Utilisation de médicaments en dérogation des directives de l'étiquette chez les chèvres laitières

Les producteurs caprins doivent savoir qu'il n'existe pas d'antibiotiques homologués pour utilisation chez les chèvres au Canada. Toute utilisation est donc considérée comme une utilisation de médicaments en dérogation des directives de l'étiquette (UMDDE). L'UMDDE est définie comme suit 1 :

  • Administration à une espèce différente ou à un stade différent du cycle de production (p.ex, administration à des vaches taries ou à des animaux sevrés d'un produit destiné à des vaches en lactation) de ce qui est indiqué sur l'étiquette.
  • Administration à une dose différente de celle qui est approuvée sur l'étiquette.
  • Administration d'un volume différent par site d'injection que ce qui est indiqué sur l'étiquette.
  • Administration par une voie d'administration différente de celle qui est indiquée sur l'étiquette.
  • Administration à un interval (fréquence) différent de ce qui est indiqué sur l'étiquette.
  • Administration pour une durée (période de traitement) différente de celle qui est indiquée sur l'étiquette.
  • Administration pour une indication (but) différente de celle qui est indiquée sur l'étiquette.

L'UMDDE peut avoir une incidence sur les délais d'attente relatifs au lait et à la viande

Les producteurs posent souvent la question suivante : « Est-ce que les délais d'attente pour le lait et la viande sont les mêmes pour les chèvres que pour les bovins » La réponse est non! Les délais d'attente pour les médicaments utilisés en dérogation des directives de l'étiquette sont établis en fonction des limites maximales de résidus (LMR), d'études scientifiques et d'essais réalisés par le gouvernement. Si aucune LMR n'a été fixée pour un médicament destiné à une espèce animale précise ou pour le lait ou les tissus, alors toute quantité détectée dans le lait ou les tissus constitue une infraction à la réglementation en matière de résidus. Il s'agit de l'une des raisons pour lesquelles les délais d'attente sont plus longs chez les chèvres que chez les bovins.

Au cours de la dernière année, des infractions à la réglementation sur les résidus ont été observées dans des réservoirs de lait en vrac en raison d'une mauvaise interprétation des étiquettes de médicaments. On a ainsi relevé des cas où des bolus contre la diarrhée des veaux avaient été administrés contre la diarrhée chez des animaux en lactation. Comme l'étiquette ne précisait pas que le produit ne pouvait pas être utilisé chez des animaux en lactation, on a cru qu'il était sûr pour cet usage. L'étiquette des différents produits précise si le produit est destiné aux veaux, aux poulains, aux agneaux ou aux porcs et ne mentionne pas les chèvres. Même si l'étiquette de l'un des produits ne porte pas ce type de mention : « ne pas administrer à des animaux en lactation », l'utilisation du produit chez des animaux qui ne figurent pas sur l'étiquette constitue une UMDDE et le traitement ne doit être effectué que sous supervision d'un vétérinaire ou après une consultation vétérinaire.

Responsabilité du producteur

D'autres cas d'infractions portaient sur des chèvres en lactation qui ont eu accidentellement accès à des aliments médicamentés ou à des aliments d'allaitement médicamentés. Nous invitons fortement tous les producteurs à s'assurer que tous les médicaments sont bien entreposés de manière sécuritaire afin de prévenir toute exposition accidentelle d'animaux à des antibiotiques ainsi que toute contamination directe du lait.

Étant donné qu'il y a de plus en plus de lait qui est ramassé dans de plus grandes remorques, les coûts des infractions liées à la présence de résidus ont considérablement augmenté pour les producteurs. Dans le cas d'une remorque remplie au maximum de lait rejeté en raison de la présence de résidus d'antibiotiques, les coûts pour un producteur peuvent s'élever à 50,000 $. Les producteurs ont donc grandement intérêt à discuter du montant de leur couverture d'assurance avec leur courtier. Il arrive que des producteurs ne soient couverts que pour 10,000 $. Comme les essais d'inhibition pour détecter les antibiotiques continuent d'évoluer et que de plus en plus de produits peuvent être détectés, les producteurs doivent se montrer extrêmement vigilants pour prévenir la présence de contamination par des résidus dans le lait et la viande de chèvre.

Référence

1 Extralabel Drug Use. (n.d.). www.farad.org/eldu/eldumain.asp


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Phillip Wilman, Programme De Salubrité Des Produits
Laitiers Et Dr Jocelyn Jansen, Direction De La Santé
Et Du Bien-Être Des Animaux
Date de création : 09 août 2017
Dernière révision : 31 août 2017