Détection des résidus d'antibiotiques dans le lait de chèvreLes résidus d'antibiotiques dans les aliments sont une source de préoccupation, car ils présentent des risques pour la santé en raison des réactions allergiques qui peuvent leur être associées, de leur pouvoir cancérogène et de l'augmentation de la résistance des bactéries aux antibiotiques en médecine humaine. De plus, les cultures bactériennes utilisées pour la fabrication des fromages et des yogourts risquent aussi d'être affectées par les résidus d'antibiotiques dans le lait. Ces derniers peuvent donc causer d'importantes pertes économiques lorsque des lots de produits sont déclassés ou retirés. Les producteurs sont tenus de commercialiser un produit exempt d'antibiotiques et doivent prévenir la présence de résidus illégaux d'antibiotiques dans le lait. Il pourrait être très coûteux pour les producteurs qu'un événement malheureux porte atteinte à la réputation du lait. L'utilisation des antibiotiques chez les animaux destinés à la consommationLes antibiotiques ont été utilisés chez les animaux destinés à la consommation pour le traitement et la prévention des maladies ainsi qu'à titre de facteur de croissance, depuis une cinquantaine d'années. La pénicilline G fut le premier antibiotique introduit en médecine vétérinaire, en 1947, pour administration sous forme d'infusions intramammaires. Depuis, les antibiotiques font partie des programmes de santé vétérinaire en agriculture. Les antibiotiques sont administrés aux animaux par différentes voies, c'est-à-dire par injections, oralement dans l'eau ou la nourriture, par voie cutanée ou par des infusions intramammaires ou intrautérines. Théoriquement, toutes ces voies d'administration peuvent entraîner l'accumulation de résidus dans les aliments d'origine animale comme le lait, la viande et les ufs si les délais d'attente ne sont pas observés. On estime que moins d'un pour cent des aliments, à l'échelle du globe, contiennent de faibles doses de résidus d'antibiotiques. Les antibiotiques les plus couramment utilisés chez les animaux destinés à l'alimentation peuvent être regroupés en cinq classes : les bêta-lactamines ( -lactamines) (ex. : la pénicilline et la céphalosporine) les tétracyclines (ex. : l'oxytétracycline, la tétracycline et la chlortétracycline), les aminoglycosides (ex. : la streptomycine et la gentamicine), les macrolides (ex. : l'érythromycine) et les sulfamides (ex. : la sulfaméthazine). Une enquête récente, menée auprès de vétérinaires américains, a révélé que les antibiotiques étaient les médicaments les plus souvent prescrits ou utilisés chez les vaches laitières en lactation. La pénicilline G est l'antibiotique utilisé le plus souvent, et à l'exception de l'oxytétracycline, les cinq médicaments les plus prescrits étaient l'ensemble des -lactamines dont l'usage est approuvé chez les vaches laitières en lactation: soit la pénicilline G, le sodium de ceftiofur, la cloxacilline, la céphapirine et l'ampicilline. L'utilisation des médicaments chez les chèvres laitières est vraisemblablement similaire. Limites maximales de résidus et délai d'attenteLa présence de résidus d'antibiotiques dans le lait est illégale au-delà des limites maximales de résidus (LMR). Les LMR ont été fixées par Santé Canada afin d'assurer la sécurité du public et elles sont mentionnées dans la Loi sur les aliments et drogues. Le terme LMR peut être défini comme la concentration maximale d'un résidu de médicament vétérinaire, exprimée en parties par million (ppm) ou parties par milliard (ppb) qui est autorisée par la loi ou qui est reconnue comme acceptable dans les aliments ou sur ces derniers. De plus, le délai d'attente doit être établi pour tous les produits vétérinaires dont l'utilisation chez les animaux destinés à la consommation est homologuée au Canada. Le délai d'attente correspond à la durée minimale requise entre le dernier traitement de médicaments recommandé et l'abattage ou la collecte d'aliments (ex. : lait et ufs). Au cours de cette période, les concentrations de médicament vétérinaire et des résidus diminuent sous les LMR établies. Actuellement, il n'y a pas de produits homologués pour les chèvres laitières au Canada. Il n'y a donc pas de délai d'attente établi officiellement pour le lait de chèvre. Par conséquent, il est très important que le lait provenant de chèvres ayant reçu des médicaments soit analysé de façon appropriée avant d'être acheminé dans le réservoir, ou, dans le cas des animaux traités par un vétérinaire, il est nécessaire de prévoir un délai d'attente suffisant. Contrôles de résidus d'antibiotiques dans le lait de chèvre en OntarioLe Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario a mis en place d'importants programmes pour vérifier la présence de résidus d'antibiotiques dans le lait de chèvre. Les programmes de contrôles comportent deux volets principaux.
Les contrôles officiels qui déterminent si le lait peut être commercialisé et si des pénalités sont imposées sont basés sur la méthode d'essai standard au disque pour les ß-lactamines et la CLHP pour les sulfaméthazines. Les échantillons du chargement et de l'exploitation qui révèlent une zone d'inhibition d'un diamètre supérieur à un échantillon contenant 0,01 IU/ml de pénicilline G par millilitre de lait par la méthode d'essai standard au disque ou ceux qui contiennent plus de 10 ppb de sulfaméthazine, par la méthode de CLHP, sont considérés non conformes. Lorsqu'on détecte des résidus d'antibiotiques dans le lait d'une exploitation, cette dernière fait l'objet d'un suivi par le personnel du MAAARO afin de cerner la cause de la présence de l'agent inhibiteur dans le lait et prévenir les récidives. Trousse de détection des résidus à la fermeIl existe plusieurs sortes de tests de détection qui peuvent être utilisés à la ferme. Chacun a ses propres avantages et désavantages en matière de coût, de rapidité et de sensibilité. Les principaux fournisseurs en Amérique du Nord sont Idexx Laboratories, CHARM Sciences et DSM Food Specialties. Des trousses de détection sont offertes pour détecter les -lactamines, les tétracyclines et les sulfamides. Il est important toutefois de se rappeler que la majorité des tests ont été mis au point pour le lait de vache et on rapporte qu'ils peuvent parfois donner de faux positifs dans le cas du lait de chèvre. Le problème est principalement attribuable aux différences dans la composition du lait de vache et du lait de chèvre. C'est pourquoi tout résultat positif lors du test de détection initial doit être confirmé par des analyses officielles. Mesures de prévention à l'intention des producteursLa grande majorité des résultats positifs sont liés à une utilisation inadéquate des antibiotiques à la ferme. Les producteurs doivent donc prendre toutes les précautions nécessaires lorsqu'ils utilisent des antibiotiques et observer les recommandations suivantes :
Autres facteurs susceptibles d'occasionner un résultat positif :
Pour plus d'information sur les mesures qui préviennent la présence de résidus d'antibiotiques dans le réservoir à lait, voir la fiche technique, Détection des résidus d'antibiotiques dans le lait de chèvre sur le site Web du MAAARO à : Détection des résidus d'antibiotiques dans le lait de chèvrePour plus de renseignements sur les trousses de détection offertes et pour commander, consulter les sites Web suivants : CHARM Sciences (disclaimer)
(disponible en anglais seulement)
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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