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Réduction
du stress des chèvres durant le transport
Table des matières
- Manipulation et chargement
- En transit
- Régulation des conditions ambiantes
en cours de transport
- Manipulation des chèvres à l'abattoir
- Résumé
- Sources de référence
- Graphiques sur la densité de chargement
Le stress subi en cours de transport se répercute sur le système
immunitaire des chèvres et la qualité des carcasses. Pour
cette raison, le bien-être des chèvres doit être
au coeur des préoccupations de quiconque les manipule, depuis
le moment de leur groupage en vue de leur expédition jusqu'au
moment de leur installation au point de destination final. Les animaux
livrés seront en meilleure santé et offriront un produit
de meilleure qualité si l'on s'efforce d'éliminer les
causes de stress en cours de transport. Il faut veiller à ce
que les chèvres soient manipulées avec soin, qu'elles
soient transportées en toute sécurité et qu'elles
bénéficient de conditions appropriées durant le
transport et le déchargement.
Manipulation et chargement
S'assurer que les animaux sont aptes au transport. Ne pas transporter
de chèvres malades, faibles ou émaciées.
- Charger les chèvres avec soin. Pour embarquer les chèvres
à bord d'un véhicule, les prendre à bras le corps
en veillant à leur soutenir la poitrine et l'abdomen. Ne jamais
les soulever par la tête, les cornes, les oreilles, la toison
ni les pattes.
- Pour prévenir les blessures et les ecchymoses, séparer
les chèvres plus grosses et les animaux d'autres espèces
des chèvres plus petites. La tendance des chèvres dominantes
à faire preuve de plus d'agressivité en milieu clos
peut se traduire par une augmentation des attaques et éventuellement
des blessures. Il arrive que les chèvres plus lourdes doublent
leurs attaques lorsqu'elles sont placées avec des chèvres
plus légères. Elles encornent alors leurs congénères
ou leur donnent des coups de tête. Les ecchymoses sont plus
nombreuses lorsque des chèvres cornues se retrouvent en situation
de surpeuplement. La figure 1 montre comment l'on
utilise une palette pour trier et manipuler les chèvres de
manière à leur occasionner peu de stress et d'ecchymoses.
- Pour éviter que les chèvres ne glissent sur les planchers
des véhicules, y ajouter une bonne couche de litière
après avoir, au besoin, recouvert au préalable le plancher
de sable. Privés d'une bonne adhérence au plancher,
les chèvres risquent davantage de se blesser.

Figure 1. Dispositif de manipulation à palette : Outil
occasionnant peu de stress et d'ecchymoses utilisé pour le tri
et la manipulation des chèvres.
En transit
La conduite du véhicule influence grandement la stabilité
et l'équilibre des chèvres en cours de transport. Ces
dernières prennent peur si elles sont bousculées ou ont
du mal à prendre pied sur le plancher d'un véhicule en
mouvement.
- Aménager le quai de chargement de telle sorte que le véhicule
ait le moins possible de virages, d'arrêts et de redémarrages
à faire au départ. Un départ brusque a des répercussions
sur les équilibres hormonal et sanguin et peut provoquer une
augmentation des battements cardiaques allant du simple au double.
- Conduire le véhicule en douceur pour éviter que les
chèvres ne fassent des chutes. C'est au moment du freinage
et dans les virages que se produisent 75 % des chutes, les 25 % restantes
étant causées par les bosses dans la chaussée
et l'accélération.
- Accélérer lentement et en douceur.
- Planifier le freinage et ralentir graduellement.
- Modérer dans les virages ou sur les routes cahoteuses.
Le niveau de bruit dans les remorques à bestiaux est souvent
élevé et varie peu en fonction de la vitesse ou du type
de route empruntée. Le bruit a une plus grande influence que
la vitesse sur la libération d'hormones liées au stress
chez les chèvres.
- Resserrer les pièces métalliques et les éléments
du plancher de la remorque pour réduire les bruits causés
par les vibrations.
- Enrouler du caoutchouc (p. ex. des boyaux de caoutchouc) autour
des rampes de chargement portatives et des cloisons pour réduire
les bruits de choc.
Il est important d'utiliser un véhicule sécuritaire dépourvu
d'éléments que l'on sait dangereux pour les animaux.
- Rembourrer les charnières, loquets et autres pièces
saillantes pour éviter qu'elles ne blessent les chèvres
qui pourraient être projetées accidentellement contre
elles. Les contacts brusques avec le véhicule sont des sources
d'ecchymoses.
- Empêcher les gaz d'échappement d'entrer dans l'espace
occupé par les chèvres.
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Régulation des conditions ambiantes
en cours de transport
Les chèvres deviennent vulnérables à des infections
respiratoires après de longs trajets sous des conditions qui
leur sont défavorables. Les réactions physiques au stress
commencent généralement à s'atténuer dans
les trois heures qui suivent l'arrivée à destination.
Toutefois, le stress causé par le transport aurait des répercussions
sur le système immunitaire.
Surpeuplement
Quelles que soient les conditions météorologiques, le
surpeuplement au cours de longs trajets peut nuire aux chèvres.
Voici des signes de surpeuplement et d'inconfort des animaux en cours
de transport
- animaux agités qui ne cessent de bouger;
- animaux qui cherchent à prendre pied;
- animaux bruyants pendant une période prolongée;
- animaux qui se couchent involontairement et qui peuvent même
être incapables de se relever.
Utiliser les graphiques des figures 2 et 3 pour
déterminer la densité de chargement qui convient à
un véhicule donné. Pour les trajets de plus de 24 heures,
réduire la densité de chargement de 15 % par rapport à
la densité maximale admise afin de permettre aux chèvres
de se coucher.
Temps frais
Les caprins, leurs petits en particulier, sont sujets aux pertes de
chaleur corporelle et aux engelures. Si le temps est frais, et d'autant
plus s'il est froid, prévenir le stress causé par le froid
en cours de transport. Surveiller les signes d'inconfort des animaux
(stress causé par le froid) durant le transport (p. ex. animaux
mouillés, animaux se nourrissant de litière ou présence
de liquides gelés sur la face ou les naseaux).
Si le temps est frais ou froid :
- Garder les chèvres au sec.
- Augmenter l'épaisseur de litière.
- Couvrir les ouvertures du véhicule afin de protéger
les chèvres des vents froids et de la pluie verglaçante.
(Le refroidissement éolien abaisse la température ambiante.)
L'installation à l'extérieur du véhicule de panneaux
réglables permet d'ajuster la ventilation de l'extérieur
en fonction des changements de température qui surviennent
durant le trajet et ce, sans faire descendre les chèvres.
- Éviter le surpeuplement. Si les chèvres sont à
tel point collées les unes contre les autres qu'elles ne peuvent
changer de position ni s'écarter du vent, elles risquent de
souffrir d'engelures.
- Faire un arrêt pour vérifier l'état des chèvres
après la première heure de transport, puis toutes les
2-3 heures.
Temps chaud
Il est primordial de maintenir une bonne ventilation durant tout le
temps que les chèvres se trouvent à bord du véhicule.
Si le temps est chaud et particulièrement humide, prendre des
précautions supplémentaires pour éviter de soumettre
les chèvres au stress causé par la chaleur.
Précautions à prendre par temps chaud :
- Veiller à ce que rien n'obstrue la circulation d'air dans
le véhicule. Éviter d'installer des cloisons à
l'intérieur du véhicule de manière à ne
pas nuire à la circulation d'air.
- Éviter les conditions de surpeuplement qui peuvent amener
une très forte élévation des températures.
Réduire la densité de chargement de 15 % les jours anormalement
chauds et humides (voir les figures 2 et 3).
- Planifier de faire les déplacements la nuit ou tôt
le matin quand les températures sont plus fraîches.
- Éviter les heures de pointe et les routes fortement congestionnées.
- Réduire au minimum la fréquence et la durée
des arrêts, afin d'éviter les élévations
rapides de température à l'intérieur du véhicule.
- Ne jamais garer un véhicule chargé en plein soleil.
La limite supérieure de tolérance à la chaleur
des chèvres est de 35-40°C (95-104°F). Les chèvres
halètent quand elles souffrent de trop grande chaleur.
- Faire un arrêt pour vérifier l'état des chèvres
après la première heure de transport, puis toutes les
2-3 heures.
- S'assurer qu'aucun animal ne se tient le cou allongé et la
gueule ouverte pour respirer; ce sont là des signes de stress
sévère dû à la chaleur.
- Pour ranimer une chèvre souffrant d'un coup de chaleur, lui
faire couler de l'eau froide sur le dos de la tête.
Manipulation des chèvres à l'abattoir
Les chèvres soumises à un stress juste avant la transformation
voient leur métabolisme musculaire se modifier considérablement,
ce qui peut nuire à la qualité de la viande. Tous les
avantages procurés par un abaissement des facteurs de stress
pendant le chargement et le transport seront perdus si les chèvres
sont exposées à des facteurs de stress au moment de la
transformation. Le stress brûle les réserves d'énergie
emmagasinées dans les muscles. La transformation réalisée
alors que l'animal est vidé de son énergie musculaire
ou qu'il est en train de la récupérer peut donner une
viande à coupe sombre.
Eau et aliments
Même si le jeûne contribue à réduire la contamination
des carcasses par le contenu du tractus gastro-intestinal durant la
transformation, le fait de priver les chèvres de nourriture et
d'eau peut aussi augmenter le stress qu'elles subissent.
- Donner de l'eau aux chèvres jusqu'au moment de les charger
à bord du véhicule. Il est très rare qu'elles
boivent durant la période d'attente qui précède
l'abattage.
- Leur servir des aliments durant la période d'attente. Un
long jeûne occasionné par une période d'attente
prolongée, surtout par temps très chaud, augmente le
stress subi par les chèvres et peut détériorer
la condition musculaire au point de nuire à la qualité
de la viande.
Groupage
Un environnement peu familier et l'isolement de leurs congénères
suffisent à rendre les chèvres nerveuses. Le nouvel environnement
qu'elles trouvent à l'abattoir peut constituer un facteur de
stress plus grand pour les chèvres que la privation de nourriture.
Plus longue est la durée d'isolement des chèvres, plus
grand est le stress émotionnel qu'elles subissent.
- Pour faciliter la manipulation et réduire le stress préalable
à la transformation, veiller à ce que chaque chèvre
ait toujours un contact visuel avec la chèvre qui la précède.
Résumé
La diminution du stress durant le transport peut améliorer la
santé des chèvres et la qualité des carcasses.
Toute personne qui participe au transport de chèvres est tenue
de réduire ou d'éliminer les éventuelles sources
de stress. Utiliser des installations d'attente et de chargement conçues
de manière à garantir le bien-être des animaux et
à minimiser les facteurs de stress. Conduire le véhicule
en douceur de manière à garantir la sécurité
des animaux durant le trajet. Veiller à ce que les véhicules
utilisés conviennent au transport des chèvres et soient
confortables pour elles. Pour préserver la qualité de
la viande, fournir aux chèvres un peu d'eau et d'aliments et
éviter qu'elles ne se trouvent isolées avant la transformation.
Sources de référence
Conseil de recherches agro-alimentaires du Canada. Code de pratiques
recommandées pour le soin et la manipulation des animaux de ferme
- Transport, 2001.
Conseil de recherches agro-alimentaires du Canada. Code de pratiques
recommandées pour le soin et la manipulation des animaux de ferme
- Chèvres, 2004.
Graphiques sur la densité de chargement
L'espace minimal nécessaire aux chèvres en transit dépend
de leur poids corporel moyen. La figure 2, Densités
de chargement - Chèvres (système métrique), et
la figure 3, Densités de chargement -
Chèvres (système impérial), ci-dessous, présentent
deux façons différentes de déterminer le nombre
de chèvres qu'une remorque peut normalement contenir. La ligne
inférieure de chacun des graphiques indique la surface minimale
par animal, qui se lit sur l'axe de droite. La ligne supérieure
de chacun des graphiques indique la densité de chargement maximale
de la remorque, qui se lit sur l'axe de gauche.
Par temps chaud et humide ou pour des trajets de plus de 24 heures,
la surface au sol et la densité de chargement de la remorque
doivent correspondre à 85 % de la normale.
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Figure 2. Densités
de chargement - Chèvres (système métrique)
(Offert par le Conseil de recherches agro-alimentaires du Canada)
- Exemple de calcul à partir de la surface minimale par
animal :
La surface minimale indiquée sur l'axe de droite pour le point
sur la ligne inférieure du graphique correspondant à
une chèvre de 45 kg est de 0,25 m2. Une remorque standard de
2,61 m de largeur (2,55 m de largeur à l'intérieur)
et de 6 m de longueur offre une surface de 15,3 m2. Le nombre maximal
de chèvres de 45 kg que peut contenir cette remorque est donc
de 61. Si le temps est chaud et humide ou si le trajet doit être
long, la densité de chargement maximale de cette remorque serait
de 52.
Calculs :
Surface de la remorque : 2,55 m de largeur x 6 m de longueur = 15,3
m2
Surface de 15,3 m2 ) 0,25 m2/chèvre de 45 kg = 61,2 chèvres
Surface de 15,3 m2 ) 0,25 m2/chèvre de 45 kg x 85 % = 52,0
chèvres
- Exemple de calcul à partir de la densité de chargement
maximale de la remorque :
La capacité de chargement maximale indiquée sur l'axe
de gauche pour le point sur la ligne supérieure du graphique
correspondant à une chèvre de 45 kg est de181,5 kg/m2.
Une remorque standard de 2,61 m de largeur (2,55 m de largeur à
l'intérieur) transporterait 462,8 kg de ces chèvres
par mètre de longueur de plancher. Une remorque de 6 m transporterait
au maximum 2777 kg de ces chèvres, soit 61 chèvres.
Si le temps est chaud et humide ou si le trajet doit être long,
la densité de chargement maximale de cette remorque serait
de 52 chèvres.
Calculs :
Poids des chèvres par mètre de longueur du plancher
de la remorque : 2,55 m de largeur de remorque x densité
de chargement maximale de la remorque de 181,5 kg/m2 pour des chèvres
de 45 kg = 462,8 kg
6 m de longueur de plancher x 462,8 kg de chèvres/m = 2777
kg de chèvres
2777 kg de chèvres ) 45 kg/chèvre = 61,7 chèvres
2777 kg de chèvres ) 45 kg/chèvre x 85 % = 52,5 chèvres

Figure 3. Densités de chargement - Chèvres (système
impérial)
(Offert par le Conseil de recherches agro-alimentaires du Canada)
- Exemple de calcul à partir de la surface minimale par
animal :
La surface minimale indiquée sur l'axe de droite pour le point
sur la ligne inférieure du graphique correspondant à
une chèvre de 90 lb est de 2,5 pi2. Une remorque standard de
102 po de largeur (8,3 pi de largeur à l'intérieur)
et de 20 pi de longueur offre une surface de 166 pi2. Le nombre maximal
de chèvres de 90 lb que peut contenir cette remorque est donc
de 66. Si le temps est chaud et humide ou si le trajet doit être
long, la densité de chargement maximale de cette remorque serait
de 56.
Calculs :
Surface de la remorque : 8,3 pi de largeur x 20 pi de longueur =
166 pi2
Surface de 166 pi2 ) 2,5 pi2/chèvre de 90 lb = 66,4 chèvres
Surface de 166 pi2 ) 2,5 pi2/chèvre de 90 lb x 85 % = 56,4
chèvres
- Exemple de calcul à partir de la densité de chargement
maximale de la remorque :
La capacité de chargement maximale indiquée sur l'axe
de gauche pour le point sur la ligne supérieure du graphique
correspondant à une chèvre de 90 lb est de 36 lb/pi2.
Une remorque standard de 102 po de largeur (8,3 pi de largeur à
l'intérieur) transporterait 299 lb de ces chèvres par
pied de longueur de plancher. Une remorque de 20 pi transporterait
au maximum 5980 lb de ces chèvres, soit 66 chèvres.
Si le temps est chaud et humide ou si le trajet doit être long,
la densité de chargement maximale de cette remorque serait
de 56 chèvres.
Calculs :
Poids des chèvres par pied de longueur du plancher de la
remorque : 8,3 pi de largeur de remorque x densité de chargement
maximale de la remorque de 36 lb/pi2 pour des chèvres de
90 lb = 299 lb
20 pi de longueur de plancher x 299 lb de chèvres/pi = 5980
lb de chèvres
5980 lb de chèvres ) 90 lb/chèvre = 66,4 chèvres
5980 lb de chèvres ) 90 lb/chèvre x 85 % = 56,5 chèvres
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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