples peuvent fournir la protection nécessaire contre les éléments et peuvent constituer un excellent moyen de loger les chevaux.

Au lieu de se doter d'une écurie qu'il faut nettoyer, pourquoi ne pas envisager de construire un abri qu'on peut glisser, c'est-à-dire une structure à trois côtés montée sur des patins de glissement. Une telle structure peut être déplacée de pâturage en pâturage ou d'un endroit détérioré à un nouvel emplacement, tout en laissant le fumier derrière. Les abris amovibles ont habituellement un cadre d'acier soudé et des parois d'acier.

Les installations à stabulation libre peuvent être aussi simples que des structures à trois côtés et aussi complexes que des écuries ouvertes. Quand on opte pour de telles structures, il faut placer la mangeoire à balles de foin à une distance d'au moins 150 m (500 pi) afin d'éviter que les chevaux ne soient tentés d'y revenir pour déféquer, de manière à garder les lieux propres. Si la propreté de l'installation n'est pas un critère préoccupant, servir le foin aux chevaux à l'intérieur, en sachant qu'il y a toujours des risques d'accidents quand la surface est glissante et que la mangeoire est fortement sollicitée.

Dans les zones recevant peu de précipitations, un pare-vent peut suffire à procurer un abri extérieur. Les pare-vent sont indispensables à tous les animaux gardés à l'extérieur. Ils ralentissent le vent et du coup réduisent le facteur de refroidissement éolien. Bien des objets peuvent servir de pare-vent : deux ou trois grosses balles de foin empilées les unes sur les autres sur le côté d'un paddock, des clôtures pleines, une haie de cèdre, un boisé de ferme ou des clôtures à neige d'au moins 1,8 m (6 pi) de haut. Dans certaines régions, des toiles à ombrer comme on en utilise dans l'industrie du ginseng, sont attachées à tous les poteaux de clôture pour servir de pare-vent.

Quel que soit le type de logement qu'un propriétaire de chevaux choisit, il est primordial qu'il ait à l'esprit le confort et le bien-être de ses animaux. Le type de logement qui convient le mieux à un cheval dépend du budget du propriétaire ainsi que de l'usage quotidien qui est fait de l'animal, de sa condition physique et de son état de santé. Tout système comporte ses avantages et ses inconvénients. Le choix d'un système convenable exige qu'on évalue la solution envisagée et les besoins individuels des chevaux.

Ouvrage de référence

  1. Cymbaluk, NF, et GI Christison. Environmental Ef-fects on Thermoregulation and Nutrition of Horses dans Veterinary Clinics of North America. Equine Practice, 1990, vol. 6, no 2.

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