Impact du stade de production, de la nutrition et des températures froides sur l'état corporel

L'une des aptitudes les plus recherchées chez tous les producteurs de bétail est la capacité de reconnaître l'état corporel de leurs animaux. Sont-ils trop maigres, trop gras ou ont-ils les quantités idéales de réserves de graisse et de muscle? L'état corporel a des répercussions importantes sur la santé et la productivité des animaux. Un état corporel piètre ou excessif peut accroître l'incidence de maladies métaboliques (par exemple, toxémie de gestation), ainsi qu'une mortalité néonatale accrue. La sous-alimentation maternelle altère la taille du placenta, le poids à la naissance des chevreaux, les réserves de graisse brune chez les chevreaux (une source d'énergie critique préalable à l'allaitement), la quantité et la qualité du colostrum et la production de lait. Le poids idéal d'un animal dépendra de sa race, de son gabarit et de ses besoins nutritionnels selon la croissance, le stade de lactation et le stade de gestation.

État corporel selon le stade de production

Gracieuseté de Dr Paula Menzies, Ontario Veterinary College

État corporel selon let stade de production

Les moments les plus critiques pour améliorer la note d'état corporel des chèvres sont les suivants : avant la saillie, au début de la gestation, à la fin de la gestation et au début/pic de la lactation. Il est important d'améliorer la note à ces stades pour ainsi avoir le temps d'apporter les modifications nécessaires en cas de besoin. Dans l'échelle des points, 1 point d'état corporel (BCS) est égal à 7 à 10 kg (15,5 à 22 livres). Il ne faut que deux semaines pour perdre un point d'état corporel, mais pour le récupérer, cela peut prendre un peu plus de temps (6 à 8 semaines). Pour vérifier correctement le pointage d'état corporel, il faut palper les chèvres aux endroits suivants : l'épine dorsale derrière les côtes, les vertèbres lombaires et la poitrine. À la mise-bas, les chèvres doivent être en bonne condition physique (note de 3 à 3,5), afin de pouvoir faire face aux besoins nutritionnels très élevés de début de lactation et ensuite avoir le temps de récupérer avant la reproduction. Pour plus d'informations sur l'état corporel, veuillez consulter le site Web de l'Université Langston.

La gestion de la nutrition des chèvres laitières est essentielle à la réussite de l'élevage. La nutrition représente environ la moitié du coût de production des exploitations laitières, mais constitue un élément clé pour avoir des chèvres productives et maintenir une bonne santé du troupeau. Il y a une certaine vérité dans le vieux dicton : «il y a un juste retour des choses ». Les chèvres, comme les autres ruminants, ont besoin d'uniformité dans leurs routines d'alimentation et dans les aliments qu'ils consomment. La routine permet au rumen de maintenir des conditions favorables aux micro-organismes qui y vivent, et qui représentent plus de 150 espèces différentes de bactéries, de fongus, de protozoaires et de virus. L'interaction de tous ces micro-organismes aura une incidence sur la manière dont les aliments sont traités et utilisés par la chèvre. Non seulement le rumen traite les sources d'alimentation complexes en une forme utilisable et digeste, mais il dégage aussi de la chaleur.

Les éléments nutritifs essentiels

Énergie - La valeur énergétique des aliments est connue comme étant les Unités nutritives totales (UNT). À mesure que les UNT augmentent, il en va de même pour l'énergie fournie par les aliments. Une carence en énergie peut être causée par une quantité insuffisante de nourriture ou des aliments de pauvre qualité. Un manque d'énergie se traduira par une diminution de la production laitière, l'infertilité, une baisse de l'état corporel et une augmentation des risques de maladie et de mortalité.

Protéines - Les protéines contribuent à réparer les tissus et sont une composante majeure de la croissance et d'une production élevée. Servir des niveaux élevés de protéine peut être coûteux, mais c'est essentiel pour avoir des chèvres productives. La préparation de rations adéquates et équilibrées permettra d'assurer l'utilisation la plus efficace des aliments.

Vitamines et minéraux - Le calcium, le phosphore et le sel sont des minéraux essentiels qui ne peuvent être fournis par les aliments. Il faut apporter une attention particulière aux proportions de calcium et de phosphore. D'autre part, la plupart des vitamines sont relativement disponibles dans les aliments consommés par les chèvres et sont produites dans le rumen. Cependant, un supplément de vitamine A et D est nécessaire et recommandé.

Eau - L'eau est souvent le nutriment essentiel oublié. Une eau de bonne qualité est essentielle pour une production de lait accrue. Elle est essentielle à la digestion, la régulation de la température corporelle, la production de lait et de nombreuses autres fonctions. L'accès à une eau propre de bonne qualité stimulera les chèvres à en boire.

Être intelligent sur vos choix nutritionnels vous permettra de tirer le maximum de votre troupeau. Discerner les chèvres qui ont besoin d'une intervention nutritionnelle vous aidera à gérer les problèmes avant qu'ils ne commencent à affecter l'ensemble du troupeau. Connaître la qualité nutritionnelle des aliments que vous servez et consulter votre nutritionniste contribuent à garder votre troupeau sur la bonne voie.

Les défis de l'hiver

Il est difficile de maintenir une note d'état corporel durant la saison froide, particulièrement en fin de gestation, pendant la période de tarissement et au début de la lactation, alors que la demande en énergie est élevée. Lorsque le rumen est plein et qu'il assimile les aliments, il peut aider à maintenir une bonne température corporelle pendant les mois les plus froids. Les chèvres tolèrent mieux le froid extrême quand il y a des quantités accrues d'énergie à la mangeoire et que les aliments sont disponibles et accessibles en tout temps. Une litière sèche et adéquate est également très importante pour conserver la chaleur corporelle.

L'hiver extrêmement rude de cette année a été un défi pour les producteurs, en raison de la difficulté à satisfaire les besoins nutritionnels de leurs chèvres. Plusieurs des principaux problèmes observés par les vétérinaires au cours des trois premiers mois de l'année étaient liés au froid extrême et aux problèmes/carences nutritionnels à la ferme. Même si le régime alimentaire est bien équilibré, les chèvres peuvent ne pas manger suffisamment par temps froid pour maintenir leur poids corporel. Par temps froid, les besoins nutritionnels des chèvres sont accrus d'au moins 10 à 15 pour cent. Un supplément de grains est la façon la plus courante d'augmenter les calories dans le régime alimentaire des chèvres adultes, surtout en fin de gestation et au début de la lactation. La teneur en protéines doit toutefois être adéquate. Le grain, à leur seul, ne peut suffire à compenser des fourrages de qualité médiocre. Il est important de procéder à des analyses pour connaître la qualité des aliments et pour avoir une ration équilibrée en énergie, protéines, fibres et minéraux. Les vétérinaires ont mentionné avoir vu des animaux consommer du foin qui semblait adéquat, mais dont l'analyse a démontré de faibles teneurs en protéines, expliquant ainsi leurs pertes de poids. Les vétérinaires et les nutritionnistes parlent de «3 rations d'élevage»: la ration sur papier, la ration servie aux animaux et la ration réelle ingérée par l'animal. L'objectif est de faire en sorte que les trois rations soient la même, mais il y a souvent des différences.

Parlez à votre vétérinaire ou nutritionniste pour plus d'informations sur l'analyse des rations, les besoins alimentaires par temps froid et les effets de la nutrition sur la santé et la production.


Auteur : Jocelyn Jansen - Direction de la santé et du bien-être des animaux - MAAARO; Marlene Paibomesai - Direction du développement de l'agriculture - MAAARO
Date de création : 29 juillet 2015
Dernière révision : 02 mars 2016

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